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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Mettre un terme aux contrôles d’identité abusifs

Le collectif contre le contrôle au faciès a lancé le 15 octobre 2012 sa nouvelle campagne avec l’objectif de mettre un terme aux contrôles d’identité abusifs.

Il y a trois ans, en effet, une étude scientifique conduite par une équipe du CNRS établissait que les forces de l’ordre effectuent des contrôles d’identité discriminatoires vis-à-vis des Arabes et des Noirs : pour les premiers, la probabilité d’être contrôlé est globalement 7,8 fois plus élevée que pour les Blancs ; pour les seconds, elle est six fois plus importante. L’idée de l’attestation de contrôle d’identité est partie de là.

D’autre part, le Défenseur des droits vient de rendre public son rapport « relatif aux relations police-population », dans lequel il prône un cadre plus strict pour les contrôles d’identité.

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Musées et créations contemporaines

vies d’exil : des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration – toujours pas inaugurée officiellement – accueille jusqu’au mois de mai l’exposition “Vies d’exils, des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie”, une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962.

Pendant cette période, l’immigration, loin de ralentir, s’accélère au contraire, la population algérienne passant au cours de la période de 220 000 à 350 000 personnes. Fait nouveau dans l’histoire de l’immigration algérienne : il ne s’agit plus exclusivement d’une immigration masculine, et les familles rejoignent peu à peu leurs proches dans l’exil. Entre conflits nationalistes et répression policière, le difficile quotidien n’entame cependant pas la volonté des immigrés de vivre en s’insérant dans la société de consommation qui se profile alors en métropole.

L’exposition, conçue et réalisée par les historiens Linda Amiri et Benjamin Stora, a été inaugurée le 8 octobre 2012, par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication1.

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 1962-2012 : des chrétiens engagés se souviennent

1962-2012 : cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie

Des chrétiens engagés se souviennent…

Colloque organisé par « Les amis du 68 rue de Babylone »

Samedi 13 octobre 2012

Salle des expositions, mairie du II° arrondissement,
8 rue de la Banque, 75002 Paris (métro Bourse)

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Algérie : multiplication des tentatives d’intimidation de militants des droits de l’homme

Le militant algérien des droits de l’Homme, Yacine Zaïd, a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis et une amende de 10.000 dinars (100 euros), pour «outrage à des agents de police», par un tribunal de Ouargla (800 km au sud d’Alger). Membre de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh), il avait été placé mardi sous mandat de dépôt après avoir été arrêté la veille par la police près de Ouargla.

«Je ne suis pas satisfait de ce verdict qui pèse comme une menace contre lui», a estimé Me Salah Debouz, de la Laddh, ajoutant : «ils veulent l’intimider pour l’empêcher de continuer à militer». Yacine Zaïd était déjà poursuivi dans une autre affaire avec trois autres militants des droits de l’Homme. Leur procès, prévu initialement le 25 septembre, a été reporté à une date indéterminée.

Les quatre militants avaient été interpellés le 26 avril par la police devant le tribunal d’Alger alors qu’ils manifestaient leur soutien à Abdelkader Kherba, un militant de la Laddh, jugé pour «incitation à l’attroupement».
Abdelkader Kherba, 32 ans, avait été condamné le 3 mai à un an de prison avec sursis et à 20.000 dinars (200 euros) d’amende après avoir été arrêté en avril lors d’une manifestation de greffiers devant le palais de justice à Alger. Il doit être jugé en appel le 4 novembre.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

“la guerre d’Algérie, 50 ans après”, à Toulon

A l’occasion du cinquantenaire de la fin de la “guerre d’Algérie” – la “guerre de libération nationale” des Algériens – le Théâtre Liberté propose une programmation centrée sur ce pays voisin.

Elle commencera avec une représentation à ne pas manquer : une adaptation pour le théâtre du Journal 1950-1962 de Mouloud Feraoun, jeudi 11 & vendredi 12 octobre à 20h :
Le contraire de l’amour – mise en scène et version scénique de Dominique Lurcel qui rencontrera le public à l’issue de chaque représentation.

[Mis en ligne le 4 octobre 2012, mis à jour le 11]

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Le 17 octobre 1961

appel pour le  17 octobre 2012

Appel du Collectif 17 octobre, dont la Ligue des droits de l’Homme est membre, pour le 51e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961 à Paris : Rassemblement le 17 Octobre 2012 à 18h au Pont Saint Michel2

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(photo : Fred Dufour/AFP)
A-gens du voyage en France

gens du voyage : suppression du “carnet de circulation”, mais maintien du “livret”

Dans une décision du 5 octobre 2012, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les dispositions de la loi du 3 janvier 1969 instaurant un “carnet de circulation” ainsi que celles imposant aux personnes sans domicile ni résidence fixe, trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune pour être inscrites sur les listes électorales.

Il a, d’autre part, jugé que l’existence et les règles de visa de titres de circulation applicables aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ne sont pas, en elles-mêmes, contraires au principe d’égalité et à la liberté d’aller et de venir. Déception chez tous ceux qui escomptaient une abrogation complète d’une loi d’origine sulfureuse.

Le communiqué du Conseil constitutionnel : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-279-qpc/communique-de-presse.115705.html, et sa décision n° 2012-279 QPC : http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/2012-279-qpc/decision-n-2012-279-qpc-du-05-octobre-2012.115699.html.

