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Édition du 1er au 15 février 2026

Histoire de l’hôpital et du « cimetière musulmans » de Bobigny

Un hôpital réservé aux nord-africains et un "cimetière musulman" pour les patients décédés dans cet hôpital qui suscita les protestations de l'Etoile Nord-Africaine.

Bobigny fut durant l’entre-deux-guerres un haut-lieu de la ségrégation coloniale en France. Un hôpital « franco-musulman » exclusivement réservé aux patients nord-africains colonisés et participant au contrôle policier étroit des « Français musulmans » y fut en effet inauguré en 1935, – il a été rebaptisé hôpital Avicenne en 1978. L’année suivante, il fut flanqué d’un « cimetière franco-musulman » pour les patients décédés dans cet hôpital. L’Etoile Nord-Africaine protesta alors en ces termes : « Nous avons à maintes reprises signalé les multiples abus et brimades dont sont l’objet les Nord-Africains hospitalisés à Bobigny.(…) Mais nos inquiétudes ne visaient que les soins, qui manquaient aux malades, et que nous étions bien loin de penser que les morts étaient astreints aux loi de l’indigénat. La direction de l’hôpital vient de se signaler par une mesure où elle prouve que même morts, on n’échappe pas aux règles qui régissent les vivants ». Sophia Lamri fait l’histoire de la création de cet hôpital, Benedicte Penn celle du cimetière.

Vue aérienne de l’hôpital et du cimetière publiée par L’Illustration


L’Hôpital Franco-Musulman de Paris à Bobigny : une œuvre unique de ségrégation coloniale (1926-1935), par Sophia Lamri

Article paru dans  « Histoire de l’immigration et question coloniale en France » in La documentation Française ; Actes du colloque CNHI du 26-30 septembre 2006. Sophia LAMRI est historienne, membre de l’institut Maghreb-Europe dirigé par René Gallissot et Aïssa Kadri à l’université de Paris-VIII.

                                                                                                                                                            

Façade de l’hôpital Avicenne, Bobigny © JB Debost/CG93

               

L’histoire de la création de l’hôpital Franco-Musulman de Paris à Bobigny (1926-1935)  permet de voir les modalités concrètes de la fabrication de la ségrégation raciste, d’identifier les individus qui s’emploient à la justifier et de cerner avec plus de précision les institutions où elle s’organise.

C’est donc pendant l’entre-deux-guerres, à une époque pas si éloignée de la nôtre et aux yeux de tous, qu’un hôpital « spécial » s’est édifié pour exclure du commun des malades les patients algériens [1], sujets « français-musulmans » dans les 3 départements français d’Algérie et citoyens français de plein droit en métropole.

L’histoire commence dans les années 1920 où Paris connaît une recrudescence de la tuberculose. Pour endiguer ce mal qui cristallise au sein de la population une angoisse quasi-phobique, le corps médical entreprend de repérer et d’identifier les porteurs de germes. Tandis que s’organisent des campagnes de lutte contre la maladie, en raison du taux élevé d’hospitalisations, les pauvres, les marginaux, les étrangers qui s’entassent dans les taudis à la périphérie de Paris, premières victimes de la phtisie, sont repérés comme les agents propagateurs de la maladie.

La tuberculose faisait des ravages d’autant plus que l’hôpital n’avait pas les moyens de se protéger de la contamination. Aussi, les instructions administratives de l’époque sur l’admission d’urgence recommandent de ne recevoir les malades atteints de la tuberculose que lorsqu’ils sont arrivés au dernier degré de l’épuisement.

Dans cette lutte contre les maladies contagieuses, les étrangers sont vite accusés de monopoliser les lits d’hôpitaux au détriment des nationaux. Certains chefs de services des hôpitaux parisiens signalent en effet que parmi les malades contagieux qui encombrent les services, beaucoup sont étrangers. Ils font également état d’une présence notable d’immigrants venus de la colonie algérienne (1830/1962). Les immigrants algériens sont environ 100 000 en 1930 à vivre en France métropolitaine, plus de la moitié de cette immigration ouvrière à 80 % kabyles, vit à Paris et dans sa périphérie.

C’est dans le cadre de la lutte contre ce fléau et dans le climat d’inquiétude que suscitent le problème de gestion des malades contagieux, qu’en 1926 Pierre Godin, Conseiller Municipal à Paris, intervient pour faire valoir un projet qui lui tient à cœur: l’ouverture d’un établissement hospitalier spécialement réservé aux malades « franco-musulmans » [2] présents dans le département de la Seine.

Pour cela il mobilise des arguments qui s’appuient sur une réalité sanitaire dans le département de la Seine et sur son expérience, en tant que sous-préfet à Médéa en Algérie, de la gestion des populations colonisées. Il profite de cet acquis colonial pour s’imposer dès son entrée au Conseil Municipal de Paris comme « spécialiste » des questions « nord-africaines » [3]. Il crée en 1925 un organisme spécial : les Services de Surveillance, de Protection et d’Assistance des Indigènes Nord-africains, dont les bureaux sont installés  rue Lecomte à Paris. Ces services comprennent entre autres, une brigade de police « nord-africaine », 3 dispensaires « nord-africains », des foyers « nord-africains », un café maure et bientôt un hôpital « franco-musulman». A la tête de ce dispositif est nommé Adolphe Gérolami, ancien administrateur principal des Communes Mixtes, détaché par le Gouvernement Général de l’Algérie en 1925.

