Bigeard aux Invalides ?

publié le 25 juin 2014
Marcel Bigeard, symbole des “violences de détail”,
du Tonkin à Alger,
par Alain Ruscio

Au moment où le projet de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides est à l’origine d’un texte de protestation qui a déjà été signé par 1 700 citoyennes et citoyens, il est bon de rappeler que les tortures et exactions, qui connurent un apogée lors de la guerre d’Algérie, furent hélas très anciennes et très fréquentes sous les tropiques, à l’ombre du drapeau tricolore. Nous reprenons l’article initialement publié dans Le Monde diplomatique en juin 2001 de l’historien Alain Ruscio, par ailleurs l’un des initiateurs de l’appel Non aux cendres de Bigeard aux Invalides.

 
Louisette Ighilhariz, Massu et Bigeard

Quarante ans après avoir été torturée en algérie, Louisette Ighilhariz cherche l’homme qui l’a sauvée.



Interrogé sur les accusations portées par Louisette Ighilarhiz, le général Bigeard nie tout, en bloc.

En revanche, le général Massu confirme l’essentiel. « Oui, répète-t-il, la torture était ordonnée , voire couverte par les autorités civiles [...] qui étaient parfaitement au courant et trouvaient cela très bien  ».

« Non, la torture n’est pas indispensable en temps de guerre [...], dit-il. Quand je repense à l’Algérie, on aurait pu faire les choses différemment. »

 
Bigeard aux Invalides !

En 2001, le général Bigeard téléphone au général Aussaresses qui avait déclaré en novembre 2000 s’être « résolu à la torture », et lui demande : « Pourquoi n’as-tu pas fermé ta gueule? » [1]

Seize mois après son décès, les cendres du général Marcel Bigeard devraient être transférées aux Invalides – et non au Panthéon comme cela a pu être écrit.

Il souhaitait qu‘elles soient larguées au-dessus de Dien-Bien-Phu, là où reposent ses camarades tombés pendant la guerre d’Indochine. Les cendres du Général Marcel Bigeard seront finalement déposées aux Invalides aux côtés des gouverneurs, des maréchaux de France et des plus illustres chefs militaires de la nation. [...] Né à Toul en 1916, le général Bigeard est décédé le 18 juin 2010.

(EstRepublicain.fr, le 24 octobre 2011)


[Mis en ligne le 18 juin 2010, mis à jour le 25 octobre 2011]


 
Bigeard aux Invalides : la justification du recours à la torture

Les cendres du général Marcel Bigeard, décédé en juin 2010, vont être transférées à l’Hôtel des Invalides à Paris [2].

Aux côtés des dépouilles de ses gloires militaires, la France honorera ainsi un général connu pour avoir couvert l’usage de la torture, notamment en Algérie – ce qui ne manquera pas de toucher nos amis algériens, à la veille du cinquantenaire de leur indépendance. Tout en se défendant de l’avoir personnellement pratiquée, Marcel Bigeard a en effet justifié le recours à la torture avec l’argument habituel – un « mal nécessaire » pour éviter les morts innocentes ... Mais, grâce aux amnisties successives, il n’a jamais eu à en répondre.

Amnesty International avait rappelé dans un communiqué, le 24 novembre 2000, que « en application des Conventions de Genève et du droit coutumier international », « les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles » et que les responsables doivent être traduits en justice. Et l’organisation avait déploré « le manque de volonté politique des gouvernements français successifs [qui] a contribué à présenter la torture, les exécutions sommaires et les « disparitions » comme des maux nécessaires ».

Depuis lors, les gouvernements successifs n’ont pas considéré ce problème comme prioritaire. Heureusement qu’il s’était trouvé des “justes”, pour condamner ces “dérives” : le général de Bollardière, mais également Paul Teitgen dont nous reprenons ci-dessous un témoignage sur l’usage de la torture.

