Racisme de couleur et islamophobie

publié le 16 février 2017
Le méchant imam de Vénissieux

Abdelkader Bouziane, imam de Vénissieux a été expulsé du territoire français, le 21 avril 2004, pour avoir affirmé que « le Coran autorisait dans certains cas un musulman à battre sa femme ». Il vivait en France, pays des droits de l’Homme, depuis vingt-cinq ans ; il a seize enfants dont quatorze sont français.

 
le manifeste des libertés : « être de culture musulmane et ... »

Etre de culture musulmane et contre la misogynie, l’homophobie, l’antisémitisme et l’islam politique.

Une pétition à signer.

 
l’intolérance à l’égard de l’islam

Dans une étude, la Commission nationale consultative des droits de l’homme reconnaît un racisme anti-musulman et en détaille les signes.

 
La question des actes racistes en Corse

Depuis décembre 2002, les actes ou agressions racistes se multiplient en Corse. Les habitants d’origine maghrébine sont les premières victimes de cette campagne, mais la LDH est également l’objet de menaces.

 
racisme anti-maghrébin en Corse

Depuis le 1er septembre 2003, selon Amnesty International, 56 agressions racistes
ou xénophobes ont été commises en Corse. L’une des dernières en date, signée d’une croix gammée, fut la fusillade contre une maison faisant office de centre culturel musulman à Sartène.

 
le rapport de la CNCDH sur les actes racistes et antisémites en 2004

Les actes racistes et antisémites ont atteint des niveaux « exceptionnels et inquiétants » en 2004, et n’ont jamais été aussi élevés depuis 1990, selon le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), remis lundi 21 mars au premier ministre.

 
Un exemple de dérive ethnique : l’appel contre des “ratonnades anti-blancs”

La lecture raciale des violences lors des manifestations lycéennes du 8 mars est irresponsable.

Un texte du groupe CLARIS [1] publié dans le journal Libération du 5 avril 2005 sous le titre Le “ racisme anti-blancs ” et l’idéologie des néo-républicains.

 
Un souvenir d’enfance de Dieudonné

« Au début, je comprenais sa violence, comme par exemple le jour où je l’ai entendu parler d’Annie Cordy avec une violence inouïe ; personne ne comprenait car tout le monde aime Annie Cordy... Tout le monde sauf un enfant à la peau foncée qui voyait à la télé Annie Cordy chanter « chaud chaud cacao » déguisée en cannibale avec un os dans le nez. Et ça quand tu as 10 ans et que tu vois une chanteuse populaire le visage noirci au cirage danser devant une grande marmite où mijote un explorateur : soit tu en prends pour 10 ans de psychanalyse soit un jour ou l’autre cette blessure remonte à la surface et se transforme en colère. » [2]

 
“massacres” et “génocides” par Jacques Sémelin

Vous trouverez ci-dessous un article de Jacques Sémelin paru en avril 2004 dans Le Monde diplomatique. [3]


 
un nationalisme exsangue, par le Manifeste des libertés

Maroc, Tunisie, Algérie, pauvres nations menacées par des étrangers, des francs-maçons, des juifs, des homosexuels, des femmes libres, et par leurs voisins !

Un texte de nos amis du Manifeste des libertés [4] .

 
rapport annuel de la CNCDH 2005 : montée du racisme et dérives politiques

La Commission nationale consultative des droits de l’homme vient de publier son rapport sur les actes racistes et antisémites en 2005 [5].

La LDH exprime sa vive inquiétude face à une situation qui voit se banaliser le racisme et la xénophobie en même temps que nombre de discours publics renforcent cette banalisation.

 
La loi de 2006 sur « l’immigration choisie » vue d’Afrique

Dans un entretien accordé au Progrès de Lyon, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf a déclaré combien il était heurté par le projet de loi du ministre français de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy : ce projet est « politiquement et moralement inacceptable ».

Il n’est pas le seul à le penser !

 
Nicolas Sarkozy indésirable au Mali

De nombreux Maliens considèrent le projet de loi sur l’immigration comme « une atteinte aux droits de l’homme [qui] encourage le racisme et la discrimination ».

 
dans notre pays, le rejet de l’islam est d’abord un rejet des immigrés

Un entretien avec le sociologue, Michel Wieviorka, publié dans Le Monde du 7 juin 2006.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon.

 
des Sarrasins aux Beurs, une vieille méfiance, par Alain Ruscio

Alain Ruscio, historien, est auteur notamment du Credo de l’homme blanc, préface d’Albert Memmi, Complexe, Bruxelles, 2002, et, en collaboration avec Serge Tignères, de Dien Bien Phu, mythes et réalités. Les échos d’une bataille, 1954-2004, Les Indes savantes, Paris, 2004.

Article publié dans Le Monde diplomatique de février 2004.

 
Un racisme savant, par Claude Liauzu

Pourquoi et comment la recherche démographique a-t-elle fait de l’origine des immigrés un problème. L’écho du livre d’ Hervé Le Bras sur les démographes et l’extrême-droite (Le Démon des origines ) et les controverses qu’il a suscitées montrent l’importance de ces interrogations. Mais elles concernent aussi très directement les historiens nos jours. Ceux-ci ont, en effet, développé depuis les années 1950 la démographie comme un domaine d’étude privilégié, et l’immigration a désormais une place reconnue dans le discours scientifique sur le passé national. [*]

 
La justice sanctionne des dérives racistes en Corse

Mardi 17 octobre 2006, la cour d’assises spéciale a condamné à des peines de prison ferme les membres du groupe Clandestini Corsi, pour les attentats visant des Maghrébins commis à Bastia en 2004.

La Ligue des droits de l’Homme était partie civile. Comme l’a déclaré Michel Tubiana, président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, « ce procès concerne le racisme », ajoutant « je ne veux pas en faire le procès d’une Corse raciste, car je refuse la stigmatisation de l’île » [6].

Vous trouverez ci-dessous le communiqué du 2 octobre 2006 de la LDH, suivi d’une grande partie du dossier publié par Libération sur ce sujet, le 18 octobre 2006.

 
Faut-il proscrire le mot « race » dans des textes fondamentaux ?

