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communiqué de la LDH

un préfet suspendu après un violent accès de négrophobie

mercredi 2 septembre 2009

Une femme agent de sécurité à l’aéroport d’Orly a porté plainte le 31 juillet dernier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girot de Langlade, celui là même qui était encore le "patron" des États généraux à la Réunion il y a quelques jours. Le 14 août, on apprenait que le ministère de l’Intérieur avait suspendu le préfet.

On peut rappeler que Paul Girot de Langlade, avait déjà défrayé la chronique à deux reprises pour « provocation à la haine raciale » dans l’exercice de ses fonctions de préfet. En 2002, alors qu’il était en poste dans le Vaucluse, puis en 2006, dans La Nouvelle République, il s’en était pris vertement aux gens du voyage, les assimilant à « des délinquants ». Il avait gagné les deux procès en appel, mais ses prises de parole lui avaient valu son placement hors cadre.

[Première mise en ligne le 10 août, dernière mise à jour le 2 septembre 2009]


Mise à jour du 2 septembre 2009

Une procédure disciplinaire lancée contre le préfet Paul Girot de Langlade

[LEMONDE.FR avec AFP, le 2 septembre 2009]


Une procédure disciplinaire a été lancée contre le préfet Paul Girot de Langlade, indique mercredi 2 septembre le ministère de l’intérieur sans préciser les raisons de cette procédure. Une décision concernant d’éventuelles sanctions devrait être prise "en conseil des ministres".

Le haut fonctionnaire est visé par une enquête judiciaire pour "injures publiques à caractère racial", après la plainte d’une employée de sécurité de l’aéroport parisien d’Orly. Excédé par un contrôle, il aurait, selon une source judiciaire, déclaré : "On se croirait en Afrique", "il n’y a que des Noirs ici". Le même jour, Brice Hortefeux avait annoncé la suspension du préfet de sa fonction de coordonnateur local pour La Réunion des états généraux de l’outre-mer.

Mais Paul Girot de Langlade, 63 ans, préfet hors cadre depuis septembre 2007, est sorti, par voie de presse, du devoir de réserve respecté scrupuleusement par la préfectorale. "Cette ’affaire’, qui n’était à l’origine qu’un banal incident, a été orchestrée par l’actuel ministre de l’intérieur, probablement pour faire oublier son passage au ministère de l’intégration où il a mené une politique plus sévère que dans le passé et pour se refaire à bon compte une virginité de parfait antiraciste", a-t-il déclaré.

Communiqué de la section LDH de Saint-Denis de la Réunion

Saint-Denis de la Réunion, le 15 août

A la suite des propos racistes tenus par le Préfet Paul Girot de Langlade lors de son arrivée à Orly en juillet dernier, propos qui ont fait l’objet d’une plainte de l’agent de l’aéroport originaire d’outre-mer qui en a été victime, la LDH témoigne de son indignation.

Ces propos racistes sont d’autant plus intolérables qu’ils émanent d’un haut fonctionnaire dont on apprend qu’il s’était déjà fait connaître pour des provocations et des insultes du même genre ayant fait l’objet de poursuites pénales et qu’en dépit de ces précédents, il a été désigné par le gouvernement dans le cadre d’une mission de coordination des Etats Généraux de l’Outre-mer à La Réunion.

Après l’attribution des activités des Centres de Rétention Administrative au « collectif Respect » inconnu en Outre-mer, la nomination d’un tel représentant du gouvernement pour les Etats Généraux de l’Outre-mer apparaît ainsi comme une nouvelle marque de mépris aussi bien pour les valeurs de la République que pour l’Outre- mer et La Réunion en particulier.

Si les faits incriminés sont confirmés par l’enquête, la Ligue des droits de l’Homme se portera partie civile, attendant que la justice soit exemplaire dans cette affaire.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle également qu’un rapport de la commission Egalité & Discriminations intitulé « Inégalités, injustices, discriminations : pour une action résolue des pouvoirs publics ! » a été remis le 3 août dernier au gouvernement. Ce rapport met en avant vingt propositions destinées à lutter contre les inégalités et discriminations dont sont victimes nos compatriotes d’Outre-mer vivant dans l’Hexagone.

La Ligue des droits de l’Homme de Saint-Denis

Paul Girot de Langlade suspendu après une plainte pour racisme

[reprise le 14 août du site réunionnais zinfos974]


Paul Girot de Langlade

Le préfet Paul Girot de Langlade, qui était jusqu’à il y a peu le coordinateur pour la Réunion des Etats généraux de l’Outre mer, a été suspendu de ses fonctions de coordinateur pour "injures à caractère raciste".

Cette décision fait suite au dépôt de plainte, au commissariat de Corbeil-Essonnes, le 31 juillet dernier, d’une employée d’origine antillaise de l’aéroport d’Orly à Paris.

