alors que l’histoire de ce continent est ignorée et niée par nos gouvernants

En retraçant son parcours,
Catherine Coquery-Vidrovitch
souligne l’importance d’enseigner l’histoire
de l’Afrique

publié le 11 octobre 2021 (modifié le 12 octobre 2021)

Catherine Coquery-Vidrovitch est une pionnière dans le domaine de l’histoire de l’Afrique. Elle n’avait aucune connaissance de ce continent quand, passionnée par l’histoire, elle s’est orientée vers cet objet d’étude. Mais son enfance clandestine de fillette juive née dans une famille assimilée de longue date dans la société française, qu’elle relate d’abord, avec pudeur et émotion, dans ce livre, l’a conduite a éprouver de l’empathie pour un continent dont les habitants sont l’objet eux aussi de racisme dans le regard des Européens. A partir des années 1960, elle a publié de nombreux livres décrivant la dure réalité de la colonisation française et ses effets toujours actuels.

éditions La Découverte, 22 €
(en librairie le 14 octobre 2021)

Présentation de l’éditeur

« Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. » Comment expliquer que, près d’un demi-siècle après l’indépendance des colonies africaines de la France, le président Nicolas Sarkozy ait pu ainsi afficher, à Dakar en 2007, son ignorance crasse de l’histoire du continent ? C’est que cette histoire, riche et complexe, a longtemps été ignorée des représentations publiques de l’ancienne métropole. Elle n’est devenue que récemment accessible à un large public, grâce au long combat conduit par des historiennes et des historiens, au premier rang desquels Catherine Coquery-Vidrovitch.

D’où l’intérêt majeur de ce livre très personnel, où elle retrace, au fil de six décennies, le combat d’une vie : découvrir et faire connaître l’importance de l’histoire africaine si longtemps niée. Elle y relate d’abord, avec pudeur et émotion, son enfance clandestine de fillette juive née dans une famille assimilée de longue date : la première grande aventure de sa vie, source de son insatiable curiosité. Une expérience qui nourrira sa lutte constante contre le racisme. Et tout autant son long travail d’enquête sur l’histoire en « terres africaines » à partir des années 1960, qu’elle évoque dans des pages passionnantes donnant à voir la dure réalité de la colonisation française et ses effets toujours actuels. Une réalité qu’elle a contribué à faire connaître par sa volonté de fonder un cadre novateur de réflexion au sein des universités françaises et de celles d’Afrique francophone. Et par les liens qu’elle a su établir avec les universités étatsuniennes, comme avec des médias européens enfin soucieux de faire découvrir au grand public l’importance de l’histoire africaine dans l’histoire du monde.


Catherine Coquery-Vidrovitch, née en 1935, est une historienne spécialiste de l’Afrique, professeur émérite de l’université Paris-Diderot. Elle est l’auteure de nombreux ouvrages, dont, à La Découverte, Petite histoire de l’Afrique. L’Afrique au sud du Sahara de la préhistoire à nos jours (2010) et Être esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle (avec Éric Mesnard, 2013).


Entretien

Catherine Coquery-Vidrovitch :
« Les enfants français, quelle que soit leur couleur,
doivent connaître l’histoire africaine »

Voir son entretien avec Jean-Marie Durand, journaliste, éditeur associé à AOC, publié par AOC le 9 octobre 2021.
Source

Alors qu’à l’initiative du président Macron s’est ouvert ce 8 octobre 2021 à Montpellier un sommet Afrique-France, dont Achille Mbembe apparaît comme la cheville ouvrière, prenons le temps d’écouter celle qui fut sa directrice de thèse, Catherine Coquery-Vidrovitch.

Avec Le choix de l’Afrique, un livre en forme d’égo-itinéraire, elle revient sur son objet, encore trop méconnu et peu enseigné, l’histoire riche et complexe de l’Afrique ainsi que sur l’inquiétante persistance du racisme anti-Noirs.

Lire l’entretien