Histoire coloniale et postcoloniale

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confirmation par Hubert Falco de la création de la Fondation sur la guerre d’Algérie

lundi 28 septembre 2009, par la rédaction

Dans une allocution [1] prononcée devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, vendredi 25 septembre 2009, le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, a confirmé la création d’une Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie. Cette fondation, à laquelle de nombreux historiens ont manifesté leur opposition, avait été annoncée par François Fillon le 25 septembre 2007 - voir cette page.

Les réactions sont vives dans la presse en Algérie, où la Fondation du 8 Mai 1945 dénonce vivement l’annonce faite par Hubert Falco. Nous terminons cette page en reprenant l’entretien avec un fils de harki publié par le quotidien El Watan dans son édition du 26 septembre 2009.

Les autres mesures en faveur des Harkis annoncées par Hubert Falco ainsi que la modification de la loi du 23 février 2005 qui permettra de « condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que [...] les propos à caractère raciste » sont abordées dans cette autre page.

[Mise en ligne le 26 septembre 2009, mise à jour le 28]


Après avoir évoqué le souvenir [2]

« de ceux qui ont tout donné : des Harkis qui ont fait le sacrifice de leur vie au cours de la guerre d’Algérie, des Français musulmans qui ont tout quitté – leur terre natale, leurs amis, leur famille –, parce qu’ils étaient, avant toute chose, des combattants français. »

le Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants a déclaré

« Aujourd’hui, nous nous souvenons des milliers de Harkis et de Français musulmans qui sont restés indéfectiblement fidèles à la France, jusque dans l’adversité la plus tragique où les plongea une paix qui aurait du être aussi la leur, mais qui les trouva désarmés et seuls face à leurs bourreaux.

« Nous nous souvenons également des conditions tragiques dans lesquelles les Harkis sont arrivés en France. La détresse et la précarité sont venues s’ajouter aux drames de l’exil et du déracinement. »

Puis il a abordé le sujet de la fondation :

« Le Président de la République a pris, devant vous, un engagement solennel afin que cette mémoire-là soit pleinement reconnue et mieux partagée par l’ensemble de la communauté nationale.

« La Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie est en train d’être créée. C’est un point positif.

« Grâce au travail de la Mission Interministérielle aux Rapatriés, le projet a avancé depuis le début de l’année 2009.

« Les grandes associations fondatrices (le Souvenir Français, les Gueules Cassées, la Fédération nationale André Maginot) ont confirmé leur contribution financière et l’Etat a inscrit sa participation au budget. Au total, cela représente plus de 7 millions d’euros.

« La France ne doit pas oublier. Elle n’oubliera pas.
La mémoire est une chose importante.
Elle nourrit l’âme d’un peuple, elle forge son caractère et lui donne un avenir.
Et la France a beaucoup à apprendre des Harkis : le sens de l’engagement, le sens de l’honneur, le sens du combat. Ce sont ces valeurs que vous incarnez : et la France en a, plus que jamais, besoin. »

Selon les services du secrétariat d’Etat [3] :

La fondation sera chargée de "construire une mémoire historique commune" en s’appuyant sur des "travaux historiques sérieux".

La création de cette fondation, voulue par Jacques Chirac, était inscrite dans la loi du 23 février 2005 "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".

L’idée avait cependant fait long feu en raison des tensions soulevées, en France comme en Algérie, par des dispositions de l’article 4 de la loi, abrogées depuis, qui recommandaient aux enseignants de vanter auprès de leurs élèves "les aspects positifs de la colonisation".

Le secrétariat d’Etat a confirmé dès jeudi que le fondateur d’Axa Claude Bébéar avait été "pressenti" pour en être le premier président, comme l’écrivait La Croix.

La Fondation du 8 Mai 1945 dénonce les intentions occultes et révisionnistes


Boukherisse Kheireddine, président de la Fondation du 8 Mai 1945, juge ainsi, dans un communiqué rendu public hier, que cette initiative est « porteuse encore une fois d’intentions occultes et révisionnistes ». Face au refus catégorique des autorités françaises de reconnaître leurs crimes durant la période coloniale, « et encore moins de présenter des excuses au peuple algérien, la création d’une telle fondation a pour ruse d’étouffer dans l’œuf les revendications légitimes des Algériens et les reléguer aux calendes grecques », s’insurge M. Boukherisse. « Ils nous conseillent de nous occuper dès aujourd’hui de tâches plus sérieuses, comme réécrire une histoire ‘commune’ », peut-on lire dans le communiqué de la Fondation du 8 Mai 1945, qui explique que « cela veut dire imposer sa propre démarche et sa propre vision historique des événements, une histoire sélective puisqu’elle met le paquet en conséquence ». « Comme si la nôtre n’a pas encore été écrite de lettres de sang et de sacrifices durant 132 ans », affirme M. Boukherisse, qui soutient que la mention « 54-62 » apposée au nom de la fondation est une circonscription de cette dernière à cette seule période.