Le premier article de la Constitution de la République est ainsi rédigé :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. »

Cette formulation n’aurait-elle pas pour conséquence de cautionner la notion de races humaines qui ne repose pourtant sur aucune base scientifique ? Après d’autres, le philosophe Jean Gayon revient sur la question.

 
L’expression du racisme n’est pas une opinion, c’est un délit, mon cher Watson

Après l’introduction du recours aux tests ADN dans la législation française pour tenter de limiter les “regroupements familiaux”, l’ADN fait une nouvelle victime en la personne de James Watson, prix Nobel de médecine en 1962 avec Francis Crick et Maurice Wilkins pour leurs travaux sur la structure moléculaire de l’ADN.

Ses propos racistes sur l’intelligence des Africains ont soulevé une vague d’indignation. En France, de telles déclarations seraient passibles de poursuites judiciaires.

Le journal Le Monde a publié le 31 octobre un article de Stéphane Foucart [7] qui démonte la thèse de Watson sur le plan scientifique. Mais, comme le montre François Schreuer, on ne peut se limiter à une réfutation scientifique de ces préjugés racistes.

 
Le racisme persiste en France

Le Réseau Européen contre le racisme (ENAR) vient de publier son rapport 2007 sur le racisme en France [8].

En voici le résumé.

 
Alain Ruscio et Thierry Leclère : Eric Zemmour, plumitif quatrefagien

Deux coups de gueule, d’Alain Ruscio et de Thierry Leclère, à propos d’un discours qui n’a pas évolué depuis Armand de Bréau de Quatrefages (1843).

 
Didier Fassin à Eric Zemmour : « Oui, la race existe… dans la tête de gens comme vous »

Les propos tenus par Eric Zemmour, sur Arte le 13 novembre 2008, au cours de l’émission « Demain, tous métis ? », continuent de déchaîner la Toile. Comment donner les clés de ce débat sans se satisfaire de la posture de la dénonciation morale ? Telerama.fr a choisi d’interroger l’anthropologue et médecin Didier Fassin [9].

On lira également sur ce site la page : Faut-il proscrire le mot « race » dans des textes fondamentaux ?

 
un imam toulonnais de nationalité marocaine menacé d’expulsion

Une procédure a été engagée par le ministère de l’Intérieur en vue de l’expulsion du territoire français d’un imam de nationalité marocaine au motif qu’il aurait tenu « des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman ».
Une procédure qui ignore superbement l’Article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement, par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle ».

La commission départementale d’expulsion du Var, dont l’avis n’est que consultatif, s’est réunie le 18 février 2009, au Tribunal de grande instance de Toulon.
Estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée », la commission a émis le 4 mars un avis – repris en bas de cette page – défavorable à l’arrêté d’expulsion.

Mais le ministère de l’Intérieur n’est pas tenu de suivre cet avis...

[Première publication le 28 février,
mise à jour le 5 puis le 24 mars 2009]
 
l’imam toulonnais El Idrissi a été expulsé vers le Maroc

L’avis (consultatif) de la commission départementale d’expulsion du Var n’a pas été suivi : elle avait émis le 4 mars un avis défavorable à son expulsion, estimant ne pas être en mesure de s’assurer « de la teneur exacte des propos éventuellement tenus de sorte que la preuve des faits allégués au soutien de la demande d’avis n’est pas rapportée ».

L’imam Mohamed El Idrissi, de nationalité marocaine, a été expulsé du territoire français et reconduit vers le Maroc le 28 avril 2009, en application d’une décision du ministère de l’Intérieur, au motif qu’il aurait tenu « des prêches hostiles à l’égard de la société occidentale et du monde non musulman ».

Une décision qui crée le malaise car, outre l’article 6 (le droit à un procès équitable) de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, elle en viole l’article 8 (le droit au respect de la vie privée et familiale) : l’imam laisse derrière lui une fille encore mineure qui vit en France depuis plusieurs années.
L’imam avait déposé, le 25 avril 2009, des recours en annulation et en référé suspension de l’arrêté ministériel d’expulsion. [10]

[Première mise en ligne le 22 avril, mise à jour le 4 mai 2009]


 
Au retour d’un meeting du Front national, ils “cassent du noir” sur une aire d’autoroute

Les fruits des petites graines brunes semées par l’extrême droite...

[Un dossier publié dans Var Matin, le 13 mai 2009.]


 
Un préfet suspendu après un violent accès de négrophobie

Une femme agent de sécurité à l’aéroport d’Orly a porté plainte le 31 juillet dernier pour propos diffamatoires à caractère raciste contre le préfet Paul Girot de Langlade, celui là même qui était encore le « patron » des États généraux à la Réunion il y a quelques jours. Le 14 août, on apprenait que le ministère de l’Intérieur avait suspendu le préfet.

On peut rappeler que Paul Girot de Langlade, avait déjà défrayé la chronique à deux reprises pour « provocation à la haine raciale » dans l’exercice de ses fonctions de préfet. En 2002, alors qu’il était en poste dans le Vaucluse, puis en 2006, dans La Nouvelle République, il s’en était pris vertement aux gens du voyage, les assimilant à « des délinquants ». Il avait gagné les deux procès en appel, mais ses prises de parole lui avaient valu son placement hors cadre.

[Première mise en ligne le 10 août, dernière mise à jour le 2 septembre 2009]


 
Mustapha Kessous : « ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom quand je me présente au téléphone »

Les propos discriminants récemment tenus par Brice Hortefeux éclairent la conception de l’“identité nationale” du ministre de l’Intérieur. Derrière une façade politiquement correcte magnifiant la “diversité", ils révèlent à quel point les stéréotypes coloniaux et l’idée d’“inassimilabilité”, qui jalonnent l’histoire de l’immigration en France et une vision biaisée de la société française, façonnent l’univers de la majorité actuelle [11].

Mais a-t-on suffisamment souligné le fait que le président de la République n’a pas eu un mot pour condamner les propos de Brice Hortefeux [12]. Ce faisant, Nicolas Sarkozy « s’inscrit dans la dynamique de légitimation du racisme par les élites » qui classe les Français en deux catégories : les Français « de souche » et les « Français pas tout à fait comme les autres » [13].