Ce service médico-policier a comme fonction première la surveillance et le contrôle de cette immigration coloniale si particulière puisqu’il s’agit de français : les « sujets Français-Musulmans » d’Algérie.  Et comme le précise l’historien R. Gallissot : « La qualité de citoyen français propre à cette immigration coloniale est un obstacle en métropole pour ceux qui veulent contrôler cette population qui, au contact du prolétariat français, peut gagner en autonomie ou chercher à se fondre dans la masse et devenir ainsi incontrôlable » [4].

La surveillance sanitaire permet de « pénétrer ce milieu » pour mieux l’isoler, le ficher et le contrôler et comme l’énonce Pierre Godin « Le but est d’avoir à la place d’une foule anonyme de 60 000 êtres, des individus repérés et immatriculés »[5] .

Fort du soutien d’alliés politiques de poids au niveau local et national (notamment Albert Sarrault  décrit comme un « authentique de la colonie ») [6], Pierre Godin se consacre à la réalisation de son projet.

Quels arguments va-t-il mettre en avant pour justifier ce projet? :

L’allégement des dépenses

Il estime qu’en dirigeant cette clientèle dépendante de l’Assistance Médicale Gratuite vers un hôpital « franco-musulman » financé en partie par Paris, l’Assistance Publique doit pouvoir réduire ses dépenses et diminuer l’encombrement de ses services.

Pour assurer les dépenses de fonctionnement de l’Hôpital Franco-Musulman, Pierre Godin compte sur des subventions provenant des colonies. Il précise aussi que le coût peut-être réduit de façon notable en proposant aux malades algériens des menus aménagés qui tiennent compte de leurs « pratiques religieuses » : «  En se modelant sur la vie musulmane, qui est sobre, le régime de l’hôpital revient à meilleur compte » [7].

L’urgence sanitaire

La création de l’Hôpital Franco-Musulman se veut être une réponse appropriée à l’urgence de lutte contre la tuberculose.

Les Algériens, qui ne connaissaient pas cette maladie dans leur pays, la contractent en France et en sont largement victimes pendant l’entre-deux-guerres. Un décès sur deux des 20 – 39 ans est dû à la tuberculose. Affligeante réalité où les facteurs socio-économiques pèsent lourdement.

L’alibi scientifique

Pierre Godin s’est entouré d’un   « spécialiste » de l’immigration algérienne, à savoir Octave Depont [8], ancien fonctionnaire du Gouvernement Général d’Algérie, pour donner une caution à coloration « scientifique » à son projet.

S’appuyant sur l’avis éclairé de cet « expert », Pierre Godin ajoute que l’ hôpital  permettra «  aux Nord-Africains de se retrouver entre eux, rapprochés, groupés et non point tristement isolés dans un milieu qui lui est étranger (..) Cette organisation spéciale qui facilitera pour les Musulmans, les préparations culinaires que leur mœurs réclament et que leur religion tolère. La pratique, dans les conditions de tolérance et de respect qui conviennent, des exercices religieux et, aussi bien (..) l’adaptation d’un corps médical et d’un corps infirmier à cette clientèle, la comprenant, capable de l’interroger, connaissant ses modes de vie, ses besoins, ses tares »[9]

Les étrangers (italiens, polonais..) largement plus nombreux à Paris et dans sa banlieue que les Algériens,  ne bénéficient pas d’une telle mansuétude, pourtant bien plus éloignés de la langue et de la culture nationale que les immigrants originaires des colonies françaises. Mais l’Algérie c’est la France et les problèmes de l’immigration algérienne une histoire franco-française dépendant du Ministère de l’Intérieur ce qui n’est pas le cas des ressortissants étrangers relevant eux d’accords internationaux.

Pour le républicain de gauche Pierre Godin, grand défenseur de l’idéologie coloniale, Paris, capitale de l’empire doit se montrer exemplaire dans l’accomplissement de la « mission civilisatrice ». Militant pour une politique coloniale non violente, il estime que la « Grande France » doit, pour sa gloire et sa prospérité, se lier à la population « indigène » et se faire aimer d’elle. L’attention dont fait preuve la municipalité de Paris à l’égard des Algériens  ne pouvait avoir que des conséquences heureuses sur la politique coloniale française : de retour chez eux, les immigrés qui ont bénéficié de l’assistance parisienne assurent « une propagande bien plus efficace que n’importe quel discours »

La réalisation dans un délai rapide d’un hôpital franco-musulman répond, selon l’édile parisien, à l’urgence de la lutte contre la tuberculose. Mais l’urgence pour lui, c’est le rendez-vous qu’il a pris avec l’histoire. Président du comité des fêtes de la commémoration du centenaire de la conquête d’Algérie, Pierre Godin veut profiter de l’occasion pour poser la première pierre de l’Hôpital Franco-Musulman, symbole de la bienveillance de la mère patrie envers les « miséricordieux de l’Islam ».

