Histoire coloniale et postcoloniale

A-gens du voyage en Europe

publié le 9 avril 2014
les Roms, plus importante minorité transnationale d’Europe

Ils sont environ 7 millions en Europe, dont les deux tiers en Europe centrale et orientale. L’Union européenne fait pression sur les Etats pour les sortir de la pauvreté et de la délinquance.

 
pogroms anti-Roms en Italie

De véritables pogroms anti-Roms ont enflammé Ponticelli, à l’est de Naples où des campements de tziganes ont été incendiés ces derniers jours dans le quartier surnommé le « Bronx de Naples ». Un article de Marco Imarisio pour le Corriere della Sera témoigne de ce déferlement de haine et de violence.

 
les Roms sont indésirables partout en Europe

Constituant la plus grande minorité d’Europe, les Roms seraient 7 millions en Europe — difficile d’être plus précis, car les statistiques du Conseil de l’Europe regroupent dans une même catégorie les Roms et les gens du voyage — originaires principalement de Roumanie et des Balkans. La Roumanie compterait 1,8 million de Roms et la Bulgarie 650 000. En France, 400 000 personnes sont recensées comme « gens du voyage et Roms », parmi lesquels les Roms sont très minoritaires.

Le 16 septembre 2008, à Bruxelles, le premier sommet européen consacré aux Roms se penchera sur les discriminations de plus en plus aiguës dont ils font l’objet.

 
Thomas Hammarberg : l’histoire honteuse de l’antitsiganisme en Europe est oubliée - et se répète

Dans ce point de vue, le Commissaire européen aux droits de l’homme, Thomas Hammarberg, souligne la nécessité de comprendre l’histoire du peuple rom pour éviter de refaire les tragiques erreurs commises par le passé. « Le discours de certains responsables politiques et des médias xénophobes ravive les stéréotypes séculaires au sujet des Roms. On prétend à nouveau que les Roms sont une menace pour la sécurité et la santé publique. C’est une attitude non seulement honteuse mais aussi dangereuse ». [1]

 
les Roms dénoncent le fichage dont ils sont l’objet en Italie

Le premier sommet européen consacré aux Roms, la plus grande minorité ethnique de l’Union européenne (ils seraient près de 10 millions), s’est réuni à Bruxelles le 16 septembre 2008. A cette occasion les Roms ont violemment dénoncé l’aval donné par l’UE au fichage des membres de leur communauté en Italie.

Le financier George Soros s’est déclaré « sérieusement préoccupé », craignant « que cela ne devienne une norme de facto dans l’Union européenne ». « Le fichage ethnique devrait être illégal et j’espère que la Cour européenne de Justice établira ce fait », a-t-il lancé, suivi par May Bittel, membre fondateur du forum des Roms et des gens du voyage au Conseil de l’Europe : « Si on avalise la manière de faire en Italie, c’est toute l’Europe qui va suivre. »

 
Thomas Hammarberg dénonce les politiques migratoires européennes à l’égard des Roms

« La situation des Roms en Europe ne cesse de se dégrader. Cette minorité de douze millions de personnes, dont plus de neuf millions sont citoyens de l’Union européenne, reste en marge de la société, en dépit des récurrentes déclarations d’intention en faveur de leur insertion sociale. » La crise économique « rend plus difficile encore leur accès au logement, à l’éducation, à la santé et à l’emploi. » [2]

Dans son point de vue repris ci-dessous [3], Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, dénonce les discriminations envers les Roms dans les politiques migratoires des États européens, et conclut : « Les Etats qui dépensent actuellement des sommes considérables pour renvoyer les Roms dans leur pays d’origine feraient un meilleur usage de cet argent en finançant des mesures d’insertion sociale de ces personnes. »

 
les Roms, parias de l’Europe

En France, en Italie, ailleurs en Europe, ils sont les premiers boucs émissaires de la crise économique, s’insurge l’écrivain italien Antonio Tabucchi.
Leur exclusion se fonde sur des mythes politiques que décrypte Henriette Asséo, spécialiste de l’histoire des Tziganes.

Un dossier réalisé par Emilie Grangeray et Mattea Battaglia, publié dans Le Monde Magazine le 4 septembre 2010.

 
la responsabilité des dirigeants politiques qui stigmatisent les Roms

Dans un texte repris de son blog, le Commissaire européen aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, souligne le danger des propos stigmatisant vis à vis des Roms tenus par certains dirigeants européens.

 
le droit de quitter son pays doit s’appliquer sans discrimination

Le droit de tout individu de quitter tout pays y compris le sien est un droit fondamental garanti dans la Convention européenne des droits de l’homme.

Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe s’inquiète d’une remise en cause de ce droit par certains pays balkaniques, notamment en ce qui concerne les Roms – une nouvelle fois traités comme boucs émissaires [4].

 
expulsions de Roms : l’UE ne respecte pas ses engagements en matière de droits de l’Homme !

Durant l’été 2012, de nombreux gouvernements de l’Union européenne ont expulsés des Roms de leurs logements. Certains Etats ont également expulsé ces populations hors de leurs frontières. Dans un communiqué repris ci-dessous, l’Association Européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH) appelle les Etats à cesser ces expulsions et à mettre fin à leurs politiques de stigmatisation des Roms.

Auparavant, vous pourrez écouter la plaidoirie, prononcée dimanche matin 16 septembre 2012 au micro de France-Inter, par Maître Christian Charrière Bournazel, président du Conseil national des barreaux, pour défendre la cause des Roms.

 
“arrêtons de chasser les Roms !”

Nils Muznieks, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’alarme du sort réservé aux Roms dans différents pays d’Europe.

Il cite en premier la France, où « près de 5 000 Roms auraient été évacués de leurs campements entre juillet et septembre 2012 ». Il rappelle l’existence d’une circulaire interministérielle diffusée en août dernier qui « demande aux autorités de proposer une solution de relogement adéquate aux personnes évacuées » pour déplorer que « celles-ci ne reçoivent généralement aucune aide et se retrouvent souvent sans abri, à Paris, à Marseille et dans d’autres grandes villes françaises ».

 
le traitement actuel des Roms est celui d’une Europe oublieuse de ses crimes

Un texte de Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, présidente de la section de la Ligue des droits de l’Homme de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, publié dans Le Monde daté du 12 juin 2013 [5].

 
racisme anti-roms : les “anges blonds”

L’affaire de « l’Ange blond » a éclaté le 16 octobre en Grèce lorsqu’une petite fille à la peau et aux cheveux clairs et aux yeux bleus a « attiré l’attention de la police » alors qu’elle jouait dans un quartier Rom de Farsala, dans le centre du pays, avec « quatre autres enfants au teint mat ». Ce sont donc les caractéristiques physiques de l’enfant qui ont suscité les soupçons des policiers présents. Leur méfiance a été confortée lorsqu’ils ont appris que la femme et l’homme qui élevaient la fillette étaient bruns à la peau foncée. Quelques jours plus tard, deux enfants qui avaient été retirés de leurs familles par les autorités irlandaises, sous prétexte qu’ils n’avaient pas la même couleur de cheveux que leurs parents, gens du voyage, ont dû leur être rendus, après des tests ADN.

La plupart des médias ont insisté sur l’origine ethnique des familles auxquelles ces enfants avaient été retirés, ce qui contribue à perpétuer les vieux mythes des tsiganes noirs de peau et voleurs d’enfants.

À la suite de ces affaires, Nils Muižnieks, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, alarmé de la présentation négative des minorités dans les médias, a lancé un vibrant appel à la responsabilité des journalistes.

 
Roms : les bonnes intentions de l’Union européenne

Réunis à Bruxelles le 9 décembre 2013, les ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des 28 États membres de l’Union européenne se sont engagés à l’unanimité à mettre en oeuvre un ensemble de recommandations, proposées par la Commission européenne, visant à accélérer l’intégration socio-économique des communautés roms. En adoptant ce premier instrument juridique pour l’inclusion des Roms, les États membres s’engagent à entreprendre des actions ciblées pour combler les écarts entre les Roms et le reste de la population.

D’autre part, réuni en session plénière à Strasbourg du 9 au 12 décembre 2013, le Parlement européen a appelé les Etats membres à mettre fin aux discriminations dont les Roms sont victimes – en particulier les expulsions illégales, le profilage ethnique et les abus de la police. Les eurodéputés ont également suggéré une série de mesures pour faciliter l’accès de ces populations au logement, à la santé, à l’éducation et à l’emploi.

Comment ne pas se féliciter de toutes ces décisions et préconisations ? Espérons qu’elles se traduiront rapidement dans la réalité, et que nous pourrons bientôt constater un changement du comportement des autorités – notamment en France.

 
Roms en Europe : entre violences et discriminations

À l’occasion de la journée internationale des Roms, Amnesty International a publié le 8 avril 2014 un rapport intitulé : “Nous réclamons justice. L’Europe doit protéger davantage les Roms contre les violences racistes” qui repose sur un travail de recherche mené en République Tchèque, en Grèce et en France.

Ce rapport est téléchargeable, au format PDF. Nous en reprenons ici un compte-rendu publié sur LeMonde.fr.