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un rapport avait alerté le gouvernement de la situation au CRA de Vincennes, “one of France’s biggest deportation centres”

jeudi 26 juin 2008

La Cimade a indiqué, mardi 24 juin 2008, qu’un rapport officiel avait été remis le 5 juin aux ministres de l’immigration et de l’intérieur pour les alerter de la situation intenable du Centre de rétention administrative de Vincennes — qu’une dépêche de l’agence Reuters qualifie de « one of France’s biggest deportation centres outside Paris » [1].

Le premier ministre a déclaré « que cela ne changerait rien à la politique du gouvernement ». Ce que confirmait le déplacement du ministre de l’immigration venu parler dans l’archipel du Cap-Vert du recours à des tests ADN pour les candidats à l’émigration.

Fire in French deportation centre.

Un rapport remis en juin alertait le gouvernement sur le centre de rétention de Vincennes

[LeMonde.fr avec AFP, le 24 juin 2008 à 17h01, mis à jour à 17h07]

Le débat sur les centres de rétention se poursuit après la destruction du centre de rétention administratif de Vincennes, dimanche 22 juin, à la suite d’un incendie volontaire. La Cimade, seule association habilitée à pénétrer dans les centres de rétention administratifs (CRA), a indiqué, mardi, qu’un href="http://www.cimade.org/uploads/File/admin/vincennes.pdf">rapport officiel avait été remis le 5 juin aux ministres de l’immigration et de l’intérieur pour les alerter de la situation intenable du centre.

C’est la Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention administrative et des zones d’attente, dont est membre la Cimade, qui a rédigé ce rapport dans lequel le CRA de Vincennes est analysé.

Le centre de Vincennes y est décrit comme étant "devenu par sa taille et son mode de gestion un des symboles de l’industrialisation de la rétention". Le CRA de Paris-Vincennes est le plus gros de France avec 280 places réparties en deux bâtiments distincts beaucoup trop exigus et aux conditions sanitaires insuffisantes, d’après le rapport. De plus, les détenus continuent d’affluer avec un nombre d’arrivées qui peut atteindre jusqu’à 30 personnes par jour sur chacun des deux sites. Le rapport souligne le "climat de tension et de violence qui règne de façon permanente dans tous les CRA et spécialement à Vincennes, où un rien suffit à mettre le feu aux poudres".

Déjà deux incendies en 2007

Le rapport pointe la "violence" qui règne dans ce centre et qui se manifeste sous forme de "mouvements de protestations, grèves de la faim collectives, actes désespérés d’automutilation, incendies".
Il souligne que "le début de l’année 2007 aura été marqué par l’incendie partiel du site 1 par une personne retenue", et ajoute que l’incendie "est une conséquence de la course au chiffre et de la taille de ce centre de rétention". D’autant plus qu’un mois après la réouverture du bâtiment 1 à "pleine capacité" , un nouvel incendie s’était déclaré à Noël 2007.

Dans le rapport, la Cimade prévient qu’elle n’a pas cessé d’alerter les pouvoirs publics sur les risques d’un tel centre et les dérives possibles concernant la "course aux chiffres" de reconduite à la frontière. L’association avait considéré que 2007 "risque de ne pas être une année isolée mais le début d’une longue série si l’administration ne prend pas en compte la gravité de la situation".
La Commission qui a rédigé le rapport souhaitait "très fermement que la capacité du pôle de Vincennes soit ramenée (...) à 140 places maximum".

Manifestation pour dénoncer la "Honte de la République"

Par ailleurs, le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni, a pris la défense de RESF (Réseau éducation sans frontières), accusé par l’un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, d’avoir poussé les retenus de Vincennes à mettre le feu au centre dimanche. "Nous avons eu l’occasion à de multiples reprises de tirer la sonnette d’alarme pour dire qu’un drame était inéluctable. Le drame a eu lieu, c’est un peu fort de café d’en faire porter la responsabilité aux associations", a ajouté M. Giovannoni. La Cimade adresse au gouvernement plusieurs demandes : "la libération de tous les retenus de Vincennes", l’"arrêt immédiat des travaux de construction" d’un centre de rétention jumeau au Mesnil-Amelot
(Seine-et-Marne) pour ne pas créer un Vincennes bis, "la suppression des quotas d’expulsion" et l’application d’un engagement de Claude Guéant datant de 2004 lorsqu’il travaillait avec Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur de limiter les CRA à cent places.

