Histoire coloniale et postcoloniale

publié le mercredi 1er juin 2022

La délégation de l’Association Josette et Maurice Audin en Algérie, dont notre site a déjà annoncé le séjour en Algérie du 28 mai au 6 juin 2022, a exprimé avec force à l’occasion de gestes symboliques et de rencontres avec des citoyens algériens, mathématiciens, historiens, journalistes et militants associatifs, la demande que la France reconnaisse les crimes de la colonisation. Ci-dessous des photos qui témoignent de son dépôt de gerbe place Audin, en plein cœur d’Alger, et de quelques unes de ses rencontres dans des lieux universitaires à Oran, qui ont été l’occasion de présenter le site 1000autres.org et les recherches de l’historien Christophe Lafaye sur la « guerre des grottes » menée avec des armes chimiques par l’armée française. Et aussi l’entretien avec Pierre Audin intitulé « Pas d’excuses, pas de repentance, pas de pardon, juste la vérité » qu’a publié Mustapha Benfodil le 31 mai 2022 dans le quotidien El Watan.

publié le mardi 24 mai 2022

Dans une série de six articles traduits notamment en français et en kreyol haïtien, le New York Times revient sur la « double dette » qui fut durant des décennies le prix imposé par la France à Haïti pour lui avoir arraché son indépendance et avoir aboli l’esclavage, véritable extorsion dont l’effet désastreux se fait encore sentir dans l’économie haïtienne. Le journal états-unien révèle aussi que, selon un ancien ambassadeur de France, France et États-Unis s’entendirent pour chasser du pouvoir en Haïti le président élu Aristide. Nous reproduisons un article, publié en 2021 par Mediapart, qui synthétise les travaux d’historiennes sur cette question, ainsi que le lien vers l’article de Mediapart du 23 mai 2022 qui annonce le dossier du New York Times et les liens vers ses six articles.

publié le jeudi 19 mai 2022

Les regards français sur l’islam sont le sujet d’un débat organisé le 19 avril 2021 à l’iReMMo (Institut de recherches sur le Maghreb et le Moyen-Orient), animé par Jean-Paul Chagnollaud, avec Fatima Khemilat et Alain Ruscio, dont nous reproduisons l’enregistrement. Dans le livre Regards français sur l’Islam, des Croisades à l’ère coloniale qui était le point de départ de ce débat, Alain Ruscio revient sur la bataille de Poitiers dont des générations d’écoliers français ont appris qu’elle avait été remportée par un chef franc, ancêtre de la dynastie carolingienne, et été un succès décisif sur des hordes barbares musulmanes. Il montre que cette légende née au moment de la conquête de l’Algérie continue à cheminer en ignorant superbement les connaissances historiques sur des faits qui sont maintenant établis par les historiens.

publié le mardi 17 mai 2022

Pour le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, une délégation de l’Association Josette et Maurice Audin effectuera une visite en Algérie du 28 mai au 6 juin 2022. La délégation constituée d’animateurs de l’association, de mathématiciens, d’historiens, d’une juriste et de documentaristes se rendra à Alger, Oran et Constantine. Dans la lignée de l’engagement de Maurice et Josette Audin contre le colonialisme et pour l’indépendance de l’Algérie, le Prix de mathématiques Maurice Audin 2022 sera remis, à Paris puis à Alger, à deux chercheurs vivant de chaque côté de la Méditerranée. Sont aussi prévues des rencontres avec des étudiants, des historiens, des artistes, et des conférences sur l’histoire et sur les relations entre la France et l’Algérie.

publié le lundi 16 mai 2022

Les références au « grand remplacement » qui ont surgi à l’extrême droite lors de l’élection présidentielle de 2022 ne sont que la reprise d’un fantasme qui date de l’époque coloniale. Alain Ruscio montre dans un article publié par Mediapart que nous reproduisons ici que ce fantasme fut un filon politique abondamment exploité du XIXe siècle à nos jours. Dès que la colonisation a provoqué une immigration de travailleurs coloniaux en métropole est apparue la peur d’un « grand remplacement » en France des Blancs chrétiens par des non-blancs, souvent musulmans. Ce sentiment d’encerclement est antérieur à la guerre d’Algérie, mais celle-ci a accentué encore ce sentiment de crainte puisque les Algériens qui étaient nombreux sur le territoire de la métropole étaient désormais devenus des ennemis de l’intérieur.

