Histoire coloniale et postcoloniale

Alger, fin mars 1962, l’OAS fait la guerre à l’armée française

publié le 7 avril 2011 (modifié le 25 juillet 2019)
La Dépêche du 24 mars 1962.

Le 19 mars, dans l’une de ces émissions-pirates dont l’organisation clandestine qu’il dirige est coutumière, Salan donne « ordre de commencer immédiatement les opérations de harcèlement dans les villes des forces ennemies » [1].


« Je donne l’ordre à nos combattants de harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d’Algérie. Je donne l’ordre à nos camarades des Forces Armées, Musulmans et Européens, de nous rejoindre dans l’intérieur de ce pays qu’il leur appartiendra de rendre immédiatement à la seule souveraineté légitime ; celle de la France. [2] »

Yves Courrière précise que « le 20 mars ceux qui n’avaient pas entendu la déclaration de guerre de Salan en prirent connaissance par tracts ou de bouche à oreille. [3] » Il poursuit : « le lendemain du cessez-le-feu l’O.A.S. adressa un “ultimatum” aux forces de l’ordre. C’est le secteur Orléans-Marine — commandé par l’ex-sous-préfet Jacques Achard — qui le rendit public sous le tract n° 35 C.E.I./12/0.A.P.P./X.I. L’O.A.S. adorait ces sigles mystérieux qui donnaient à la moindre de ses déclarations l’apparence sérieuse d’une note d’Etat-Major. [4] »

Et Yves Courrière cite le texte du tract reproduit ci-dessous :


Reproduction du tract de l’OAS du 20 mars 1962.

Voici la transcription de ce véritable appel à l’insurrection armée pour empêcher l’application des accords d’Evian :

ORGANISATION ARMEE SECRETE
======================

N° 34 XOM/I2


Secteur Orléans Marine
_

[1Rémi Kauffer, « OAS : la guerre franco-française d’Algérie » dans Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d’Algérie. 1954-2004. La fin de l’amnésie, page 454 (repris dans http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...).

[2Yves Courrière, La Guerre d’Algérie, tome 4, « Les feux du désespoir » (édition du 1er mars 1972, Arthème Fayard, p. 562
(cité dans http://www.ldh-toulon.net/spip.php?...).

[3Id.

[4Id page 564.