Histoire coloniale et postcoloniale

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en l’honneur de l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire franco-algérienne

Parution d’un livre d’hommage
à l’historien
Gilbert Meynier

jeudi 30 mai 2019

Dirigé par le juriste Tahar Khalfoune, vient d’être publié en mars 2019 un livre d’hommage mérité au grand historien de l’Algérie que fut Gilbert Meynier (1942-2017). Dans cet ouvrage collectif, certains de celles et ceux qui l’ont connu - dont d’éminent.e.s spécialistes - évoquent avec précision l’apport décisif qui fut le sien à l’histoire de l’Algérie à la période coloniale, comme à ses séquelles postcoloniales, tant en France qu’en Algérie. Outre la présentation et la table des matières du livre, nous reprenons ici la préface de Tahar Khalfoune et un des articles, celui de Mohammed Harbi.

Mélanges en l’honneur de l’historien Gilbert Meynier

Paru en mars 2019

Sous la direction de Tahar Khalfoune,
L’Harmattan, 274 p., 28 €.

Présentation de l’éditeur

Le présent ouvrage est un recueil de textes écrit à plusieurs mains (21 contributeurs) par des collègues, amis et proches de l’historien Gilbert Meynier. Un historien de talent reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs spécialistes de l’histoire franco-algérienne, auteur de riches et nombreux travaux sur l’histoire de l’Algérie depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de la décennie 2010, qui nous a quittés en décembre 2017. Ses enfants Hélène et Pierre-Antoine ainsi que ses collègues et proches, essentiellement des historiens, mais aussi des politistes, sociologues, économistes, juristes, ont tenu à lui rendre hommage par ces mélanges bien mérités offerts en son honneur.

L’ouvrage est structuré autour de trois chapitres. Le premier rassemble des témoignages émouvants de ses enfants et proches sur la vie et le parcours de Gilbert Meynier, comme père de famille, puis comme jeune étudiant à l’université de Lyon engagé dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et, enfin, comme enseignant-chercheur jusqu’à sa retraite en 2000 et son installation définitive à Lyon. Une retraite bien active puisque ses activités de recherche n’ont jamais cessé, bien au contraire, elles ont repris de plus belle jusqu’à ce que la maladie et la fatigue aient eu raison de sa santé.

Le deuxième chapitre comprend des comptes rendus de certains ouvrages de l’historien, comme L’Algérie révélée, L’histoire intérieure du FLN, L’Algérie et la France : deux siècles d’histoire croisée… Quant au troisième, il est consacré à des réflexions générales sur certains pans de l’histoire franco-algérienne et au-delà.


Tahar Khalfoune, juriste et universitaire, est notamment l’auteur de Le Domaine public en droit algérien, réalité et fiction (L’Harmattan, 2004) et, avec Gilbert Meynier, de Repenser l’Algérie dans l’histoire. Essai de réflexion (L’Harmattan, 2013).


Table des matières

• Préface, par Tahar Khalfoune.

I/ Témoignages sur la vie et le parcours de l’historien
• L’étudiant Gilbert Meynier, par Jean-Loup Salètes.
• Pierrette et Gilbert, même la mort n’a pu les séparer !, par Hélène et Pierre-Antoine Meynier.
• Gilbert Meynier, grand serviteur de l’histoire, par Tahar Khalfoune.
• Gilbert Meynier, l’attachement aux deux rives, par Abdelhafid Hammouche.

II/ Comptes rendus et analyses de livres
L’Algérie et la France, deux siècles d’histoire croisée, par Fatima-Zohra Guechi.
L’Algérie révélée, une œuvre majeure de l’historien Gilbert Meynier, par Lahouari Addi.
L’Algérie révélée, la guerre de 1914-1918. Naissance du nationalisme algérien moderne, par Ahmed Henni.
• « La nation du FLN, c’est la résistance ? », par Sylvie Thénault.
• Le FLN et les femmes, de l’histoire intérieure du FLN, et au-delà, par Natalya Vince.

III/ Réflexions générales dans l’Algérie coloniale et au-delà, recherches et essais
• Pour une conscience historique commune, par Mohamed Harbi.
• L’Algérie (française) vivra-t-elle ?, par Alain Ruscio.
• La khâgne d’Alger et le devenir d’une élite intellectuelle, par Omar Carlier.
• Une brochure dans un débat conflictuel sur la nation algérienne en 1949, par Ali Guenoun.
• La guerre d’Algérie, l’obéissance et la désobéissance comme enjeux, par Dalila Ait-El-djoudi.
• Le courrier Abane Ramdane-Lakhdar Bentobbal, septembre 1956-janvier 1957, par Ouanassa Tengour.
• Lambèse, quartier général de la IIIe Legio Augusta, par Jean-Charles Jauffret.
• Des poteries kabyles et des femmes dans l’Algérie coloniale, par Jean-Paul Cases et Pierre Guichard.
• Du clash des civilisations au choc des incultures : comment en est-on arrivé là ?, par Daniel Rivet.
• Réforme de l’islam : réformateurs ou réhabilitateurs ?, par Tahar Khalfoune.