Le témoignage d’un journaliste du Monde que nous reprenons ci-dessous montre la persistance dans une (trop grande) partie de la population de préjugés à l’égard des personnes issues de l’immigration. La promotion de l’“identité nationale” à laquelle Nicolas Sarkozy s’est livré pour gagner les voix de l’extrême droite et qui continue à être un de ses thèmes politiques favoris ne fait que conforter ces fantasmes injustifiables, alors qu’il conviendrait tout au contraire de les combattre.

 
Première condamnation d’un joueur de football pour injures racistes sur un stade

Un footballeur amateur de Lagnieu (Ain) a été condamné en juin dernier à quatre mois de prison avec sursis pour injures à caractère raciste. Il a été reconnu coupable d’avoir proféré à un joueur adverse, le 25 janvier 2009, lors d’un match de 2e division départementale : « Va doucement, on en a mis cinq dans votre cul, sale Nègre, t’as rien à dire, sale singe ! » C’est la première fois en France qu’un joueur est condamné pour injures racistes. Le procès en appel s’est déroulé à Lyon. La décision du tribunal sera connue le 22 octobre prochain.

« Ce procès a été le strict reflet de la réalité de la France », a souligné Alain Jakubowicz, l’avocat de Makam Traoré.

Pour combattre racisme et violence dans le football, une série de courts-métrages de 2 minutes chacun, intitulée les « Insupportables », est en cours de réalisation. On y verra un père de famille se transformer en une bête assoiffée de haine,
Hooligarou, quand il va voir un match de foot... [14]

Hooligarou
 
inscriptions racistes à Toulon : indignation de la LDH

La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme exprime son indignation : des inscriptions à caractère raciste ont été taguées sur la façade de la mosquée du Pont-du-Las et sur l’entrée du Lycée professionnel Cisson.

Elle ne peut cacher son inquiétude devant la répétition de tels actes. Il y a un mois, en effet, la mosquée de Sorgues (Vaucluse) avait été souillée d’inscriptions racistes dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 février 2010 [15]. D’autre part, l’agression de la mosquée de Toulon a été précédée de deux autres dont les responsables n’ont semble-t-il pas été identifiés.

[Mise en ligne le 25 mars 2010, mise à jour le 26]


 
“la plupart” des trafiquants de drogues sont-ils noirs ou arabes ?

L’éditorialiste Eric Zemmour a déclaré à l’antenne le 6 mars dernier que « les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait. » En écrivant sur son blog que « tous les Noirs et tous les Arabes ne sont pas des trafiquants, mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes », l’avocat général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger, apporte sa caution au point de vue d’Eric Zemmour [16].

La question posée est de savoir si efffectivement “la plupart” des trafiquants de drogues sont noirs ou arabes. Commençons par rappeler que les Noirs et les Arabes sont beaucoup plus fréquemment contrôlés que le reste de la population : avoir la peau noire ou un “type maghrébin” augmente de façon très importante la probabilité d’être l’objet d’un contrôle des papiers d’identité – une enquête l’a établi de façon irrécusable, et cela fragilise les affirmations d’Eric Zemmour et de Philippe Bilger. Dans ses éléments de réponse repris ci-dessous, le sociologue Laurent Mucchielli récuse les recours aux catégories raciales : ils n’expliquent rien mais renforcent les préjugés xénophobes.

La multiplication ces derniers mois de propos à tonalité racialiste ou stigmatisant les immigrés semble particulièrement inquiétante. Dans un article récent, Carine Fouteau montre que les déclarations de ce genre émises par des responsables de la majorité présidentielle témoignent d’une véritable rupture à droite : la journaliste de Mediapart expose « comment Sarkozy a rendu possible la dérive raciste à droite » [17].

 
en appel, Brice Hortefeux, déclaré coupable d’injure raciale, bénéficie d’une relaxe

Le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a été condamné, vendredi 4 juin 2010, à 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère racial, suite aux propos qu’il avait tenus, en 2009 à l’université d’été des jeunes UMP à Seignosse, dans les Landes. Le ministre a aussitôt fait appel.

C’est la première fois en France qu’un ministre en exercice est condamné pour injure raciale. La question se pose : un ministre condamné pour un tel délit peut-il rester en poste ? Ci-dessous un enregistrement vidéo des propos de Brice Hortefeux, suivi de larges extraits du jugement prononcé le 4 juin 2010 par les magistrats de la 17ème chambre du tribunal de Paris.

Dernière minute – La Cour d’appel de Paris s’est prononcée le 15 septembre 2011 : l’ancien ministre s’est bien rendu coupable d’injures au sens pénal – il a commis une infraction sanctionnable qui est une contravention –, mais, la procédure suivie n’étant pas bonne, il a bénéficié d’une relaxe (voir les explications de Michel Huyette).

[Mise en ligne le 5 juin 2010, mis à jour le 16 septembre 2011]


 
Thomas Hammarberg : “le discours populiste stigmatise les musulmans européens”

Le Conseil de l’Europe, dont le siège est à Strasbourg, regroupe aujourd’hui, avec ses 47 pays membres, la quasi-totalité du continent européen. Créé le 5 mai 1949 par 10 Etats fondateurs, le Conseil de l’Europe a pour objectif de favoriser en Europe un espace démocratique et juridique commun, organisé autour de la Convention européenne des droits de l’homme et d’autres textes de référence sur la protection de l’individu.

La déclaration [18] du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, arrive à point nommé au moment où les préjugés islamophobes reprennent de la vigueur au bénéfice d’un racisme toujours rampant …

 
le Manifeste des libertés : “l’égalité ne se divise pas”

Le Manifeste des libertés réagit aux attentats récents dirigés contre des chrétiens en Egypte et en Irak.

Pour l’association, la dénonciation de l’arabophobie et de l’islamophobie que nous voyons grandir, dans nombre de pays occidentaux, ne prend tout son sens que si, en même temps, dans les pays du monde arabe, des voix fortes s’élèvent contre les discriminations et violences que subissent chez eux leurs propres minorités. On ne peut réclamer aux autres l’égalité et la liberté tout en la refusant chez soi à ses propres « autres ».

 
d’après la Cncdh, on a assisté en 2010 à une libération de la parole raciste

La commission nationale consultative des droits de l’homme a présenté le 13 avril 2011 son rapport pour l’année 2010. A l’occasion du rapport précédent consacré à l’année 2009, la Cncdh avait souligné que contrairement à des conceptions largement partagées, les préjugés racistes diminuaient. Mais l’analyse des résultats des enquêtes réalisées pour le rapport 2010 laisse craindre que ce mouvement soit interrompu. La Cncdh écrit en effet qu’il lui semble, pour la première fois depuis plusieurs années, constater une augmentation de l’intolérance.