« Ce qui relève encore une fois de la xénophobie, qui fait fi des massacres commis par la France durant plus de 132 ans de souffrances et de martyrs sous l’emprise colonialiste », est-il mentionné dans le communiqué, qui poursuit : « La France ne reconnaît que la guerre dite d’Algérie, pour se défaire des crimes commis par elle et en son nom, et négocier ainsi à armes égales les dégâts collatéraux, selon les conventions internationales. » La Fondation du 8 Mai 1945, dénonce « encore une fois » de tels agissements, qui « se multiplient ces derniers jours à la face des Algériens et particulièrement à l’adresse des nationalistes ». En sus, cette dernière appelle l’Etat, les partis politiques et les parlementaires à faire preuve de courage et de dignité, et à prendre les dispositions nécessaires « qui s’imposent pour contrecarrer cette offensive macabre qui touche outre nos enfants à l’étranger, mais également notre amour propre et notre dignité profonde », conclut le communiqué. Pour rappel, cette décision de création de la fondation française est prévue par la loi du 23 février 2005, initiée par le président Jacques Chirac, et qui porte « reconnaissance de la notion et de la contribution nationale en faveur des Français rapatriés ». Elle n’avait toutefois pas été concrétisée suite aux tensions soulevées, dans l’Hexagone et en Algérie, par un article quant « au rôle positif de la colonisation », et qui a depuis été abrogé.

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Dans son édition du 26 septembre 2009, El Watan a choisi de donner la parole à un fils de harki :

“Les enfants de harkis ont beaucoup payé pour leur père”

par Rabah Zanoun (Journaliste et réalisateur) [5]


Au moment où la France annonce la création d’une fondation sur la guerre d’Algérie ainsi qu’une série de mesures en faveur des harkis, retour sur une tragédie avec Rabah Zanoun, réalisateur de Le choix de mon père.

  • Hier, en France, c’était la Journée nationale d’hommage aux harkis, ces soldats d’origine algérienne qui se sont battus, entre 1957 et 1962, aux côtés de l’armée française contre des Algériens qui revendiquaient l’indépendance. En tant que fils de harki, cette Journée d’hommage représente-t-elle quelque chose ?

D’abord, je ne me considère pas comme un fils de harki. Cela tendrait à dire que je reconnais un « statut » ou une « appellation », chose que je ne revendique pas. Donc, je ne parlerai pas en tant que fils de harki, mais en tant que citoyen français. Je suis né en France, j’ai fait mes études dans ce pays, j’y vis et j’y travaille. Comme toutes les commémorations, cette journée a plutôt une valeur de symbole. Elle cherche, à mon avis, surtout à satisfaire des revendications politiques, et une reconnaissance d’une souffrance. Etait-elle attendue ? De moins en moins. Cette journée reconnaît le mérite des harkis, mais il ne règle en aucun cas le problème. A savoir, la responsabilité de la France, la libre circulation, l’effort que doit fournir ce pays à ces personnes. Cette journée s’est installée dans le paysage commémoriel français, mais elle est dissipée dans la multitude de journées d’hommage.

  • Le mot « harki » vient d’un mot arabe qui signifie « mouvement », mais aussi « escarmouche » ou « guérilla ». Mais en France ou en Algérie, il est synonyme, dans l’imaginaire collectif, du mot « traître ». Les harkis s’étant rendus coupables de nombreux massacres contre les Algériens. Une proposition de loi française vient d’être déposée en France pour punir ceux qui insultent les harkis. Fallait-il le faire ?

Malheureusement, cela risque de ne pas changer grand-chose. Vous savez, depuis la fin de la guerre, les harkis n’ont cessé d’être l’objet d’insultes, de la part des Algériens mais aussi d’une partie des Français, particulièrement de gauche. Georges Frèche, président de la Région Languedoc-Roussillon, en France, traite les harkis de sous-hommes sans que cela n’émeuve grand monde. Pourtant, l’insulte « sous-hommes », untermensch en allemand, devrait rappeler à beaucoup ce que ce concept a amené en France. Quant au président Bouteflika, qui traite les harkis de collabos, il est dans son rôle : garantir une unité nationale, en bannissant d’une certaine manière les harkis de la vie sociale algérienne. Et il s’est bien rendu compte des dégâts qui ont été faits au sein de la population. Un jour, certainement que l’Algérie se rendra compte, à travers son comportement envers les harkis, de la destruction du lien social dans la nation. D’où tire-t-il sa légitimité ? De son passé révolutionnaire, même si certains pensent que le président algérien a exagérément glorifié son parcours. Je crois qu’il fait surtout plaisir aux moudjahidine, qui représentent encore en Algérie une force puissante.

