Vérité et Justice en Algérie : il faut entendre les victimes

publié le juillet 2000 (modifié le 12 septembre 2005)

Communiqué de presse

A l’occasion de la venue en France du président Bouteflika, nous voulons manifester notre profonde compassion à l’égard de toutes les victimes pour les souffrances révoltantes qu’elles ont endurées en Algérie, dans un huis-clos quasi-absolu.

Depuis janvier 1992, le pays demeure soumis à l’état d’urgence, dans le cadre d’un système policier solidement établi. Ce système vise à brider la vie politique et la libre expression de la société ; il réduit le prétendu pluralisme de la société algérienne à un pluralisme de façade.

Concernant les disparitions forcées - pratique imputable à l’Etat - le nombre de personnes disparues n’est pas connu, mais évalué à plus de 10.000. Par des rassemblements hebdomadaires, les familles de disparus revendiquent la vérité sur le sort de leurs proches. Depuis 1993, l’Observatoire national des droits de l’Homme, institution algérienne officielle, est saisi de milliers de requêtes. De manière quasi-systématique, les familles imputent l’enlèvement de leurs proches à des services de sécurité. Pourtant, dans aucun des cas, les autorités n’ont reconnu leur responsabilité.

Aujourd’hui toutes les victimes crient leur demande de vérité et de justice. Les autorités algériennes doivent répondre aux survivants et aux familles des victimes. Elles doivent également répondre à l’aspiration profonde de la population algérienne en rétablissant les libertés publiques.

Toulon, le 14 juin 2000