Nous reprenons la présentation par la Cncdh des résultats de ces enquêtes, suivie de deux commentaires :

  • « Racisme : un verrou a sauté dans le discours politique admis ou admissible », par Elise Vincent (Le Monde, 12 avril 2011)
  • une interview de Pierre Fournel, directeur général de la LICRA : « L’ethnicisation des problèmes sociaux a engendré une libération de la parole raciste » (20minutes.fr, 12 avril 2011).
 
une mauvaise blague de potache qui témoigne de la banalisation du racisme

« Lorsqu’il y en a un, ça va, c’est lorsqu’il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » avait déclaré Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, lors de l’université d’été 2009 de l’UMP, à propos d’un militant UMP d’origine arabe.
Il y a un mois, la Droite populaire du député Lionnel Luca organisait un apéritif « saucisson vin rouge » dans les locaux de l’Assemblée nationale.
Ces jours-ci, un élu municipal UMP de la commune de La Colle-sur-Loup (Alpes-Maritimes) raille l’accent maghrébin dans un mail envoyé le jour de l’ouverture du Ramadan.

Les dirigeants politiques dont les propos alimentent les préjugés racistes sont-ils conscients de leur responsabilité dans la banalisation des comportements inadmissibles ?

 
Augmentation en 2011 du racisme anti-musulman : la CNCDH pointe l’impact de certains discours politiques

La Commission nationale consultative des droits de l’homme – CNCDH – a rendu son rapport annuel sur les actes racistes [19].
Par rapport à l’année précédente, en 2011 le nombre d’actes et de menaces racistes est en recul – exception faite des manifestations anti-musulmanes.

Mais le sentiment raciste, lui, progresse. Quelque 48% des sondés estiment par exemple que l’immigration est la principale cause de l’insécurité.

« La CNCDH invite donc les pouvoirs publics à se montrer particulièrement vigilants face à cette violence. On peut notamment s’interroger sur l’impact que peuvent avoir certains discours politiques ou certains débats nationaux sur l’attitude de quelques uns de nos concitoyens vis-à-vis de la population musulmane. Il est donc nécessaire de veiller à ce que ces différents débats
publics n’aient pas pour résultat de faire augmenter des sentiments de méfiance à l’égard de cette religion.
 [20] »

 
profanation d’une salle de prières musulmane à Draguignan

Après la profanation de tombes musulmanes à Carros et l’agression à Amiens de deux personnes âgées qui se rendaient à une mosquée, ce troisième acte anti-musulman commis en moins d’un mois confirme les inquiétudes exprimées dans son dernier rapport par la Commission nationale consultative des droits de l’homme devant la montée du racisme anti-musulman.

 
racisme anti-arabe décomplexé dans le Gard

A Aigues-Mortes, les soutiens à un couple, condamné pour avoir tiré sur des jeunes en tenant des propos racistes, ne se cachent pas.

Une atmosphère lourde de menaces pèse sur ce coin du Gard qui n’a pas oublié les massacres de “ritals” de 1893, et où, à chaque élection, le Front national réalise des scores importants : Marine Le Pen est arrivée en tête dans le département au premier tour de la présidentielle, avec 25.5 % des suffrages. Gilbert Collard a, lui, été élu député dans la deuxième circonscription – celle d’Aigues-Mortes – en juin dernier, avec le soutien tacite des élus de la droite locale.

 
Disparition du mot “race” de la législation ?… qu’en est-il du racisme ?

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot « race » de la législation française. La majorité PS s’est ralliée à cette proposition, soulignant qu’il s’agissait d’« une première étape ». François Hollande s’était en effet engagé, le 10 mars 2012 dans un discours consacré à l’Outre-mer, à supprimer ce terme de la Constitution..

Danièle Lochak, professeur émérite de droit public à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, ancienne présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et auteur de La race, une catégorie juridique ( Presses de la FNSP, revue Mots, 1992) porte un jugement nuancé sur cette initiative qui ne devrait pas, selon elle, aboutir ensuite à modifier la Constitution de 1958, et encore moins le préambule de 1946.

[Mis en ligne le 10 février 2013, mis à jour le 18 mai ]


 
délinquance et immigration : des préjugés à l’analyse, par Laurent Mucchielli

Un point de vue publié dans la revue L’essor de la gendarmerie nationale (mai 2013), dans lequel le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause quelques idées reçues [21].

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Aix-Marseille Université. Il a notamment publié L’Invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits, chez Fayard en 2011, et Vous avez dit sécurité ? au Champ social en 2012.

 
souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973

La circulaire Fontanet élaborée en 1972, en vue de réglementer l’immigration, a été à l’origine d’une flambée raciste en 1973. L’une de ses premières manifestations se déroula à Grasse.

Le 12 juin 1973, réagissant à un rassemblement organisé dans la vieille ville par des travailleurs immigrés pour revendiquer « le droit de vivre dans une situation régulière, d’obtenir une carte de séjour », le maire décida de faire asperger les immigrés avec des lances à incendie, afin de les empêcher de pénétrer dans la mairie. Rapidement, de violentes bagarres se déclenchèrent et les affrontements tournèrent à la « ratonnade » sous l’oeil approbateur de la population. Le maire déclara : « Les Arabes se comportent dans la vieille ville comme en terrain conquis [...], ces gens-là sont différents de nous, ils vivent la nuit [...], c’est
très pénible d’être envahi par eux
 » [22].

Retour sur ces événements, quarante années plus tard, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008, lors d’une interpellation policière.

 
Dominique Venner, une « tête pensante » du fascisme français, par Alain Ruscio

C’est la hantise de voir la France tomber « aux mains des islamistes » qui a poursuivi Dominique Venner jusqu’à son suicide spectaculaire. Il l’évoque dans le dernier billet qu’il a publié sur son blog, où il fait référence au livre Le camp des saints, roman profondément raciste, écrit en 1973, dans lequel Jean Raspail dépeint la capitulation des élites françaises, confrontées à un déferlement de miséreux asiatiques.

