Qui eût cru que certains dirigeants africains actuels épouseraient cette idée exprimée par Jacques Chirac à Abidjan en février 1990 : « Le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement, qui doivent concentrer leurs efforts sur leur expansion économique, n’ont pas les moyens de s’offrir »? Le désir de démocratie ne semble plus constituer l’horizon d’espoir pour beaucoup de jeunes Africain.es. Tel est le constat que dresse le journaliste Ousmane Ndiaye dans un ouvrage passionnant et sans concessions. Cheikh Sakho l’a rencontré pour histoirecoloniale.net

Journaliste indépendant sénégalais, Ousmane Ndiaye a travaillé au Sénégal et sur le continent africain comme reporter. Il est aussi formateur en journalisme et chargé de cours à Sciences-Po Paris. Il est l’auteur de L’Afrique contre la démocratie : mythes, déni et péril, Riveneuve, 2025.
HCO : Pourriez-vous rappeler quels sont les mythes que vous vous proposez de démonter ?
Ousmane Ndiaye : Il y en a plusieurs. Mais je me suis attaqué à ceux que, en tant que journaliste, je rencontre le plus. Ces dernières années, j’ai été souvent confronté à ce discours qui dit, dans les grandes lignes, que l’Afrique n’est pas faite pour la démocratie. Une autre variante existe aussi : la démocratie est une invention de l’Occident, donc on la rejette. Autre mythe, la démocratie c’est l’impérialisme de l’Occident. Un autre mythe que l’on entend et qui découle toujours de ces récits contemporains : il nous faut des dictatures pour se développer. Comme si la dictature était la clé ou qu’il faudrait suspendre la démocratie pour se développer. Et puis, il y a le mythe kaki. On a entendu ces dernières années dire que les militaires seraient différents des civils et qu’ils viendraient délivrer le continent. C’est un mythe qui est très présent. Il y a aussi ce mythe qui trouve ses origines aux Indépendances, que le panafricanisme serait opposé à la démocratie, ce qui est totalement un contresens, comme je le démontre dans mon livre, parce que le panafricanisme est un humanisme d’abord, donc l’ouverture vers les libertés, vers les droits, voici les mythes les plus importants que je mobilise dans ma tentative de déconstruction. Cela étant, il y a des mythes moins importants, comme le mythe de La Baule (conférence de la Baule[1]) qui est encore très présent. On explique encore souvent que c’est le discours de Mitterrand qui a accéléré le mouvement d’ouverture démocratique en Afrique dans les années 90. Non, c’est bien plus complexe que cela.
Est-ce que l’histoire n’a pas donné raison à ceux qui soutiennent la thèse que le développement devrait passer par un régime autoritaire. On pense à certains pays d’Asie, à Singapour, par exemple ou la Chine contemporaine. Est-ce que ces pays n’ont pas fait la démonstration que, pour se développer, il fallait nécessairement passer par des régimes forts, autoritaires ?
Non, je ne pense pas. À chaque fois, les exemples que l’on me donne sont les mêmes : Singapour, pourquoi pas ? Mais en dehors de Singapour et peut-être de la Chine, et encore… au sein du Parti communiste chinois il y a des tendances… enfin, il y a des débats très vifs dans la société chinoise. En dehors de quelques exemples que l’on peut compter sur le bout des doigts, on ne me donne pas d’autres exemples. Et encore, Singapour c’est contestable. Certes, c’était un régime hybride, on ne peut pas dire que c’était totalement une dictature car les élections n’étaient pas truquées comme en Afrique, le système était transparent, c’était un régime dirigiste, certes, mais pas le type de régime que l’on voit en Afrique. Il faudrait être plus précis et apporter des nuances. On cite aussi la Turquie de Mustafa Kemal Atatürk, mais on oublie la complexité de tels régimes dans lesquels il y avait des principes démocratiques qui étaient remplis, même si d’autres ne l’étaient pas, car la démocratie c’est un ensemble de principes, il ne suffit pas seulement de voter mais de créer des organes de contrôle et un des constats les plus intéressants c’est que de tels organes de contrôle ont marché relativement bien, ce qui explique une certaine efficacité de l’administration vis-à-vis des citoyens car ces derniers peuvent se plaindre ou saisir des instances de contrôle.