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Hiver 1960, non loin de Ben S'Rour (©Albert Devaud)
Albert Camus et l'Algérie

Albert Camus et les ambiguïtés

Du fait de ses positions libérales et de sa critique de la politique coloniale française – voir notamment l’épisode de la “trêve civile” –, pendant la guerre d’Algérie Albert Camus était considéré par la droite comme un traître. On peut mesurer par là l’ambiguïté du véritable culte dont il est l’objet de nos jours de la part de très nombreux Pieds-noirs.

On a pu – Mouloud Feraoun le premier – reprocher à Albert Camus d’avoir relégué les Algériens à des rôles de figurants dans leur propre pays. Agnès Spiquel a montré que ce grief était assez largement infondé, mais il a alimenté une critique récurrente de la part d’Algériens qui reprochent à Camus de ne pas avoir perçu la montée du nationalisme algérien. Albert Camus était sans doute prisonnier de stéréotypes coloniaux, car ses reportages en Kabylie, en 1939 et en 1945, dénoncent la misère, sans mentionner la revendication du droit à l’existence, à la souveraineté, d’une partie importante de la population musulmane. Son point de vue est marqué d’une sorte de cécité : sa méconnaissance de la langue arabe et de l’islam, ses préventions grandissantes à l’égard du panarabisme de Nasser, puis sa haine du FLN ont fait que, malgré ses liens avec des amis arabes, il n’a pas saisi l’acuité de ce qui se passait en Algérie.

Albert Camus avait le 23 août 1944 fait l’éloge des Français qui s’étaient levés contre l’occupant allemand : «Un peuple qui veut vivre n’attend pas qu’on lui apporte sa liberté. Il la prend» 3. Mais il s’est toujours refusé à mettre le nationalisme algérien sur un pied d’égalité avec le patriotisme de la Résistance française. Mouloud Feraoun, qui comprenait Albert Camus sans partager ses positions, a écrit dans son Journal le 18 février 1957 : «Camus se refuse à admettre que l’Algérie soit indépendante et qu’il soit obligé d’y rentrer chaque fois avec un passeport d’étranger, lui qui est Algérien et rien d’autre. »

La lecture d’un article repris ci-dessous, et deux petites vidéos dans lesquelles deux écrivains algériens, Mouloud Feraoun et Mouloud Mammeri, évoquent Albert Camus, permettent de mesurer l’ambiguïté du rôle que certains font parfois jouer à Albert Camus.

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En finir avec les contrôles “au faciès”

Des associations fustigent le “reniement du gouvernement”, au lendemain de l’annonce par le Premier ministre de l’abandon du projet de récépissé envisagé pour éviter les contrôles d’identité abusifs.

Dans un communiqué publié le 28 septembre, les associations, qui voyaient dans cette procédure respectueuse des citoyens un moyen de lutter contre le délit de faciès, déplorent que le premier ministre se soit aligné sur la position exprimée par Manuel Valls le 19 septembre.

Selon une étude réalisée en 2009 dans cinq lieux parisiens par l’Open Society Justice Initiative, émanation de la Fondation Soros, un Noir ou un Arabe ont respectivement 6 et 7,8 fois plus de chances d’être contrôlés qu’un Blanc. Plus récemment, l’ONG Human Rights Watch avait épinglé la France à propos de ces contrôles.

Documents téléchargeables :

[Mis en ligne le 29 septembre 2012, mis à jour le 6 octobre]

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“50 ans après la libération de l’Algérie”, rencontre-débat à Perpignan

La Ligue des droits de l’Homme de Perpignan4
a organisé, samedi 29 septembre 2012 de 15h à 19h, une rencontre-débat, dans le hall Guy Malé du Conseil Général, sur le thème :

1830-1962 : analyse du système colonial français en Algérie : de sa mise en place jusqu’à l’accession à l’indépendance du peuple algérien

avec la participation de :

  • Gilles Manceron – historien – Ligue des Droits de l’Homme
  • Fatima Besnaci-Lancou – Association Harkis et Droits de l’Homme
  • Mireille Fanon-Mendes-France – Fondation Frantz Fanon
  • Amar Meniker – Association des Harkis pour le Mémorial de Rivesaltes

Les intervenants se sont interrogés sur notre passé commun et sur l’“héritage” pour les relations franco-algériennes futures. Ci-dessous, quelques échos de ce colloque à plusieurs voix dans une ville dont les édiles entretiennent la nostalgie de la période coloniale.

[Première mise en ligne le 17 septembre 2012, mis à jour le 5 octobre]

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Marseille : des riverains chassent des Roms

Plusieurs habitants et riverains de la cité des Créneaux (Marseille, 15e) ont contraint à la fuite, jeudi soir 27 septembre, des familles roms installées à proximité et incendié les restes de leur campement, sans violences physiques, a-t-on appris vendredi de source proche de l’enquête.

Les policiers sont arrivés sur place vers 19h afin de séparer une trentaine d’habitants mécontents et les familles roms, qui ont reflué avec caravanes et véhicules, laissant quelques affaires qui ont été incendiées dans la soirée, selon la même source, qui a précisé qu’aucune interpellation n’avait été effectuée en l’absence d’agression physique.

Pour Caroline Godard, de l’association Rencontres Tsiganes, « ce n’est pas étonnant qu’on en arrive là: il y a un climat de tension qu’on attise. On en arrive à la guerre entre pauvres ».
Pour le président de la Ligue des droits de l’Homme des Bouches-du-Rhône, Bernard Eynaud, « On a franchi un cap de plus. Il n’y a pas eu de blessé, mais on peut craindre le pire pour la suite ».5

[Mis en ligne le 28 septembre 2012, mis à jour le 3 octobre]

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