Dominique Venner n’est plus, mais ses thèses continuent à être défendues par d’autres “intellectuels” d’extrême droite. Nous reprenons donc ci-dessous la partie d’un ouvrage publié en 2007, où l’historien Alain Ruscio avait retracé les faits marquants de l’itinéraire politique de ce néo-fasciste, qui reste l’un des inspirateurs de la Nouvelle droite [23].

 
La notion de “race” n’a de réalité qu’autour du comptoir d’un café de commerce

En réponse à un article où Nancy Huston et Michel Raymond accordent une « réalité » à la notion de races humaines, des scientifiques cosignent avec Pierre Darlu un article dans lequel ils s’alarment du « retour de la race dans les médias » [24]. Pour eux, « la race ne concerne en rien la génétique ou la biologie humaine » et « n’a de sens que pour ceux qui y croient et pensent en user ou en abuser ». Ils rejoignent Alexis Jenni, pour qui « la race est sans contenu, mais elle est une identité effective » [25].

Ci-dessous une contribution du généticien André Langaney, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle [26].

 
Dans la lutte contre le racisme, les villes de la région PACA sont parmi les plus mal classées

Quelles sont les villes françaises les plus impliquées dans la lutte contre le racisme ? République & Diversité et le Collectif Représentatif des Associations Noires (le CRAN) ont établi un classement selon ce critère des 50 plus grandes villes de France. Villeurbanne, Montreuil, Paris et Toulouse sont en tête ; en revanche la région PACA est la moins dynamique, avec Nice 40e, Avignon 43e, Toulon 45e, Aix-en-Provence 49e et Marseille 50e.

Méthodologie : les villes ont été évaluées sur la base d’un questionnaire en deux parties. La première concerne les politiques internes sur 30 points, et la seconde, sur 70 points, évalue les politiques publiques : communication générale et prises de position publiques, éducation, culture, police et sécurité...
Les réponses des villes aux questionnaires ont été examinées et évaluées par un jury constitué de spécialistes du sujet (universitaires, responsables associatifs, personnalités politiques, experts nationaux ou internationaux)...

Nous reprenons ci-dessous l’essentiel du dossier de presse de cette étude [27].

 
Cecile Kyenge, ministre italienne

Cécile Kyenge concentre les attaques racistes depuis sa nomination comme ministre de l’Intégration. Elle a été victime d’une nouvelle agression raciste vendredi 26 juillet lors d’une réunion du Parti démocrate dont elle est une élue. La ministre, qui est d’origine congolaise, prononçait un discours à Cervia, dans le centre du pays lorsqu’un spectateur a perturbé le déroulement de la rencontre en lançant des bananes.

Il y a deux semaines, elle avait subi une agression verbale, de la part d’un haut représentant des institutions, le vice-président du Sénat, Roberto Calderoli. Ce dirigeant de la Ligue du Nord l’avait comparée à un orang-outan... Le vice-président du Sénat est toujours à son poste.

[Mis en ligne le 21 juillet 2013, mis à jour le 31]


 
à propos de l’islamophobie, par Alain Gresh

Un article d’Alain Gresh, directeur adjoint du Monde diplomatique, publié en 2004 [28], et remis en ligne le 22 août 2013, précédé d’une brève introduction, sur le site Les mots sont importants.

 
l’islamophobie : inacceptable, comme tout racisme

Difficile de nier la multiplication en France d’actes discriminatoires envers les personnes musulmanes ou supposées telles. Cette hostilité est entretenue par des déclarations et des écrits les stigmatisant. Le livre d’Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie – Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », constitue une oeuvre salutaire : il explique comment l’islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom.

Nous reprenons un extrait de son introduction qui montre que des déclarations hostiles à la présence de musulmans en France sont de plus en plus tolérées alors qu’elles seraient jugées inadmissibles si elles étaient appliquées à d’autres catégories de la population. Pour commencer, un exemple récent ...

 
Christiane Taubira comparée à un singe : sévère condamnation en justice

Après les propos d’Anne-Sophie Leclere, candidate du Front national aux élections municipales de Rethel, dans les Ardennes (nord-est de la France), le défenseur des droits a écrit au procureur de la République de Paris pour dénoncer une « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence ».

Dans un reportage de l’émission Envoyé spécial, Anne-Sophie Leclere a assumé un photomontage publié sur sa page Facebook montrant, côte à côté, un petit singe et Christiane Taubira. En légende : « à 18 mois et maintenant ». « A la limite, je préfère la voir dans un arbre après les branches, que la voir au gouvernement », a récidivé la candidate aux caméras de France 2.
La candidate a été suspendu par son parti qui s’est défendu, en parlant d’« erreur de casting » ( ? ). Reste la question : le Front national a-t-il vraiment changé ?

Christiane Taubira était à Angers ce vendredi 25 octobre 2013. Pendant les discours officiels, une centaine d’opposants au mariage pour tous avaient entrepris de chahuter dans la rue sous les fenêtres du tribunal. Parmi eux, une jeune fille d’une dizaine d’années agitait une peau de banane et criait : « C’est pour qui la banane ? C’est pour la guenon ! ».

Après Cécile Kyenge, Christiane Taubira ... les femmes résistent.

[Mis en ligne le 19 octobre 2013, mis à jour le 28, puis le 15 juillet 2014]


 
Insultes racistes contre Christiane Taubira

Lors d’un déplacement de Christiane Taubira à la cour d’appel d’Angers (Maine-et-Loire), vendredi 25 octobre 2013, une adolescente qui faisait partie d’un groupe d’opposants au mariage homosexuel, réunis à l’extérieur de l’édifice, avait comparé la ministre de la Justice à une « guenon » [29].

Le lundi suivant, de passage à Toulouse, la ministre est revenue sur le sujet : « Très franchement, sur ma personne, c’est absolument sans importance. Ce qui me paraît extrêmement grave, c’est qu’il y a des personnes, de plus en plus, qui s’affranchissent […] [du] respect de la loi et qui profèrent des insultes, des injures, des menaces ». « Ça me paraît extrêmement inquiétant pour la société, pour les personnes qui sont vulnérables, qui risquent, elles, d’être exposées à ces comportements et parfois à des passages à l’acte en terme d’agressions », a-t-elle poursuivi.

