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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

déplacer les bidonvilles ne règle rien !

Le Premier ministre a reçu le 14 mai le collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées, ainsi que le collectif Romeurope. Accompagné de Cécile Duflot, Manuel Valls et Marie-Arlette Carlotti, Jean-Marc Ayrault a fait le point sur la situation des mal-logés à la sortie de l’hiver, ainsi que sur le dossier des bidonvilles.

Concernant la question de l’accompagnement des familles vivant dans des bidonvilles et campements illicites, le Premier ministre a rappelé la «ligne politique équilibrée du Gouvernement : premièrement, un partenariat étroit avec le Gouvernement roumain, pour l’amélioration des conditions de vie et de retour des Roms dans leur pays d’origine ; deuxièmement, la nécessité de procéder à l’évacuation des campements illicites, notamment quand la situation sanitaire ou de sécurité l’exige ; enfin, le respect de la circulaire du mois d’août dernier sur l’anticipation de ces évacuations, associée à une volonté de mener une véritable politique d’intégration pour les familles qui ont vocation à rester en France, en rompant définitivement avec la stigmatisation d’une population en proie à la misère.»1

Vous trouverez ci-dessous l’appel, publié le 17 mai, adressé au premier ministre et au gouvernement par les présidents de plusieurs associations, à changer de regard, de discours et de pratiques vis-à-vis des personnes les plus fragiles, suivi d’un point sur l’hébergement des Roms.

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Disparition du mot “race” de la législation ?… qu’en est-il du racisme ?

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot « race » de la législation française. La majorité PS s’est ralliée à cette proposition, soulignant qu’il s’agissait d' »une première étape ». François Hollande s’était en effet engagé, le 10 mars 2012 dans un discours consacré à l’Outre-mer, à supprimer ce terme de la Constitution..

Danièle Lochak, professeur émérite de droit public à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, ancienne présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et auteur de La race, une catégorie juridique ( Presses de la FNSP, revue Mots, 1992) porte un jugement nuancé sur cette initiative qui ne devrait pas, selon elle, aboutir ensuite à modifier la Constitution de 1958, et encore moins le préambule de 1946.

[Mis en ligne le 10 février 2013, mis à jour le 18 mai ]

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Polynésie

l’ONU inscrit la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 17 mai 2013 une résolution qui place la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser. La France a boycotté l’examen de la résolution et affirmé que «le droit à l’autodétermination ne peut s’exercer contre la volonté des populations concernées», se référant à la défaite des indépendantistes aux élections territoriales début mai.

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délinquance et immigration : des préjugés à l’analyse, par Laurent Mucchielli

Un point de vue publié dans la revue L’essor de la gendarmerie nationale (mai 2013), dans lequel le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause quelques idées reçues2.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Aix-Marseille Université. Il a notamment publié L’Invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits, chez Fayard en 2011, et Vous avez dit sécurité ? au Champ social en 2012.

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Marcel Dorigny : « dans l’amnésie collective touchant à la mémoire coloniale, le point de départ c’est Haïti »

La plainte en justice que le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a déposé contre la Caisse des dépôts remet au premier plan le débat sur les dédommagements de la traite négrière, plus d’un siècle et demi après son abolition. Il ne s’agit pas d’indemniser des victimes de violences coloniales, tels les indépendantistes Mau-Mau du Kenya qui négocient actuellement des réparations avec le gouvernement britannique pour des tortures subies lors de leur soulèvement dans les années 50, mais d’obtenir réparation pour les profits tirés de l’esclavage.

Dans son intervention à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013, le président de la République a exprimé son point de vue sur cette question. Après avoir évoqué Aimé Césaire avec «l’impossible réparation», il a poursuivi en citant à nouveau le poète martiniquais : « “Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini”, écrivait-il… “Non, ce ne sera jamais réglé.” L’Histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tous points impossible à établir. 3»

François Hollande a conclu : «le seul choix possible, c’est celui de la mémoire, et c’est la vigilance, et c’est la transmission». Sur ce plan il faut reconnaître que beaucoup reste à faire en France. Qui sait que la République de Haïti a été le second État indépendant du Nouveau Monde suite à la défaite des troupes napoléoniennes en 1803 à la bataille de Vertières ? Et que le tribut que les Haïtiens ont dû payer à la France pour qu’elle reconnaisse cette indépendance a gravement obéré le développement du pays ? L’occasion de revenir sur ces questions, avec le concours de l’historien Marcel Dorigny 4

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Racisme de couleur et islamophobie

souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973

La circulaire Fontanet élaborée en 1972, en vue de réglementer l’immigration, a été à l’origine d’une flambée raciste en 1973. L’une de ses premières manifestations se déroula à Grasse.

Le 12 juin 1973, réagissant à un rassemblement organisé dans la vieille ville par des travailleurs immigrés pour revendiquer « le droit de vivre dans une situation régulière, d’obtenir une carte de séjour », le maire décida de faire asperger les immigrés avec des lances à incendie, afin de les empêcher de pénétrer dans la mairie. Rapidement, de violentes bagarres se déclenchèrent et les affrontements tournèrent à la « ratonnade » sous l’oeil approbateur de la population. Le maire déclara : « Les Arabes se comportent dans la vieille ville comme en terrain conquis […], ces gens-là sont différents de nous, ils vivent la nuit […], c’est
très pénible d’être envahi par eux
»5.

Retour sur ces événements, quarante années plus tard, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008, lors d’une interpellation policière.

