Histoire coloniale et postcoloniale

Une plaque très discrète
commémore à Paris l’assassinat
par les services spéciaux français
de l’avocat Amokrane Ould Aoudia
sur l’ordre du premier ministre Michel Debré

publié le 1er décembre 2021

La Mairie de Paris honore une victime des services spéciaux français

par Jean Guisnel, publié dans Le Point le 25 novembre 2021.
Source


Jean Guisnel est notamment l’auteur de, avec Roger Faligot et Rémi Kauffer,
Histoire politique des services secrets français, La Découverte, 2013 ; avec David Korn-Brzoza, Au service secret de la France. Les maîtres de l’espionnage se livrent enfin, La Martinière, 2014 ; et Histoire secrète de la DGSE, Robert Laffont, 2019.

C’est une plaque très discrète qui a été apposée mardi 23 novembre sur l’immeuble du 42, avenue Mathurin-Moreau (Paris 19e). Posée par sa famille et ses amis invités par la Mairie de Paris, qui avait organisé la cérémonie, cette plaque honore la mémoire d’un homme assassiné dans son cabinet d’avocat qui se trouvait à cet endroit [1].

La plaque est on ne peut plus sobre : « Ici a vécu Me Amokrane Ould Aoudia assassiné le 23 mai 1959 pour avoir été l’avocat des militants du FLN. »

Pourquoi cette célébration, plus de soixante-deux ans après sa mort ? Parce que cette dernière concerne un épisode de la guerre d’Algérie, non pas celle à laquelle l’armée française et les indépendantistes du FLN se livraient sur le sol algérien, mais bien celle conduite par les services spéciaux.

Car Amokrane Ould Aoudia a bel et bien été assassiné par le service Action du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), ancienne appellation de la DGSE.

Cette vérité a été attestée par le témoignage de celui qui a procédé à l’exécution, Raymond Muelle.

Le dos au mur

Le hasard est la providence des journalistes. Vers 2009, Raymond Muelle, né en 1921, déjà atteint par la maladie qui devait l’emporter en 2013, déjeunait tous les jours à la brasserie Le Petit Journal, par ailleurs cantine de l’équipe du Point alors installé à Montparnasse. L’ancien officier et exécuteur du service Action s’y installait vers 12 h 30 à une table en surplomb, face à la salle, le dos calé entre deux murs à angle droit. On n’est jamais trop prudent. Il était connu des serveurs sous le simple nom de « commandant », grade qu’il avait atteint dans les services spéciaux. Très antigaulliste, il avait approuvé le putsch d’Alger en 1961, ce qui lui avait valu d’être rapidement traduit en justice, avant d’être « radié des cadres » en 1964.

Quand nous le rencontrons, sa santé défaillante ne le prive pas de facultés intellectuelles aiguisées. Et c’est lui qui nous racontera, sans affect apparent, les circonstances précises de la mort d’Amokrane Ould Aoudia. Alors âgé de 35 ans, ce dernier était citoyen français, sa mère ayant obtenu la nationalité par décision du tribunal de Tizi Ouzou en 1875. Avocat inscrit au barreau de Paris, il avait ajouté à ses dossiers habituels la défense de militants du FLN, « à la condition qu’ils n’aient pas de sang sur les mains », nous précise le 23 novembre son cousin Jean-Philippe Ould Aoudia.

« On s’est occupés de lui »

Amokrane Ould Aoudia

L’avocat est membre du Collectif des avocats défenseurs des militants du Front de libération national (FLN) algérien, qui assiste judiciairement les membres du FLN poursuivis par la justice. Parmi eux, outre Me Ould Aoudia, figurent entre autres Jacques Vergès, Robert Badinter, Roland Dumas, Gisèle Halimi. Raymond Muelle racontera comment le chef du service Action, alors le colonel Robert Roussillat, confiera l’assassinat à son équipe : « En fait, lorsque le colonel Roussillat nous a dit : “On s’occupe des avocats”, j’ai proposé qu’on se charge de Me Jacques Vergès et de Me Mourad Oussedik, qui me paraissaient les plus virulents. Roussillat m’a dit : “Non, l’ordre est formel, on s’occupera de Me Amokrane Ould Aoudia”, que personne ne connaissait. Donc on s’est occupés de lui. Il en est mort. » La mort ne suffisant sans doute pas, le préfet de police Maurice Papon, de sinistre mémoire, avait organisé la scission du cortège funèbre en faisant passer au rouge tous les feux du cortège.