Je pense que l’histoire a plutôt démontré le contraire : que la plupart des pays qui ont réussi à se développer n’étaient pas des dictatures. Si la dictature était le sésame pour se développer, l’Afrique, serait l’un des continents les plus développés, c’est le continent qui a connu le plus de dictatures. C’est ce que j’essaie aussi de démontrer dans mon livre, parce que ceux qui soutiennent ce mythe et le portent oublient, ou font fi de cette réalité, que dans nos pays, notamment en Afrique subsaharienne, la dictature a été la règle, la démocratie l’exception. Donc l’état de non-développement de l’Afrique, on ne doit pas le mettre sur le dos de la démocratie mais plutôt sur le compte de la dictature. En fait, il y a ici une inversion de sens que l’on opère sans s’en rendre compte parfois et que l’on reproduit, parce que le mythe est un récit qu’on reproduit comme une évidence. Mais quand on y réfléchit, c’est loin d’être évident. Quand vous prenez des pays comme la Guinée, ou le Mali, depuis 1960, ils n’ont connu quasiment que de la dictature ou des régimes non-démocratiques. C’est une forme d’imposture que de vouloir donc assigner l’état de ces pays au projet démocratique, et le mythe il est là. Il vient de là, ce n’est pas une vérité, mais il y a un ensemble de constructions de l’époque, une ambiance, un contexte qui fait que l’on y adhère car cela est présenté comme une vérité d’airain.

Quels sont les discours de déni que vous identifiez et quels en sont les porteurs ?
Là aussi le déni est multiple, dans le titre de mon ouvrage on trouve Mythes, déni, péril parce que ces éléments sont liés. Ces récits sont des récits biaisés. Il y a une croyance qui se crée et à partir de cette croyance, on construit tout un discours de déni qui se durcit et le déni aboutit au péril. Je parle de péril parce que, en réalité, derrière les débats théoriques etc. ce sont des vies qu’on emporte, une liberté qu’on emporte, ce sont les citoyens qui sont écrasés. Aujourd’hui, on en est là. La situation est très périlleuse dans beaucoup de ces pays, donc c’est cette mécanique qui construit ma thèse autour de ces 3 concepts. Aujourd’hui, ce déni se normalise petit à petit. C’est-à-dire qu’il y a une sorte de conversion au déni démocratique, au niveau des sociétés civiles, même pour d’anciens corps qui étaient totalement pro-démocratie. Je donne dans mon livre l’exemple de ce qui s’est passé dans la société civile nigérienne et comment ça s’est éclaté dans les mouvements citoyens notamment comme « Tournons la page ». Des acteurs importants du mouvement démocratique au Niger qui, quand il y a eu le dernier coup d’État, ont basculé dans le discours de déni démocratique et se sont mis à soutenir la junte. Ça, pour moi c’est un point de bascule. Il y a une conversion au déni. Il y a une extension du domaine du déni qui va même jusqu’à certains courants d’intellectuels progressistes, des intellectuels de renom. Je cite Boubacar Boris Diop qui soutient ouvertement le régime rwandais, les régimes de l’AES, l’Alliance des États du Sahel[2]. Cette extension du déni démocratique est devenue tellement large et pèse désormais dans les débats actuels, et aujourd’hui, il devient compliqué de se positionner dans l’espace public ou dans le débat africain comme défenseur de la démocratie sans se faire vilipender comme suppôt de l’Occident etc… et l’autre chose qui est importante dans la construction du déni et qui donne la force à ces mythes qu’on évoqués c’est qu’il y a une jonction entre les discours du déni démocratique et le panafricanisme, par exemple. Aujourd’hui le déni démocratique s’exprime beaucoup par des voix du panafricanisme. Ça, c’est très important, c’est ce que j’appelle l’OPA sur le panafricanisme, une captation, un détournement du panafricanisme. Pourquoi ? Parce que le panafricanisme est né dans les diasporas africaines dans un contexte où d’anciens esclaves ont voulu avoir des droits ou des libertés, voulaient avoir leur mot à dire et participer en tant que citoyens. Et donc l’essence même, l’acte de naissance du panafricanisme est un acte de liberté, d’ouverture démocratique. Aujourd’hui, on est dans un contresens quand le panafricanisme sert le discours des leaders les plus en vue dans l’entreprise liberticide. Et pourtant, l’essentiel du courant néo-panafricaniste soutient des dictatures. Aujourd’hui, ces figures sont plébiscitées par les réseaux sociaux, les expériences de panafricanisme que nous avons, c’est l’AES, des dictatures.
Ce détournement du panafricanisme a été aussi rendu possible par l’échec des premières expériences de panafricanisme dans les années 1960 en Afrique. Certes, il y avait les ingérences extérieures, les impérialismes, mais elles ont aussi échoué parce qu’elles n’étaient pas démocratiques. En Guinée, Sékou Touré échoue parce qu’il met en place une dictature. Au Burkina, Sankara échoue, entre autres, parce qu’il met en place une dictature, au Ghana Nkrumah échoue de la même manière… Ce qui revient à dire que l’on devrait examiner, dans une sorte de droit d’inventaire, les premières expériences panafricaines car on est en train de tomber dans les mêmes travers que les aînés, Sankara, Nkrumah etc. Un de ces travers est le rejet de la démocratie, au nom des impérialismes.