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Gilles Manceron : dire l’histoire

Le 8 mai 1945, les milliers d’Algériens qui manifestèrent pacifiquement leur volonté d’indépendance subirent, à Sétif, Guelma et Kherrata, une répression aveugle et massive conduite par l’armée française soutenue par des milices européennes armées.

L’historien Gilles Manceron, revient, dans cet entretien accordé à l’APS, sur cette page tragique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la lutte nationaliste, ainsi que sur le déni par la France de ses crimes coloniaux6.

Pour Gilles Manceron, «le besoin de justice est intact et de plus en plus pressant, mais, […] aujourd’hui, il incombe aux hommes politiques et aux historiens, et non pas à des juges, de le satisfaire». «C’est aux autorités politiques françaises de s’exprimer très clairement sur ce[s] sujet[s]». C’est aux historiens qu’il revient d’«établir les faits», et, pour cela, il faut «permettre l’accès aux archives».

La demande d’un réel accès aux archives est exprimée également par l’historien algérien Daho Djerbal dont le quotidien algérien Liberté rapporte les propos dans un article publié le même jour. Après avoir évoqué les difficultés auxquelles se heurtent en Algérie pour accéder aux archives les chercheurs qui travaillent sur l’histoire du mouvement national, il proclame que “l’accès aux archives doit être libre”.

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Rodolfo Graziani
Italie

Scandale en Italie : un mausolée en hommage à un criminel de guerre fasciste

La colonisation italienne en Afrique s’est déroulée de façon particulièrement brutale – voir l’article que Gilbert Meynier a consacré à l’ouvrage Italiani, brava gente ? d’Angelo del Boca. Le général Rodolfo Graziani (1882 – 1955) en a été l’un des acteurs les plus sanguinaires. Ce criminel de guerre, qualifié de “boucher” pour ses campagnes en Libye et en Éthiopie, a terminé sa carrière publique comme ministre de la Défense de la république fasciste de Salò.

En août dernier, dans la petite ville d’Affile où Graziani a vu le jour, un monument du plus pur style fasciste, financé par la région du Latium, a été érigé à sa mémoire, déclenchant une violente polémique …

[Mise à jour, le 6 mai 2013] – Suspension de la construction.

Nicola Zingaretti, nouveau président de la région du Latium, a décidé de suspendre le financement (180 000 euros) du mausolée en l’honneur de Rodolfo Graziani qui avait provoqué l’indignation en Italie, notamment au sein de la communauté juive et parmi les anciens résistants, et jusqu’en Éthiopie. Pour le président de la région, la commune d’Affile avait détourné le projet d’érection d’un monument initialement destiné à honorer un “soldat inconnu”.
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[Mis en ligne le décembre 2012, mis à jour le 6 mai 2013]

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 12 mai 2013 : journée de l’abandon des harkis

Un collectif d’associations de familles d’anciens harkis appelle à un rassemblement le 12 mai 2013 à 10h, devant le Palais de Justice de Paris. Ce jour-là, baptisé Journée de l’abandon des harkis, elles demanderont au président de la République de tenir son engagement du 5 avril 2012 en reconnaissant la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon de certains d’entre eux en Algérie, où on les savait menacés, ainsi que dans la relégation dans des camps de ceux qui avaient pu gagner la France.

Vous trouverez ci-dessous quelques éléments d’information, à la suite de deux communiqués de soutien : des directives ministérielles de mai 1962 concernant les harkis, la fin du camp de Saint-Maurice-l’Ardoise, l’engagement du candidat François Hollande, ainsi que le message lu par Kader Arif le 25 septembre 2012.

[Mis en ligne le 20 février 2013, mis à jour le 6 mai]

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L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

Shlomo Sand : “comment j’ai cessé d’être juif”

« Supportant mal que les lois israéliennes m’imposent l’appartenance à une ethnie fictive, supportant encore plus mal d’apparaître auprès du reste du monde comme membre d’un club d’élus, je souhaite démissionner et cesser de me considérer juif. » C’est ainsi que l’historien israélien Shlomo Sand introduit son dernier ouvrage Comment j’ai cessé d’être juif : un regard israélien (Flammarion, 2013)8.

Ci-dessous la note de lecture que Didier Epsztajn lui a consacrée sur son blog, le 29 avril dernier.

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Tunisie

Assassinat de Farhat Hached : vers la reconnaissance de la responsabilité de la France

Une place portant le nom de Fahrat Hached, leader du syndicat et du mouvement national tunisien a été inaugurée à Paris par Bertrand Delanoë, le 30 avril dernier.

Il y a 60 ans, le fondateur de l’UGTT était tué par le Service action du SDECE, comme le rappelle ci-dessous l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français.
Mais les autorités françaises n’ont toujours pas reconnu la vérité sur ce crime, comme sur d’autres commis contre des personnalités anticolonialistes.

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“La France va pouvoir porter librement au Maroc la civilisation, la richesse et la paix” (Le Petit Journal illustré, 19 novembre 1911)
La guerre du Mali (depuis 2013)

la guerre au Mali vue d’un collège de l’Aube

Initiative de l’Est-éclair : à l’occasion de la 24e Semaine de la presse à l’école, treize établissements scolaires de l’Aube participent à un concours d’écriture. Plusieurs contributions, publiées sur un blog ouvert pour la circonstance, s’intéressent au Mali.

B. Girard, animateur du site Journal d’école, en commente ci-dessous certains extraits.

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