Histoire coloniale et postcoloniale

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juillet 2006 : la France / l’Algérie

lundi 24 juillet 2006, par la rédaction

L’Algérie renouvelle sa demande d’«  excuses officielles » de la France.
Le premier secrétaire du PS, en visite Alger, dénonce le « système colonial ».
Des commentaires de Claude Liauzu, de Georges Morin et de Benjamin Stora.

[Mis en ligne, le 23 juillet 2006 - mis à jour le 24 juillet 2006]

Le président Algérien Abdelaziz Bouteflika a de nouveau exigé que la France présente ses « excuses officielles » au peuple algérien pour les crimes commis durant la colonisation de l’Algérie

[AFP - 5 juillet 2006] « Le moindre des devoirs envers notre peuple et nos vaillants chouhada (martyrs) est de réclamer des excuses officielles d’une Nation dont la Révolution humaine avait pour slogan (liberté, égalité et fraternité) », a déclaré M. Bouteflika, dans une allocution prononcée lors d’une cérémonie de remise de grades à des officiers supérieurs de l’armée, à l’occasion de la fête de l’indépendance, le 5 juillet.

Il a également estimé que la France « doit assumer pleinement ses responsabilités historiques et démontrer réellement sa volonté sincère d’amorcer une nouvelle ère pour les relations d’amitié, de partenariat et de respect mutuel », dans cette allocution dont des extraits ont été diffusés mercredi par la radio publique.

« Par devoir de mémoire, de conscience, de morale, mais aussi de civilisation, de justice et de respect des droits de l’Homme et des peuples, les auteurs des crimes odieux pendant la colonisation doivent reconnaître leurs erreurs et présenter publiquement des excuses aux victimes », a-t-il encore dit. Dimanche [2 juillet], M. Bouteflika avait affirmé que la colonisation française en Algérie (1830-1962) est « l’une des formes de colonisation les plus barbares de l’Histoire », dans un message aux participants d’un colloque international à Alger.

Le président algérien avait dénoncé « la destruction et les violations flagrantes des droits naturels et civiques les plus élémentaires du peuple algérien » et a réclamé une nouvelle fois que la France fasse preuve de « repentance ».

Paris s’est refusé lundi de commenter ces nouvelles attaques du chef de l’Etat algérien.
La signature d’un traité d’amitié entre les deux pays, prévue avant fin 2005, a été repoussée sine die en raison de la polémique suscitée par la loi du 23 février 2005, dont un article par la suite abrogé à l’initiative du président français Jacques Chirac, mentionnait le "rôle positif" de la colonisation.

Claude Liauzu : « Une tyrannie des mémoires » [1]

  • L’occupation de l’Algérie par la France a-t-elle réellement été « une des formes de colonisation les plus barbares de l’histoire », comme l’affirme le président Bouteflika ?

Claude Liauzu : Je vous répondrai par une anecdote : il y a quelques années Aït Ahmed, s’exprimant sur une question du même type, avait répondu, en substance : « oui la colonisation française a été épouvantable, mais nous avons largement préféré avoir à faire aux Français plutôt qu’aux Russes ».

Bien entendu, la conquête a été épouvantable, une "guerre de ravageurs", comme a pu le dire de général Bugeaud, au cours de laquelle, entre 1830 et 1870, un tiers de la population a disparu en raison des massacres, des famines et de la paupérisation. La France a effectivement tendance à sous-estimer cet aspect et, plus on attend pour dire les choses, plus elles sont dures à dire.

Ce que, malheureusement, Bouteflika ne dit pas, c’est que la colonisation est une réalité également beaucoup plus ambiguë. Elle a bel et bien existé, apportant parfois le pire. Mais elle a également laissé des espaces de liberté, des ouvertures, comme la francophonie. Il faut rendre compte de la complexité du phénomène, tout en n’enlevant rien aux crimes qui ont été commis. L’esclavage et la colonisation sont bien des crimes contre l’humanité. Mais, une fois que l’on a dit cela, les historiens doivent faire leur travail et celui-ci s’apparente en grande partie à des poupées gigognes, les problèmes imbriqués les uns dans autres. Par exemple, le 5 juillet est la date de la fête de l’indépendance, mais c’est également le début du processus de prise du pouvoir par Boumediene.

  • Pourquoi le chef de l’Etat algérien a-t-il choisi de relancer aujourd’hui cette polémique alors que les relations avec la France semblaient s’apaiser avec l’abrogation de l’article contestée de la loi de février 2005 sur "le rôle positif" de la colonisation ?