En revanche, vous ne vous étendez pas sur l’exemple du Congo avec Lumumba qui n’a pas pu mener à bien son idée des États-Unis d’Afrique.
Ce n’est pas un choix. Ça procède du parti pris que j’ai eu pour écrire ce livre. Le point de départ de ce livre dont on n’a pas parlé au début, c’est ma propre expérience. À un moment donné, je voyais que les grilles de lecture évoluaient. Et que moi, en tant que journaliste, qui parcourt Afrique, qui essaie de comprendre, qui analyse, à un moment donné, je voyais que mes propres grilles d’analyse étaient obsolètes, trop de ces choses m’échappaient. En fait, ce livre est né d’une conférence où l’on m’avait demandé, aux Géopolitiques de Nantes, de faire une énième analyse de ce qui se passe en Afrique. Et comme je ne savais trop comment répondre à cette question, j’ai dit que j’avais des doutes sur les grilles d’analyse. Donc, je propose de faire une conférence sur ce que j’ai appelé à l’époque « la crise des grilles d’analyse ». Et quand j’ai quitté la rédaction de TV5, j’avais un peu de temps et je me suis dit que devais reprendre un certain nombre d’événements de ces vingt dernières années que j’avais travaillées en tant que journaliste, pour les réanalyser sur le temps long, et ça a abouti à ce livre. Donc, je parle de tel ou tel ou pays, non pas en fonction de choix exhaustifs mais en fonction de mon propre itinéraire ou des événements que j’ai couverts. Dans mon travail de journaliste de terrain, je n’ai pas beaucoup travaillé sur Patrice Lumumba. En revanche, je parle beaucoup de la figure de Sékou Touré ou de Nkrumah parce que ce sont des sujets que je rencontre beaucoup en ce moment, ou encore la figure de Sankara, tout ce qui revient dans les discours actuels etc. Et puis, il faut souligner quelque chose, je n’ai pas d’explication, mais quand même c’est une observation : le discours panafricaniste est plus présent dans les pays de l’Afrique de l’Ouest (Mali Guinée, Burkina, Niger, ou même dans la diaspora de ces pays-là) qu’en République démocratique du Congo. Je trouve que ça n’y structure pas, pour le moment, le débat politique, bien que ce soit le pays de Lumumba. D’ailleurs, je pense qu’on devrait y réfléchir, il y a quelque chose à creuser.
Au vu de la tonalité assez pessimiste de votre ouvrage, quelle place pour une lueur d’espoir dans le continent africain ?
J’essaie de voir et scruter l’époque telle qu’elle est. Aujourd’hui, on ne peut pas passer sous silence ce phénomène qui m’a beaucoup frappé : en une décennie, ou en une génération, on est passé d’un désir démocratique très fort, d’un désir de liberté, de nouveaux droits à : « on ne veut plus de la démocratie ». Je donne deux exemples, moi j’ai couvert la révolution tunisienne. Et à l’époque, ça bougeait partout dans le continent, au Togo, au Nigéria etc., « Balai citoyen » au Burkina, « Lucha » en RDC, « Y en a marre » au Sénégal… Et en fait, en quelques années, c’est l’inverse que nous avons, on a aujourd’hui des mouvements pro-juntes, « anti-Occident », anti-démocratie etc. Et je trouve que c’est absolument fascinant : en un plus d’une décennie, deux jeunesses réclament des choses totalement opposées. Ma question est la suivante : « qu’est-ce qui s’est passé ? » pour qu’en 10 ans, pour que j’entende, en tant que journaliste, des jeunes de 20 ans crier « Liberté !» et risquer leur vie pour cela, et puis 10 ans plus tard, je reviens dans les mêmes endroits, les jeunes du même âge d’aujourd’hui disent « Non, nous on est anti-Occident !», anti-droits de l’homme etc. Et ça rejoint quelque part mon point de départ de tout à l’heure, celle de la grille de lecture, je me suis dit « mais qu’est-ce qu’on a raté, qu’est-ce qui s’est passé ? ». C’était un des points de départ de ma réflexion pour construire ce livre, c’est essayer de comprendre comment interpréter la transition entre ces deux pôles de radicalité. Donc, ce n’est pas un pessimisme, c’est une réalité que j’essaie de saisir et analyser, dans un acte d’urgence. J’ai choisi d’écrire le livre sous le mode de la déconstruction, parce qu’il me semble qu’il faut réoutiller les débats, réoutiller ces jeunes, essayer de donner des grilles de lecture critiques, moins schématiques et manichéennes pour participer (c’est ce que j’espère), à une forme d’éveil ou de réveil. Et donc ça, c’est une forme d’optimisme. Même si c’est une petite pierre, une petite contribution,
Et pour finir, justement, et en lien avec ce que vous venez de dire, quelle est votre appréciation de la crise actuelle qui oppose les étudiants.es et le gouvernement du Sénégal ?[3]
