une affaire emblématique des violences des forces de l’ordre qui ne sont pas poursuivies

Adama Traoré,
mort le 19 juillet 2016 à Persan-Beaumont
Nous n’avons pas oublié !

publié le 16 juillet 2022

Il y a six ans, Adama Traoré, jeune homme âgé de 24 ans, est mort le 19 juillet 2016 à la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise), après son interpellation alors qu’il faisait l’objet d’un contrôle par les gendarmes. Six ans après, l’enquête patine. Elle n’a progressé qu’à la suite des démarches de la famille. Le collectif « Justice pour Adama » accuse la justice de protéger les trois gendarmes à l’origine de son décès. Cette affaire est emblématique : les violences des forces de l’ordre ne sont poursuivies qu’exceptionnellement et les victimes rencontrent les plus grandes difficultés à obtenir justice. Notre site s’est fait l’écho des marches qui ont eu lieu à Beaumont-sur-Oise de 2016 à 2021. Le 2 juillet 2022 une marche a rassemblé environ 700 personnes. Le collectif prévoit des actions coups de poings en septembre 2022.

Val-d’Oise
Marche du collectif « Justice pour Adama » :

« Six ans après, l’enquête piétine »,
dénonce Assa Traoré

par Marie Briand-Locu, publié dans Le Parisien le 2 juillet 2022.
Source

Environ 700 personnes ont rejoint ce samedi 2 juillet la marche du collectif « Justice pour Adama » à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Six ans après, les militants estiment que l’enquête sur la mort de ce jeune survenue lors d’un contrôle de police patine. Le collectif prévoit des actions coups de poings en septembre.

Persan. Six ans après, environ 700 personnes ont participé à la marche du collectif
« Justice pour Adama ».
LP/M. B.-L

« On a été là en 2016, 2017, 2018, 2019 etc. et on est là aujourd’hui ! Merci aux vaillants d’être encore là. On ne lâchera pas le combat », martèle avec force Assa Traoré devant la banderole arborant le visage de son frère. Ce samedi 2 juillet, le collectif « Justice pour Adama » a entamé une marche vers 15 heures afin de réclamer « justice » pour ce jeune de 24 ans, mort dans des circonstances qui restent encore floues le 19 juillet 2016, lors d’un contrôle effectué par trois gendarmes.

« Six ans après l’enquête piétine », dénonce Assa Traoré, devenue depuis une figure du combat contre les violences policières. Environ 700 personnes ont rejoint le mouvement à Persan (Val-d’Oise), soit environ deux fois moins que l’an passé.

Six ans après, le collectif accuse la justice « de protéger les trois gendarmes ». « Ils n’ont toujours pas été mis en examen », regrette Assa Traoré. Face à « l’inaction de la justice », la militante prévoit de « durcir le ton » en septembre prochain en occupant cette fois des bâtiments publics « comme le font les défenseurs de la lutte pour le climat ». « On n’a pas d’autre choix pour se faire entendre », considère-t-elle.

Assa Traoré et les militants du collectif « Justice pour Adama ».
LP/ M. B.-L.

« Cela fait six ans que mon frère est mort le jour de son anniversaire »

Cette semaine, le contenu d’une audition des gendarmes a justement été dévoilé. Leur version reste presque la même. Mais cette fois, ils affirment qu’ils n’étaient pas trois pour maîtriser le jeune homme mais « qu’un seul d’entre eux avait les genoux posés sur son dos ».

« Cela fait six ans que mon frère est mort le jour de son anniversaire. On n’aurait jamais pensé qu’on en serait au même stade, bouillonne Assa Traoré. Avec notre avocat, nous pensons que la juge refuse de nous donner l’expertise qu’elle a commandée car celle-ci est en notre faveur. En se battant pour Adama, on se bat pour toutes les victimes de violences policières. »

Fatia Alcabelard, la fille de Claude Jean-Pierre, décédé quelques jours après un contrôle de police en 2020 en Guadeloupe, a aussi pris la parole. Elle a remercié le collectif « pour son soutien ». « Notre affaire patine aussi, souffle-t-elle. Les gendarmes ont le statut de témoin assisté depuis mai 2021. On voit pourtant une vidéo où ils tirent mon papa avec force de sa voiture. En faisant ça, ils lui ont cassé deux vertèbres. Malgré ces éléments ajoutés au dossier, cela n’avance pas. C’est pour ça qu’on continue à se battre. »

Mais le nombre de participants a diminué par rapport à l’an passé. Ce qui n’a pas échappé à Michel, 80 ans. « Il y a moins de monde que d’habitude », s’alarme ce retraité de Montreuil Sous-Bois qui vient chaque année.