[Mis en ligne le 18 novembre 2011, mis à jour le 29]


 
Bigeard aux Invalides : pourquoi ce serait une infamie

Pour Roland Rappaport, avocat, le transfert des cendres du général Bigeard à l’Hôtel des Invalides constituerait une violation des « obligations pesant sur les États signataires de la Convention internationale contre la torture » que la France a ratifiée en 1987.

A la suite de l’article de Me Rappaport repris du site Mediapart, vous trouverez ci-dessous une vidéo, enregistrée en septembre 1991, d’un débat sur l’usage de la torture en Algérie avec Paul Teitgen, Jacques Duquesne et Hélie Denoix de Saint Marc.

 
appel : non à un hommage officiel au général Bigeard

Une protestation contre le transfert des cendres de Marcel Bigeard aux Invalides a été lancée il y a quelques jours, à l’initiative de la journaliste Rosa Moussaoui et de l’historien Alain Ruscio.

Afin de faire vivre cette pétition un site internet a été créé :
il suffit de cliquer sur nonabigeardauxinvalides
Tous ceux qui sont en accord avec cette démarche peuvent signer cette pétition, la relayer et inciter leurs « contacts » à faire de même.
Vous en trouverez le texte ci-dessous.

 
Raphaëlle Branche & Bruno Cabanes : “le passé colonial de l’armée française peut-il être donné en exemple ?”

Les deux historiens se penchent sur la signification symbolique de la décision de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides.

Raphaëlle Branche, historienne de la guerre d’Algérie, enseigne à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et à l’Institut Universitaire de France.
Bruno Cabanes, historien de la première guerre mondiale, enseigne à l’Université Yale (Etats-Unis).

 
pétition contre le transfert des cendres de Bigeard : le point

L’appel Non à l’hommage officiel au général Bigeard, contre le transfert aux Invalides des cendres de cet officier « baroudeur », au lourd passé indochinois et algérien, rencontre un grand succès.

Une semaine après sa mise en ligne, plus de 6 000 personnes de toutes opinions et de toutes origines, se sont prononcées contre cette opération politicienne. D’anciens ministres, des responsables politiques et syndicaux, des représentants d’associations, des élus, des intellectuels de renom, des artistes, des témoins et acteurs majeurs des guerres d’Indochine et d’Algérie, parmi lesquels des militaires, des citoyens de tous horizons soutiennent cette démarche.

Nous reprenons deux témoignages, dont une lettre ouverte émanant de la Licra, qui nous encouragent à poursuivre notre action contre cette falsification du passé colonial. Comme l’a récemment déclaré Marc Laffineur, secrétaire d’État auprès du ministre de la défense et des anciens combattants, « il faut avoir le courage de faire la lumière sur tous les aspects de ce conflit », car « ce qui a été fait avec l’Allemagne, en termes de réconciliation, doit pouvoir être fait avec l’Algérie. »

 
affaire Bigeard : reconnaître les « heures noires » qui souillent notre passé
« Quand je [général Jacques Massu] suis arrivé en Algérie en 1955,
je me souviens de l’avoir vu en train d’interroger un malheureux,
avec la gégène.
 »

Le projet de transfert aux Invalides des restes du général Bigeard a remis à l’actualité ces heures noires où « un pays de tradition libérale » a vu « en quelques années ses institutions, son armée, sa justice, sa presse, corrodées par la pratique de la torture, par le silence et le mensonge observés autour de questions vitales qui mettent en cause la conception même que l’Occident affirme se faire de l’homme. [3] »

La pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie n’est plus contestée – voir ci-dessous le témoignage de Massu sur Bigeard. Elle s’est faite avec la complicité du pouvoir politique. Pendant “la bataille d’Alger”, grâce au vote des “pouvoirs spéciaux”, les autorités civiles se sont défaussées sur les militaires de leur responsabilité du maintien de l’ordre. Mais, dès le début de la guerre, les militaires avaient eu « toute latitude pour mener une guerre totale [4] ».