Claude Liauzu : C’est là tout le mystère de cette déclaration ! Bouteflika est avant tout un homme politique et je pense qu’il utilise le passé de manière politique afin d’influer sur ses relations avec la France d’aujourd’hui. Mais, pour pouvoir réellement peser les enjeux de ces propos, il faudrait être au courant de ce qu’il se passe dans les arcanes du pouvoir algérien. Je pense que les propos du président algérien sont dans la même logique que ceux qu’il a tenus il y a peu sur la double nationalité à laquelle il s’oppose. Alors que l’une des conséquences de la colonisation est justement que des milliers de personnes se sentent un peu françaises et un peu algériennes.

Il y a également des enjeux de politique intérieure. Bouteflika s’est lancé dans une surenchère avec les nationalistes au point que, ce qui est assez amusant, même les islamistes l’ont trouvé trop dur sur le sujet. Il y a à Alger un parti anti-français assez fort qui tente de tirer sur le traité d’amitié franco-alégérien et Bouteflika ne veut pas se laissé déborder.

Effectivement, après le retrait de l’article 3 de la loi de février sur le "rôle positif" de la colonisation, il aurait dû y avoir une détente des relations. Mais nous faisons face à des réaction émotionnelles très fortes. Comme pour les pied-noirs en France, nous touchons là quelque chose de très profond, une plaie qui menace de se rouvrir dès qu’on la touche.

  • Que pourrait faire la France pour apaiser ses relations avec Alger ? Qu’attendent les Algériens de l’Etat français ?

Claude Liauzu : C’est difficile à dire vu qu’à ce niveau, on pourrait dire qu’il y a plusieurs Algérie. En ce qui concerne Bouteflika, il y a une surenchère inexplicable car il doit très bien savoir qu’un dirigeant français ne peut pas aller trop loin sur le problème de la colonisation, d’autant plus qu’il est actuellement sous pression sur cette question.

Je pense que nous sommes malheureusement entrés dans une logique de guerre des mémoires, je dirais même dans une tyrannie des mémoires, dans laquelle chaque geste provoque une réaction encore plus forte. La loi Taubira a ainsi provoqué une vive réaction chez les rapatriés qui ont exigé une loi sur les pieds-noirs et les harkis, dans laquelle était inséré le fameux article sur le "rôle positif" de la colonisation.

Et vu qu’il n’y a pas de limites à la victimisation, chacun n’a jamais l’impression d’avoir obtenu satisfaction. Cette situation inquiète fortement les historiens. Enormément d’énergie est dépensée dans ces polémiques, au détriment d’autres problèmes à régler comme l’immigration qui, selon moi, est un problème mille fois plus important que les affirmations outrancières de telle ou telle personne. Les historiens se sont mobilisés et se sont focalisés sur les complaisances néocolonialistes en France, mais il ne faut pas pour autant se laisser enfumer par des propos, ou des silences, officiels. La seule solution est que nous puissions travailler correctement et étudier sereinement ce phénomène complexe qu’est la colonisation.

Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux

François Hollande, premier secrétaire du PS français, en visite à Alger : « Nous dénonçons le système colonial » [2]

C’est un François Hollande plein d’entrain et visiblement aux anges des résultats des entretiens qu’il a eus hier avec le président de la République qui était venu en début de soirée répondre aux questions de la presse nationale aux côtés de Abdelaziz Belkhadem.

Sa visite, théoriquement à caractère partisan, a pris l’allure d’un voyage officiel d’une personnalité qui pourrait être éventuellement le futur patron de l’Elysée dans quelques mois. François Hollande a reconnu d’entrée que sa rencontre avec le président Bouteflika « n’était pas prévue ». M. Belkhadem enfonce le clou en révélant qu’il allait le recevoir dans la soirée à l’hôtel Hilton en sa qualité de chef du gouvernement cette fois. Tout heureux par tant d’égards de la part de l’Algérie officielle, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a vite fait de renvoyer l’ascenseur à ses prestigieux hôtes sous forme d’un tonitruant « Je dénonce le système colonial », histoire de marquer la distance entre son parti et celui de l’UMP de Jacques Chirac. « Je ne vais pas vous révéler la teneur des discussions que j’ai eues avec M. Bouteflika, mais je note qu’elles ont été extrêmement importantes », concède M. Hollande qui donnait l’impression d’avoir obtenu le quitus d’Alger en prévision de la présidentielle de 2007.

François Hollande s’est fait fort de préciser que « je veux montrer mon attachement au développement des relations entre l’Algérie et la France, et ma présence ici est en soit un engagement ! » Un engagement pourquoi ? « Ce n’est pas par hasard que je suis là ; cette heureuse rencontre entre le FLN et le PS me permet de témoigner de cette entreprise de démocratisation entreprise en Algérie. » Transition faite, le probable candidat à l’Elysée fait sa promesse : « Si nous revenons au pouvoir en 2007, nous allons travailler ensemble pour cette belle idée de traité d’amitié. » François Hollande a évité soigneusement cependant de répondre à la question des « excuses officielles de la France sur ses crimes de guerre en Algérie comme le réclame le président Bouteflika ». « Je parle au nom du PS et non de celui de la France officielle ; nous devons relancer le processus d’amitié entre nos deux peuples et je réitère ma dénonciation du système colonial et de tout ce que nous avions pu commettre comme méfaits en Algérie. » [3] [...]

