Histoire coloniale et postcoloniale

publié le mardi 18 janvier 2022

Algérie 1962. Une histoire populaire (La Découverte et Barzakh), étend et renouvelle sensiblement notre connaissance de l’année de l’Indépendance de l’Algérie, surtout connue jusqu’ici par son histoire politique. L’historienne Malika Rahal mobilise des sources rarement exploitées, témoignages, autobiographies, images, chansons et poèmes, et brosse une fresque passionnante des espoirs et effervescences d’une année marquée par les violences extrêmes de l’OAS, le départ de nombreux Français, le retour de la population exilée ou détenue, le début de la construction d’un État. Outre un podcast de Paroles d’histoire, nous publions un entretien avec l’autrice pour le quotidien algérien El Watan, ainsi que des liens pour lire l’introduction et la conclusion.

publié le dimanche 16 janvier 2022

A l’Hôtel-de-ville de Paris, à l’occasion de son assemblée générale, l’Association Josette et Maurice Audin organise un débat sur le thème de la commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, avec Benjamin Stora et l’historien algérien Amar Mohand-Amer. Ci-dessous les liens pour le suivre sur internet car les conditions sanitaires font que la jauge de la salle est strictement limitée. L’Association Josette et Maurice Audin tiendra ensuite son assemblée interne réservée à ses seuls adhérents (possibilité d’adhésions en ligne), mais que ceux-ci pourront suivre aussi à distance. Nous présentons également ci-dessous la BD sur Maurice Audin qui vient de paraître en Algérie.

publié le samedi 15 janvier 2022

Pour faire la publicité d’un produit nommé « Bamboula », les biscuits Saint-Michel, sponsor de la zone commerciale d’un parc animalier près de Nantes, n’a pas hésité, en 1994, à ouvrir sous le nom de « village de Bamboula » un équivalent des « zoos humains » des débuts de la période coloniale. Des femmes et des hommes ivoiriens, enfants et adultes, y ont été retenus pour les offrir en spectacle aux visiteurs. Un documentaire reconstitue l’histoire de cette invraisemblable réalisation et interroge notre histoire et nos représentations. Il montre les mobilisations qu’elle a provoquées, notamment de la part de la section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme et du SNAM-CGT (Union nationale des syndicats d’artistes-musiciens de France). Après France 3 Pays de la Loire, France 2 le diffuse le 18 janvier… à 23h55. Mais il est visible aussi en replay. Ci-dessous le communiqué de presse de France télévision et un article publié par Mediapart.

publié le dimanche 9 janvier 2022

Les 7 et 8 janvier 2022, s’est tenu à la Sorbonne un vrai-faux colloque patronné et soutenu par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour faire le procès de la « pensée décoloniale », aussi nommée le « woke » ou la « cancel culture » par ceux qui la désignent comme un péril mondial. Ci-dessous l’article publié par Mediapart, « Un vrai-faux colloque à la Sorbonne pour mener le procès du “wokisme” » dont les autrices montrent qu’il fut une dénonciation permanente de la manière dont le « décolonialisme » et les « études intersectionnelles » martyriseraient l’université française. On a connu des détournements de mots comme celui de « socialisme » employé au profit de la barbarie. Les termes de « woke » et de « cancel culture » sont brandis aujourd’hui pour qualifier de « racistes » les antiracistes qui travaillent sur les formes spécifiques de discriminations persistant dans les sociétés postcoloniales.

publié le samedi 8 janvier 2022

Il n’y a pas que dans la France d’aujourd’hui que l’islam et les musulmans sont des sujets de débats et d’affrontements, puisqu’ils n’ont cessé depuis plusieurs siècles d’en susciter au sein de la société française. Le livre dirigé par Alain Ruscio, Regards français sur l’Islam des Croisades à l’ère coloniale, rassemble les réflexions de quatorze auteurs et autrices spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes. Il fait apparaître l’ancienneté des regards français, faits d’intérêt, d’adhésion et d’hostilité, qui se sont posés au fil des siècles sur cette religion et cette communauté. Dans un moment où, pour un certain nombre de raisons, l’islamophobie déferle depuis une trentaine d’années sous des formes nouvelles dans la société française, il est utile de se référer à celles qu’elle a prises à d’autres époques.