Les parents d’Amokrane Ould Aoudia,
le 1er juin 1959, jour de son enterrement au cimetière du Montparnasse. © AFP

Les deux suivants sur la liste seront aussi des avocats. Destinés à être abattus sans autre forme de procès, ils auront plus de chance : « Quant à Vergès et Oussedik, c’est vrai qu’on avait monté une action contre eux. On leur avait d’ailleurs envoyé la lettre préparatoire d’avertissement transmise par le secrétariat du service. Ils ont pu y lire : “Compte tenu de votre attitude dans le conflit actuel et de votre attitude antifrançaise, vous risquez l’application d’une mesure définitive.” »

Ordre politique

Les deux hommes ne durent leur survie qu’à une panne de la voiture qui devait amener Raymond Muelle jusqu’à eux, l’un après l’autre [2]. Quelques années avant de disparaître, Muelle n’éludait pas ses responsabilités, tout en étant précis sur l’origine des directives reçues : « L’exécution d’Ould Aoudia était un ordre du gouvernement, contraire aux principes et aux règles du SDECE et du service Action. »

Et pour cause ! Dans l’histoire des guerres secrètes conduites par la France, une règle tacite – mais dont aucun élément officiel n’est jamais venu attester la véracité – voudrait que jamais des exécuteurs de basses œuvres appartenant aux services spéciaux ne s’en prennent à un citoyen français. Pour cette raison, le « sale boulot » contre des Français était généralement confié à des membres du milieu. Mais pas dans le cas de Me Ould Aoudia.
Les ordres à l’époque émanaient soient du Premier ministre Michel Debré, soit du conseiller de l’ombre du général de Gaulle, Jacques Foccart. À la suite de ce crime d’État, le jeune confrère de la victime Robert Badinter avait déclaré : « Tenter de frapper les défenseurs, après avoir attenté aux droits de la défense… C’est encore détourner la justice de ses voies, l’utiliser à une mauvaise besogne. Mais, comme ils l’ont écrit : “L’avocat n’a pas à constater la position de son client du bout des lèvres et en tremblant de peur. Il doit la prendre à son compte et la soutenir, ou s’en aller.” »

Discret architecte

L’invitation de la Mairie de Paris au dévoilement de la plaque est signée par Anne Hidalgo, par son adjointe chargée de la mémoire et du monde combattant Laurence Patrice et par le maire du 19e, François Dagnaud.



Le discret architecte de cette opération s’appelle Olivier Maillebuau, ancien adjoint radical de gauche au maire du 2e arrondissement, auteur d’un « vœu » en date du 14 septembre 2017. Il avait initialement souhaité que la plaque soit apposée au 10, rue Saint-Marc, adresse du cabinet où l’avocat avait été assassiné. Le refus des copropriétaires le conduisit à proposer l’installation de la plaque sur l’immeuble du domicile de Me Ould Aoudia. Pas de problème cette fois.

Durant son allocution, le 23 novembre, son cousin Jean-Philippe Ould Aoudia a déclaré que la victime n’était coupable que d’avoir voulu « dire la vérité en toute légalité, avec les seules armes qu’autorise le droit, dans le cadre de la mission d’avocat français devant les cours et les tribunaux français ». Il est l’auteur d’un livre sur cette affaire, Un crime d’État : Paris, 23 mai 1959 (Tirésias, 2015).


L’assassinat en plein Paris de Me Amokrane Ould Aoudia

par Gilles Manceron, intervention au colloque « À quand la vérité sur les crimes coloniaux, 60 ans après l’assassinat de Ferhat Hached » qui s’est tenu le 12 janvier 2013 dans une salle de l’Assemblée nationale.

