4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Une victoire pour la liberté d’expression des chercheurs : confirmation de la relaxe de J.-P. Chrétien et J.-F. Dupaquier

Deux spécialistes reconnus de l’histoire rwandaise, l’historien Jean-Pierre Chrétien et Jean-François Dupaquier, journaliste et écrivain, témoins-experts auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda en 2002, étaient poursuivis pour diffamation par un ancien ambassadeur du Rwanda en France de 1990 à 1994, qui leur reprochait d’avoir critiqué, dans un courrier privé, ses propos et écrits sur le génocide des Tutsi en 1994, en particulier sa thèse d’un « double génocide ». La Cour d’appel de Rouen a confirmé le 2 mai 2013 la relaxe prononcée en février 2012 par le tribunal correctionnel.

Plusieurs associations dont la Ligue des droits de l’Homme avaient dénoncé ce qu’elles considèrent comme une tentative d’intimidation et apporté leur soutien aux deux chercheurs. Cette victoire est celle de la vérité, de la justice et de la liberté.

Vous trouverez sur ce site :

[Première mise en ligne le 25 octobre 2011, mise à jour le 30 mai 2013]

Lire la suite »
remdh_logo.gif
Autres pays arabes et Afghanistan

Syrie : 13 ONG s’adressent aux Nations Unies

Alors que le nombre de morts de la guerre en Syrie approche 100 000 et que le soupçon d’utilisation de gaz toxiques se fait plus insistant, un groupe de 13 organisations de défense des droits de l’Homme a soumis deux déclarations écrites concernant la Syrie au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies actuellement réuni à Genève. Les ONG y font part de leur inquiétude quant aux violations des droits de l’Homme toujours plus nombreuses dans le pays et qui visent en particulier les femmes syriennes, et elles appellent la communauté internationale à se prononcer fermement contre le climat actuel d’impunité dont bénéficient les auteurs de crimes internationaux.

Lire la suite »

Guatemala : condamnation pour génocide d’un ancien chef de l’État

Le général Efrain Rios Montt, ancien dictateur guatemaltèque de 1982 à 1983, a été condamné, le 10 mai 2013, à 80 ans de prison – 50 pour génocide et 30 pour crimes de guerre : il a été jugé coupable de la mort de 1 771 indigènes mayas ixil.

Navi Pillay, haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, a salué cette condamnation, lundi 13 mai : «Le Guatemala écrit l’histoire, en devenant le premier pays au monde où un ancien chef d’Etat est condamné pour génocide par une juridiction nationale.»

[Mis en ligne le 17 mai 2013, mis à jour le 27]

Lire la suite »

le Mali face à ses problèmes

Les troupes françaises se retirent du Mali, les programmes d’aide sont en cours et des élections organisées en juillet. Et pourtant l’économiste Joseph Brunet-Jailly1 s’inquiète : la crise a révélé la faillite du modèle de développement et d’une démocratie « de façade », et, en n’abordant pas les problèmes de fond, le Mali et la communauté internationale risquent de les voir resurgir.

«L’organisation des élections est une priorité, en vue d’asseoir un pouvoir “normal”», mais, comme l’a déclaré le président de l’Association malienne des expulsés (AME), «celle-ci ne doit pas être faite à n’importe quel prix». Les défis que le pays doit affronter sont considérables – rétablir un dialogue politique à Bamako, un dialogue intercommunautaire au Nord, constituer une force de sécurité et de défense, redéployer l’État au Nord… C’est au peuple malien, et non à l’armée française ou à la mission de stabilisation de l’ONU, qu’il incombe d’y répondre.

Lire la suite »

Dominique Venner, une « tête pensante » du fascisme français, par Alain Ruscio

C’est la hantise de voir la France tomber «aux mains des islamistes» qui a poursuivi Dominique Venner jusqu’à son suicide spectaculaire. Il l’évoque dans le dernier billet qu’il a publié sur son blog, où il fait référence au livre Le camp des saints, roman profondément raciste, écrit en 1973, dans lequel Jean Raspail dépeint la capitulation des élites françaises, confrontées à un déferlement de miséreux asiatiques.

Dominique Venner n’est plus, mais ses thèses continuent à être défendues par d’autres “intellectuels” d’extrême droite. Nous reprenons donc ci-dessous la partie d’un ouvrage publié en 2007, où l’historien Alain Ruscio avait retracé les faits marquants de l’itinéraire politique de ce néo-fasciste, qui reste l’un des inspirateurs de la Nouvelle droite2.

Lire la suite »

déplacer les bidonvilles ne règle rien !

Le Premier ministre a reçu le 14 mai le collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées, ainsi que le collectif Romeurope. Accompagné de Cécile Duflot, Manuel Valls et Marie-Arlette Carlotti, Jean-Marc Ayrault a fait le point sur la situation des mal-logés à la sortie de l’hiver, ainsi que sur le dossier des bidonvilles.

Concernant la question de l’accompagnement des familles vivant dans des bidonvilles et campements illicites, le Premier ministre a rappelé la «ligne politique équilibrée du Gouvernement : premièrement, un partenariat étroit avec le Gouvernement roumain, pour l’amélioration des conditions de vie et de retour des Roms dans leur pays d’origine ; deuxièmement, la nécessité de procéder à l’évacuation des campements illicites, notamment quand la situation sanitaire ou de sécurité l’exige ; enfin, le respect de la circulaire du mois d’août dernier sur l’anticipation de ces évacuations, associée à une volonté de mener une véritable politique d’intégration pour les familles qui ont vocation à rester en France, en rompant définitivement avec la stigmatisation d’une population en proie à la misère.»3

Vous trouverez ci-dessous l’appel, publié le 17 mai, adressé au premier ministre et au gouvernement par les présidents de plusieurs associations, à changer de regard, de discours et de pratiques vis-à-vis des personnes les plus fragiles, suivi d’un point sur l’hébergement des Roms.