Dès 1928, grâce à l’appui d’Albert Sarrault, alors Ministre de l’Intérieur, Pierre Godin obtient un financement de l’Etat par le biais d’un impôt extraordinaire. L’hôpital sera ainsi largement soutenu financièrement par ce Ministère, les subventions coloniales ne suffisant pas. On pourrait d’ores et déjà s’interroger de l’absence  de soutien du ministère de la Santé Publique.

Une fois l’idée du projet approuvée par le conseil (il y a eu des détracteurs), l’élaboration d’un statut spécial pour le futur établissement et la recherche d’un terrain s’effectuent sous le contrôle d’ A.  Gérolomi du Service de Surveillance et de Protection des Indigènes Nord-Africains. Il multiplie les recherches la même année, tant à Paris qu’en banlieue, pour l’acquisition d’un terrain susceptible d’accueillir l’Hôpital Franco-Musulman et ses dépendances. Dans la capitale, les propositions de terrain sont toutes repoussées par le Conseil Municipal hostile à l’implantation intra-muros d’établissements traitant, entre autres, les maladies infectieuses, considérant qu’il y a un risque de contamination pour les autres malades et pour les habitants du quartier. Il est donc décidé d’implanter ces établissements spécialises à l’écart des villes.

Pierre Godin s’engage alors dans une affaire très avantageuse, située sur la commune de Bobigny. Mais la parcelle sur laquelle il espère édifier l’hôpital ne se prête guère à l’implantation d’un tel établissement. Le terrain est marécageux, il est situé en face d’une société de vidange, des odeurs des usines de boyaux empestent certains jours l’atmosphère. En outre il est très mal desservi. La seule ligne de tramway qui mène à Paris est distante de 1,5 km du futur hôpital.

Dès l’été 1928, il est acquis que l’Hôpital Franco-Musulman sera construit à Bobigny mais  il faudra attendre deux ans pour qu’une enquête d’utilité publique soit ouverte et que le maire communiste de la ville en soit informé.

Au vu des résultats, la Commission d’Enquête émet un avis défavorable pour le projet, estimant que les terrains étaient mal choisis pour « guérir ceux que l’on veut secourir » et prend en compte la protestation du Conseil Municipal de Bobigny contre l’édification de l’Hôpital Franco-Musulman. Cet hôpital, dont l’accès aux services est interdit aux habitants de Bobigny, n’apporte de surcroît aucun emploi ni ressource nouvelle à la ville. Il risque au contraire d’entraîner des charges supplémentaires si la municipalité doit pourvoir aux frais d’inhumation.

Mais rien n’y fait, Bobigny n’est pas Paris, c’est une banlieue dortoir et la santé des ouvriers ne semble pas, là non plus, être une priorité pour les élus parisiens du département de la Seine. Aussi cet avis défavorable n’aura aucun poids face à la détermination de Pierre Godin pour construire l’hôpital : pour calmer la municipalité communiste, l’accès aux consultations externes sera ouvert aux habitants de Bobigny et un cimetière musulman y sera construit.

Les plans de l’hôpital sont établis par l’architecte divisionnaire de la ville de Paris Azéma et l’algérois Mantout, auteur de la Mosquée de Paris. Tout deux sont férus d’arts néo-mauresques. En évitant de grosses dépenses, ils ont cherché à donner à l’édifice une note rappelant l’architecture musulmane « afin de produire un effet moralisateur sur les malades ». Les murs du bâtiment administratif sont blanchis à la chaux, les arcades de l’entrée donnent le «  caractère musulman ». Le style des portes, pur produit de l’imaginaire colonial, est probablement aussi exotique pour les passants balbyniens que pour les Algériens qui devront fréquenter l’hôpital.

L’inauguration de l’Hôpital Franco-Musulman de Paris à Bobigny a lieu le vendredi 22 mars 1935. Deux mois et demi après l’inauguration, l’établissement ouvre ses portes aux premiers patients. A la tête des services médicaux sont nommés , des médecins-chefs presque tous liés de près ou de loin à l’Algérie. Une partie des postes est attribuée à des professeurs de la faculté d’Alger et à des médecins ayant effectué deux années de services dans les dispensaires nord-africains de Paris. Le personnel secondaire (surveillants, aides soignants, infirmières) est initié à la langue arabe et informé des « mœurs et de la tournure d’esprit particuliers aux malades musulmans ». Le contenu des formations sur de supposées prédispositions psychopathologiques inhérentes à la culture spécifique de ces malades s’inspire de théories pseudo scientifiques  avancées par O. Depont. Les règlements de l’hôpital correspondent aux statuts des Hôpitaux de Paris avec cependant des aménagements particuliers « tenant compte des habitudes, des mœurs, des rituels et de la discipline musulmane ». Les repas se composent de plats français en alternance avec des spécialités nord-africaines (couscous, chorbas…) où la viande de porc est évidemment absente. Autre aménagement particulier, l’absence de vin.