Hassan Moali

Georges Morin : « Le facteur humain »  [4].

« Je l’ai dit à François Hollande : je revendique la condamnation du colonialisme, mais c’est toute la France qui en porte la responsabilité et non pas une seule frange : les pieds-noirs », dit Georges Morin.
Ce Constantinois, rencontré, hier, à l’hôtel Djazaïr à Alger, et dont les parents ont quitté Constantine en 1979, accompagne la délégation du Parti socialiste français menée par son premier secrétaire François Hollande, en visite à Alger sur invitation du FLN. « Hollande a tenu à ce que l’historien Benjamin Stora, Faouzi Lamdaoui (responsable de l’Egalité des chances au bureau national du PS et candidat à la députation à Argenteuil) et moi fassions partie de la délégation : un chrétien, un juif et un musulman, fruits de l’histoire de ce pays, et qui expriment la chance extraordinaire des deux pays d’avoir ce potentiel humain partagé », explique cet ancien instituteur, auteur notamment d’un ouvrage dans la collection « Idées reçues » sur l’Algérie (éd. Le Cavalier Bleu, 2003) qui rit lorsqu’on évoque un « lobby constantinois au sein du PS ». Plus sérieusement, il reprend : « Si on exige chaque matin à la France de demander pardon, on va créer l’inverse de ce qu’on veut : les gens vont se cabrer. » Pour Georges Morin, « rien n’empêche que le chef d’Etat français dise que la colonisation est le pêché originel comme il a reconnu la responsabilité de l’Etat français lors des rafles des juifs au Vel dHiv (Vélodrome d’hiver à Paris) en 1942, ou comme a fait Jospin en 1997 en reconnaissant que l’armée française a fusillé des soldats français en 1917. Si on (les socialistes) revient aux affaires, rien n’empêche de le dire et de rappeler que les réalisations du temps de la colonisation c’était pour les Européens uniquement ». A ses yeux, il faut suivre l’exemple de la déclaration de l’ambassadeur de France, M. Hubert Colin de Verdière, à l’université de Sétif le 27 février 2005, où il avait qualifiés les massacres de mai 1945 de « tragédie inexcusable ». « Il l’a dit devant les jeunes, c’est important », poursuit M. Morin qui tient à préciser que M. Hollande fait partie de la génération d’hommes politiques qui n’a pas connu directement la guerre d’Algérie. « Hollande considère ce passé avec sérénité tout en assumant son héritage », dit-il. « La volonté de Hollande est de marquer, à travers cette visite et la composante de la délégation, l’importance de l’attachement humain entre les deux pays, l’importance aussi de l’électorat en France à la veille d’échéances capitales », indique Georges Morin ajoutant que « le PS ambitionne de mettre en place une grande politique méditerranéenne comme un exemple de ce que devraient être les relations Nord-Sud, et dont le pivot serait la relation entre l’Algérie et la France. Un peu comme l’est l’axe Berlin-Paris dans la construction européenne ». [...]

Hassan Moali

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Benjamin Stora : “Le système colonial est condamné par l’Histoire
 [5]

  • Liberté : Vous êtes un spécialiste de la mémoire, pensez-vous que l’on puisse faire un véritable travail de mémoire entre l’Algérie et la France pour dépasser le tumulte que connaissent les deux pays ?

Benjamin Stora : François Hollande m’a demandé de l’accompagner ; j’avais été très favorablement impressionné par son livre le Devoir de vérité où, en particulier, il mentionnait cette rupture de la position du Parti socialiste par rapport à son histoire, entre guillemets, algérienne. Ça m’avait semblé important d’accepter son invitation et d’être à Alger. ça fait 30 ans que je travaille avec ces histoires de rapprochement franco-algérien, et au moment où ça peut effectivement faire avancer, débloquer sur le plan de l’histoire, je devais être là en ce moment particulier. Sur la question de mémoire, c’est très compliqué. ça fait très longtemps que j’explique que la société française n’a pas véritablement regardé en face son histoire coloniale. Il y a tout un travail très compliqué et difficile en France où, dans les faits, les élites et les intellectuels ce n’est que seulement maintenant, un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, qu’ils essayent d’expliquer dans le fond que l’entreprise coloniale tournait au bénéfice d’une poignée de privilégiés. Mais ceci dit, cet examen de la conscience coloniale n’a pas été fait en France, c’est seulement maintenant que ça commence.