Au début de la Ve République, en plein Paris, le 23 mai 1959, avec l’aval du Premier ministre Michel Debré (à ce poste depuis janvier 1959 [3], a été ordonné l’assassinat d’un avocat inscrit au Barreau de Paris, Me Amokrane Ould Aoudia qui défendait les indépendantistes algériens [4]. Le crime a été commis lorsqu’il sortait de son cabinet, au 10 de la rue Saint-Marc, dans le IIe arrondissement, par des agents du Service action du SDECE. Le commandant Raymond Muelle, un ancien d’Indochine et d’Algérie qui appartenait à ce service, installé au Fort de Noisy-le-Sec et ayant à sa tête le colonel Robert Roussillat, a rapporté que leurs équipes agissaient en toute illégalité et dans un secret total, couvertes par le préfet de police, Maurice Papon, le ministre de l’Intérieur et le Premier ministre, le SDECE ayant alors pour chef, depuis septembre 1957, le général Paul Grossin [5].

L’assassinat de Me Ould Aoudia est en lien direct avec ses efforts pour dénoncer les actes illégaux, tortures et assassinats d’Algériens. Il avait envoyé notamment le 8 septembre 1958, une lettre ouverte, co-signée par Me Jacques Vergès et adressée à André Malraux, ministre délégué à la présidence du conseil.

Lettre du 8 septembre 1958 adressée à André Malraux, ministre délégué à la présidence du conseil,
par Me Ould Aoudia et Me Jacques Vergès, avocats au barreau de Paris.


Paris, le 8 septembre 1958

Monsieur André Malraux
Ministre délégué à la Présidence du Conseil
57, Rue de Varenne
PARIS (7e)

Monsieur le Ministre,

Avec Roger Martin du Gard, Messieurs François Mauriac et Jean-Paul Sartre vous sommiez, il y a quelques mois, les pouvoirs publics « au nom de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, de condamner sans équivoque l’usage de la torture qui déshonore la cause qu’il prétend servir ».

Depuis, vous avez affirmé qu’à votre connaissance la torture avait disparu.

Notre lettre a pour but, aujourd’hui, précisément, de vous soumettre deux cas de tortures.

Tous les deux sont postérieures à votre déclaration, tous les deux sont contrôlables, tous les deux sont particulièrement graves puisqu’ils montrent que la torture, loin de disparaître, prolifère aujourd’hui en France même.

Le premier cas concerne Monsieur Rezgui Hocine, demeurant à Eaubonne (Seine-et-Oise) ouvrier aux usines Potez à Argenteuil. Arrêté le 4 Juillet à 10h30 à son chantier en plein travail, Monsieur Rezgui a été détenu 30 heures au commissariat de police d’Argenteuil.

« Interrogé » par six policiers dirigés par un nommé B., Monsieur Rezgui se plaint d’avoir été mis nu puis tour à tour battu à coups de poings et à violents coups de pieds dans le ventre, d’avoir été soumis la nuit à des jets d’eau mélangée de sable, et enfin à quatre reprises torturé à l’électricité.

En tout cas, à sa sortie du commissariat, il dut être transféré à l’infirmerie de la prison de Versailles, 28 avenue de Paris, puis hospitalisé un mois à l’Hôpital central de Fresnes où il fut opéré d’un éclatement de la rate. Il porte encore une cicatrice de 10 centimètres.

Le deuxième cas concerne Monsieur Mohamed Krama, conducteur aux usines Teka de Courbevoie, marié, père de famille, soutien de sa mère âgée de 80 ans. Arrêté à son domicile, rue Henri Barbusse à Argenteuil, le 30 août à 5 heures du matin, à l’occasion d’une « vérification d’identité » Monsieur Mohamed Krama fut gardé 36 heures au commissariat d’Argenteuil. Là il se plaint d’avoir été « interrogé » à l’électricité par 4 policiers européens parlant arabe et semblant être originaires d’Afrique du Nord.

