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Enping Shan a refusé d’embarquer

mercredi 30 août 2006

Enping SHAN, épouse CHEN, est la mère de Yannick né en France le 26 novembre 2003, qui doit faire sa rentrée en maternelle en région parisienne le 4 septembre. Elle a été placée au centre de rétention de Marseille du 30 juillet au 29 août, date où son expulsion devait avoir lieu. Elle a refusé d’embarquer pour ne pas être séparée de son fils - le consulat de Chine n’ayant pas délivré de laissez-passer pour Yannick. A la suite de son refus d’embarquer le 29, Enping a été placée en détention aux Baumettes. Aujourd’hui, 30 août 2006, le TGI d’Aix-en-Provence l’a condamnée à un mois de prison avec sursis - elle est donc libre !

ENPING EST LIBRE !

Communiqué du RESF 13

Malgré la condamnation d’Enping à un mois de prison avec sursis, la raison, la défense et la mobilisation l’ont emporté.

Le RESF13, qui avait mobilisé une trentaine de personnes cet après midi au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, se félicite de la libération d’Enping CHEN.

Actuellement prise en charge par RESF13, Enping va pouvoir retrouver Yannick son fils de 3 ans et son mari dont elle est séparée depuis plus d’un mois.

Cette victoire ne résout cependant pas la situation administrative de la famille CHEN qui doit pouvoir bénéficier d’un titre de séjour pour construire sa vie en France en toute légalité, pour pouvoir bénéficier de tous les droits qui leur font défaut depuis 5 ans.

Elle montre par contre que la résistance à l’oppression que nous impose le ministre de l’Intérieur n’est pas vaine. Que s’il a ordonné l’expulsion de Jeff coûte que coûte ce même jour, il ne pourra jamais museler RESF et encore moins gagner dans tous les aéroports, dans toutes les cours de justice et surtout dans l’opinion qui soutient ce juste combat pour l’avenir des jeunes sans papiers.

Mercredi 30 août 2006, 18h03.

Photo B. Horvat / AFP

Une jeune Chinoise en situation irrégulière, mère d’un garçon de trois ans né en France, qui devait être expulsée mardi par avion, a refusé d’embarquer à l’aéroport de Marignane (Bouches-du-Rhône) et a été placée en détention, a-t-on appris auprès de son avocat [1].

Son refus d’embarquement a été confirmé de source officielle.

"Elle a refusé d’embarquer, c’est une infraction pénale, elle a donc été placée en garde à vue", a déclaré Me Laurent Lazzarini, du barreau de Marseille. Présentée dans l’après-midi au TGI d’Aix-en-Provence, la jeune femme a été placée en détention à la maison d’arrêt des Baumettes en attendant de comparaître mercredi à 14h00 devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence.

"Elle encourt une peine d’emprisonnement mais nous pouvons obtenir une décision plus clémente", a indiqué Me Lazzarini.

Enping Shan, 26 ans, sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière notifié par la préfecture du Var, devait prendre un vol au départ de l’aéroport de Marseille-Provence pour gagner Paris et de là être expulsée vers la Chine.

Mme Shan fait partie d’un groupe de neuf clandestines chinoises, venant toutes de la province de Zhejiang (est de la Chine), arrêtées fin juillet alors qu’elles proposaient des massages à un euro la minute sur la célèbre plage de Pampelonne à Ramatuelle (Var), près de Saint-Tropez. Elles avaient été placées au centre de rétention administrative du Canet à Marseille.

Sur les neuf poursuivies pour séjour irrégulier et travail clandestin, "une femme qui n’avait pas du tout de papiers a été libérée, les autres qui avaient des papiers italiens ou espagnols ont été réadmises dans ces pays et sont donc en Europe", a déclaré Jackie Cruz de la Cimade (service oecuménique d’entraide) au Canet.

Restait Mme Shan qui parle bien le français et a fait la traduction pour les autres et "qui se trouve expulsable", a déploré Mme Cruz.

Enping Shan est arrivée en France il y a cinq ans en compagnie de son mari également chinois.

Selon Me Lazzarini, la jeune femme, dont la demande d’asile a été refusée, a également déposé en région parisienne — elle réside avec son mari à Pantin (Seine-Saint-Denis) — un dossier de régularisation "resté sans réponse".

"On aurait pu lui accorder la possibilité d’une assignation à résidence dans l’attente de cette réponse", a estimé son avocat pour qui la demande de la jeune femme répond aux trois critères de régularisation : elle réside en France depuis au moins deux ans, son fils, prénommé Yannick, est né en France et il doit être scolarisé en septembre en maternelle.


[1Source : Yahoo ! Actualités, repris sur chine-informations.com.