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l’Anpromevo interpelle les candidats à l’élection présidentielle

mardi 3 avril 2007

Dans un communiqué du 3 avril 2007, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS [1] réaffirme que priorité doit être donnée à la refondation de relations d’amitié entre la France et l’Algérie, en mettant un terme à la réhabilitation de l’OAS.

Communiqué

Réhabilitation de l’OAS et relations franco-algériennes : l’Anpromevo interpelle les candidats à l’élection présidentielle

Réunie en assemblée générale le 31 mars 2007, l’ANPROMEVO, association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, qui regroupe les familles et les amis des civils et des militaires, français et algériens, assassinés par cette organisation, déplore le peu de place réservé, dans la campagne présidentielle, aux relations franco-algériennes, alors que des centaines de milliers de Français, concernés par l’Algérie à des titres divers, s’apprêtent à voter.

Le partenariat d’exception entre la France et l’Algérie, souhaité par les présidents Chirac et Bouteflika, a été bloqué par des réseaux d’influence agissant au cœur même des instances de l’Etat : ils ont obtenu l’adoption de la loi du 23 février 2005, dont une disposition officialisait le rôle positif de la colonisation cependant qu’une autre a prévu l’indemnisation financière des anciens activistes civils de l’OAS ; ils ont apporté leur caution à l’édification de mémoriaux à la gloire des criminels de cette organisation terroriste ; ils participent à des manifestations d’hommage aux condamnés à mort de l’OAS, lesquelles apparaissent non seulement comme des offenses à la mémoire des victimes, tant françaises qu’algériennes, mais aussi comme une apologie du crime organisé et une incitation à la contestation des institutions.

Représentatifs du lien entre la France et l’Algérie de l’après-guerre, dépositaires des principes et valeurs de la République, respectueux de la politique approuvée par le peuple français, ces Français et ces Algériens qui ont été systématiquement assassinés par l’OAS méritent respect et considération, mais c’est à leurs bourreaux, réhabilités, que des honneurs sont rendus et des gratifications accordées.

Convaincue, d’une part, que le fait de raviver les souffrances du passé et d’empêcher l’apaisement des mémoires peut comporter des risques d’atteinte à la cohésion nationale et, d’autre part, que la France doit se fixer pour priorité de parachever le processus de refondation de ses relations avec l’Algérie en vue de la signature du traité d’amitié attendu depuis quatre années maintenant, l’ANPROMEVO appelle les candidats à la magistrature suprême à se déterminer sur sa proposition tendant à ce que l’Etat soit doté des moyens de prévenir toutes les formes d’éloge public visant les anciens membres de l’OAS.

Nul doute qu’un engagement en ce sens de la part de l’un ou plusieurs d’entre eux serait regardé comme un signe fort de justice à l’égard notamment des militaires et des civils, fonctionnaires de l’enseignement et de la police nationale, qui ont fait preuve d’un loyalisme absolu à l’égard des institutions républicaines : leurs veuves, leurs descendants - pupilles de la Nation et orphelins de guerre pour certains d’entre eux -, y verront également la promesse d’actes propices à la réconciliation de deux peuples prêts à regarder en face leur histoire commune. L’audience de la France dans les pays du Maghreb, d’où sont issus quatre à cinq millions de personnes résidant en France, s’en trouverait consolidée.

Paris, le 3 avril 2007 - 16 h