Voile et laïcité (communiqués de la LDH en 97 et 99)

publié le mars 2003 (modifié le 30 juillet 2019)

Voile et laïcité : la France doit rester fidèle à sa tradition d’intégration

[Paris, le 6 janvier 1997]

Le Conseil d’Etat a rendu plusieurs décisions, confirmant sa jurisprudence antérieure, aux termes desquelles le port du voile en classe, dès lors qu’il ne s’accompagne ni de prosélytisme ni du refus de suivre certains enseignements, ne justifie pas les mesures d’exclusion prises par plusieurs établissements scolaires.(...)

La LDH rappelle son hostilité au voile, symbole d’oppression pour beaucoup de femmes. En revanche, son interdiction dans notre société constitue, de fait, une discrimination religieuse.

L’Education nationale est un lieu privilégié d’émancipation et de formation aux principes républicains. En exclure ces jeunes filles leur interdit d’accéder à un des seuls moyens de s’affranchir des pesanteurs dont elles sont les premières victimes.

Ce n’est pas la loi qui pourra résoudre ces problèmes. C’est avant tout au sein de notre communauté que le dialogue doit progresser si l’on veut éviter d’aviver les conflits au nom d’une conception erronée de la laïcité.


La défense de la laïcité ne doit pas devenir un prétexte aux exclusions

[Paris, le 11 janvier 1999]

Quatre jeunes filles, dans le Gard et dans l’Orne, sont interdites d’école parce que portant un foulard. (...)

L’exclusion de jeunes filles d’un collège, à la seule raison qu’elles portent un signe religieux, ne ressortit nullement d’une défense de la laïcité à quelque titre que ce soit. Dès lors que ces élèves suivent l’intégralité des cours dispensés, elles sont en droit de bénéficier d’une scolarité normalement suivie.

Alors que l’école représente pour ces jeunes filles, comme pour des centaines de milliers d’autres jeunes, la chance unique d’acquérir un savoir et un sens critique qui leur permettront de forger elles-mêmes leurs choix de vie, les exclure de l’enseignement public, c’est les enfermer dans un ghetto social et culturel qui leur interdira toute évolution, notamment en matière d’égalité entre hommes et femmes.

Si on doit tout faire pour tenter de régler les problèmes de cette nature par le dialogue et la négociation, et si le corps enseignant doit toujours être associé à ce processus, il reste que l’exclusion de ces jeunes filles n’est pas la bonne solution.

La LDH souhaite que l’école publique et laïque, qui reste une des pierres angulaires de tout contrat social, retrouve les moyens de son rôle et assure celui-ci sans discriminations.