Histoire coloniale et postcoloniale

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collectif “pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne”

mardi 4 mai 2010, par la rédaction

Le collectif des opposants au projet de musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation a, lors d’une conférence de presse, le 1er février 2008, exposé ses revendications. Il demande :

  • un « Centre de Documentation sur l’Histoire Franco-Algérienne », piloté par un comité scientifique indépendant de la mairie et de toute association mémorielle,
  • la création d’un mémorial en hommage à toutes les victimes de la Guerre d’Algérie,
  • le déplacement hors de l’espace public de la stèle pro-OAS.

Deux ans plus tard – entre-temps, Jean-Marc Pujol avait succédé à Jean-Paul Alduy à la mairie de Perpignan – ... le collectif rappelait ses revendications.

[Mise en ligne le 3 février 2008, mise à jour le 4 mai 2010]


Conférence de presse du 1er février 2008 (Photo Jean Roig).

Projet de musée : France-Algérie, le combat continue...

[L’Indépendant, samedi 2 février 2008]


Les choses évoluent, les positions aussi. Du côté du collectif comme du côté de la municipalité de Perpignan. Hier, les représentants de la LCR, de FFREEE [1], du MRAP, du PCF, des Verts et de la Ligue des Droits de l’Homme ont souhaité repositionner et clarifier leur combat à propos du musée de la présence française en Algérie en passant du "contre" au "pour". « Le collectif que nous formons n’est plus CONTRE la conception Alduy mais POUR un centre de documentation respectant la pluralité des mémoires, piloté par un conseil scientifique constitué d’historiens spécialistes de l’histoire d’Algérie. »

Récemment, le collectif a reçu le soutien d’un nouveau comité international baptisé
"Reconnaissance et Vérité" et composé d’historiens français et algériens. Dans une lettre, ce comité appuie une nouvelle fois sur ce projet indésirable. « Il est temps que des initiatives comme le mur et le projet de centre de la présence française en Algérie de Perpignan qui privilégient une seule catégorie de victimes et dont les historiens sont délibérément écartés, cessent de recevoir le soutien des pouvoirs publics. » Après deux ans d’opposition à ce projet, le collectif relève que « Jean-Paul Alduy paraît être gêné, sa copie n’est pas prête tant sur la structure du futur centre que sur les attributions dévolues à des historiens de toutes les tendances. » Et de noter, en cette période d’élections, que « la réaffectation de Jean-Marc Pujol proche du Cercle Algérianiste sur la liste de JPA était inquiétante... à moins qu’il ne s’occupe que des finances. »

Collectif
« Pour un Centre de Documentation à Perpignan sur l’Histoire Franco-Algérienne »

France-Algérie : une histoire pour tous !

Le projet du « musée » de la mairie de Perpignan confié au cercle Algérianiste, ne semble plus faire recette : pour autant, rien n’est réglé.

Pendant plus de deux ans, Monsieur Alduy a cautionné un projet pseudo-historique destiné à faire l’apologie de l’Algérie coloniale. Depuis peu, il semble enfin convenir qu’il n’est plus possible d’accorder le label de sa mairie à une telle entreprise mémorielle unilatérale qui inspirerait la réalisation d’un centre implanté sur un site communal, le couvent Sainte-Claire, et bénéficiant chaque année d’un financement municipal. Au cours d’une entrevue avec une délégation du collectif des organisations opposées au « mur-musée » (novembre 2007), il a eu des propos différents de ceux qu’il tenait récemment encore au sein du Conseil municipal, tant sur la structure du futur centre que sur les attributions dévolues au Cercle algérianiste. Il a affirmé que la conception de ce centre devait être confiée à des « historiens de toutes tendances »
L’aboutissement du projet municipal est toujours prévu pour fin 2009 ou début 2010. Nous devons rester vigilants car bien des ambiguïtés demeurent : le Maire maintient la dénomination du centre comme celui « de la présence française en Algérie », ce qui est révélateur de connivences maintenues avec le cercle algérianiste dont il s’acharne à vouloir privilégier les archives.

Nous inscrivons notre combat dans la durée

De notre côté, nous sommes convaincus qu’il y a place à Perpignan pour un centre de documentation, respectant la pluralité des mémoires, piloté par un conseil scientifique constitué d’historiens spécialistes de l’histoire de l’Algérie et des diverses facettes de ses rapports avec la France. Au cours de notre combat, nous avons été considérablement aidés par le travail des historiens traitant sous l’égide de l’Université de Perpignan la question : « Comment montrer l’Algérie au public ? ». Notre démarche vient d’être confortée par le tout récent appel lancé dans le même esprit par un groupe de personnalités françaises et algériennes, parmi lesquelles des historiens éminents. Nous allons faire connaître ces textes et continuer à les faire vivre.