• Conclusion, par Tahar Khalfoune.


Préface

par Tahar Khalfoune

Ces pages liminaires n’ont point pour objet de retracer ici le riche et long parcours de l’historien s’étalant sur une période de près d’un demi-siècle, mais d’ouvrir le présent recueil d’études qui lui est offert par ses proches, amis et collègues. Dès sa disparition en décembre 2017, le projet d’offrir des Mélanges à Gilbert Meynier a éclos naturellement parmi ces derniers, tant sa personnalité, ses travaux et ses engagements, nous ont profondément marqués. Cette initiative a connu un franc succès auprès des auteurs sollicités qui l’ont accueillie avec enthousiasme. Tous les auteurs ayant contribué à ces Mélanges ont tenu, pour certains, à témoigner de l’amitié qui les a liés et, pour d’autres, à exprimer, à travers un ensemble d’articles permettant de dresser un panorama de l’histoire franco-algérienne, un hommage bien mérité au dédicataire.

Étudiant à l’université de Lyon, Gilbert Meynier conjuguait déjà capacité phénoménale de travail, culte de la pensée et habileté dialecticienne, selon le mot de Jean-Loup Salètes. Ainsi que l’ont rappelé ses enfants, Hélène et Pierre-Antoine, Gilbert Meynier est un « travailleur acharné, indépendant […], rétif à tout esprit de chapelle ». De ses travaux se dégagent une profondeur, une puissance et une liberté intellectuelle séduisantes. Sa liberté de pensée et de ton avait très tôt frappé son professeur, Pierre Vidal-Naquet, qui n’a pas manqué de le relever dans sa préface au livre majeur de Gilbert Meynier, L’Algérie révélée, alors qu’il était étudiant au milieu des années 1960 à l’université de Lyon. Et c’est sans doute sa liberté de pensée, son intelligence et sa persévérance qui lui ont permis de produire des œuvres aussi monumentales que L’Algérie révélée ou L’histoire intérieure du FLN. Même si leur volume s’épaissit, il ne s’alourdit pas pour autant.

Par son talent, ses riches et intéressants travaux, Gilbert Meynier a su poser les jalons fondamentaux de l’histoire franco-algérienne, ses recherches sur l’Algérie embrassent son histoire lointaine, depuis l’Antiquité jusqu’au milieu de la décennie 2010 avant que la maladie et la fatigue n’aient eu raison de son souhait d’offrir à l’Algérie le troisième volume (L’Algérie ottomane, 1518-1871 ; cet ouvrage sera publié à titre posthume) d’une petite histoire générale de l’Algérie en l’éloignant progressivement de son activité de recherche. Comme l’a bien relevé Alain Ruscio (voir dans ce livre « L’Algérie (française) vivra-t-elle ?, le sabordage du plan Blum-Viollette (1936-1938), étape majeure vers la guerre d’indépendance », p. 61 sq.), dans l’œuvre foisonnante de Gilbert Meynier, il n’y a pas une période de l’histoire de l’Algérie, de l’Antiquité jusqu’au XXIe siècle, qui n’ait échappé à sa recherche. Ce qui témoigne de l’intérêt qu’il attachait à l’histoire de ce pays et de l’affection qu’il lui manifestait.

Son œuvre a non seulement marqué de son empreinte indélébile les travaux sur l’histoire commune des deux pays (France et Algérie), mais elle a surtout su enchanter et rapprocher des générations d’étudiants, de doctorants, d’historiens algériens et français. Gilbert Meynier n’était pas un chercheur solitaire, c’était un historien d’autant plus généreux qu’il a fini par devenir un véritable trait d’union entre historiens des deux rives de la Méditerranée travaillant sur l’histoire franco-algérienne et n’ayant cessé de jeter des ponts entre associations lyonnaises agissant sur les questions de l’histoire, de la mémoire et des droits humains.

Dans la même lignée de pensée des historiens, à l’instar de Charles-André Julien, Charles-Robert Ageron et André Nouschi, les recherches de Gilbert Meynier s’inscrivent dans une approche nouvelle de l’histoire franco-algérienne, dépouillée de la gangue idéologique colonialiste. Cette nouvelle perspective de la recherche sur l’histoire franco-algérienne est d’autant plus nécessaire au rapprochement entre historiens des deux pays qu’il n’a cessé d’appeler de ses vœux l’écriture d’un manuel d’histoire commun qui serait l’œuvre d’historiens algériens et français libres et compétents. Mais la recherche en histoire est une œuvre toujours inachevée. Les historiens sont plus que jamais sollicités, tant le chantier de l’écriture de l’histoire de l’Algérie et, plus largement, du Maghreb est à l’ordre du jour. Ici le travail de l’historien s’apparente à celui du personnage de la mythologie grecque, Pénélope.