Aujourd’hui, notre pays s’honorerait en renonçant au transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides [5], et en effectuant une démarche de reconnaissance d’une de ces « heures noires » « qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays » évoquées par le président Jacques Chirac le 16 juillet 1995 alors qu’il reconnaissait la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des Juifs durant l’Occupation [6].

 
juin 1957, opération de “pacification” sous les ordres du colonel Bigeard

Le 27 juin 1957, le colonel Marcel Bigeard arrive en hélicoptère à Saharidj, région du Djurdjura, pour superviser une opération de nettoyage d’une durée de 3 jours, du 27 au 29 juin 1957.

Aussitôt il installe son PC au lieudit Tayda n Lemsara, et un poste avancé au lieu dit Thalouine en haute montagne sur le flanc sud de Tamgout d’où il supervise le déroulement de l’opération. Le PC de Tayda n Lemsara était composé d’environ une centaine de tentes militaires entourées de barbelé et comprenant un centre de tri des prisonniers, un autre de torture et enfin un 3e réservé aux exécutions sommaires.

A proximité de ce camp, se trouve un cimetière du même nom. Deux fosses communes y ont été aménagées ; après l’indépendance, on en retirera 45 squelettes, 27 chouhadas (martyrs) exécutés sur ordre de Bigeard dans la première et 18 dans l’autre [7].

Le blog Saharidj Tribune revient sur cette opération de “pacification” à la Bigeard.

 
cendres de Bigeard : le président de l’ACAT écrit au ministre

Le président de l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (l’ACAT) demande au ministre de la Défense de renoncer à son projet de transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides.

Les raisons qu’il invoque sont fondamentales : « cela reviendrait à légitimer l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie et, plus largement comme méthode de lutte contre le terrorisme. En ce sens, cela contreviendrait aux obligations de la France, signataire de la Convention internationale contre la torture. »

Certes, il n’y a pas que des défenseurs de la patrie qui soient inhumés aux Invalides : avec la dépouille de l’amiral Duperré, commandant de la flotte d’invasion en 1830, on y trouve celles des chefs de l’armée qui conquit l’Algérie – le général Damrémont, les maréchaux Bugeaud, Canrobert, Pélissier, et Saint-Arnaud – une conquête terriblement dévastatrice que certains historiens qualifient de “première guerre d’Algérie” [8]. Mais l’ACAT rejoint la demande des signataires de la pétition Non à un hommage officiel au général Bigeard en demandant que le gouvernement n’honore pas un chef militaire qui, jusqu’à la fin de sa vie, a justifié l’usage de la torture.

A la suite de la lettre du président de l’ACAT, nous reprenons l’article 10 de la Convention contre la torture.

 
“mémoire collective, mémoires antagoniques”, par Brahim Senouci

Billet d’humeur repris du blog de Brahim Senouci où il a été publié le 8 décembre 2011.

Brahim Senouci, enseignant universitaire, a publié Algérie, une mémoire à vif, préfacé par Stéphane Hessel, chez l’Harmattan.

 
Bigeard : l’exigence de vérité

Le 6 octobre 2011, au premier jour de son séjour officiel en Arménie, Nicolas Sarkozy avait déclaré à la presse, à l’issue d’une visite du monument érigé à la mémoire des centaines de milliers de victimes du génocide arménien des années 1915-1918 : « La Turquie, qui est un grand pays, s’honorerait à revisiter son histoire comme d’autres grands pays dans le monde l’ont fait, l’Allemagne, la France. [9] »
Le lendemain, il était revenu sur le sujet : « Ici à Erevan, je veux dire à la Turquie qu’elle doit regarder son histoire en face. [10] »

Mais la France regarde-t-elle bien son passé en face – et notamment son passé colonial en Algérie ? On peut en douter devant le projet de transférer aux Invalides les cendres du général Bigeard : au-delà d’un hommage au personnage, il s’agirait d’une “légitimation” des méthodes mises en oeuvre pendant la guerre d’Algérie.