Parmi les participants se trouvait aussi la militante antiraciste Rokhaya Diallo. « C’est important d’assurer un maintien dans le temps à ces revendications. Six ans après, on a les mêmes questions, observe-t-elle. On continue une forme de pression afin d’obtenir des réponses. »

D’autres sont venus de très loin. Comme Kitty Kelly, une activiste contre les violences policières originaire d’Oklahoma (Etats-Unis). Cette professeure souhaite évoquer le combat de la famille Traoré aux Etats-Unis. « Il faut créer une conjecture des luttes entre nos deux pays », estime-t-elle.



Les communiqués de la Ligue des droits de l’Homme



Adama Traoré : vérité et justice

Source

Paris, le 19 décembre 2016.


Le 19 juillet dernier, Adama Traoré mourait dans des conditions encore non élucidées, après son interpellation par la gendarmerie. Son décès a suscité d’autant plus de colère que le traitement réservé à cette affaire par le procureur a été pour le moins insatisfaisant. Son approche sélective, diverses omissions ont largement contribué à envenimer le climat à Beaumont-sur-Oise et dans les communes environnantes. Après avoir été dépaysée, l’affaire est aujourd’hui entre les mains du parquet de Paris.

Cinq mois après le jugement, deux frères d’Adama Traoré viennent d’être condamnés respectivement à huit mois et trois ans de prison au motif d’incidents ayant éclaté à la mairie de Beaumont-sur-Oise, lors d’un conseil municipal mouvementé, la responsabilité des troubles constatés étant restée difficile à établir.

La Ligue des droits de l’Homme en appelle à la vérité et à la justice.

Les autorités concernées doivent entendre les appels de la famille d’Adama Traoré et de toutes celles et ceux qui réclament que toute la lumière soit faite sur les causes exactes de la mort du jeune homme. Elles doivent rompre avec toute attitude ou posture partisane et rétablir les formes et le fonctionnement d’une justice respectueuse de l’égalité des citoyennes et des citoyens devant la loi.

Elles contribueront, ce faisant, à ce que Beaumont-sur-Oise retrouve le calme et, plus largement, à ce que police et justice reprennent toute leur légitimité auprès de populations qui, d’incidents en événements dramatiques, de déni en mépris, se vivent stigmatisées, maltraitées, laissées pour compte de la République.



L’attente de justice pour Adama Traoré

Source

Paris, le 17 juillet 2019.


Trois ans après, la vérité sur la mort d’Adama Traoré n’est toujours pas faite. Alors qu’elle allait être close par l’exonération de la responsabilité des gendarmes, c’est grâce à l’action des parties civiles que la justice a été contrainte de reprendre l’instruction.

La mort d’Adama Traoré et les difficultés à ce que la vérité soit faite illustrent un processus devenu habituel : les violences des forces de l’ordre ne sont poursuivies qu’exceptionnellement et les victimes rencontrent les plus grandes difficultés à obtenir justice.

Cela est vrai pour Adama Traoré et cela est tout aussi vrai des manifestants qui font l’objet des mêmes violences.

Cette situation qui conduit à un sentiment d’impunité des forces de l’ordre est dangereuse pour la démocratie.

C’est pourquoi la Ligue des droits de l’Homme (LDH) appelle à se joindre à la marche organisée par le Comité Adama Traoré, le 20 juillet 2019.



Samedi 13 juin 2020, Paris République – Rassemblement organisé par le Comité Vérité pour Adama

Source

Le bureau de la Fédération de Paris de la LDH


Paris, le 12 juin 2020.


Vérité et justice

Samedi 13 juin 2020, à Paris à 14h30 place de la République et partout en France.

« Nous appelons toutes les villes de France à venir manifester avec nous pour exiger vérité et justice pour Adama et toutes les victimes de la police ou de la gendarmerie. Pas de justice pas de paix ! »