La nomination à la direction d’A.  Gérolami,   permet d’opérer une liaison directe avec ses services médico-policiers et l’hôpital. En tant que gestionnaire, ce dernier se devait d’optimiser le taux d’occupations des lits. Ainsi, en accord avec l’Assistance Publique et l’administration du département de la Seine, tout malade « nord-africain» se présentant à une consultation dans les hôpitaux parisiens et de la périphérie sera obligatoirement dirigé vers Bobigny. Un car est mis à la disposition de l’Hôpital pour assurer le « ramassage » des malades dans les hôpitaux parisiens  et les dispensaires « nord-africains ». Un véritable « centre de triage » s’organise selon l’expression d’O.  Depont.

Très vite, certains Algériens se sont indignés de cette hospitalisation forcée et font part de leur mécontentement aux autorités départementales. Le mécontentement ne concerne pas seulement les futurs hospitalisés. Les pensionnaires eux-mêmes se montrent insatisfaits. Mais de quoi ceux-là se plaignent-ils ?

L’hôpital n’a-t-il pas été conçu pour eux avec un personnel à l’écoute, des compatriotes à qui parler, des rites religieux respectés, des repas sans porc ni vin ?

S’il est attesté que la grande majorité des malades est reliée à une culture arabo-musulmane, tous les Algériens ne sont pas croyants ou de fervents pratiquants :« On nous a indiqué que certains Nord-Africains ne voulaient pas suivre le régime spécial de nourriture appliqué à l’Hôpital franco-musulman, parce qu’ils sont habitués maintenant aux coutumes françaises,» [10]

Plus grave, les malades se plaignent d’être isolés de leur famille et amis et de subir de mauvais traitements. D’autres ont le sentiment d’être mis en quarantaine dans cet hôpital et pensent que tout ici a été fait non pas pour mais contre eux : « Une mesure qui nous a touché dans notre dignité a été la création d’un hôpital à Bobigny que l’on réservait aux Nord-Africians, comme si nous étions de race inférieure, des pestiférés » [11]

Dans l’année 1937, près de 600 Algériens refusent l’hospitalisation au « Franco-musulman ». Les réticences des malades, jointes aux difficultés de gestion de l’hôpital (en déficit depuis sa création), suscitent l’interrogation de certains fonctionnaires qui se demandent si «  l’affectation particulière de cet hôpital, qui a coûté très cher, correspond véritablement au besoin pour lequel il a été édifié » [12]

En conclusion, la création de l’Hôpital Franco-Musulman fut un pur produit de propagande coloniale en même temps qu’un authentique dispositif de surveillance médico-policier de l’immigration coloniale algérienne.

Dans ce projet, les hommes qui entourent Pierre Godin ont en commun une même expérience coloniale d’encadrement des populations colonisées en Algérie. Ils sauront mettre à profit ce « capital » pour promouvoir l’idéologie coloniale en France métropolitaine. C’est aussi le moyen pour eux de maintenir ou de conquérir de nouvelles positions de pouvoir au sein d’institutions locales ou nationales et d’œuvrer aussi à leur promotion personnelle.

Ces hommes tentent d’introduire en métropole les techniques coloniales de gestion des populations. Techniques qui n’ont pu être exportées telles quelles, les lois républicaines en métropole ne pouvant supporter de juridictions d’exception, comme il est de règle dans les colonies. De plus Paris n’est pas Alger et il n’est pas certain que la question du contrôle policier de l’immigration algérienne, qui reste malgré tout minoritaire, soit une priorité pour les gestionnaires de Paris et du département de la Seine. Aussi peut-on avancer l’idée que Pierre Godin et ses alliés ont construit leur discours sur les dangers que cette immigration coloniale faisait encourir à Paris (tuberculose mais aussi syphilis, criminalité, communisme..) pour justifier leur politique ségrégative. En d’autres termes, il fallait convaincre. Ils y sont parvenus en s’appuyant sur le soutien financier d’un Sarrault, Ministre de l’Intérieur, les techniques de police d’un Gérolami et sur les discours pseudo scientifiques de « spécialistes » auto-proclamés , comme Octave Depont, pour légitimer la ségrégation raciste que vont subir nombre d’Algériens pendant l’entre-deux-guerres.

Notes

[1] Le mot algérien, en  italique,  permet d’ identifier les  populations sous domination française  venues d’Algérie  et  ne pas reprendre, dans la mesure du possible,   la terminologie   de  « Nord-africains ,  Musulman ,   franco-musulman » produit par l’histoire coloniale.  

[2] « Nord-africains », « Franco-musulman » désignaient en  France de  l’entre-deux-guerres  principalement les colonisés d’Algérie.

[3] Id.

[4] R.  Gallissot in Les Migrants qui font le prolétariat (Méridien 1994).

[5] Mémoire du Conseil municipal de Paris n°77.

[6] Al Sarrault fut Ministre des Colonies  à 2 reprises, puis Ministre l’Intérieur. C’est lui qui signa, avec Dalladier et Lebrun le décret du 21/01/1939 qui  crée  le  1er camp d’internement des étrangers indésirables.

[7] Mémoires  du Conseil municipal de Paris n° 140, n°77, n°46.