À peine a-t-on cru avoir accompli la recherche sur l’histoire de la décolonisation que, déjà, il faut reprendre le travail pour tenir compte, comme l’a relevé très justement l’historien Mohammed Harbi, de nouvelles exigences dans une perspective de « désidéologisation de l’histoire nationale » et de réhabilitation des « pans qui en ont été amputés » (voir dans ce livre : Mohammed Harbi, « Pour une conscience historique commune »). Car l’écriture indispensable de l’histoire de la décolonisation, conçue en opposition à l’histoire coloniale, a finalement tenu lieu d’histoire officielle, utilisée à des fins idéologiques et de légitimation des nouveaux dirigeants.

Tout l’enjeu de l’écriture de l’histoire est de déconstruire le récit officiel, réduisant l’histoire du pays plusieurs fois millénaire à un choix de séquences, en s’autorisant, pour conforter des choix identitaires et idéologiques préalablement fixés, de sélectionner ce qui mérite d’être conservé et valorisé et ce qu’il faut bannir, car jugé historiquement incorrect. N’est-ce pas à cet esprit critique que nous invite Gilbert Meynier qui, bien qu’il fût très proche de l’Algérie, est resté vigilant et critique de l’histoire officielle tant en Algérie qu’en France. Les chercheurs ne sont-ils d’ailleurs pas interpellés lorsque les usages politiques instrumentalisent l’histoire à des fins idéologiques ou la réduisent à une fonction utilitaire ? Quand l’idéologie domine n’importe quelle approche, celle-ci masque plus qu’elle ne révèle.

Gilbert Meynier nous a quittés en décembre 2017, laissant un grand vide pour ses enfants, ses proches et ses collègues. Quand bien même la mort est, sans mystère, la fin de l’être humain, il y a bien des morts qui prolongent, d’une certaine façon, la présence de l’humain après son passage de la vie à trépas. Par la profusion et la qualité de ses recherches, son humanisme, son ouverture et sa grande générosité tant il a abondamment donné aux autres et partagé avec eux, Gilbert Meynier fait partie de ces hommes qui survivent à leur mort. Ses travaux trouveront toujours des lecteurs et chercheurs attentifs et reconnaissants.

J’adresse avec un réel plaisir mes plus sincères remerciements à chacun des auteurs qui, malgré leurs charges de travail, ont accepté de contribuer par leurs réflexions au succès de cet ouvrage. Pour avoir accueilli chaleureusement notre sollicitation et accepté de nous accompagner dans ce projet éditorial, j’exprime toute ma reconnaissance aux responsables de la collection de l’iReMMO aux Éditions l’Harmattan et des Éditions Média-Plus de Constantine d’avoir permis la parution de ce recueil de textes en hommage à Gilbert Meynier, un historien authentique et un grand serviteur de l’histoire. C’est à la découverte d’une partie de son œuvre, de sa vie et de quelques pans de l’histoire algéro-française qu’invitent ces mélanges.

Mes remerciements vont, enfin, particulièrement à la petite équipe du comité de relecture des textes du Forum de solidarité euroméditerranéenne (FORSEM), composée des historiens Daniel Rivet et Pierre Guichard, pour la somme de travail qu’ils ont consacrée avec moi à la relecture attentive et soignée de l’ensemble des contributions.


Pour une conscience historique commune

par Mohamed Harbi

Ce texte a été élaboré en 2006 à la suite de consultations entre plusieurs historiens maghrébins, consultations entreprises sous l’égide de l’historien marocain Mohammed El-Ayadi, mais qui n’ont pas été poursuivies après son décès en octobre 2013. J’ai tenu à le porter à la connaissance du public. Cette initiative partagée avec Gilbert Meynier, touchant d’autres historiens de divers horizons et de plusieurs pays, portait sur les guerres de mémoires. Il s’agissait pour nous de sortir des thèses nationalistes-légitimistes, et ce, des deux côtés de la Méditerranée. Des urgences accaparant les uns et les autres n’ont pas permis d’approfondir cette initiative. Cette dernière prenait la suite des journées d’études tenues à Princeton en avril 1982, qui portaient sur l’état de la connaissance en sciences sociales sur le Maghreb et la colonisation. Lors de la publication des actes, Negib Bouderbala avait proposé, avec lucidité, de poser un « regard froid sur la colonisation ».

