Histoire coloniale et postcoloniale

Réhabilitations

publié le 20 mai 2014
La réhabilitation des généraux putschistes, en 1982

Où l’on découvre que le seul officier supérieur à n’avoir pas été rétabli dans ses droits à la suite de la loi de réhabilitation de novembre 2002 est le général Jacques de Bollardière.

Un texte de Jean Guisnel, extrait de Les généraux - enquête sur le pouvoir militaire en France (éd. La Découverte, 1990) – fin du chapitre 3 “les généraux et la politique”, de la page 66 à la page 78.

 
Article 13 : un ancien de l’OAS nommé membre de la commission d’indemnisation

Où l’on voit un ancien activiste de l’OAS, bénéficiaire de l’indemnisation prévue par l’article 13 de la loi n° 2005-158 du 23 février 2005, nommé membre de la commission chargée de gérer cette indemnisation.

[Première publication, le 31 janvier 2006,
mise à jour, le 3 février 2006.]

 
Les ex-terroristes de l’OAS en cavale vont être indemnisés

Un article du Canard enchaîné (le 1er mars 2006).

Et une question écrite du sénateur Guy Fischer au Premier ministre.

[Première publication : le 1er mars 2006,
mise à jour le 20 mars 2006.]

 
Stèles, plaques, indemnisations d’anciens criminels... : l’OAS est toujours là

Stèles, plaques, indemnisations d’anciens criminels ...

Un dossier de Rosa Moussaoui publié le 19 mai 2006 dans L’Humanité [1]

 
Le gouvernement répond à une question concernant l’OAS : « La légalité républicaine est ainsi scrupuleusement respectée »

Le 16 mars 2006, le sénateur Guy Fischer, dans une question écrite adressée au gouvernement, s’était inquiété de la nomination d’un membre de l’OAS à la commission d’indemnisation créée par la loi du 23 février 2005. Le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, lui a répondu le 24 août 2006 que « la légalité républicaine [a été] scrupuleusement respectée ».

Nous voila rassurés !

[Première mise en ligne, le 22 juillet 2006 ; mise à jour, le 27 août 2006.]

 
Le 26 mars 2007, l’OAS est toujours là

Cette année, l’anniversaire de la Fusillade de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 est l’occasion d’une manifestation – plus ou moins camouflée – d’hommage à l’OAS.

Déjà l’année dernière, la commémoration des massacres de 1962 à Oran, avait donné lieu, le 5 juillet 2006, à une tentative dont on pouvait raisonnablement se demander s’il s’agissait d’un hommage aux victimes ou d’une réhabilitation de l’OAS.

[Première mise en ligne, le 24 mars,
mise à jour le 25 mars 2007.]
 
La loi du 23 février 2005 et l’indemnisation d’anciens activistes de l’OAS

L’article le plus connu de la loi 2005-158 du 23 février 2005 est sans conteste le quatrième, du fait de l’abrogation décrétée le 15 février 2006 de son second alinéa : « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord [...] ».

Mais cette loi comporte d’autres mesures qui sont passées en douceur. Notamment son article 13 visant à indemniser « les personnes de nationalité française [...] ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle [...] ». En clair, il s’agissait d’indemniser certains anciens activistes de l’OAS qui avaient interrompu leur activité professionnelle pour se réfugier à l’étranger avant de bénéficier de l’amnistie de 1969, et qui ont de ce fait perdu des annuités de retraite.

Le point sur l’application de cet article 13 de la loi du 23 février 2005.

 
« Le Parlement et la mémoire de l’OAS », par Romain Bertrand

Dans son livre Mémoires d’empire. La controverse autour du « fait colonial » (2006), Romain Bertrand revenait sur les polémiques qui se sont développées à l’occasion de l’adoption de la loi du 23 février 2005. Nous en reprenons le chapitre intitulé « Le Parlement et la mémoire de l’OAS » où il évoque la « guerre de tranchées idéologique » à laquelle se sont livrés les milieux nostalgiques de l’Algérie française, en vue de célébrer l’œuvre française outre-mer, prélude aux tentatives de réhabilitation du colonialisme auxquelles nous assistons maintenant.


Romain Bertrand, chargé de recherches au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) où il anime le groupe de recherche « Trajectoires historiques du politique », est l’auteur de Indonésie, la démocratie invisible. Violence, magie et politique à Java (Karthala, 2002), et de État colonial, noblesse et nationalisme à Java : la Tradition parfaite (XVIIe-XXe siècles) (Karthala, 2005).

 
L’hommage au colonel Argoud des anciens de l’OAS

L’Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) a annoncé son intention de rendre un hommage public au colonel Antoine Argoud (1914 - 2004), l’un des derniers chefs de l’Organisation armée secrète (OAS). L’association des anciens de l’OAS veut fixer une plaque d’hommage sur la tombe d’Antoine Argoud – une nouvelle provocation de la part de ces tenants de l’Algérie française.