[8] O.   Depont est l’auteur de : Le vocabulaire français-arabe à l’usage des élèves de l’École départementale des infirmières de l’hôpital franco-musulman (1932 ;  Les Berbères en France (1935) ;

[9]  id note 7.

[10]  id note 7.

[11]  El Ouma, décembre 1934.

[12]  Propos tenus par M.Romazzi  Conseiller Général de la Seine en 1938.


Le cimetière musulman de Bobigny, par Bénédicte Penn

Le cimetière franco-musulman de Bobigny © JB Debost/CG93

Cet article sur le « cimetière musulman » de Bobigny est paru dans l’Encyclopédie de la colonisation française dirigée par Alain Ruscio (Les Indes Savantes). Bénédicte Penn est historienne, responsable des Archives municipales de Bobigny.

Le cimetière musulman de Bobigny est destiné à l’origine à recevoir les corps des personnes (travailleurs Algériens en grande majorité) décédés à l’hôpital franco-musulman ouvert dans la même commune en mars 1935. Créé par un décret présidentiel le 4 janvier 1934, le cimetière est inauguré modestement le 12 juin 1936 sous la présidence du résident de France à Tunis, M. Armand Guillon et en présence d’un groupe restreint de personnalités (1) . Sont ainsi venus des membres du conseil général de la Seine, de la Ville de Paris, de la ville de Bobigny (son maire-sénateur communiste Jean-Marie Clamamus (2) et le recteur de la mosquée de Paris auquel « l’Afrique du Nord illustré » (1936) couvrant l’événement attribue, parmi d’autres réalisations, la paternité du projet : « son excellence Si Kaddour ben Ghabrit (3) a édifié la mosquée de Paris pour la prière, l’Institut musulman pour les hautes études. Il a ensuite groupé autour de sa remarquable activité des personnalités éminentes du département de la Seine, du Conseil Général, ainsi que du Conseil Municipal de Paris et les municipalités suburbaines afin de compléter l’œuvre entreprise dans la capitale par un hôpital franco-musulman à Bobigny et par un cimetière musulman sur le territoire de la même commune ».

Un cimetière « spécial » annexé à l’hôpital franco-musulman de Paris et de la Seine

« L’hôpital franco-musulman, ainsi que vous le savez, traitera les malades musulmans provenant de l’importante colonie berbère et arabe que comptent depuis quelques années Paris et sa banlieue, malades qui jusqu’à ce jour, sont restés dispersés dans les hôpitaux de Paris. Le nouvel établissement viendra ainsi compléter un ensemble d’œuvres de protection et d’assistance que nos assemblées en créées en faveur des indigènes de l’Afrique du Nord » (Bureau municipal de la ville de Paris, 1933). Très vite se pose la question de l’inhumation des personnes qui décéderont dans l’hôpital comme le souligne en 1930 l’instance municipale de Bobigny qui s’oppose avec véhémence à sa construction : « Que des renseignements tout à fait officieux fournis à M. le Maire, Il résulte qu’aucun malade de Bobigny ne pourra bénéficier de l’admission dans cet hôpital essentiellement réservé aux Musulmans. Qu’il n’y aura donc pour la collectivité communale aucun avantage à voir s’édifier cet hôpital sur la commune. Qu’au contraire il ne peut y avoir que des inconvénients. Que se pose, pour l’administration municipale, la question des inhumations à la suite des décès qui surviendront dans le dit hôpital (4). Que la commune peut-être tenue de pourvoir aux inhumations ainsi qu’aux frais qui en découlent. Que l’importance de cet hôpital fait prévoir un nombre considérable de malades et en conséquence, de nombreux décès. Que le cimetière communal est actuellement trop étroit pour recevoir tous les corps de la commune et que l’administration municipale a dû prévoir un agrandissement qui suffira à peine en raison de l’augmentation rapide et constante de la population (2 000 habitants nouveaux par an). (Conseil municipal de Bobigny, 1930)5 ». D’une part, le préfet de la Seine reconnaît « qu’en équité on ne saurait imposer ces charges à une commune, surtout quand sa situation financière, comme c’est le cas, est incontestablement critique » (Conseil général, 1931). D’autre part la Société des Habous des Lieux Saints de l’Islam6 a saisi le gouvernement sur la même question dans une lettre datée du 3 février 1931. « La Commission interministérielle des Affaires musulmanes, réunie le 27 février 1931, a examiné dans quelles conditions pourrait être créé à Paris un cimetière spécial aux Musulmans.