La France a souvent manifesté une certaine mansuétude devant le comportement des siens “aux colonies”, mais, pour les Algériens et les Argentins, le nom de Bigeard est associé à des périodes particulièrement tragiques de leur histoire.

 
les Invalides et le mémorial Yasukuni

Dans le texte repris ci-dessous, Brahim Senouci fait allusion au célèbre sanctuaire japonais Yasukuni de Tokyo. Ce lieu comporte un musée et rend hommage aux « âmes des soldats et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour le service du pays ». Parmi ceux-ci figurent quatorze grands criminels de guerre dont l’ex-Premier ministre Hideki Tojo, artisan des campagnes d’agression nippones en Asie. Ce qui fait de Yasukuni un symbole controversé du passé militariste nippon [11].

Une assimilation du passé colonial français et du passé impérialiste japonais serait une démarche simpliste. Mais on peut craindre que le transfert envisagé des cendres de Bigeard ne confère à l’Hôtel national des Invalides une image de temple du colonialisme français.

 
Bigeard et la bataille d’Alger

La scène inaugurale du film La Bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo, représente un pauvre bougre, totalement détruit, hagard, marqué sur son corps. On comprend très vite qu’il vient d’être torturé, puis qu’il a parlé, sous l’effet de la douleur. Apparaît alors celui qui a ordonné cet acte de barbarie.
On apprend qu’il s’appelle le colonel Mathieu. Celui-ci devient ensuite le personnage central de ce film.
Mathieu qui défile, fier, à la tête de ses paras, dans les rues d’Alger… Mathieu qui ferraille verbalement, à distance, avec Jean-Paul Sartre… Mathieu qui justifie, aux yeux du monde entier, lors d’une conférence de presse, l’usage de la torture…
Mathieu qui exhibe Larbi Ben M’Hidi comme une prise de guerre… En 1966, les spectateurs ne s’y sont pas trompés : Mathieu, c’était Bigeard, bel et bien l’homme de cette Bataille, plus que ses supérieurs, les généraux Massu et Salan.

C’est la raison pour laquelle le Collectif Non à Bigeard aux Invalides avait pris l’initiative de programmer ce film, mercredi 11 janvier 2012 à 20h, au cinéma La Clef (Paris 5e).
Après une courte introduction de Rosa Moussaoui, puis quelques mots de Catherine Coquery Vidrovitch, l’historien Alain Ruscio introduisait le film devant une salle comble. Voici sa présentation.

 
Bigeard : recul du gouvernement – le transfert aux Invalides ne doit pas se faire

Gérard Longuet vient d’annoncer le “report” du transfert des restes du général Bigeard aux Invalides [12]. Le collectif qui s’était créé pour protester contre cette manoeuvre politicienne s’en félicite tout en demandant l’annulation définitive de ce projet.

Nous remercions les 9 500 signataires de la pétition qui ont permis de parvenir à ce résultat. L’un d’entre eux nous a autorisé à reproduire ci-dessous la lettre qu’il a adressée au président de la République.

Faisons un vœu : Paul Teitgen au Panthéon !

 
laissons Bigeard là où il se trouve

Le projet annoncé par Gérard Longuet de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides semble abandonné. Le collectif qui s’y était opposé remercie les 9 800 personnes qui se sont associées à son appel tout en les incitant à rester vigilants.

 
Bigeard à Aix-les-Bains : peut-on honorer la mémoire de celui qui a présenté la torture comme un “mal nécessaire” ?

Le nom de Marcel Bigeard reste associé aux épisodes les plus contestés des guerres coloniales menées par la France en Indochine et en Algérie – à commencer par la Bataille d’Alger. Ses cendres se trouvent finalement à Fréjus et on aurait pu en rester là. Mais le 23 juin 2012, le député-maire d’Aix-les-Bains a tenu à inaugurer un “square Marcel Bigeard”.

Deux ans plus tard, cette décision continue à provoquer des protestations parmi la population. Il est effectivement difficile d’oublier, par exemple, le sort de Maurice Audin, mort durant sa détention à Alger en juin 1957.