Un rassemblement est prévu mardi en fin d’après-midi à l’appel du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) devant le centre de rétention de Vincennes pour dénoncer la "honte de la République" face aux centres de rétention.

François Fillon se montre ferme sur l’immigration

L’incendie de Vincennes est lié à "une situation explosive due à l’importance de l’immigration", a déclaré le premier ministre,
François Fillon, lors d’un déplacement à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, dans le Rhône. "C’est un incendie d’origine criminelle et ceux qui l’ont initié seront poursuivis par la justice", a-t-il ajouté, rappelant que cet incendie "avait été déclenché à la suite de la mort naturelle d’un homme qui était l’objet d’une interdiction définitive du territoire, qui avait un casier judiciaire extrêmement chargé et qui était l’exemple même de la justification de la politique que nous menons". Le premier ministre a également indiqué que ce centre de rétention administratif serait éventuellement modifié dans sa capacité d’accueil "mais que cela ne changerait rien à la politique du gouvernement". – (avec Reuters.)

Incendie de Vincennes : la polémique sur les responsabilités enfle

[AFP - le 24 juin 2008 - 17h38]

La polémique sur les responsabilités dans l’incendie dimanche du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes enflait mardi, entre un gouvernement inflexible sur sa politique d’immigration et des associations qui la tiennent pour cause première du sinistre.

Deux retenus étaient toujours en garde à vue mardi dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet de Paris. Ils pourraient avoir "incité à l’émeute" après la mort la veille d’un autre retenu qui a conduit à l’incendie volontaire du centre, selon une source judiciaire.
Par ailleurs, un retenu manquait toujours à l’appel mardi, sur les 249 qui étaient présents dans le plus grand centre de rétention de France lorsque le feu l’a ravagé.

Premier membre du gouvernement à s’exprimer sur cet événement, François Fillon a affirmé mardi, en marge d’un déplacement dans le Rhône, qu’il n’avait pas l’intention de changer de politique en matière d’immigration.
"On a échappé dans cet incendie à un drame humain qui aurait pu être catastrophique. C’est un incendie d’origine criminelle", a ajouté le
Premier ministre. "Ce qui conduit à des situations explosives, c’est l’importance de l’immigration", a-t-il estimé.

La veille, un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, était vertement monté au créneau mettant en cause les "provocations" des associations qui manifestaient dimanche devant le centre de Vincennes, évoquant de possibles poursuites judiciaires, notamment à l’encontre du Réseau éducation sans frontières (RESF).

"Le discours serait d’un comique vulgaire s’il ne visait à masquer une réalité dramatique : le sort réservé aux sans-papiers par la politique du gouvernement que soutient M. Lefebvre", avait rétorqué RESF.
La Cimade, seule association habilitée dans les CRA, a estimé mardi que "faire porter sur 30 personnes qui manifestaient à l’extérieur la responsabilité de ce qui s’est passé, non seulement ce n’est pas sérieux mais c’est ridicule".
"Menacer RESF de poursuites pénales, c’est tout simplement intolérable (...) et c’est une façon grossière de ne pas assumer les responsabilités des pouvoirs publics", a affirmé son secrétaire général, Laurent Giovannoni.

Le monde associatif, qui organisait une manifestation mardi à 18H00 devant les décombres du CRA de Vincennes, a trouvé dans le député UMP Etienne Pinte un allié.
Pour l’élu des Yvelines, le "drame" de Vincennes était "malheureusement prévisible" car la politique d’immigration du gouvernement a provoqué des "situations explosives". [...]