Notre action doit bénéficier du soutien le plus large

Notre collectif est composé d’associations de divers horizons, rassemblant des citoyennes et des citoyens français et étrangers de toutes origines. C’est la pluralité de nos identités (française, arabe, berbère, kabyle) et de nos histoires (Algériens, pieds-noirs, harkis, soldats appelés en Algérie, militants anticolonialistes) qui fait notre force et donne légitimité à notre volonté de défendre et respecter une mémoire plurielle. Il est urgent que toutes les organisations concernées par le rejet d’une mémoire sélective rejoignent le collectif. Plus divers, nous serons plus forts pour condamner ce projet de « musée » à la gloire de l’Algérie coloniale et exiger que la mairie retire du cimetière Nord, la stèle à la mémoire des criminels de l’OAS.

Premiers signataires départementaux : AFMD, AFPS, ARAC, ASTI, ATTAC, Coup de Soleil des P-O, CGT, Femmes Solidaires, FFREEE, FSU, LCR, LDH, MRAP, PCF, SURVIE, UNSA, Verts.

Le Collectif « Pour un Centre de Documentation à Perpignan sur l’Histoire Franco-Algérienne » vous propose de diffuser et de faire signer la pétition qui reprend ses demandes :

France-Algérie : une histoire pour tous

Nous nous prononçons « Pour un Centre de Documentation sur l’Histoire Franco-Algérienne », piloté par un comité scientifique indépendant de la mairie et de toute association mémorielle.

Nous réclamons la création d’un mémorial en hommage à toutes les victimes de la Guerre d’Algérie.

Nous exigeons que soit transportée hors de l’espace public la stèle pro-OAS érigée dans le cimetière Nord de Perpignan

Cette pétition est téléchargeable : http://www.ldh-toulon.net/IMG/pdf/p....
Les signatures sont recueillies par le MRAP 3 avenue de Belfort 66000 Perpignan.

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Deux années plus tard...

Les anticolonialistes remontent au créneau

Pendant la réunion du conseil muncipal de Perpignan, le 29 avril 2010.

Le collectif : Pour un Centre de Documentation à Perpignan sur l’Histoire Franco-Algérienne, reprend l’initiative pour « que Perpignan cesse d’être utilisée comme un « lieu de mémoire » par les nostalgiques de l’Algérie française et les tenants de la pensée coloniale »

Le Jeudi 29 avril à 17h, une vingtaine de militants du Collectif : « Pour un Centre de Documentation à Perpignan sur l’Histoire Franco-Algérienne » se sont présentés devant la salle où était réuni le conseil municipal de Perpignan. Comme ils l’avaient fait à plusieurs reprises les années précédentes, leur intention était de s’installer pacifiquement dans les tribunes destinées au public en exhibant des pancartes portant les inscriptions : « Pour une histoire partagée de l’histoire franco-algérienne, pour le déplacement de la stèle OAS du cimetière nord de Perpignan, pour un hommage à tous les disparus de la guerre d’Algérie » Quelle n’a pas été leur stupéfaction de se voir interdire l’accès par plusieurs membres de la police municipale. Agissaient-ils de leur propre initiative ou sur ordre ? Toujours est-il que les cris de protestation des militants anticolonialistes ont contraint un responsable de la mairie de Perpignan à venir faire appliquer le règlement.

L’incident évité, c’est calmement et affichant leur satisfaction qu’ils ont pu faire une entrée fort remarquée au grand dam du maire et de sa majorité municipale.

Roger Hillel [2]


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La plateforme du Collectif

Dans son manifeste, le collectif formule plusieurs exigences. En premier lieu, que la stèle OAS érigée au Cimetière Municipal Nord de Perpignan, soit déplacée dans un espace privé. Il rappelle que cette décision appartient à la mairie de Perpignan seule autorité compétente en la matière. Dans le cas contraire, il se verrait dans l’obligation, comme les années précédentes, d’empêcher la cérémonie prévue début juin devant cette stèle par les anciens activistes de l’OAS. En deuxième lieu, le collectif se prononce pour l’érection dans le jardin des Clarisses (espace communal contigu au couvent Ste Claire) d’un mémorial portant l’inscription : « En hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie » Il viendrait ainsi compléter « le mur des disparus » édifié dans ce même lieu en hommage aux seuls français d’Algérie morts entre 1954 et 1963 et dont les corps n’ont pas été retrouvés. Enfin, troisième exigence du collectif, que « le futur Centre de documentation qui doit prendre place dans le couvent de Ste Claire soit consacré à l’Histoire croisée de la France et de l’Algérie (1830 -1962) et que sa conception soit confiée à un comité scientifique digne de ce nom »


Le collectif est constitué des organisations suivantes : AFPS, ANACR, ANCAC, ANPNPA, ARAC, ASTI 66, Coup de soleil, FSU, Initiatives citoyennes, LDH, MRAP, NPA, PCF, SOLIDAIRES 66, SURVIE , (les) Verts.


[1FFREEE : Fils et Filles de Républicains Espagnols et Enfants de l’Exode.

[2Voir le blog du Mrap66 http://mrap66.wordpress.com/2010/05....