Histoire coloniale et postcoloniale

la LDH poursuit le maire de Cholet pour provocation à la discrimination raciale

publié le 10 novembre 2010
Campement (Max PPP)



Gens du voyage : une plainte déposée contre le maire de Cholet

par Christian Meas, Ouest-France, 3 novembre 2010



La Ligue des droits de l’Homme reproche au maire de Cholet ses propos. Ce dernier doit être entendu par la police ce mois-ci.

Quels étaient les propos de Gilles Bourdouleix ?

En septembre dernier, lors d’une réunion de quartier, un habitant se plaint du voisinage des gens du voyage qui vont faire leurs besoins devant les habitations. Le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, répond alors : « On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits. Je suis prêt à prendre un camion plein de m... pour le déverser au milieu de leurs caravanes. Ces gens, c’est beaucoup d’emmerdes. S’ils choisissent de vivre comme ça, en caravanes et qu’on fait un effort pour les accueillir, au moins qu’ils aient un peu de respect. Les caravanes qu’ils ont, avec les Mercedes et les camions pour les tracter, on ne pourrait pas se les payer. Mais eux, ils en ont les moyens puisqu’ils n’ont pas de revenus et ne paient pas d’impôts ! Ces caravanes, elles sont équipées de toilettes, mais ils ne les utilisent pas. »

Quels sont les motifs de la plainte ?

La Ligue des droits de l’Homme du Maine-et-Loire a transmis l’article de presse, paru dans Ouest-France, au service juridique de son siège, à Paris. C’est ce dernier qui a saisi d’une plainte le procureur d’Angers, au motif que les propos tenus par le maire de Cholet sont « constitutifs du délit de provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciale réprimées par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 ». Contacté, Jacques Asseray, président de la LDH 49, juge ces « propos inacceptables en République, et a fortiori venant d’un élu. Gilles Bourdouleix s’appuie sur une xénophobie latente. On ne peut pas laisser passer ça ».

Le maire de Cholet sera-t-il entendu par la justice ?

Le procureur de la République, Brigitte Angibaud, indique que le parquet a bien ouvert une enquête le 29 septembre. Gilles Bourdouleix doit être « entendu dans le courant du mois de novembre » par les services de police, sans doute à Angers. Une simple audition, précise le procureur : « Il est mis en cause, il va faire part de ses observations. » À l’issue de l’enquête, le parquet décidera d’une suite à donner, ou pas, à la plainte. Interrogé hier soir, Gilles Bourdouleix n’a pas souhaité s’exprimer.

Voici comment Ouest-France évoquait le 11 octobre les propos délictueux du maire de Cholet.

Gens du voyage : Gilles Bourdouleix persiste et signe

Ouest-France, 11 octobre 2010



Gilles Bourdouleix est revenu ce lundi soir, lors du conseil municipal, sur les propos qu’il avait tenus concernant les gens du voyage, suite à des incidents survenus près de l’hippodrome (Ouest-France du 18 septembre). Le maire de Cholet a d’abord reproché à l’opposition de gauche, qui s’était émue de la virulence des paroles prononcées en septembre, de confondre gens du voyage et commerçants du marché.

Le groupe d’opposition a refusé de répondre. Mais a renouvelé son indignation. « Vos propos étaient indignes d’un élu de la République », a répété Dominique Poupard. « Je maintiens mes propos, a répondu Gilles Bourdouleix. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant à s’élever contre des gens qui vont faire leurs besoins devant chez leurs voisins. »

Le maire a ensuite ajouté que « cette population pose un vrai problème. Il faudra un jour ouvrir un vrai débat sur les gens du voyage, sur la manière dont ils tirent leurs revenus. Je respecte leur mode de vie, et la Ville de Cholet remplit d’ailleurs ses obligations. Mais ils doivent comprendre qu’il y a des droits et aussi des devoirs. Et il y a des gens qui se mettent volontairement dans l’illégalité. » Dans le public, un militant communiste choletais s’est levé à ce moment, et a lentement quitté la salle en signe de protestation.