il y a soixante ans jour pour jour

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger,
les archives militaires françaises
qu’Emmanuel Macron veut ignorer

publié le 26 mars 2022

La volonté d’Emmanuel Macron de « réconcilier les mémoires » des différentes catégories de victimes de la guerre d’Algérie, en faisant parfois l’économie d’un regard historique sur la véracité ou les mensonges des récits sur lesquelles certaines mémoires sont fondées, connait de sérieuses limites. Dans le cas du massacre de manifestants européens le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, il a donné satisfaction aux associations « nostalgériques » qui en attribuent toute la responsabilité à l’armée française. Ci-dessous, en complément de l’article d’Alain Ruscio publié par notre site, un document qui montre que des armes automatiques installées par l’OAS ont ouvert le feu sur le barrage tenu par des militaires français. Cette organisation terroriste a donc une lourde responsabilité dans ce massacre.


26 mars 1962. Les armes automatiques installées par l’OAS

Que montrent les archives françaises ?



Ci-dessus la copie du plan conservé au Service historique de la Défense (SHD), faite par un lecteur qui n’a pas eu l’autorisation de le photographier. Il figure au SHD dans un dossier correspondant à la cote GR1H2703 dont la neuvième chemise — sous la cote 1H2703-D9 — concerne la fusillade de la rue d’Isly du 26 mars 1962.

Il montre, en pointillé bleu, le barrage constitué par le 4e régiment de tirailleurs algériens, qui a effectivement ouvert le feu sur des manifestants, mais a aussi été pris sous le tir d’armes automatiques installées par des commandos de l’OAS sur des balcons et des toits de la rue d’Isly et des alentours, dont les emplacements repérés par l’armée sont marqués en rouge sur ce plan (les ronds bleus désignent les postes de commandement de l’armée française).





Quelques uns des emplacements des armes automatiques utilisées par l’OAS
Photos d’un rapport de l’armée
publiées par Yves Courrère, 
« Les Feux du désespoir », Fayard, 1971,
p. 544.