Ci-dessous : une vidéo réalisée à Angers, la réaction de François Morel et celle de l’historien Pascal Blanchard.

un appel à signer : “France, ressaisis-toi” !



[Mis en ligne le 1er novembre 2013, mis à jour le 10]


 
La France raciste et celle qui réagit

Les semaines passent et se ressemblent au Front national. Après l’épisode de la caricature raciste de la ministre de la Justice Christiane Taubira publiée sur la page Facebook de la candidate FN aux municipales dans les Ardennes, les déclarations douteuses de Marine Le Pen sur la barbe des otages français d’Arlit, cette fois-ci c’est une tête de liste FN d’origine algérienne qui fait vaciller la stratégie de dédiabolisation du parti d’extrême-droite : Nadia Portheault, candidate du Front national à Saint Alban (Haute Garonne), rend sa carte du parti en dénonçant le racisme qui y règne.

Condamnant les « dérapages vers l’injure raciste », Harry Roselmack déplore le retour de la France raciste.

 
Face à la dernière provocation de l’hebdomadaire “Minute”

L’hebdomadaire d’extrême droite Minute n’est visiblement pas à une initiative nauséabonde près. Cette semaine, il consacre sa manchette à la ministre de la Justice. « Taubira retrouve la banane », titre le journal. Surtitre : « Maligne comme un singe ».

Le journal fait référence à une manifestation d’opposants, fin octobre, lors d’un déplacement de la ministre à Angers. On avait pu voir, parmi les militants, de jeunes adolescents scandant « la guenon mange ta banane », tandis que l’un d’entre eux agitait une peau de banane. Il y a un mois, Anne-Sophie Leclère, candidate du Front national aux élections municipales de Rethel dans les Ardennes, avait elle aussi provoqué une vive polémique en comparant Christiane Taubira à un singe dans un sujet du magazine Envoyé spécial. « Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République », avait dénoncé Christiane Taubira dans un entretien à Libération.


Dernière minute – Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a saisi, mardi 12 novembre, le procureur de la République de Paris au sujet de la « une » de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute sur Christiane Taubira, « en application de l’article 40 du Code de procédure pénale [afin] de porter ces faits susceptibles de constituer l’infraction d’injure publique à caractère racial ».

Ci-dessous, à la suite du communiqué de la LDH, la lettre ouverte que Yann Moix, prix Renaudot 2013, a adressée il y a quelques jours à Christiane Taubira.

[Mis en ligne le 12 novembre 2013, mis à jour le 13]


 
Contre le racisme et les idées d’extrême droite, un sursaut suite à la publication d’une Une de « Minute »

La garde des Sceaux était l’invitée du Journal télévisé de France 2, mercredi 13 novembre 2013. Elle a réagi à la Une du magazine Minute qui la compare à un singe [30]. La LDH se félicite du sursaut qui a suivi la publication de la Une scandaleuse de cette hebdomadaire.

 
Le 30 novembre 2013, à Toulon, marchons contre le racisme

Un communiqué commun du 19 novembre 2013 signé par la LDH appelle à l’organisation partout en France, le 30 novembre 2013, de marches unitaires contre le racisme.

À Toulon : nous marcherons du Parvis des droits de l’Homme (devant la fac de droit) – rendez-vous à 10 h – jusqu’à la préfecture.

À l’étranger : Le Haut-Commissariat des droits de l’homme, une agence de l’ONU, a publiquement condamné, vendredi 15 novembre, les attaques racistes contre Christiane Taubira.

[Mis en ligne le 16 novembre 2013, mis à jour le 20]


 
Françoise Héritier : Travailler un passé que nous pensions révolu

Pour Françoise Héritier, il ne faut pas laisser la place à ceux qui visent « l’étranger, le Noir, le basané ».

Anthropologue, professeure honoraire au Collège de France, Françoise Héritier estime qu’il est urgent de sortir de la stigmatisation et nécessaire de « voir dans l’autre l’universel, et donc le même, plutôt que le radicalement autre ». Elle vient de publier Le Goût des mots (éd. Odile Jacob).

 
Tahar Ben Jelloun : « Le racisme est le propre de l’homme »

Dans une tribune publié dans Le Monde du 13 novembre 2013 [31], l’auteur du livre Le racisme expliqué à ma fille (rééd. Seui, 2009), explique que « la lutte contre le racisme doit être quotidienne [...] car le racisme [...] est un état d’esprit qui fait partie des faiblesses de l’homme, de ses failles et de ses erreurs. »

 
Réagir aux résurgences du racisme colonial, par Gilles Manceron

On peut parler en France d’un refoulement puis d’un rejaillissement de la mémoire coloniale. La violence des insultes à Christiane Taubira comme la multiplication dans la période récente d’actes islamophobes contre des femmes portant foulard ou des lieux de culte musulman sont autant de manifestations d’un retour du racisme colonial. Mais à l’ère post-coloniale, ce racisme a souvent tendance à revêtir un habillage nouveau, d’apparence humaniste et progressiste, à substituer, par exemple, au discours nationaliste d’hier un discours souverainiste, voire à se livrer à un détournement à son profit de notions comme le féminisme ou la laïcité.

 
« Il y a des moments où on ne peut pas rester chez soi »

[Var-Matin, le 30 novembre 2013 à 15h10] – Plusieurs centaines de personnes ont défilé contre le racisme […] dans les rues de Toulon, depuis le parvis des Droits de l’homme jusqu’à la Préfecture.