OND C’est un recommencement de l’histoire. Il faut quand même se dire que chaque régime a eu son étudiant martyr, Abdoulaye Wade avec Balla Guèye, Senghor avec Blondin, même chose avec Macky Sall, des étudiants sont morts. Pour moi, on met un pansement sur une plaie. À chaque régime, son plâtre. Ce qui fait que les problèmes reviennent et que les étudiants se révoltent. C’est le symbole le plus parfait de l’échec, et de cette façon de ne pas résoudre les problèmes dans le fond, mais d’avoir des plâtres jusqu’aux prochaines élection, jusqu’à la prochaine crise. Et ce gouvernement est dans la même logique. Mais le vrai problème est le suivant : est-ce que le système universitaire que nous avons est adapté à nos besoins, adapté au pays ? Le fond du problème, il est là. L’UCAD[4] compte presque 100 000 étudiants. Est-ce qu’on peut faire une éducation, une université de qualité avec 100 000 étudiants alors que les capacités originelles prévoyaient trois fois moins ? Non ! Pourquoi on en est là ? Parce qu’à défaut de proposer à notre jeunesse autre chose, on les envoie à l’université comme une sorte de voie de garage. L’Université de Dakar, où j’ai étudié, et c’est quand même incroyable, c’est une université où l’échec est la règle et la réussite l’exception et ça ne nous dérange pas outre mesure, c’est à dire on prend les meilleurs de nos jeunes, on les met dans une fabrique à échec, à « cartouches[5] » comme ils disent et cela depuis très longtemps. C’est au-delà du régime Sonko-Diomaye[6] et c’est quelque chose qui s’est installée et tant que nous n’aurons pas le courage de réformer radicalement les bases sur lesquelles notre université est partie, de telles crises vont se reproduire même si on règle la question qui en est un peu le symptôme, la question des bourses qui est loin d’être réglée. Je pense qu’il faut une réforme. Il faut qu’on change de système universitaire. Pour changer de système universitaire, il faut en avoir le courage politique, ce qu’aucun régime n’a eu jusqu’ici, parce que les étudiants ont aussi un poids politique.
C’est quand même, en partie, grâce au soutien des jeunes et des étudiant.es que le régime actuel a accédé au pouvoir.
Comme ils l’ont été au temps du « Sopi [7]» de Abdoulaye Wade. J’étais étudiant à l’époque et l’université était bloqué parce que Wade était en prison etc. Je pense que c’est justement cette importance politique des étudiants qui empêche le courage politique, qui empêche les pouvoirs politiques de changer radicalement l’Université. Il faut noter que l’essentiel des crises tourne autour des bourses, c’est un aspect de ces crises. Mais il y a le plus important c’est l’aspect pédagogique, les études, comment l’Université est construite, formulée etc. Et ça, on en parle peu. Ce qui veut dire qu’on n’est même pas sur des revendications estudiantines mais sur des revendications sociales. Et on n’a même pas encore abordé le problème de l’Université en soi, qu’est-ce qu’on y enseigne ? pour faire quoi ? Quel est son projet ? Est-ce que son projet colle toujours aux objectifs du pays ou à la reconfiguration du monde ?
Dernière question : quel régime actuel, quel pays, quel pouvoir trouverait grâce à vos yeux dans la promotion d’une démocratie réelle en Afrique ?
On n’en parle pas beaucoup, mais le Cap-Vert construit une démocratie remarquable. C’est quand même un pays où l’élection au second tour du président de la République s’est jouée à 11 voix. Avec 11 Cap-verdiens de plus, on fait basculer l’élection, il n’y a pas eu d’émeutes, il n’y a rien eu. Pourtant, le Cap-Vert est performant économiquement. C’est notre proche voisin, à partir du Sénégal, on y est à moins d’une heure de vol. En fait, je pense qu’il y a des pays qui marchent, mais on ne s’y intéresse pas, par tropisme. Je pense qu’il y a des choses qui se construisent, on peut penser au Botswana, à l’Île Maurice, il faudrait aussi se décentrer de notre à face-à-face francophone et peut-être regarder ailleurs.
[1] 16e Conférence des chefs d’État d’Afrique et de France, La Baule 20 juin 1990, dont un des thèmes majeurs était le lien entre démocratie et développement économique.
[2] Mali, Burkina Faso et Niger.
[3] À la suite de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba le 9 février 2026 lors d’une intervention des forces de l’ordre sur le campus de Dakar.
[4] Université Cheikh-Anta Diop de Dakar.
[5] (Argot du Sénégal) Cartouchard : étudiant ayant déjà redoublé une ou plusieurs fois et à qui il n’est plus permis de le faire.
[6] Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, respectivement Premier ministre et Président de la République du Sénégal.
[7] Changement en wolof.