Rappelons qu’« il incombe au maire de prendre les mesures qu’exige le respect de l’ordre public [2] » et de s’assurer que les inscriptions polémiques qui seront portées sur cette tombe ne sont pas susceptibles de troubler la sérénité d’un lieu voué au respect des défunts qui y reposent, et de leurs familles.

[Première mise en ligne le 26 mai 2011, mise à jour le 7 juin ]


 
Les méthodes d’Argoud : celles d’un assassin sans scrupules

Le Canard enchaîné du 8 juin le confirme, des nostalgiques de l’Algérie française rendront un hommage public au colonel Antoine Argoud, vendredi prochain à Darney. Après une messe en l’église de Darney, ils ont prévu de sceller sur sa tombe une plaque signée par l’OAS.

Ce projet a provoqué de nombreuses réactions scandalisées, notamment de la part d’anciens appelés de la guerre d’Algérie. Un certain nombre d’entre eux ont écrit au maire de Darney et/ou aux responsables catholiques locaux pour protester contre une manifestation qui les choque profondément – nous reprenons ci-dessous quelques-unes de leurs lettres.

Un extrait du livre écrit par Antoine Argoud en 1974, que nous reprenons également, justifie le jugement porté par l’un d’entre eux :
« Les méthodes d’Antoine Argoud étaient davantage celles d’un assassin sans scrupule que d’un officier de l’Armée française ».

 
Vosges : la justice a autorisé une cérémonie à la gloire de l’OAS

De nombreuses personnes et associations sont intervenues pour demander l’interdiction de la manifestation organisée par l’Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) à Darney (Vosges) le vendredi 10 juin 2011 autour de la tombe du colonel Antoine Argoud. Prenant prétexte du 7e anniversaire de son décès, ce rassemblement avait pour but de rendre gloire à l’Organisation armée secrète (OAS) dont il avait été un responsable. Pour solenniser l’événement, il était prévu qu’une plaque serait scellée sur la tombe du colonel factieux.

Dans une lettre commune, l’ANPROMEVO et Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons s’étaient adressées au maire de Darney dès le 26 mai dernier, en lui demandant notamment « d’empêcher le déroulement de la manifestation [...] et d’interdire l’adjonction, sur le monument funéraire dont il s’agit, de toute plaque dont le contenu tendrait à exalter le souvenir d’un dirigeant de l’OAS. ». L’Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre (4ACG) avait incité ses adhérents à écrire dans le même sens au maire de Darney et à l’évêché de Saint-Dié.

Jeudi matin 9 juin, estimant que ce rassemblement constituait un trouble à l’ordre public, le préfet des Vosges avait pris un arrêté d’interdiction (voir ci-dessous). Mais, jeudi soir, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy enjoignait le préfet d’autoriser la manifestation dans laquelle il ne voyait qu’une cérémonie à caractère privé, familial. Le préfet autorisait donc la manifestation et demandait au maire d’ouvrir le cimetière et d’assurer la sécurité de la cérémonie. Dans le courant de l’après-midi, l’évêché avait fait savoir par un communiqué qu’il n’y aurait pas de culte en l’église de Darney.

Ci-dessous quelques compléments – et notamment deux liens vers des enregistrements.

[Mis en ligne au cours de la matinée du 9 juin 2011, mis à jour le 15 juin]


 
Ces ex-terroristes décorés et indemnisés par l’Etat

Un article bienvenu du Canard nous rafraîchit la mémoire à propos des honneurs récemment rendus à un certain nombre de ceux qui ont pris les armes contre la République.

Et il nous rappelle opportunément qu’en dehors de l’article 4 qui demandait aux programmes scolaires de reconnaître « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », la loi du 23 février 2005 comporte un autre article qui n’a pas été abrogé. En effet son article 13 prévoit l’indemnisation de civils de l’OAS qui ont fui à l’étranger et qui sont rentrés en France après les lois d’amnistie... l’un des membres de la commission d’indemnisation étant un ancien activiste de l’OAS !

 
Franchissant les Pyrénées, les nostalgiques de l’OAS rappellent ses racines franquistes

L’OAS a été créée à Madrid au début de 1961 et ses liens avec le franquisme sont connus. La nouvelle initiative de l’Adimad – Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus de l’Algérie française – nous les rappelle en annonçant l’inauguration le 7 juin prochain, dans un cimetière proche d’Alicante, d’une nouvelle stèle en hommage à ceux qui ont pris les armes contre la République.

Ci-desous, l’annonce sur le site du Cercle algérianiste, suivie d’une brève publiée par le quotidien algérien El Watan.

[Ajouté le 31 mai 2014] – Pour en savoir plus, lire l’article d’Anne Guérin-Castell, “cinquante trois ans après, l’OAS à l’honneur en Espagne”.