La Ligue des droits de l’Homme, la Fédération des œuvres laïques, les partis politiques et syndicats de gauche, des éducateurs et des citoyens étaient tous unis sous la banderole de la tolérance et de la fraternité. « Le racisme est un délit, pas une opinion » était un des messages passés. « Nous voulons rappeler ce qu’est la République » déclarait Philippe Comani, de la Ligue des droits de l’Homme Toulon.

 
rapport 2013 de la cncdh : musulmans et Roms, nouveaux boucs émissaires

Le racisme quotidien se banalise, pointe la Commission nationale consultative des droits de l’Homme dans son rapport annuel pour l’année 2013. Un tiers des Français se disent aujourd’hui ouvertement racistes... et « ce sont les Arabo-musulmans qui focalisent l’essentiel des crispations, à l’exclusion de quasiment toutes les autres minorités excepté des Roms, qui font également l’objet de propos très agressifs ». [32]

Christine Lazerges, présidente de la CNCDH a présenté ce rapport à l’occasion d’une conférence de presse, en regrettant qu’il n’ait pu être remis au Premier ministre que le 1er avril, après les élections municipales, et non le 21 mars, Journée internationale de lutte contre le racisme, comme chaque année : « C’est une occasion ratée de parler de ces questions de société. »
Elle a également souligné l’importance de montrer l’exemple au plus haut niveau : « Dans un gouvernement de gauche, on attend un discours clair, net sur ces questions et pas ambigu comme on l’a eu sur les Roms. » [33]

 
La responsabilité des politiques en 2013 dans la montée du racisme

Le racisme quotidien se banalise observe la Commission nationale consultative des droits de l’homme dans son rapport pour l’année 2013. La Cncdh avait fait la même observation dans son rapport précédent. Gérard Aschieri, rédacteur en chef adjoint de Hommes & Libertés, l’avait mis en évidence dans le compte-rendu du rapport 2012 que nous reprenons et qu’il avait écrit pour la revue trimestrielle de la LDH [34].

Comme Christine Lazerges l’a fait récemment en remettant le rapport 2013, Gérard Aschieri pointe la « responsabilité des hommes politiques [...] dès lors que leur discours “décomplexé” légitime un tant soit peu la transgression de la norme républicaine ou ne réagit pas avec assez de force. »

 
« Quelques blancs, quelques whites, quelques blancos » : les mots sont importants

Comme la CNCDH l’a pointé dans ses rapports récents, les politiques portent une grande responsabilité dans la montée du racisme en France. La vidéo de 21 minutes, réalisée en 2010 par Frédéric de Carlo, Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, pour accompagner la sortie du recueil Les mots sont importants. 2000/2010 [35] en constitue une illustration spectaculaire.
Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore Manuel Valls en sont, parmi d’autres, les personnages principaux.

 
Le maire FN de Mantes-la-Ville veut empêcher la construction d’une mosquée

Mantes-la-Ville (Yvelines) est la première commune d’Ile-de-France qui a élu un maire Front national. Les manifestations d’intolérance n’ont pas tardé. D’autant que l’une des priorités du nouveau maire, Cyril Nauth, est de s’opposer à la construction d’une nouvelle salle de prière pour les musulmans.

Un comité de vigilance et d’action s’est constitué pour mettre la nouvelle municipalité sous surveillance. « Nous veillerons à ce que l’égalité de traitement entre tous les Mantevillois soit respectée », a déclaré Bénédicte Bauret, élue d’opposition et présidente de la section locale de la Ligue des droits de l’Homme.

Le lundi 12 mai à 20h30 à la salle Jacques Brel de Mantes-la-Ville, la Ligue des droits de l’Homme organise un débat sur le thème des extrêmes droites.
André Déchot, membre de la LDH et animateur d’un groupe de travail sur ce sujet, animera un débat autour de la question :
“Comment faire reculer les populismes autoritaires, xénophobes et le nationalisme ?”

 
Les dérapages d’Éric Zemmour devant la justice

A la suite d’une chronique d’Eric Zemmour appelant implicitement à une politique de purification ethnique, le Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) avait saisi le CSA et demandé à RTL de congédier le polémiste.
Zemmour a bénéficié en première instance d’une relaxe ; mais le parquet a fait appel en septembre 2015.

[Mis en ligne le 8 mai 2014, mis à jour le 29 septembre 2015]


 
Condamnation du maire de Six-Fours pour un tweet raciste

Le tribunal a prononcé sa décision dans l’affaire du tweet raciste de Jean-Sébastien Vialatte : le député-maire UMP de Saint-Cyr-les-Plages a été condamné à 2 000 euros d’amende et 4 000 euros de dommages et intérêts. Jean-Sébastien Vialatte était poursuivi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « provocation à la discrimination et à la haine raciale » : il avait publié en mai 2013 un tweet dans lequel il désignait des casseurs par l’expression « descendants d’esclave » — voir cette page.

Dans sa décision, le tribunal a tenu compte des excuses publiques que J.-S. Vialatte avait présentées dès le lendemain de l’envoi du tweet, ainsi que des engagements qu’il avait pris vis-à-vis de la Fondation du mémorial de la traite des Noirs (FMTN). [36]

[Mis en ligne le 21 juin 2014, mis à jour le 19 septembre]


 
la LDH solidaire de Vallaud-Belkacem face à des propos outranciers

La presse d’extrême droite cible ouvertement les origines de la ministre de l’Education nationale. Elle a dénoncé, mardi 2 septembre 2014 sur France 2, les rumeurs et attaques dont elle est l’objet :


 
Scènes de “lynchage” en gare de Toulon

De graves incidents, s’apparentant à un “lynchage”, se sont déroulés en gare de Toulon, mardi 4 novembre dernier à l’encontre d’un voyageur soupçonné de ne pas posséder de titre de transport valide.
– “Lyncher” : exécuter sommairement, sans jugement régulier et par une décision collective, un criminel ou supposé tel [37].
Si vous avez été témoin d’une partie de ces événements, merci de contacter la LDH de Toulon : par téléphone au 06 21 63 40 88, ou par mail : ldhtoulon@gmail.com.
La victime a saisi la justice, et votre témoignage peut être important pour établir la vérité.

Vous trouverez ci-dessous l’article que La Marseillaise a consacré à ces événements dans son édition du 14 novembre dernier, suivi du dossier publié dans Var matin le 15 novembre 2014.

Complément – Au cours de l’émission Les Pieds sur Terre du 2 février 2015, France culture a diffusé l’entretien suivant avec Birame :


[Page mise en ligne le 15 novembre 2014,
le complément ci-dessus a été ajouté le 6 février 2015]


 
Toulon, novembre 2014 : non au racisme !