publié le lundi 3 janvier 2022

Fin mars 1957, en pleine « bataille d’Alger », l’assassinat de l’avocat algérois proche du FLN Ali Boumendjel, maquillé en suicide par l’armée française, fit scandale en métropole. Suivant une préconisation du rapport Stora sur la mémoire franco-algérienne, le 2 mars 2021, le président Macron a reconnu qu’Ali Boumendjel avait bien été « torturé et assassiné » par l’armée française. Les éditions La Découverte rééditent en poche en janvier 2022 le livre de référence de l’historienne Malika Rahal sur cette affaire : Ali Boumendjel, une affaire française, une histoire algérienne. Nous en publions la préface.

publié le vendredi 31 décembre 2021

L’exposition « Juifs d’Orient, une histoire plurimillénaire » raconte à travers des œuvres exceptionnelles les vingt-six siècles d’histoire des communautés juives du monde arabe, du Proche-Orient au Maghreb. Ci-dessous un article du Monde souligne la qualité des œuvres exposées, même s’il a le défaut de présenter l’histoire du judaïsme uniquement en termes d’exil, sans mentionner la part de prosélytisme dans son expansion. Nous reproduisons aussi une tribune de l’universitaire israélien Denis Charbit, adversaire résolu de la politique de colonisation de l’Etat d’Israël, rendant hommage à l’écrivain Elias Khoury pour avoir publié dans Al-Quds Al-Arabi un article où il reconnaît que le monde arabe a sa part de responsabilité dans le départ des Juifs vers Israël au lendemain des indépendances, qui ne résulte pas seulement de la propagande sioniste, puisqu’ils pressentaient que les Etats issus de la décolonisation ne leur accorderaient guère l’égalité des droits. Cette fermeture de ces Etats à leur naissance est un impensé de l’histoire de la décolonisation.

publié le dimanche 26 décembre 2021

Le Premier ministre, les ministres de la Culture, des Affaires étrangères, des Armées, de l’Intérieur et de la Justice ont signé le 22 décembre un arrêté qui réduit de quinze ans le délai de consultation des archives judiciaires de la guerre d’Algérie. Si on ne peut que se féliciter d’une telle mesure, qui tranche avec les choix gouvernementaux d’empêcher de 2019 à 2021 l’accès à des archives consultables « de plein droit », puis d’adopter à la hâte au nom de la lutte contre le terrorisme une loi, du 30 juillet 2021, restreignant l’accès à certains documents, on peut s’interroger sur l’application effective de cet arrêté. D’autant que le Dépôt central des archives de la justice militaire situé sur la commune du Blanc, dans l’Indre, est fermé depuis deux ans. Sur ce sujet, la construction est nécessaire d’une institution qui veille au respect du droit démocratique d’accès des citoyens aux archives.

publié le lundi 20 décembre 2021

Le 5 décembre 2021, dans de nombreuses villes de France, les cérémonies officielles en hommage à la mémoire des soldats « morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie » se sont terminées comme à l’habitude par la reprise en chœur du fameux « Chant des Africains ». Alain Ruscio explique dans cet article pourquoi il s’agit d’une sorte de « larcin mémoriel » puisque ce chant dont la première version date de 1915 et qui était entonné par les « indigènes » de l’armée française est devenu durant la guerre d’Algérie un signe de ralliement des partisans de la colonisation. Et il le reste aujourd’hui pour les « nostalgériques ». Bien qu’il contienne les paroles, « lorsque finira la guerre, nous reviendrons dans nos gourbis », qui ne sont guère à la gloire du bilan de la colonisation…

publié le vendredi 17 décembre 2021

Malgré la demande par l’ensemble du camp indépendantiste du report de la date du troisième référendum prévu par les Accords de Nouméa, les autorités françaises l’ont maintenu au 12 décembre, en contradiction avec leurs engagements antérieurs et avec les exigences de la population Kanak d’accomplir les deuils des victimes de la pandémie. Le boycott du scrutin a été massif. Les partisans du « non » à l’indépendance n’ont recueilli qu’une minorité (44 %) des suffrages des électeurs inscrits et ont perdu 5 783 voix par rapport au précédent scrutin. Les résultats définitifs contredisent les déclarations d’Emmanuel Macron validant un soi-disant refus de l’indépendance que ce vote exprimerait et montrent au contraire que la demande de celle-ci est croissante.