Histoire coloniale et postcoloniale

Papon et les deux archivistes

publié le 1er septembre 2015
Papon et la justice

[dernière mise à jour : le 2 mars 2005]

 
Maurice Papon est mort

D’après son avocat, « l’ancien ministre n’a jamais accepté sa condamnation du 2 avril 1998 par la Cour d’assises de Bordeaux ».

 
malaises aux Archives

« Tout citoyen peut demander communication des documents qui sont conservés dans les dépôts des archives, aux jours et heures qui sont fixés. »

loi du 7 messidor an II, article 37

 
deux archivistes toujours au placard, par J.P. Thibaudat

Ils avaient témoigné à propos des événements du 17 octobre 1961

[Libération - jeudi 17 octobre 2002]

 
L’honneur retrouvé des deux archivistes, par Jean-Pierre Thibaudat

Témoins contre Papon en 1999, ils avaient été mis au placard. Le tribunal administratif vient de dénoncer les notes de service qui cantonnaient les archivistes « dans des fonctions subalternes » et revêtaient « le caractère d’une sanction disciplinaire déguisée ». [Libération - vendredi 18 avril 2003]

 
Archives de Paris : le placard et la manière

[ le Canard Enchaîné - 23 avril 2003 ]

 
Papon n’a jamais existé

Papon fait encore des victimes. Deux archivistes ayant témoigné contre lui au cours du procès de février 1999 sont depuis lors au placard. À part les Verts et le groupe communiste, personne, au Conseil de Paris, ne semble décidé à mettre un terme à cette sanction professionnelle, totalement illégale.

[par Sylvie Coma - Charlie Hebdo, 6 août 2003]

 
Philippe Grand, placardisé cinq ans

Philippe Grand, 66 ans, conservateur en chef aux Archives de Paris. Placardisé cinq ans pour avoir exhumé les documents sur le massacre des Algériens jetés à la Seine en 1961.

Un article de Jean-Pierre Thibaudat - Libération, le 15 juillet 2004.

 
secret des archives et raison d’État, par René Gallissot

Il ne suffit pas d’évoquer les difficultés de consultation des « archives », c’est-à-dire de la documentation produite par les organismes publics. Même par dérogation, l’accès est réservé. Mais ces obstacles, dont tous les chercheurs ont l’expérience, ne sont pas que des barrières à franchir ; c’est au départ, comme prédisposé, que se tient un véritable mur du silence. Son nom est secret d’État.

 
Le malaise français, par Claude Liauzu

[paru dans « différences » février 2000.]

 
Les témoignages de B.Lainé et Ph.Grand lors du procès de février 99

Extraits de OCTOBRE 1961 - Un massacre à Paris, par Jean-Luc Einaudi, Fayard 2001, pages 49 à 53.

 
2015 : l’honneur retrouvé de Brigitte et de Philippe

Brigitte Lainé vient d’être promue chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur [1]. Nous sommes nombreux à nous en réjouir, et à lui associer son collègue Philippe Grand. Ces deux archivistes ont été “placardisés” pendant plusieurs années pour avoir témoigné au procès que Maurice Papon avait intenté à Jean-Luc Einaudi.

Leurs témoignages en février 1999 avaient été déterminants pour la condamnation de l’ancien préfet de police pour son implication dans les massacres des Algériens à Paris, en octobre 1961. Ils ont tous deux contribué à la mise en en évidence de la réalité et de l’ampleur de ces massacres. La promotion de Brigitte Lainé en constitue une reconnaissance.

[Mis en ligne le 19 juillet 2015, mis à jour le 1er septembre 2015]