Histoire coloniale et postcoloniale

Antilles

publié le 18 novembre 2020
la bataille de Vertières (18 novembre 1803), vous connaissez ?

La bataille de Vertières est pour Haïti la fin d’une longue et sanglante guerre de libération.

Le 1er janvier 1804, après avoir écrasé l’armée française que Bonaparte avait envoyée rétablir l’esclavage, Haïti devenait le premier État noir des temps modernes.

[Première publication le 15 novembre 2005,
mise à jour le 17 novembre 2005 [1] ]

 
la mémoire blessée de la Martinique

On est passé de l’esclavage au non-esclavage, sans tribunal de Nuremberg, avec un système d’indemnisation réservé aux anciens maîtres.
On est passé de la glorification systématique du colonialisme à une sorte de neutre pédagogique, un non-dit.
(Patrick Chamoiseau)

Article de Marion Van Renterghem, paru dans Le Monde du 16 décembre 2005.

 
Guadeloupe : les séquelles de l’esclavage

Silence, oubli, les Guadeloupéens ont volontairement gommé de leur mémoire deux siècles d’avanies. Pourtant, des traces demeurent, dans les sensibilités, plus que dans les pierres [2].

par Benoît Hopquin, Le Monde du 16 août 2006.
 
n’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde

« Il y a pas les grands et les petits. Il y a que nous sommes tous des peuples et que nous méritons d’être considérés comme des peuples avec la dignité que cela représente.
J’ai apporté une parole d’homme. Il y a l’homme, c’est très important, l’homme tout court. Je crois vraiment à l’homme, à l’humanité et à la fraternité.
Et quand je parlais de négritude, c’était pour répondre précisément aux racistes qui nous considéraient comme des nègres, autrement dit des riens. Et bien non ! Nègre vous m’appelez et bien oui, nègre je suis. N’allez pas le répéter, mais le nègre vous emmerde. »

[Aimé Césaire, dans une vidéo récente.]
 
Guadeloupe : la politique du mépris

La Ligue des droits de l’Homme dénonce le comportement irresponsable des plus hautes autorités de l’État et les appelle à témoigner vis-à-vis des populations d’outre-mer, comme naguère vis-à-vis des populations des quartiers populaires, du respect et de l’égale considération qui sont dues à tous les citoyens de la République.

Lire également « légitimité démocratique et légitimité républicaine », par Jacky Dahomay, professeur de philosophie en Guadeloupe.

 
Guadeloupe, Europe : l’État-nation en débat, par Suzanne Citron

Pour l’historienne, les événements de Guadeloupe doivent susciter un grand débat qui permettrait aux Français de s’interroger sur les racines historiques de leur diversité sociale, géographique, ethnique et culturelle que n’explique pas le récit linéaire d’une France préfigurée par la Gaule et incarnée par quelques figures tutélaires.

Suzanne Citron a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages, dont le dernier, Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, est présenté sur ce site [3].

 
Guyane et Martinique : de l’article 73 à l’article 74 ?

Les électeurs des deux départements-régions sont appelés à se prononcer par référendum : le 10 janvier 2010, ils diront s’ils souhaitent passer, de l’article 73 de la Constitution régissant les départements d’outre-mer, au 74 qui encadre les autres territoires d’outre-mer – la Nouvelle-Calédonie étant un cas à part.

Cet article 74 permet, dans le cadre de la République, des adaptations aux “intérêts propres” de chaque collectivité, et donc, éventuellement, plus d’autonomie.

En cas de NON, Guyanais et Martiniquais retourneraient aux urnes le 24 janvier pour décider ou non de la mise en place d’une collectivité unique exerçant les compétences départementales et régionales, tout en restant dans le cadre de l’article 73.

 
intégrer ces moments tragiques dans notre histoire, par Benjamin Stora

Une commission indépendante de recherche historique, créée par arrêté ministériel en 2014 et installée depuis janvier 2015, est chargée d’éclairer trois événements troubles de l’histoire contemporaine des Antilles et de la Guyane : les manifestations sanglantes de décembre 1959 en Martinique et de mai 1967 (« Mé 67 ») en Guadeloupe, ainsi que le supposé sabotage d’un avion dans lequel ont péri en juin 1962, en Guadeloupe, le député guyanais autonomiste Justin Catayée et le poète autonomiste guadeloupéen Paul Niger. [4]

[Mis en ligne le 31 mai 2015, mis à jour le 4 juin]


 
Guadeloupe : disparition de Pierre Sainton, figure emblématique de la lutte anticolonialiste

Le docteur Pierre Sainton est décédé en Guadeloupe le 9 décembre 2018 à l’âge de 94 ans. Il avait été arrêté lors de la répression de mai 1967 (Mé 67) sur l’instigation du préfet Pierre Bolotte, qui avait été préfet à Alger lors de la Grande répression de 1957. Pierre Sainton médecin généraliste à Capesterre, militant nationaliste à vie, était connu pour avoir fondé en juin 1963 à Paris avec d’autres Guadeloupéens, le GONG (Groupe d’organisation nationale de la Guadeloupe) qui se réclamait du tiers-mondisme et d’un marxisme-léninisme tendance maoïste. D’abord né dans la clandestinité après la dissolution du Front antillo-guyanais pour l’autonomie, le GONG est devenu légal quand il s’est installé en 1964 en Guadeloupe.

 
A l’occasion d’un festival international du film,
de riches débats en Guadeloupe

Le Festival International du Film des Droits Humains de Guadeloupe - Monde En Vues -, soutenu notamment par la LDH de Guadeloupe, est l’occasion de riches débats sur ce moment important de la société française, les deux mois qui ont suivi l’assassinat de George Floyd. Comme le souligne Elisabeth Gustave, sa directrice : « Pour la première fois, la presse nationale est sortie de sa zone de confort et s’est aventurée à questionner le racisme à la française sur plusieurs jours d’affilée. Pendant huit semaines, le pays de la Déclaration des Droits de l’Homme a commencé à reconnaître que le racisme systémique n’était pas seulement le fait d’autrui en particulier des Etats-Unis. Pendant huit semaines la question raciale inondait le débat public ». Au moment où se produit dans l’hexagone une méchante contre-offensive pour combattre cette prise de conscience, c’est vers la Guadeloupe qu’il faut se tourner pour entendre des voix importantes.