Lire la suite »

Disparition du mot “race” de la législation ?… qu’en est-il du racisme ?

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot « race » de la législation française. La majorité PS s’est ralliée à cette proposition, soulignant qu’il s’agissait d' »une première étape ». François Hollande s’était en effet engagé, le 10 mars 2012 dans un discours consacré à l’Outre-mer, à supprimer ce terme de la Constitution..

Danièle Lochak, professeur émérite de droit public à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, ancienne présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et auteur de La race, une catégorie juridique ( Presses de la FNSP, revue Mots, 1992) porte un jugement nuancé sur cette initiative qui ne devrait pas, selon elle, aboutir ensuite à modifier la Constitution de 1958, et encore moins le préambule de 1946.

[Mis en ligne le 10 février 2013, mis à jour le 18 mai ]

Lire la suite »
polynesie_francaise.jpg
Polynésie

l’ONU inscrit la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 17 mai 2013 une résolution qui place la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser. La France a boycotté l’examen de la résolution et affirmé que «le droit à l’autodétermination ne peut s’exercer contre la volonté des populations concernées», se référant à la défaite des indépendantistes aux élections territoriales début mai.

Lire la suite »

délinquance et immigration : des préjugés à l’analyse, par Laurent Mucchielli

Un point de vue publié dans la revue L’essor de la gendarmerie nationale (mai 2013), dans lequel le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause quelques idées reçues4.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Aix-Marseille Université. Il a notamment publié L’Invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits, chez Fayard en 2011, et Vous avez dit sécurité ? au Champ social en 2012.

Lire la suite »

Marcel Dorigny : « dans l’amnésie collective touchant à la mémoire coloniale, le point de départ c’est Haïti »

La plainte en justice que le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a déposé contre la Caisse des dépôts remet au premier plan le débat sur les dédommagements de la traite négrière, plus d’un siècle et demi après son abolition. Il ne s’agit pas d’indemniser des victimes de violences coloniales, tels les indépendantistes Mau-Mau du Kenya qui négocient actuellement des réparations avec le gouvernement britannique pour des tortures subies lors de leur soulèvement dans les années 50, mais d’obtenir réparation pour les profits tirés de l’esclavage.

Dans son intervention à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013, le président de la République a exprimé son point de vue sur cette question. Après avoir évoqué Aimé Césaire avec «l’impossible réparation», il a poursuivi en citant à nouveau le poète martiniquais : « “Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini”, écrivait-il… “Non, ce ne sera jamais réglé.” L’Histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tous points impossible à établir. 5»

François Hollande a conclu : «le seul choix possible, c’est celui de la mémoire, et c’est la vigilance, et c’est la transmission». Sur ce plan il faut reconnaître que beaucoup reste à faire en France. Qui sait que la République de Haïti a été le second État indépendant du Nouveau Monde suite à la défaite des troupes napoléoniennes en 1803 à la bataille de Vertières ? Et que le tribut que les Haïtiens ont dû payer à la France pour qu’elle reconnaisse cette indépendance a gravement obéré le développement du pays ? L’occasion de revenir sur ces questions, avec le concours de l’historien Marcel Dorigny 6

Lire la suite »
grasse_mai2013.gif
Racisme de couleur et islamophobie

souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973

La circulaire Fontanet élaborée en 1972, en vue de réglementer l’immigration, a été à l’origine d’une flambée raciste en 1973. L’une de ses premières manifestations se déroula à Grasse.

Le 12 juin 1973, réagissant à un rassemblement organisé dans la vieille ville par des travailleurs immigrés pour revendiquer « le droit de vivre dans une situation régulière, d’obtenir une carte de séjour », le maire décida de faire asperger les immigrés avec des lances à incendie, afin de les empêcher de pénétrer dans la mairie. Rapidement, de violentes bagarres se déclenchèrent et les affrontements tournèrent à la « ratonnade » sous l’oeil approbateur de la population. Le maire déclara : « Les Arabes se comportent dans la vieille ville comme en terrain conquis […], ces gens-là sont différents de nous, ils vivent la nuit […], c’est
très pénible d’être envahi par eux
»7.

Retour sur ces événements, quarante années plus tard, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008, lors d’une interpellation policière.

Lire la suite »

Gilles Manceron : dire l’histoire

Le 8 mai 1945, les milliers d’Algériens qui manifestèrent pacifiquement leur volonté d’indépendance subirent, à Sétif, Guelma et Kherrata, une répression aveugle et massive conduite par l’armée française soutenue par des milices européennes armées.

L’historien Gilles Manceron, revient, dans cet entretien accordé à l’APS, sur cette page tragique qui a marqué un tournant dans l’histoire de la lutte nationaliste, ainsi que sur le déni par la France de ses crimes coloniaux8.

Pour Gilles Manceron, «le besoin de justice est intact et de plus en plus pressant, mais, […] aujourd’hui, il incombe aux hommes politiques et aux historiens, et non pas à des juges, de le satisfaire». «C’est aux autorités politiques françaises de s’exprimer très clairement sur ce[s] sujet[s]». C’est aux historiens qu’il revient d’«établir les faits», et, pour cela, il faut «permettre l’accès aux archives».

La demande d’un réel accès aux archives est exprimée également par l’historien algérien Daho Djerbal dont le quotidien algérien Liberté rapporte les propos dans un article publié le même jour. Après avoir évoqué les difficultés auxquelles se heurtent en Algérie pour accéder aux archives les chercheurs qui travaillent sur l’histoire du mouvement national, il proclame que “l’accès aux archives doit être libre”.

Lire la suite »