La loi de 1881 interdisant d’établir dans les cimetières des distinctions ou des destinations particulières en raison des croyances ou du culte des défunts, la Commission a reconnu l’impossibilité de réserver légalement dans les cimetières existants, un carré de terrain pour les Musulmans ni de créer quelque part un cimetière spécial qui leur fût exclusivement destiné. Elle a dû écarter aussi l’idée de cimetières particuliers où seraient autorisées des inhumations dans des propriétés privées, ce droit étant restreint au fondateur de la sépulture et aux membres de sa famille. Mais il ressort de plusieurs décisions ministérielles très formelles que les hospices peuvent être exceptionnellement autorisés à créer des cimetières spéciaux répondant à des nécessités spéciales (7). La Commission interministérielle des Affaires musulmanes a estimé, par suite, que M. le Préfet de la Seine pourrait être invité à signaler à la Commission administrative de l’hôpital franco-musulman dont il est le président, l’intérêt qu’il y aurait à ce qu’elle sollicitât du Gouvernement, en vertu des dispositions qui ont déjà joué et après entente avec la Société des Habous des lieux saints de l’Islam, l’autorisation spéciale d’ouvrir un cimetière particulier pour les Musulmans confiés à l’Établissement dont elle aura la gestion. (…) Le Préfet de la Seine rappelle que ce sont des raisons analogues qui ont entraîné la création de cimetières annexes à l’asile de Perray-Vaucluse, à l’asile de Villejuif ainsi qu’à l’hospice Paul-Brousse. (…) Il y a un avantage moral évident à grouper entre eux les indigènes musulmans, il y a pour eux un intérêt moral supérieur encore à recevoir la certitude qu’à leur mort ils seront réunis avec leurs coreligionnaires dans un lieu qui sera pour ainsi dire « Terre d’Islam » et inhumés suivant leurs rites. (…) Délibère : Article premier.Est décidée la création d’un cimetière annexé à l’hôpital Franco-musulman et où pourront être inhumés les corps des personnes décédées à l’hôpital ». (Bulletin municipal officiel, ville de Paris, 1931) ».

Cette demande de lieux d’inhumations pour les Musulmans en France est très ancienne et s’inscrit également dans la mise en place de véritables « carrés confessionnels » notamment musulmans à partir de la première guerre mondiale, longtemps avant la publication des circulaires du Ministère de l’Intérieur du 28 novembre 1975 et 14 février 1991(8). La création d’un cimetière annexé à l’hôpital permet donc d’y répondre, d’autant plus qu’un deuxième décret présidentiel en date du 8 janvier 1937 déclare, article 1 : «Pourront être inhumés dans le cimetière en exécution du décret susvisé du 4 janvier1934 outre les personnes décédées dans l’hôpital franco-musulman de Paris et Département de la Seine, celles dont l’inhumation y sera spécialement autorisée par le Préfet de la Seine sur la proposition du Directeurs dudit hôpital ou du Directeur de l’Institut Musulman et de la Mosquée de Paris » (Soraya El Alaoui, p. 29, 2012) (9). Le rapport porté par Pierre Godin, conseiller général et membre du comité de surveillance de l’hôpital Franco-musulman, ajoute : « Non seulement la France ne subira aucun dommage du fait que les Nord-africains obtiendront la faveur de retrouver ici, pour leurs morts, les ménagements pieux du régime algérien, mais à coup sûr, elle en sortira grandie. Il faut messieurs, quand on envisage des questions de cette nature, ne jamais perdre de vue que la France n’est plus, seulement un vieil Etat européen, mais un Empire, et notamment, une grande nation musulmane. (…) Le nouveau cimetière n’apportera aucun élément inconnu d’inquiétude ou d’embarras à la population de banlieue, déjà familiarisée avec un voisinage de cette nature. Les obsèques musulmanes n’ont rien de particulièrement bruyant, encombrant ou compliqué. Elles sont graves et brèves ». (Bulletin municipal officiel, ville de Paris, 1931).

Deux premiers terrains appartenant au département sont d’abord envisagés pour l’implantation du cimetière10 mais c’est finalement un troisième, au lieu-dit « la Haute Borne » au sud de Bobigny, à environ 3 km de l’hôpital, qui est retenu. « Cette parcelle, assez parfaitement nivelée, est affermée à des sociétés sportives et à des terrains de jeux. Elle est située dans une zone de jardins dont le peuplement entravé par les lignes de chemins de fer est peu dense. Les habitations les plus proches, peu nombreuses sont édifiées rue Lavoisier à 60 m. de la bordure nord du terrain. Ce sont de petits immeubles à un seul étage, construits en matériaux légers» (11)(Archives communales de Bobigny, 1931).

Protestations

Aussi modeste que soit jugé ce petit lotissement, ses habitants réunis en comité d’intérêt local entendent se défendre ; protestation relayée quelques jours plus tard par le conseil municipal(12) après la publication de l’arrêté préfectoral le 11 décembre 1932, ouvrant l’enquête relative à la création « d’un cimetière dépendant de l’hôpital Franco-musulman ». Le Maire dénonce une « manœuvre systématique et tendancieuse contre la commune de Bobigny elle-même ». « [Le comité] s’étonne que le département, de qui nous attendions mieux qu’un cimetière, n’ait pas continué, avec les terrains qu’il possède, à parfaire l’aménagement et l’embellissement de ce quartier qui ne demande qu’à s’étendre, en faisant ouvrir des rues et poursuivre la viabilité, car contrairement au contenu des articles de votre dossier, nous n’avons pas attendu le projet d’édification du cimetière, pour faire de notre lotissement un site normal (…). Protestent énergiquement contre le projet de création d’un cimetière franco-musulman (…) ayant pour conséquence d’arrêter l’essor des constructions futures, la dévalorisation des terrains, et l’exode des habitants déjà sur les lieux qu’entraîneraient fatalement le projet de construction de ce cimetière qui en apportera nullement l’hygiène que nous réclamons, le peu que nous avons ayant déjà coûté dix années d’efforts et de sacrifices. Nous protestons collectivement contre ce projet menaçant d’anéantir brutalement le dur travail accompli »(13) (Archives communales de Bobigny, 1932). Ce à quoi il est répondu en réunion de commission d’enquête par le chef de service de l’Assistance départementale, un M. Michaud : « que l’intérêt général doit s’entendre, non du point de vue local, non même d’un point de vue exclusivement communal, mais de l’intérêt du pays tout entier. Or la création de l’hôpital et du cimetière est une manifestation de la politique musulmane de la France, manifestation justifiée et dont d’ailleurs M. Clamamus lui-même a bien voulu reconnaître l’intérêt (14)» (Archives communales de Bobigny, 1933).