  • Vous êtes l’auteur d’un documentaire diffusé sur France 3, Le choix de mon père, qui raconte l’histoire de votre propre père, membre du FLN, et qui, ayant refusé d’abattre un représentant du MNA en 1959, fut condamné à mort par le FLN et s’engagea dès lors comme harki avec les autorités françaises… En quelques mots, racontez-nous….

Pour résumer, mon père quitte la Kabylie en 1955 pour émigrer en France. A partir de là, il rejoint le FLN comme sympathisant, et en 1959 il intègre un commando de choc. La mission de ce commando consistait à assassiner un membre du MNA (Mouvement national Algérien), adversaire du FLN. Mon père refuse, se sachant condamné à mort par le FLN pour cela, il trouve refuge auprès des autorités françaises et s’engage comme harki. Et ma volonté pour ce film, a été de comprendre comment on devient harki et non pourquoi, de lever le voile sur une histoire enfouie, une mémoire meurtrie. La plupart des harkis se sont enfermés dans le silence. Oubliés par les Français, méprisés par les Algériens. Mon film est l’occasion de lutter contre les raccourcis historiques.

  • Est-ce que cet engagement comme harki était-il un choix forcé par les événements ? N’y avait-il pas d’autres moyens que de s’engager avec les autorités françaises de l’époque ? Votre père passe quand même du FLN à l’armée française…C’est un grand écart !

Il ne faut pas oublier qu’entre 1954 et 1962, il y a eu une guerre entre la France et les Algériens. A l’époque, la plupart des émigrés algériens en France étaient considérés comme des suspects. Mon père a fait le grand écart, comme vous dites, car sa situation était plus que compromise. Il n’avait aucune possibilité de retourner dans la vie civile. Le FLN voulait sa mort. Il était impossible pour lui de retourner auprès de ses amis et de sa famille. Il ne s’est pas engagé comme harki parce qu’il soutenait la France, il s’est engagé car le FLN voulait l’abattre. Existait-il une autre solution ? C’est sûr qu’aujourd’hui en 2009, il est plus facile de se poser cette question. L’exemple de mon père montre à quel point les harkis ont été pris dans le piège colonial. Les raisons sont multiples, et pour chaque individu s’engager auprès de la France n’était pas une mince affaire. Le grand écart, dont vous parlez, est la situation qui prévalait pour tout Algérien de l’époque. Pour le FLN, vous êtes avec nous ou contre nous, et pour la France, il s’agissait de rallier un maximum d’Algériens afin d’affaiblir le mouvement révolutionnaire.

  • Une fois l’Indépendance de l’Algérie acquise, quel a été le sort de votre père ?

Les accords d’Evian étaient censés protéger les harkis comme les révolutionnaires algériens. Malheureusement, pour nombre d’eux, ce fut le massacre ou le départ forcé pour la France. Quant à mon père, il fut arrêté en juillet 1962 chez lui en Kabylie. Il restera en prison, à Maison Carrée, jusqu’en 1967. Et depuis cette date-là, il vit en France avec ma mère, mes cinq sœurs et mon frère. Durant son incarcération, la période la plus dure a été celle où l’on regroupait les harkis avant de les emmener en prison. De juillet à novembre 1962, il était dans un camp de regroupement, dans le village de Camp de Maréchal. Et là, il a souffert des vexations, humiliations, tortures de la part de ceux qu’on appelle les « martiens », les révolutionnaires de la dernière heure. Dès son arrivée en France, il s’est installé en Lorraine, la sidérurgie avait besoin de beaucoup de main-d’œuvre. C’est aussi, une longue période de silence sur cet épisode de sa vie. On n’a pas envie de transmettre un destin chargé de larmes et de sang à ses enfants. Il est évident que cette incarcération durant cinq ans, sans jugement de la justice algérienne, l’a profondément marqué, lui qui n’a pas de sang sur les mains.

  • En Algérie, près de cinquante ans après, le sujet est encore tabou… Les rancoeurs sont souvent légitimes. On se rappelle des propos du président Bouteflika qualifiant les harkis de collabos mais aussi d’autres propos plus apaisés, comme à Oran, où le président algérien a dit : « Le traitement du dossier des familles des harkis après l’Indépendance est l’une des plus graves erreurs commises dans le passé. Nous avons suscité en eux un sentiment de haine et de rancœur, portant ainsi un préjudice au pays. » Il parlait des enfants de harkis devenus membre du FIS puis terroristes pour venger le sort réservé à leurs parents. Vous avez eu des échos sur ces harkis restés en Algérie ?

