Histoire coloniale et postcoloniale

La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

publié le 10 octobre 2020
La France prête au Bénin des trophées de la colonisation

Le 17 novembre 1892, après avoir rencontré une forte résistance, le général Alfred Dodds entre à Abomey, capitale du royaume de Dahomey, à la tête d’une colonne des troupes coloniales françaises.
Le 3 décembre 1892, le général proclame la déchéance du roi Béhanzin et place le royaume sous le « protectorat exclusif de la France ».

Le pays a recouvré son indépendance en 1960, sous le nom de République du Dahomey (jusqu’en 1975) puis de République du Bénin.

 
Alger veut récupérer “Baba Merzoug”

L’Algérie aurait demandé [*] à la France de lui restituer le célèbre canon Baba Merzoug, pris comme trophée de guerre le 5 juillet 1830, au lendemain de la chute d’Alger et exposé depuis dans le port militaire de Brest sous le nom de La Consulaire ... La France acceptera-t-elle de remettre à l’Algérie ce symbole de sa puissance impériale passée ?

La fondation algérienne “Casbah” réclame également les crânes de célèbres résistants algériens à la conquête coloniale au cours du 19e siècle – notamment Boubaghla, Bouziane et Derkaoui – qui sont actuellement conservés au Museum national d’histoire naturelle de Paris.

On ne peut manquer de rapprocher ces demandes algériennes de deux événements récents : la restitution à la Corée du Sud de plusieurs centaines de manuscrits royaux, et la remise à la Nouvelle-Zélande des têtes maories qui se trouvaient dans des musées français.

[Mis en ligne le 5 août 2012, mis à jour le 7]


 
Où ira le buste de Néfertiti ?

Dans les grands musées d’Europe et des Etats-Unis sourient des statues grecques et des bouddhas... Mais la légitimité de l’appropriation de certaines de ces œuvres est remise en question.

Un article de Patrick Howlett-Martin, diplomate (dernier ouvrage publié : Capri en mer, Skira, Milan, 2009), repris du Monde diplomatique de juillet 2012.

 
Un projet de loi permettant la restitution d’œuvres pillées pendant la colonisation
ne clôt pas le débat

Un rapport a été remis en 2018 par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy sur la restitution des œuvres du patrimoine culturel africain entrées de force dans les musées français. Le 6 octobre 2020, un projet de loi instaurant une dérogation exceptionnelle à l’inaliénabilité des collections a été adopté par l’Assemblée nationale, par 49 voix pour et aucune contre, permettant la restitution de quelques unes au Sénégal et au Bénin. Il doit être examiné au Sénat. Ci-dessous l’interview par France culture de Mame-Fatou Niang, maîtresse de conférence en littérature française à l’Université Carnegie-Mellon (Pittsburgh, USA), qui a assisté au débat, et la tribune publiée dans Libération par Louis-Georges Tin, Lova Rinel et Laurent Tonegnikes pour lesquels il s’agit d’« une restitution en trompe-l’œil ». En Belgique, le musée d’Anvers, qui détient 5 000 objets et œuvres d’origine congolaise, a organisé une exposition d’une centaine d’entre elles. Si le livret qui l’accompagne ne va pas jusqu’à proposer leur restitution, il indique que le musée est ouvert à cette question.