La construction

Le 12 juillet 1933 le Conseil général du département de la Seine valide l’emplacement et le lancement de la construction du cimetière, après autorisation du Ministre de l’Intérieur, Président du Conseil. Le projet comporte « l’édification d’une entrée principale avec conciergerie (15), d’une cour pavée et plantée, d’une salle de Prière (petite mosquée) avec porche au devant et service derrière, enfin d’une salle de lavage des morts. La dépense s’élève environ à deux millions de francs » (Octave Depont). « Ce cimetière a été, du point de vue architectural, réalisé à l’imitation des nécropoles marocaines (16)». Il est l’oeuvre de l’architecte Edouard Crevel(17).

Le cimetière accueille une première inhumation le 8 janvier 1937. Et si un Imam gardien est nommé, il semble que la gestion des enterrements laisse à désirer, tout au moins pour les militants de l’Etoile nord-africaine. «Nous avons à maintes reprises signalé les multiples abus et brimades dont sont l’objet les Nord-Africains hospitalisés à Bobigny.(…) Mais nos inquiétudes ne visaient que les soins, qui manquaient aux malades, et que nous étions bien loin de penser que les morts étaient astreints aux loi de l’indigénat. La direction de l’hôpital vient de se signaler par une mesure où elle prouve que même morts, on n’échappe pas aux règles qui régissent les vivants. Elle entend, en effet, se substituer aux parents et prendre, elle-même, les dispositions pour l’enterrement, sans tenir compte de la dernière volonté du défunt ni de ses parents. C’est ainsi que dernièrement, notre regretté compatriote Merakeb Ahmed, décédé le 4 février, était enterré le lendemain 5, sans donner le temps nécessaire, à son cousin et à d’autres parents venus de plusieurs régions, de le voir et de lui rendre les derniers devoirs, selon notre coutume. Cette façon de procéder à l’égard des Nord-Africains, par les services des hôpitaux et de l’administration, n’est d’ailleurs, pas isolée. Il y a eu des précédents qui tendent à se généraliser. C’est pourquoi nos coreligionnaires, indignés, entendent s’opposer désormais à un tel sans gêne et faire respecter leurs morts. Des poursuites sont d’ailleurs intentées contre les responsables. Tous les musulmans soutiendront les parents dont nous partageons la douleur et tous veilleront à ce que l’on respecte, au moins, ceux que la mort a délivré de la servitude » (Sophia Lamri, 1991).

Notes

1 Contrairement à l’hôpital franco-musulman inauguré en « grande pompe » le 22 mars 1935 en présence de nombreuses personnalités et associations parmi lesquelles notamment le Ministre de l’Intérieur, M. Régnier. Lors de l’inauguration du cimetière, «Des allocutions rendant un hommage élevé à une institution appelée à retentir dans tout l’Islam, en particulier dans nos grands pays africains de l ‘A.O.F. Et de l’A.E.F., où de même qu’au Cameroun et au Togo, les musulmans sont nombreux et bénéficient, comme tous les autres autochtones, des bienfaits de la politique humanitaire et civilisatrice de la France » (Octave Depont)

2 Jean Marie Clamamus (1879-1973) est présent à cette inauguration alors qu’il avait refusé d’assister à celle de l’hôpital franco musulman, comme le rapporte le journal d’informations locales et politiques édité par la Région Est-Parisien du parti communiste, La Voix de l’Est, le 6 avril 1935 : « Les travailleurs de Bobigny n’étaient pas sur leur [les personnalités] passage pour saluer ce quarteron de massacreurs d’indigènes et d’ouvriers de la Métropole. D’ailleurs, la municipalité de Bobigny, malgré l’invitation faite à ses membres, par le Conseil général, s’est abstenue de se confondre avec les ennemis de la classe ouvrière ».

3 Abdelqader Ben Ghabrit (1868-1954). Voir : SBAÏ Jalila, « Trajectoire d’un homme et d’une idée : Si Kaddour Ben Ghabrit et l’Islam de France, 1892-1926 », Hespéris Tamuda, XXXIX (1), 2001, p. 45-58. SBAÏ Jalila, « La République et la Mosquée : genèse et institution(s) de l’Islam en France », in Pierre-Jean Luizard (dir.), Le choc colonial et l’islam, La Découverte, 2006, p. 223-236.