Réagissant aux incidents à caractère raciste qui se sont déroulés en gare de Toulon, le 4 novembre 2014 – voir ces articles –, la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a adopté la déclaration suivante, à l’issue de son assemblée générale annuelle, le 18 novembre dernier.

 
Forte croissance en 2014 des actes antisémites ou antimusulmans

Les attentats terroristes des 7, 8 et 9 janvier dernier à Paris et Vincennes ont provoqué une montée spectaculaire du nombre d’actes antimusulmans : il y en a eu plus au cours des trois semaines qui ont suivi que pendant l’année dernière toute entière.

On ne connaît pas le nombre d’actes antisémites commis pendant la même période. En revanche, les relevés annuels, connus depuis 1992, mettent en évidence une montée très importante de leur nombre depuis 1999. Les actes antisémites représentent environ la moitié des actes racistes commis en France, alors que les juifs sont moins de 1 % de la population française.

Nous ne chercherons pas à comparer ces deux séries d’événements – une comparaison qui n’aurait aucun sens – mais nous rassemblons ci-dessous quelques éléments d’information les concernant.

[Mis en ligne le 1er février 2015, mis à jour le 5]


 
Racisme : Souleymane dans le métro parisien, après Birame en gare de Toulon

Souleymane, 33 ans, s’est fait refouler d’une rame du métro parisien mardi soir 17 février 2015 par des supporteurs de Chelsea, à cause de la couleur de sa peau. Vous trouverez ci-dessous son témoignage publié dans le Parisien.

Il y a trois mois une affaire analogue s’était déroulée en gare de Toulon. Le 4 novembre 2014, Birame avait été violemment expulsé du train où il avait pris place, par des voyageurs persuadés, à tort, qu’il ne détenait pas de titre de voyage en règle. Son seul tort était en fait que sa peau est foncée. Voir cet article : lynchage en gare de Toulon.
L’affaire de Birame n’a pas fait autant de bruit que celle de Souleymane, notamment parce qu’elle n’était pas liée à une manifestation sportive. Birame n’a donc pas bénéficié du concours de la police britannique et on peut douter que la police toulonnaise ait identifié des passagers qui l’ont agressé, mais il dispose des témoignages de deux personnes qui ont assisté à la scène.

[Mis en ligne le 19 février 2015, mis à jour le 20]


 
Condamnations en février 2015 de l’hebdomadaire “Valeurs actuelles”

La loi sanctionnant le racisme, l’antisémitisme, la provocation à la discrimination existe ... et elle est appliquée. Deux exemples récents l’attestent : l’hebdomadaire Valeurs actuelles vient d’être condamné pour provocation à la haine envers les musulmans et pour provocation à la haine envers les Roms.

Valeurs actuelles défend des valeurs ... sont-elles de droite extrême ou d’extrême droite ?

 
Deux institutrices menacées pour avoir voulu faire chanter en arabe

La justice enquête sur des menaces envers les institutrices qui voulaient faire chanter leurs élèves en arabe. Dans la petite ville de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), les enfants devaient chanter en cinq langues – français, corse, anglais, espagnol et arabe – Imagine de John Lennon, un hymne à la paix dans le monde, le 26 juin prochain, à l’occasion de leur kermesse de fin d’année. Mais, refusant que leurs enfants chantent en arabe, certains parents avaient menacé de perturber le déroulement de la fête. La direction de l’école a préféré annuler la festivité.

Mercredi 17 juin, le procureur de la République à Bastia a annoncé l’ouverture d’une première information judiciaire « pour vérifier s’il y a des faits d’injures et d’incitation à la haine raciale ». La justice va aussi enquêter sur les « pressions exercées sur les enseignantes » à l’origine du projet. Plusieurs graffitis « Arabi fora » (« les Arabes, dehors ») et « Lingua corsa » (« langue corse ») ont été tracés à la peinture dans la nuit de mardi à mercredi devant et aux abords de l’école.

Le rectorat et la mairie ont porté plainte. La ministre de l’Éducation nationale a apporté son soutien aux institutrices.

[Mis en ligne le 20 juin 2015, mis à jour le 22]


 
Pour la députée Nadine Morano : la France est un “pays de race blanche”

Sur le plateau d’ “On est pas couché”, Nadine Morano a fait référence au général de Gaulle pour asséner que la “France est un pays judéo-chrétien de race blanche”. Mais le chef de la France libre a t-il vraiment prononcé cette phrase ?

Depuis plus de vingt ans, la citation en question est récupérée par la droite extrême. En 2009, le Front national de la jeunesse l’avait utilisée sur des affiches pour une campagne sur le thème de l’identité nationale. Deux ans plus tôt, Eric Zemmour l’avait également employée sur le plateau d’I-Télé et dans les colonnes du Figaro.

En effet, contrairement à ce que pense Nadine Morano, il ne s’agit pas d’une déclaration publique mais d’une citation tirée du livre de l’ancien ministre Alain Peyrefitte C’était de Gaulle. Elle est reprise ci-dessous.

 
Les races n’existent que dans la tête des racistes

La race n’existe pas en tant que réalité physique, génétique ou anthropologique, mais elle existe comme réalité sociale. Etre raciste, c’est croire qu’il existe différentes races et que certaines sont supérieures aux autres. En fait, les races n’existent que chez les animaux [38]. On ne doit pas parler de différentes races humaines mais d’un seul genre humain.

Malgré tout, des personnes affirment le contraire pour justifier une domination ou des persécutions envers certains groupes de personnes, distinguées par leur apparence physique, leurs habitudes, leurs idées, leur religion...

Le racisme est vieux comme le monde et il s’est manifesté sur tous les continents. Ci-dessous un spot publicitaire chinois présente une lessive comme capable de transformer un Noir en Asiatique...

 
« Partez d’ici, sales nègres ! »
Mes fils sont métis, je suis en colère, obstinément

Katell Pouliquen est rédactrice en chef du magazine Elle. Mère de deux fils métis, elle est aussi Bretonne et amoureuse d’une France multiculturelle. Pourtant, le 10 février dernier, elle reçoit cet uppercut : « Partez d’ici, sales nègres », leur lance un inconnu. A 70 jours de l’élection présidentielle, elle a crié sa colère et son incompréhension sur les réseaux sociaux. [39]