Plainte contre le préfet Paul Girot de Langlade pour propos racistes

[reprise de zinfos974 ]


Le préfet Girot de Langlade

Les faits se sont déroulés le 31 juillet dernier. La veille, le Préfet Paul Girot de Langlade avait terminé sa mission de responsable de l’organisation des Etats généraux et il avait passé le relais à Françoise Vergès, l’experte transversale, et avant de prendre l’avion pour rentrer à Paris.

A l’arrivée à Orly, peu avant 7 heures du matin, le préfet Girot de Langlade est passé, comme tous les passagers, sous les portiques de sécurité de l’aéroport. C’est à ce moment que l’alarme a retenti et que l’agent de sécurité de la société "Sécuritas" lui a demandé de vider ses poches. Il n’en a pas fallu plus pour que le préfet Girot de Langlade "pête un cable" et lance le contenu à la tête de l’employé, tout en tenant des propos racistes : "On se croirait en Afrique" et "il n’y a que des noirs ici"...

Effectivement, les deux agents de sécurité étaient des "blacks", comme on dit en Métropole.

Une collègue du premier agent de sécurité qui assistait à la scène lui a alors demandé de garder son calme. Ce à quoi Paul Girot de Langlade a mis en avant sa qualité de préfet, ce qui lui a valu la réponse cinglante de l’employée : "Vous êtes donc bien placé pour savoir qu’il faut respecter les lois".

La jeune femme n’a pas voulu en rester là et a porté plainte hier nominativement contre le préfet Paul Girot de Langlade pour "propos diffamatoires à caractère raciste" auprès du parquet d’Evry, tandis que son collègue masculin se contentait d’une main courante.

A noter que la femme qui accompagnait Paul Girot de Langlade y est allée elle aussi de son couplet raciste : "De toutes façons, il n’y a que des personnes de couleur comme vous qui montent au créneau..."

Paul Girot de Langlade, n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine. Au mois de septembre 2007, il avait été placé "hors cadre" par le Conseil des ministres. Autrement dit, il avait été révoqué de son poste à la suite de sa condamnation à 2.000 euros d’amende pour "incitation à la haine raciale". Il avait déclaré dans La Nouvelle République : "Il y a trop de gens du voyage sur l’Indre et Loire. On a été trop laxiste pendant trop longtemps (…) il faut arrêter de se voiler la face. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance"... Il avait fait appel du jugement et avait obtenu gain de cause après avoir reçu le soutien d’un très grand nombre de personnes dont l’ensemble des élus de droite et socialistes d’Indre-et-Loire et d’une grande majorité des élus des départements dont il a eu la charge. Une pétition avec près de 2 000 signatures a même été remise fin 2007 au Président de la République par Yves Dauge (PS) et Philippe Briand (UMP), parlementaires d’Indre-et-Loire. Il a finalement été relaxé de toutes les charges pesant à son encontre par un arrêt de la Cour d’appel de Paris le 25 juin 2008.

En 2004, le même tribunal correctionnel de Paris avait relaxé Paul Girot de Langlade, alors préfet du Vaucluse, pour avoir déclaré le 23 octobre 2002 lors d’une conférence de presse à Carpentras que les gens du voyage "vivent d’escroquerie et de rapines". Si le procureur avait estimé que la diffamation était constituée, le tribunal ne l’avait pas condamné, jugeant que le représentant des nomades avait mal formulé la poursuite. [1]


Les grandes étapes de la carrière de Paul Girot de Langlade

Paul Girot de Langlade, né le 11/08/1946 à Meilhaud (Puy-de-Dôme)
Chevalier de la Légion d’honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

E.S.M. Saint-Cyr. Diplômé d’état-major.
01-10-1969 – Officier de l’armée active.

19-11-1984 – Sous-préfet de 2ème classe, directeur du cabinet du commissaire de la République du département de l’Ain.
19-01-1986 – Titularisé sous-préfet.
17-02-1986 – Directeur du cabinet du commissaire de la République de la région Languedoc-Roussillon et du département de l’Hérault.

15-06-1987 – Commissaire adjoint de la République de l’arrondissement d’Ussel.
01-07-1989 – Sous-préfet de 1ère classe.
28-07-1991 – Sous-préfet hors cadre, secrétaire général des îles Wallis et Futuna (mobilité).
01-01-1993 – Sous-préfet hors classe.
15-10-1993 – Sous-préfet de Brive-la-Gaillarde (1ère catégorie).
19-02-1996 – Préfet de la Corrèze, titularisé dans son grade.
15-11-1999 – Préfet de la Savoie.
31-07-2002 – Préfet de Vaucluse.
17-08-2004 – Préfet de la région Guadeloupe, préfet de la Guadeloupe.
12-06-2006 – Préfet d’Indre-et-Loire.
22-10-2007 – Préfet hors cadre.
11-02-2008 – Chargé de mission auprès du préfet de la région Rhône-Alpes, préfet de la zone de défense Sud-Est, préfet du Rhône pour l’élaboration de la directive territoriale d’aménagement des Alpes du Nord.

01-04-2009 – Chargé de mission auprès du préfet, coordonnateur des états généraux de l’outre-mer.


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