Convoquer le passé, recréer un bouc émissaire ont été les arguments du pouvoir pour légitimer la guerre contre le FIS. J’y vois plutôt l’ultime recours d’un Etat qui a échoué à créer une démocratie politique et sociale digne de ce nom. Et qui surtout était dépassé par le « monstre » qu’il a créé, l’islamisme politique.

  • Quels sont vos rapports avec l’Algérie aujourd’hui ? Vous pouvez y aller ?

Longtemps, j’ai refusé d’aller en Algérie. J’avais d’autres pays à visiter. Ce pays ne m’attirait pas du tout. C’est le pays de mes parents. Aujourd’hui, c’est le contraire, j’espère que l’Algérie va évoluer. J’ai encore beaucoup de membres de ma famille, surtout en Kabylie. Je ne suis allé qu’une fois, je dois dire que j’ai été reçu comme rarement dans un autre pays. Vous savez, ils voient en moi un membre de la famille, un cousin de France. Personne ne m’a parlé du passé de mon père, au contraire ils souhaitent qu’il puisse revenir un jour, voir sa terre natale. Et je dois avouer que la plupart des Algériens que j’ai rencontrés se soucient davantage de leur avenir.

  • Sans être porte-parole des fils de harkis, avez-vous des doléances vis-à-vis de l’Algérie ? Les enfants paient-ils pour leurs parents ?

Il faut que l’Algérie cesse d’écrire une histoire officielle de la guerre d’Algérie. Que derrière le mot « harki » se cachent bien des parcours et des vies très différents. Comment expliquer le nombre aussi important de harkis durant la guerre ? Par une volonté de soutenir le colonialisme ? Pas sûr. L’exemple de mon père le montre. Et aussi permettre une libre circulation. Comment mon père, citoyen français, peut se faire refouler par l’Algérie ? Il y une responsabilité française à cet égard, mais l’Algérie doit savoir que la guerre est finie. Que ces gens aspirent à terminer leurs vies dignement, revoir leur terre natale et leur famille. Et il faut aussi construire des passerelles entres historiens des deux rives de la Méditerranée. Travailler à apaiser les mémoires, être capable de dialogue. Regarder l’histoire, ne pas l’écrire. Quant aux enfants, ils ont beaucoup payé pour leur père. Combien d’enfants brisés ? Combien de suicides, d’échecs scolaires, de rancœur et d’amertume ?

  • Avec du recul et selon votre intime conviction, votre père aurait-il eu le même engagement si cela était à refaire ?

Honnêtement, je suis incapable de répondre à cette question. Le meilleur moyen de le savoir est de le lui demander. Je voudrais, juste rajouter une chose. Je suis né en Moselle, à Thionville, situé à une dizaine de kilomètres de la frontière allemande. Ici, je peux certifier que les habitants de mon village ont connu les affres de la Seconde Guerre mondiale. Population évacuée, incorporation des « malgré-nous », rattachement de l’Alsace et de la Moselle au Reich. Eh bien, ces deux pays, que sont l’Allemagne et la France, ont su construire une relation forte. Ils ont bâti ensemble l’Europe que l’on connaît. Comment ? En se respectant mutuellement, en ne niant pas le passé, mais en le regardant ensemble, parfois de manière douloureuse, et surtout dans la volonté de construire un destin commun, un espace de prospérité. D’ailleurs, l’Allemagne et la France ont signé un traité de paix en 1963. Un exemple que l’Algérie et la France pourrait s’approprier.


[1L’allocution d’Hubert Falco, aux Invalides, le 25 septembre 2009 : http://www.defense.gouv.fr/sedac/pr....

[2Pour un exposé moins “simpliste” que celui du Secrétaire d’Etat, voir l’ouvrage de Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, les harkis dans la colonisation et ses suites.

[3« Création d’une fondation sur la guerre d’Algérie et des mesures pour les harkis » par Hervé Asquin, AFP, 25 septembre 2009.

[4D’autres réactions dans la presse algérienne :

[5Rabah Zanoun est né le 14 mai 1968 à Thionville en Lorraine ( France). Après des études en communication, il rejoint Paris pour travailler en tant que journaliste à Canal + et M6 puis à i télé. Il est l’auteur d’un documentaire Le choix de mon père ou comment un homme est devenu harki. Après avoir réalisé d’autres documentaires, notamment sur les 50 ans de l’indépendance du Maroc, Rabah Zanoun prépare un film sur l’immigration algérienne en Lorraine.