Les deux interrogatoires auraient eu lieu le 30 août à 19h. puis à 21 heures. En tout cas, Monsieur Krama en est sorti avec encore visibles aujourd’hui, au genou gauche, trois plaies disposées en demi-circonférence, à la face externe de la cheville gauche, quatre plaies disposées de la même façon, à la face interne de la cheville gauche, une plaie au pied gauche, cinq plaies correspondant chacune à la naissance d’un orteil. Au coude gauche trois plaies disposées en demi-circonférence, à la cuisse droite, deux plaies de cinq centimètres de diamètre environ, au coude droit, cinq plaies. Au genou droit, huit plaies dont cinq disposées en demi-circonférence, à la face externe de la cheville droite, cinq plaies disposées de la même façon, à la face interne de la cheville droite, une plaie unique. Enfin, sur la poitrine et les parties sexuelles, des excoriations diverses en voie de disparition.

Trois avocats du barreau de Paris ont pu voir ces traces le 4 septembre à la prison de Versailles.

Nos clients ont porté plainte pour coups et blessures et se sont constitués parties civiles entre les mains du doyen des juges d’instruction de Versailles.

Nous avons demandé une expertise contradictoire par le médecin expert commis par le doyen des juges d’instruction de Versailles et un professeur à la Faculté de Médecine de Paris.

Nous espérons que satisfaction nous sera accordée.

En tout cas, puisque vous proposiez, Monsieur le Ministre, à MM. François Mauriac et Albert Camus de se rendre en Algérie pour constater (et Monsieur Mauriac se demanderait alors comment), que la torture y avait disparu, nous nous permettons de vous suggérer de leur demander plus simplement d’aller à la prison de Versailles et au commissariat de police d’Argenteuil.

Pensant que la dénonciation de la torture ne saurait être confidentielle, nous estimons devoir rendre notre lettre publique, persuadés que vous nous comprendrez d’autant mieux que c’est également la forme que vous avez adoptée au mois d’avril dernier pour vous adresser à Monsieur le Président Coty.

Nous vous prions, Monsieur le Ministre, d’agréer l’expression de notre haute considération.

Amokrane Ould Aoudia, 10, rue Saint Marc,
Jacques Vergès, 61, rue du Cherche Midi,
avocats au barreau de Paris.

Ce sont les efforts de cet avocat pour dénoncer la torture alors pratiquée en plein Paris qui ont paru intolérables au Premier ministre Michel Debré et l’ont conduit à donner l’ordre de commettre cet assassinat.

De sa nomination en janvier 1959 jusqu’à sa démission en mars 1962, en raison de son désaccord avec l’indépendance de l’Algérie signée à Evian, le Premier ministre a donné l’ordre de nombreuses « opérations homos ». Entre septembre 1960 et mars 1961, en liaison avec la Force de police auxiliaire (FPA) qu’il avait créée et confiée à Maurice Papon [6], de nombreux assassinats ont été commis en particulier dans le XIIIe arrondissement de Paris, aussitôt attribués par la Préfecture de police au FLN [7]. Constantin Melnik, alors conseiller du Premier ministre pour les questions de sécurité, a confirmé l’existence de ces méthodes, par exemple le meurtre d’un policier auxiliaire algérien soupçonné de vouloir quitter la FPA, meurtre faussement attribué au FLN [8].

Répondant aux questions de Patrick Rotman dans l’émission « Les Brûlures de l’histoire », en janvier 1996, Raymond Muelle a raconté : « On nous a […] donné l’ordre de participer, nous, en tant que “service action”, à certaines actions que ne pouvait pas assumer la police. Par exemple, faire disparaître certains chefs FLN ou certains FLN de deuxième niveau ». A la question « L’ordre venait d’où ? », il répond sans hésiter : « Du Premier ministre personnellement. Ça allait du Premier ministre au général commandant du SDECE, le général Grossin à l’époque. Mais la plupart du temps […], les contacts étaient directs entre le chef du “service action”, M. Foccart, et le premier ministre [9] ». Melnik rapporte qu’au cours de la seule année 1960, cent trente-cinq personnes ont été tuées lors des « opérations homo » du SDECE, qui, avec son importante base d’entraînement à Cercottes, dans le Loiret, et un total que quelque mille cinq cents agents, constituait l’une des plus puissantes machines à tuer du monde contemporain [10]. Le 5 juillet 1959, à Rome, un enfant italien de 10 ans a été tué lors d’un attentat du SDECE qui visait le représentant du FLN, Taïeb Boularouf. Ces « opérations homos » seront encore facilitées quand le Premier ministre Michel Debré aura obtenu du général de Gaulle le remplacement en mai 1961 du ministre de l’Intérieur, Pierre Chatenet, jugé par lui trop « scrupuleux » et pas assez « efficace » dans la répression telle qu’il la concevait, par un homme totalement à ses ordres, Roger Frey, et surtout, fin août 1961, le départ du ministre de la Justice Edmond Michelet, adversaire résolu des méthodes du Premier ministre et proche de Témoignage chrétien.