La France veut expérimenter au Cap-Vert ses tests ADN pour les candidats à l’émigration

par Laetitia Van Eeckhout, Le Monde du 25 juin 2008

Le ministre de l’immigration, Brice Hortefeux, s’est rendu, dimanche 22 et lundi 23 juin, au Cap-Vert pour y poser les jalons d’un "accord de gestion concertée des flux migratoires", et y informer les autorités que leur pays serait l’une des terres d’application des tests ADN pour les candidats au regroupement familial. L’archipel à l’ouest des côtes sénégalaises fait en effet partie des neuf pays (avec l’Angola, le Bangladesh, le Cameroun, la République dominicaine, la Guinée-Conakry, le Ghana, Madagascar et le Pakistan) où la France entend, à partir de septembre, mettre en place ce dispositif.

Les autorités capverdiennes ont "pris note de cette démarche de consultation", mais ont choisi de ne pas commenter cette "décision unilatérale" de la France. "Notre nouvelle politique d’immigration est comprise et partagée par nos amis africains", a assuré Brice Hortefeux.

Le Cap-Vert compte une diaspora importante (quelque 700 000 personnes vivent à l’étranger, dont 30 000 en France), supérieure à sa population résidente (500 000). Mais si ce petit Etat-nation au milieu de l’Atlantique, aux terres arides et pauvres en ressources naturelles, a toujours été une terre d’émigration, il refuse d’être assimilé aux pays source d’immigration clandestine. En 2007, 273 Capverdiens en situation irrégulière ont été interpellés en France. "Nous avons une tradition d’émigration mais dans le cadre de la loi. Il n’est pas dans notre tradition d’émigrer accompagné d’enfants, avec de faux papiers", affirme Arnoldo Lopes, conseiller sur les migrations du ministre des affaires étrangères. "Le Cap-Vert a un état civil consolidé", insiste-t-il. Une réalité que confirme un représentant du Quai d’Orsay.

"Vision simplificatrice"

Aujourd’hui, le pays sait qu’il risque de devenir une plaque tournante de trafics et un lieu de transit de flux migratoires, et souhaite renforcer ses relations avec l’Europe pour conforter son développement. C’est pour cela que, dans le cadre des partenariats pour la mobilité que l’Union européenne veut développer avec les pays source d’immigration, le Cap-Vert s’est montré demandeur de signer un accord avec la France. Celui-ci comportera trois volets, "indissociables" selon Brice Hortefeux : l’organisation de la migration légale, la lutte contre l’immigration illégale et le développement solidaire. Mais le ministre capverdien des affaires étrangères, Victor Borges, a prévenu M. Hortefeux : "Il ne faudrait pas que les positions capverdiennes soient regardées avec une vision simplificatrice du pays d’accueil et du pays source."

Pragmatique, le Cap-Vert a pris le parti de ne pas faire de la question des tests ADN une pierre d’achoppement, car cela risquerait de compromettre le partenariat. Ses responsables ont tous bien retenu que cette mesure serait proposée sur la base du volontariat, convaincus que "cela ne se posera que très rarement". "A nous, conclut José Armando Duarte, ambassadeur du Cap-Vert à Paris, de faire comprendre à la France que nous sommes un Etat de droit."

Laetitia Van Eeckhout

[1Voici le début de la dépêche (référence : http://africa.reuters.com/wire/news...)

Immigrants start fire in French deportation centre

Sun 22 Jun 2008, 16:49 GMT

PARIS, June 22 (Reuters) - Illegal immigrants started a fire on Sunday at one of France’s biggest deportation centres outside Paris, burning down two buildings and injuring around 20 inmates waiting for expulsion, police said.

The blaze began when a number of inmates set mattresses on fire after the death on Saturday of a Tunisian immigrant detained in the centre, one inmate told Reuters by telephone.

Police said in a statement that 20 people "made uncomfortable by fumes" had been taken to hospital, but that no one had been seriously injured. [...]