Histoire coloniale et postcoloniale

Nous contacter

Accueil > les nostalgiques de la colonisation > Aix-en-Provence - Maryse Joissains-Masini > merci maman !

merci maman !

vendredi 20 juin 2008

Sophie Joissains embrasse sa mère après sa réélection (Ph. Karine Villalonga).

Sophie Joissains, fille de Maryse Joissains-Masini, députée-maire (UMP) d’Aix-en-Provence, pourrait devenir sénatrice en septembre prochain, six mois après avoir été élue au conseil municipal sur la liste de sa maman.

Son expérience politique ? De 2002 à 2008, elle a été chef de cabinet de la présidente de la communauté d’agglomération du pays d’Aix (CPA), c’est-à-dire de sa maman, avant d’être élue vice-présidente de la communauté il y a peu.

Sa mère assure que « Sophie a les diplômes pour..., une grande expérience professionnelle et l’envie de servir ses concitoyens » [1].

Nul ne doute des compétences de Sophie Joissains, mais son élection comme sénatrice, si elle se réalisait, tiendrait plus du népotisme bling bling que d’un fonctionnement démocratique des institutions.

Comment Maryse a imposé sa fille à Jean-Claude Gaudin

par Hervé Vaudoit, La Provence, le 14 juin 2008

Longtemps, elle a démenti. Non, Maryse Joissains n’avait rien demandé au sénateur-maire de Marseille en vue des élections sénatoriales du 21 septembre prochain. Et surtout pas de faire une place pour sa fille, qui n’avait d’ailleurs aucun mandat électif présent ou passé à faire valoir. Il n’empêche : à peine élue au côté de sa mère aux municipales, voilà Sophie Joissains nº2 de la liste UMP des sénatoriales [2].

Une réalité qui signifie au moins deux choses : que Maryse avait bien demandé à Gaudin de songer à Sophie plutôt qu’à elle pour le Sénat et qu’après y avoir résisté, Gaudin n’a pu que se plier aux exigences de celle qu’il appelle "la dame d’Aix". Avait-il le choix ? Pas vraiment. Politiquement affaibli par le dernier combat municipal [3] et -surtout- par la perte de la communauté urbaine - dont il avait promis la présidence à Renaud Muselier - le sénateur-maire de Marseille ne pouvait prendre le risque d’une liste dissidente à droite.

Ce dont Maryse l’aurait menacé s’il continuait de dire non à sa fille. Membre du bureau national du Parti radical valoisien, Sophie avait la possibilité de monter sa propre liste. Avec quelques petites chances d’être élue, mais surtout la certitude de coûter un, voire deux sièges de sénateur à Gaudin. Qui peut difficilement se permettre de laisser son sauveur, Bruno Gilles, sur le bord du chemin. Vainqueur de Jean-Noël Guérini dans le 3e secteur (4e et 5e arrondissements), c’est lui qui a
permis à Gaudin de conserver son fauteuil de maire.

Après le renoncement de Renaud Muselier, dont il est depuis quinze ans le plus fidèle lieutenant, la place de 3e sur la liste UMP était donc promise à Bruno Gilles. À charge pour Gaudin de faire en sorte que cette place demeure éligible, ce qui n’aurait pas été le cas avec une liste concurrente conduite par Sophie Joissains. La fille d’Alain et Maryse a donc les meilleures chances d’entrer au palais du Luxembourg en septembre. On a connu pire début de carrière politique.

Hervé Vaudoit

Pour en savoir plus :


Les prochaines élections sénatoriales, côté technique [5]

Le Sénat étant renouvelé par moitié tous les 3 ans, le mandat d’un sénateur est de 6 ans. Le 21 septembre 2008, aura lieu le renouvellement de la première moitié (la “série A”) des sénateurs, dans laquelle se trouvent les sénateurs des Bouches-du-Rhône.

Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège électoral départemental constitué des “grands électeurs” (au nombre de 3062 dans les Bouches du Rhône) ; dans les départements élisant 4 sénateurs ou plus — comme les Bouches-du-Rhône qui en élisent 8 — l’élection se fait suivant le scrutin de liste à la proportionnelle [6], chaque liste étant composée alternativement d’un candidat de chaque sexe.

Le collège électoral des sénateurs est composé :

  • des députés, des conseillers régionaux et des conseillers généraux du département ;
  • des délégués des conseils municipaux.

Le nombre et le mode de désignation des délégués varient selon la population de la commune [7]. Dans le cas des Bouches du Rhône, les 8 sénateurs seront élus par un collège électoral de 3062 membres ainsi constitué :

  • les 16 députés ;
  • les 51 conseillers régionaux ;
  • les 57 conseillers généraux ;
  • 2938 délégués des 119 communes du département.

L’élection des délégués des conseils municipaux est fixée au 27 juin 2008. Les sénateurs seront élus le dimanche 21 septembre.


[1« Maryse Joissains tisse sa toile », par Thierry Noir et Olivier-Jourdan Roulot, Le Point, N° 1866 du 19 juin 2008.

[2En deuxième place, parité oblige, c’est une femme qu’il faut prendre.

[3Les dernières élections municipales n’ont laissé à Jean-Claude Gaudin qu’une très courte majorité au conseil municipal de Marseille (deux sièges de plus que la gauche).

[4Maryse Joissains a été déboutée le 7 décembre 2006 de l’action en justice qu’elle avait lancée pour obtenir “réparation” après la publication de cet article.

[6Suivant la règle de « la plus forte moyenne, sans panachage, ni vote préférentiel ».

[7Pour les villes de moins de 9000 habitants :

  • 1 délégué pour les conseils municipaux de 9 et 11 membres ;
  • 3 délégués pour les conseils municipaux de 15 membres ;
  • 5 délégués pour les conseils municipaux de 19 membres ;
  • 7 délégués pour les conseils municipaux de 23 membres ;
  • 15 délégués pour les conseils municipaux de 27 et 29 membres.

Pour les villes de 9000 habitants et plus, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit.
En outre, dans les villes de plus de 30 000 habitants, les conseils municipaux élisent des délégués supplémentaires à raison de 1 pour 1000 habitants au-delà de 30 000.

Pour celles qui comportent au moins 3500 habitants, l’élection des délégués se fait suivant le système de la représentation proportionnelle (avec application de la règle de la plus forte moyenne, sans panachage, ni vote préférentiel).