Comment Maryse a imposé sa fille à Jean-Claude Gaudin
Longtemps, elle a démenti. Non, Maryse Joissains n’avait rien demandé au sénateur-maire de Marseille en vue des élections sénatoriales du 21 septembre prochain. Et surtout pas de faire une place pour sa fille, qui n’avait d’ailleurs aucun mandat électif présent ou passé à faire valoir. Il n’empêche: à peine élue au côté de sa mère aux municipales, voilà Sophie Joissains nº2 de la liste UMP des sénatoriales1.
Une réalité qui signifie au moins deux choses: que Maryse avait bien demandé à Gaudin de songer à Sophie plutôt qu’à elle pour le Sénat et qu’après y avoir résisté, Gaudin n’a pu que se plier aux exigences de celle qu’il appelle « la dame d’Aix ». Avait-il le choix? Pas vraiment. Politiquement affaibli par le dernier combat municipal2 et -surtout- par la perte de la communauté urbaine – dont il avait promis la présidence à Renaud Muselier – le sénateur-maire de Marseille ne pouvait prendre le risque d’une liste dissidente à droite.
Ce dont Maryse l’aurait menacé s’il continuait de dire non à sa fille. Membre du bureau national du Parti radical valoisien, Sophie avait la possibilité de monter sa propre liste. Avec quelques petites chances d’être élue, mais surtout la certitude de coûter un, voire deux sièges de sénateur à Gaudin. Qui peut difficilement se permettre de laisser son sauveur, Bruno Gilles, sur le bord du chemin. Vainqueur de Jean-Noël Guérini dans le 3e secteur (4e et 5e arrondissements), c’est lui qui a
permis à Gaudin de conserver son fauteuil de maire.
Après le renoncement de Renaud Muselier, dont il est depuis quinze ans le plus fidèle lieutenant, la place de 3e sur la liste UMP était donc promise à Bruno Gilles. À charge pour Gaudin de faire en sorte que cette place demeure éligible, ce qui n’aurait pas été le cas avec une liste concurrente conduite par Sophie Joissains. La fille d’Alain et Maryse a donc les meilleures chances d’entrer au palais du Luxembourg en septembre. On a connu pire début de carrière politique.
Pour en savoir plus :
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- Un article du supplément régional du Nouvel Observateur daté du 9 décembre 2004 : «Maryse Joissains est-elle à la hauteur ?» 3.
- Un article du Point, N° 1488 du 23 mars 2001 : «Municipales 2001 à Aix-en-Provence : la surprise Joissains»
- En deuxième place, parité oblige, c’est une femme qu’il faut prendre.
- Les dernières élections municipales n’ont laissé à Jean-Claude Gaudin qu’une très courte majorité au conseil municipal de Marseille (deux sièges de plus que la gauche).
- Maryse Joissains a été déboutée le 7 décembre 2006 de l’action en justice qu’elle avait lancée pour obtenir “réparation” après la publication de cet article.