Dans le cas de l’assassinat de Me Amokrane Ould Aoudia, le 23 mai 1959, Raymond Muelle a déclaré qu’il a été commis par l’un de ses « camarades » du service action du SDECE, un de ses « bons amis », toujours vivant à la date de cette émission et qui tenait à garder l’anonymat [11].

Quel était le mobile de cet assassinat ? Le surlendemain du jour où il a été commis devait s’ouvrir, le lundi 25 mai 1959, et s’est ouvert devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, le procès d’une dizaine d’Algériens, dont plusieurs étudiants, arrêtés en décembre 1958 et qui avaient été abominablement torturés dans les locaux parisiens de la DST, rue des Saussaies, entre le 2 et le 12 décembre 1958. Les témoignages de cinq d’entre eux avaient été recueillis et seront reproduits en juin 1959 par les éditions de Minuit dans le livre La Gangrène, qui sera aussitôt saisi [12]. Or, Me Ould Aoudia devait figurer parmi leurs défenseurs. Un tel assassinat décidé par un Premier ministre d’un avocat parisien pour l’empêcher de plaider est unique dans l’histoire de France.

[1En réalité, comme l’article le dit plus loin, le cabinet d’avocat de Me Amokrane Ould-Aoudia se trouvait 10, rue Saint-Marc, à côté de la Bourse, le 42, avenue Mathurin-Moreau était son domicile.

[2Cette partie du témoignage de Raymond Muelle est-elle à prendre au sérieux ? Il est plus probable qu’un contre-ordre est intervenu annulant l’ordre d’exécution de ces deux avocats. Jacques Vergès, en particulier, était un ancien de la France Libre durant la Seconde guerre mondiale.

[3Il restera Premier ministre jusqu’en mars 1962.

[4Le Monde, 24-25 mai 1959.

[5Raymond Muelle, Sept ans de guerre en France. Quand le FLN frappait en métropole, Éditions du Patrimoine, Monaco, 2001, p. 179.

[6« Par décision du Premier ministre, il est créé une force de police auxiliaire […]. Les personnels qui seront recrutés à cet effet seront mis à la disposition du Préfet de Police ». Décision portant statut de la FPA, 30 novembre 1959. Archives de la Préfecture de police.

[7Raymond Muelle, op. cit., p. 188-189.

[8Constantin Melnik, La Mort était leur mission. Le Service Action pendant la guerre d’Algérie, Plon, 1996, p. 181. Le meurtre du policier auxiliaire Rachid Khilou relaté par Raymond Muelle, La Guerre d’Algérie en France, 1954-1962, Presses de la Cité, 1994, p. 192-194, est confirmé par Rémy Valat sur la base des archives de la préfecture de police (Les Calots bleus et la bataille de Paris. Une force de police auxiliaire pendant la guerre d’Algérie, Michalon, 2008, p. 126-129).

[9Le Second Front : la guerre d’Algérie en France 1954-1962, « Les Brûlures de l’Histoire », France 3, émission diffusée le samedi 27 janvier 1996 à 22h30, propos reproduits dans Le Monde daté de ce jour, p. 27.

[10Constantin Melnik, op. cit., p. 7-8. A propos de ces assassinats, qu’il juge plus nombreux que ceux des services secrets soviétiques, il écrit : « A l’instar de Jacques Chirac reconnaissant enfin la responsabilité française dans la déportation des Juifs sous Vichy, l’heure n’a-t-elle pas sonné d’admettre la culpabilité de l’Etat dans d’autres errements, certes moins graves mais également inacceptables ».

[11Raymond Muelle est mort en 2013.

[12La Gangrène, éditions de Minuit, 1959.