[Mis en ligne le 21 juin 2012, mis à jour le 25 juin 2014]


 
Bigeard : paix à ses cendres, non à un hommage

Communiqué de la section LDH de Toulon

En novembre 2011, le ministre de la Défense, Gérard Longuet, avait fait connaître son intention de transférer les restes du général Marcel Bigeard aux Invalides. De multiples protestations, dont une pétition qui a recueilli près de 10 000 signatures, ont empêché ce projet de se réaliser.

Le nouveau gouvernement a décidé d’abandonner ce projet et de transférer les cendres de Bigeard au mémorial des guerres en Indochine de Fréjus (Var) [13]. Cette décision, qui associe Bigeard à l’Indochine en laissant de côté sa participation à la guerre d’Algérie, n’appellerait aucun commentaire, si le site du ministère de la Défense n’avait accompagné son annonce d’un panégyrique de celui qu’il qualifie de « meneur d’hommes [...] vers qui les regards se tournent naturellement dans les moments les plus difficiles »
 [14].

Un tel hommage passe sous silence le rôle funeste joué par le général Bigeard en Algérie – à propos duquel, contrairement au général Massu, il n’a exprimé aucun regret. Si le ministre de la Défense s’exprimait dans le même sens le 20 novembre, cela reviendrait à élever la torture au rang de haut fait d’armes méritant les honneurs de la Nation [15]. Cela en contradiction avec
l’article 5 de la déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

Si la République veut célébrer l’un de ses généraux, qu’elle oublie Marcel Bigeard et qu’elle cite en exemple Jacques Pâris de Bollardière qui a défendu les valeurs des droits de l’homme.

Toulon, le 22 octobre 2012

[Page mise en ligne le 22 octobre 2012, mise à jour le 26]


 
Bigeard et la torture

Comment oublier que lors de l’inauguration d’une rue portant son nom à Trimbach (Bas-Rhin), le 1er juillet 2000, le général Bigeard avait justifié la pratique de la torture par l’armée française en Algérie ? Dans un entretien publié, dimanche 2 juillet 2000, par le quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace, il avait en effet qualifié la torture de « mal nécessaire ».

Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, et Marc Lienhard, président de l’Eglise (luthérienne) de la Confession d’Augsbourg d’Alsace-Lorraine, avaient vivement réagi à ces propos, en exprimant leur « indignation » dans une déclaration commune datée du 13 juillet 2000.

Le ministre saura-t-il s’associer à cette condamnation sans appel lors de l’inauguration de la stèle qui recevra les cendres du général Bigeard, à Fréjus, le 20 novembre prochain, comme l’y invite la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme dans son communiqué du 22 octobre dernier ?

[Mis en ligne le 11 novembre 2012, mis à jour le 19]


 
Bigeard, Giscard et l’Indochine

La cérémonie officielle de transfert des cendres du général Marcel Bigeard au Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus (Var) se déroulera le 20 novembre 2012, anniversaire de l’opération Castor ; le 20 novembre 1953 en effet le commandant Bigeard, parmi tant d’autres, était parachuté sur le village de Dien Bien Phu (Nord-Viêt Nam).

Valéry Giscard d’Estaing prononcera un discours pour honorer son ancien secrétaire d’État à la Défense. L’ex-Président de la République, dont la famille s’est notoirement enrichie, à l’époque de la colonisation de l’Indochine, évoquera sans doute – à sa façon – cette période [16].

On sait que l’opération de Dien Bien Phu se termina très mal pour l’armée française. Bigeard, comme des milliers de combattants de l’Union française, fut fait prisonnier le 7 mai 1954 lors de la chute du camp, et il subit une dure détention. Cette défaite a profondément marqué les esprits. Comme l’historien Alain Ruscio le rappelle ci-dessous, elle fut comprise par les peuples colonisés, et notamment les Algériens, comme le signe marquant le début de la fin de l’Empire colonial français.