4 De fait le cimetière communal accueillera les morts de l’hôpital franco musulman jusqu’à l’ouverture du cimetière musulman.

5 Délibération du Conseil municipal de Bobigny, 10 avril 1930, p. 137 recto, W616.

6 La Société des Habous des Lieux Saints de l’Islam est créée le 16 février 1917 à Alger. « Le but de la Société est de procéder à l’acquisition de deux immeubles, l’un à la Mecque et l’autre à Médine pour être constitués « waqf » au profit des pèlerins nécessiteux ayant besoin d’asile qui proviennent de l’Afrique septentrionale c’est à dire du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie et aussi de ceux qui viennent de l’Afrique occidentale », extrait de : « Traduction de l’acte constitutif de la Société des Habous des Lieux Saints », Michel renard, http://islamenfrance.canalblog.com/archives/ 2006/09/03/2602527.html

7 BMO, 3 avril 1931, p. 1679.

8 Voir Juliette Nunez, 2011 ; Marie Ange d’Adler, 2005 ; Michel Renard, « histoire de l’Islam en France 1830-1962 : pratiques religieuses, histoire coloniale et islamophilie », http://islamenfrance.canalblog.com/.

9 Le cimetière accueillera dès lors des personnes de toutes les aires du monde musulman appartenant aux principales branches de l’Islam.

10 Le bulletin municipal officiel parle du lieu-dit « Eau Bonne » près du cimetière de Pantin en avril 1931. Un plan de situation de l’hôpital franco-musulman en date du 21 octobre 1930, modifié 3 fois, estampillé le 5 août 1931 situe le projet de cimetière contiguë de l’établissement, juste séparé par le projet d’une voie nouvelle. Pour des raisons géologiques, ces emplacements sont jugés impropres à l’inhumation de corps.

11 « Projet de création d’un cimetière annexe à l’hôpital Franco-musulman à Bobigny », 2 novembre 1931, Archives communales Bobigny, W4432. Les petits immeubles forment le lotissement « Les Vignes » : créé en1912, il se compose dans les années 1930 des rues Arago, Lavoisier et Guyemer non aménagées et de quatre lots moins de 20 maisons),W4260.

12 Délibération du 29 décembre 1932, W617.

13 « Pétition de protestations », 11 décembre 1932, W4432.

14 « Création d’un cimetière, réunion de la commission d’enquête le 24 janvier 1933 », W.

15 Habitation de l’Imam-gardien.

16 Commission de surveillance de l’hôpital franco-musulman – séance du 16 juillet 1946, W 4433

17 Edouard André Joseph Crevel (1880-1969). Voir la biographie dans « Le cimetière musulman de Bobigny, témoin

Bibliographie

Soraya El Alaoui, « L’espace funéraire de Bobigny : du cimetière aux carrés musulmans (1934-2006) », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 28 – n°3

Bénédicte Penn, « Le cimetière musulman de Bobigny, témoin d’une relation partagée entre la France et le monde musulman », in: Bobigny Ville d’histoires et de patrimoines, ed. Ville de Bobigny, août 2013.

Juliette Nunez, « Le gestion publique des espaces confessionnels des cimetières de la Ville de Paris : l’exemple du culte musulman (1857-1957) », Le Mouvement social, 2011/4 (n° 237). pp. 13-32.

Aggoun Atmane, « Le cimetière franco-musulman de Bobigny : lieu de mémoire, traces d’immigration et patrimonialisation, Jalons pour une recherche », Études sur la mort, 2009/2 n° 136, p. 33-42.

Marie-Ange d’Adler, Le cimetière musulman de Bobigny, lieu de mémoire d’un siècle d’immigration, ed. Autrement, Paris, 2005.

Marie-Ange d’Adler et Daniel Alda, « Le cimetière musulman de Bobigny : un lieu d’exception », in : « 1935-2005, l’hôpital Avicenne : une histoire sans frontières », Assistance publique, hôpitaux de Paris, sous la direction de Katia Kukawka et Sophie Daynes, p.p. 58-71, 2005.

Sophia Lamri, «Le cimetière musulman en annexe », in : « L’hôpital Franco-Musulman 1926-1935, la médicalisation des Nord-Africains en France », Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine Université de Paris VIII, 1991, p. 55-57.

« Au cimetière musulman de Bobigny », L’Afrique du nord illustrée, 27 juin 1936, p. 3.

Octave Depont, « Le cimetière musulman », in : « Les Berbères en France, l’hôpital Franco-Musulman de Paris et du Département de la Seine », Imp. Douriez-Bataille, Lille, pp. 81-84, s.d.

Conseil municipal de Paris, 1930, rapports et documents. « Le cimetière musulman », in : Pierre Godin, Note au sujet des services de surveillance, protection et assistance des indigènes Nord-Africains domiciliés ou de passage à Paris et dans le département de la Seine, pp. 73-80, 25 octobre 1930 (Archives AP-HP, 12IMPR269).

Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, Paris, 1924-1937.

Le cimetière musulman (1930-1994), Archives communales de Bobigny, W617, W2935, W4432, W4433, W9010, W10748.

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