  • Et la polémique déclenchée par la loi du 23 février ?

Un des mérites, entre guillemets, du débat sur la loi du 23 février est précisément de mettre cela sur le tapis. C’est de dire que vous avez voulu voter une loi sur la colonisation positive, discutons de ces questions et de la conquête coloniale, discutons des massacres, des crimes de guerre, discutons ensuite de l’installation de l’Algérie française, de la guerre d’Algérie. ça veut dire que ce débat dans le fond en France a commencé très récemment en dépit du travail des historiens qui existe depuis longtemps. Mais au niveau des élites politiques, culturelles et intellectuelles, ça commence maintenant. Il y a un retard très important.

  • La loi du 23 février a permis en quelque sorte de déplacer le débat sur le colonialisme de la sphère des élites et des historiens vers la scène publique. ça a l’avantage de faire avancer le débat, selon vous...

C’est très important. ça a l’avantage de sortir de la sphère académique parce que, personnellement, j’ai commencé à travailler sur ce sujet depuis 1975, et nous sommes en 2006. Il y avait une sorte de huis clos dans les réflexions des historiens français, Charles Robert Ageron, Jacques Berque, jusqu’à la nouvelle génération, il y avait une sorte d’espace très limité. Là au moins on a une diffusion du savoir académique qui vient se diffuser dans l’espace public et l’espace intellectuel qui est très important. Il y a plusieurs risques. D’abord, le retard qui a été pris depuis 40 ans risque de provoquer des durcissements de tous les côtés. C’est-à-dire que tous les groupes de mémoire, comme ce travail de deuil de l’Algérie française n’a pas été fait, il y a un réveil de la mémoire de revanche, de ceux qui sont crispés et de ceux qui ne veulent pas faire ce travail de deuil. Mais il y a aussi ceux qui veulent rejouer la guerre en portant les habits des indigènes. Cela est le produit du retard, c’est-à-dire que tous les acteurs ont l’impression de ne jamais avoir été entendus. Ces acteurs reviennent en fait avec les vêtements du passé. Or, aujourd’hui, si l’on veut discuter de ces questions, c’est justement pour affronter l’avenir, ce n’est pas pour rejouer le passé. Le système colonial est mort et l’Algérie est un pays indépendant. La question centrale est d’accepter ce principe de l’indépendance, c’est fondamental ! Tout comme il est fondamental d’accepter l’existence d’un État algérien et de faire en sorte, une fois qu’on a accepté ce principe et que le système colonial est condamné par l’histoire, c’est de construire et de bâtir, c’est de réconcilier et d’avancer. Mais faut-il encore que le travail de deuil de l’Algérie française soit fait. Ce travail, c’est pour en finir avec cette période et tourner la page.

  • Que devrait faire l’État français pour faire le deuil de l’Algérie française ?

Jacques Chirac, qui est le représentant de l’État, avait prononcé un discours en 2005 sur le massacre de Madagascar en 1945 où il reconnaissait la responsabilité de l’État français sur Madagascar ; on pensait qu’il y aurait un équivalent sur le côté algérien par rapport aux massacres coloniaux. Il n’y a pas eu cette équivalence.

  • Mais pourquoi n’y a-t-il pas eu cet équivalent ?

Parce qu’il y a des groupes de mémoire en France qui n’acceptent pas le principe de l’histoire accomplie, c’est-à-dire l’indépendance de l’Algérie, qui sont en train de recommencer la guerre, l’indépendance. Ce sont des groupes qui existent dans la société française.

Nadia Mellal

[1Claude Liauzu est historien.
Ses propos ont été recueillis le 3 juillet par Jérôme Hourdeaux. Nouvel Observateur, lundi 3 juillet 2006.

[2Hassan Moali, El Watan, 9 juillet 2006.

[3Rappelons la déclaration de François Hollande, le 10 mai dernier : « S’il faut que, sur 1956 et les pouvoirs spéciaux, je sois plus explicite, je le fais ici, au nom du Parti socialiste aujourd’hui. Nous sommes comptables du passé et responsables de l’avenir. La SFIO a perdu son âme dans la guerre d’Algérie. Elle a ses justifications mais nous devons encore des excuses au peuple algérien. Et nous devrons faire en sorte que cela ne se reproduise plus ». (Note de LDH-Toulon)

[4Hassan Moali, El Watan, 9 juillet 2006.

Georges Morin est inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, maire-adjoint de Gières (Isère), vice-président de Cités-Unies-France, association de maires militant pour la coopération internationale, fondateur et président de l’association Coup de soleil qui travaille sur le rapprochement entre la France et le Maghreb.

[5Propos recueillis par par Nadia Mellal, Liberté-Algérie, le 9 juillet 2006.