Il y eut au Maroc un début de discussions entre universitaires, vite interrompu cependant. Les turbulences intervenues au Maghreb ces dernières années, en raison de la problématique islamiste, incitent à revenir sur ce débat laissé en suspens. Bouderbala avait mis en question la manière dont les nationalistes maghrébins interprétaient la politique officielle française à l’égard de l’islam — amalgamée avec des initiatives privées — et a démontré que, loin de chercher à désislamiser les populations, voire à les christianiser, cette politique de l’État français a, au contraire, permis à des forces archaïques de survivre avant qu’elles ne reviennent sur le devant de la scène après les indépendances, avec une nouvelle vigueur.

Le Maghreb : l’histoire en question

La réécriture de l’histoire n’a pas cessé d’être une question d’actualité dans les pays du Maghreb depuis le début de l’indépendance. Repenser l’histoire nationale de ces pays continue d’être une préoccupation principale non seulement des historiens, des essayistes et des écrivains, mais également des mouvements politiques et des courants idéologiques du Maghreb. « Toute histoire est une histoire contemporaine », dit Benedetto Croce. L’histoire est contemporaine parce que le passé est toujours saisi dans un présent aux demandes renouvelées. Au lendemain de l’indépendance, les historiens nationaux se voyaient dans l’obligation de s’approprier l’histoire des pays du Maghreb, longtemps investie par l’historiographie coloniale. Il était question à l’époque d’une décolonisation de l’histoire. Décoloniser l’histoire est d’ailleurs le titre donné par Mohamed Chérif Sahli à l’une de ses nombreuses publications consacrées à l’écriture de l’histoire de l’Algérie.

Quelques années plus tard, au Maroc, Abdallah Laroui publiait L’Histoire du Maghreb dans la même perspective. L’introduction de ce livre formule une condamnation sans nuances de l’historiographie coloniale quand l’auteur s’est demandé si l’on n’avait pas raison de parler de la malchance « d’avoir toujours eu des historiens d’occasion ». Sans prétendre offrir une histoire du Maghreb « positivement décolonisée », on légitimait le projet d’écriture de cette histoire « en affirmant qu’au pire elle ne serait pas plus idéologique que celle des coloniaux » (A. Laroui). La construction d’une conscience historique et l’affirmation de l’identité nationale furent les principaux enjeux de cette décolonisation de l’histoire. Face à l’histoire écrite par le colonisateur, on a donc voulu ériger une histoire nationale.

Mais après la période d’effervescence nationaliste, ce qui était à l’origine une contre-histoire s’est transformé avec le temps en une histoire au service d’une vérité officielle incarnant la légitimité des régimes nationaux installés après les indépendances. La construction de la conscience historique et l’affirmation de l’identité nationale se sont accompagnées d’un travail de sélection choisissant ce qu’il faut retenir du passé, mais aussi ce qu’il convient de chasser du souvenir. Nous savons ce qu’il est advenu du projet historique de Mohamed Chérif Sahli en Algérie et comment la contre-histoire s’est transformée en histoire officielle au service de l’idéologie des nouveaux gouvernants. Mais la mise sous surveillance de l’histoire par l’État national n’est pas une exclusivité algérienne. En Tunisie, Hicham Djaït fait un constat similaire en soulignant que le régime de Bourguiba a diffusé une sorte d’idéologie nationale restreinte de l’État pour contrer celle du nassérisme de l’époque, en insistant sur la conscience nationale restreinte, sur la spécificité tunisienne, sur l’inexistence même d’une Umma et en cherchant à affirmer l’identité nationale . À l’instar des autres États maghrébins, l’État au Maroc diffusait lui aussi sa propre vision de l’histoire du pays. Les groupes concurrents, nés de la division du mouvement national et du multipartisme adopté au lendemain de l’indépendance, adoptaient chacun leur propre calendrier de commémorations et leur propre vision de l’histoire nationale. Les réformateurs comme les conservateurs s’attelaient à ressusciter un fait passé, transformant chaque journal en un « almanach politique ». Et « le travail de mémoire aboutissait ainsi à une amnésie générale » (A. Laroui ).

Aujourd’hui encore, un demi-siècle après l’indépendance du Maghreb, la réécriture de l’histoire nationale est toujours à l’ordre du jour. Mais la demande n’est plus la même. Il ne s’agit plus d’une demande de décolonisation de l’histoire, tâche amplement remplie au moins sur le plan idéologique, mais d’une désidéologisation d’une autre nature de l’histoire nationale. La demande émane cette fois-ci de la société, à travers des expressions politiques ou culturelles, et s’adresse à l’État national et aux historiens. Au centre de cette demande, il y a la révision de l’histoire nationale en réhabilitant les pans qui en ont été amputés. Mais il y a aussi les questions de la mémoire liées aux événements malheureux de l’histoire politique des États nations au Maghreb et les questions de l’identité en rapport avec les problématiques linguistiques et culturelles.