publié le vendredi 13 mai 2022

Il y a 70 ans, près de Dakar, a eu lieu le massacre de Thiaroye. L’armée française a ouvert le feu contre des tirailleurs provenant de toute « l’Afrique occidentale française (AOF) » qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde qui leur avaient été promis. Officiellement, 35 d’entre eux sont morts, mais le bilan réel est beaucoup plus élevé. Un film sur le massacre de Thiaroye est diffusé sur France 24 le 14 mai 2022 et le sera ensuite sur Public Sénat et TV5Monde. En 2014, François Hollande s’est rendu sur place pour dénoncer cet événement sombre de l’histoire de France, mais toute la vérité n’a pas été dite. Biram, fils de Mbap Senghor tirailleur assassiné le 1er décembre 1944 par l’armée française, tente depuis des années et par tous les moyens de réhabiliter la mémoire de son père. En vain. Le combat continue.

publié le mercredi 11 mai 2022

Le 10 mai 2022, une commémoration a été organisée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) dans le jardin du Luxembourg à Paris, autour du monument « Le Cri, l’Écrit », une sculpture de Fabrice Hyber qui symbolise l’esclavage et ses abolitions. Elle a été placée sous le signe de la jeunesse et de la résistance des femmes, plusieurs groupes de jeunes venant d’établissements scolaires de l’Hexagone et de la Réunion ont donné lecture de leurs travaux ainsi que de poèmes et de textes littéraires. La chanteuse réunionnaise Christine Salem a interprété deux chansons de maloya, un genre musical né dans cette île de la résistance à l’esclavage. L’exposition « #Cestnotrehistoire – Esclavage et abolitions : une histoire de France » a été présentée, composée de treize panneaux, augmentée d’un sur Solitude, un sur Mayotte et un sur la Guadeloupe.

publié le lundi 9 mai 2022

Le 29 décembre 1956, moins de dix-huit mois avant le putsch du 13 mai 1958, l’Algérie française enterre le maire d’Alger, Amédée Froger, assassiné la veille. Des milliers de personnes participent à ses obsèques, puis se déchaînent, dans la ville et dans sa région, contre les « musulmans ». Un évènement qu’explore Sylvie Thénault dans Les ratonnades d’Alger 1956. Une histoire sociale du racisme colonial, un livre que notre site a déjà présenté. On en lira ci-dessous une recension critique par l’historien états-unien Todd Shepard, de l’université Johns Hopkins (Baltimore), publié par le site En attendant Nadeau. Selon lui, l’autrice se concentre trop sur le racisme des Français d’Algérie et minimise le lien de la République française avec ce qui s’est passé au nom de la France en Algérie.

publié le dimanche 8 mai 2022

Si le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette date a une toute autre signification en Algérie, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata où plusieurs milliers d’Algériens ont perdu la vie, victimes de la répression française. Dont des familles de soldats algériens encore en métropole après avoir libéré la France au sein de l’Armée d’Afrique. En 2005 l’ambassadeur de France à Alger a reconnu « une tragédie inexcusable » et en 2015 le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants est allé déposer une gerbe au pied du mausolée au jeune scout Saal Bouzid tué par un policier, ce qui déclenchera les émeutes de Sétif. Mais, 77 ans plus tard, aucune reconnaissance solennelle vis-à-vis de la société française n’a été formulée par les plus hautes autorités de la République quant à la responsabilité de l’Etat dans ces massacres de mai et juin 1945.

publié le samedi 7 mai 2022

Trois rencontres qui coïncident avec les 60 ans de la fin de la guerre d’Algérie se tiennent à Paris en mai 2022. Les Amis de l’Humanité et l’association Germaine-Tillion rendent hommage, le 21 mai, à la résistante et ethnologue lors d’une rencontre intitulée « Germaine Tillion, une voix contre la torture », avec Nelly Forget, Jean-Philippe Ould-Aoudia et Alain Ruscio. Dans le cadre du Maghreb Orient des livres, à l’Hôtel de ville de Paris, un entretien avec Pierre Audin et Gilles Manceron aura lieu le 14 mai 2022 à midi, autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera, suivie d’une signature de ce livre avec Charles Silvestre, qui en a eu l’initiative, et aussi de l’ouvrage Les disparus de la guerre d’Algérie suivi de La bataille des archives (2018-2021) avec Catherine Teitgen-Colly qui l’a co-dirigé. Ce livre fera aussi l’objet d’une table ronde au Salon du livre judiciaire le 21 mai, avec deux de ses directeurs d’ouvrage.