Les “banlieues”

publié le 18 octobre 2020
Les « tournantes » : fantasmes ou réalité ?

Entre 2001 et 2003, un thème a brutalement envahi les médias : les viols collectifs, rebaptisés ’tournantes’ et présentés comme un phénomène nouveau imputable aux jeunes issus de l’immigration habitant les quartiers sensibles.

Dans un ouvrage qu’il vient de publier Le scandale des « tournantes ».
Discours médiatique et contre-enquête sociologique
 [1], Laurent Mucchielli [2] réfute, preuve à l’appui, la liaison faite entre viols collectifs, origine maghrébine, et religion musulmane.
 [3]

 
La mémoire à vif

Héritiers de ce passé traumatique, des Français issus de l’immigration s’en emparent pour dénoncer les injustices qu’ils subissent ; les travaux de spécialistes et les projets commémoratifs se multiplient... Longtemps refoulée, l’histoire coloniale de la France refait surface. Dans la confusion.


Par Boris Thiolay [L’Express du 22 septembre 2005]
photos © J.-P. Guilloteau/L’Express

 
La République et sa Bête par Achille Mbembe

Quel rapport peut-on voir entre les flambées de violence dans les « banlieues » et la politique africaine de la France ? Celle-ci ne serait-elle pas en partie responsable de la double crise de l’étranger et du citoyen ?

Un article de Achille Mbembe
 [4],
publié lundi 7 novembre 2005 sur www.icicemac.com [5].

 
Les étrangers, l’insécurité et les élections, par Ali Ghanem (2002)

Pierre-Yves Lambert, l’un des fondateurs du site Minorités.org, nous propose de relire un article d’Ali Ghanem paru dans le Quotidien d’Oran le 28 février 2002. Cette analyse date d’avant les présidentielles de 2002, mais elle garde toute sa pertinence. [6]

 
Pour les jeunes des cités, le « manque de respect » du ministre est à l’origine des troubles.

Banlieues

« Il faut que Sarkozy s’excuse ou démissionne »
pour les jeunes des cités, le « manque de respect » du ministre est à l’origine des troubles.


Par Ludovic BLECHER et Jacky DURAND et Karl LASKE et Gilles WALLON, Libération,samedi 05 novembre 2005

 
Proclamation de l’état d’urgence

Le Conseil des ministres exceptionnel réuni ce matin a pris un décret pour notifier l’entrée en vigueur de ce texte qui, depuis l’Algérie, n’a été appliqué qu’en Nouvelle-Calédonie en 1984-1985. Une fois « l’état d’urgence déclaré » reviendra aux préfets, dont les pouvoirs seront considérablement accrus, la charge de délimiter précisément les zones de « l’état d’urgence appliqué ». Celui-ci, qui pourra entrer en vigueur dès demain, se traduira, de fait, par un couvre-feu [7].

 
Laurent Mucchielli : “tant que l’on refusera de traiter les questions de fond, on aura des émeutes”

La vague de « violence » des quartiers dits « sensibles » est le produit d’un processus de ghettoïsation que la société française refuse de voir, et d’un sentiment d’impasse et d’humiliation des jeunes.

Un entretien avec Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au Cnrs, repris du site de l’Observatoire des inégalités [8], suivi d’un article d’Akram Belkaïd qui écrit dans Le Quotidien d’Oran que « cela devrait interpeller Nicolas Sarkozy ».

 
L’état d’urgence : les précédents algérien et calédonien

Un article de Libération et un du Monde.

 
Présumés émeutiers en herbe

des jeunes devant la Justice

 
Vu d’Alger et d’ailleurs

« [...] exhumer une loi de 1955, c’est envoyer aux jeunes des banlieues un message d’une sidérante brutalité : à cinquante ans de distance, la France entend les traiter comme leurs grands-parents. Le premier ministre devrait se rappeler que cet engrenage d’incompréhension, de fébrilité martiale et d’impuissance avait alors conduit la République aux pires déboires. » (Jean-Marie Colombani, Le Monde du 9 novembre 2005)

 
L’urgence de la fraternité par Michel Tubiana

Michel Tubiana est président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme.

Article paru dans Le Monde du 11 novembre 2005, sous le titre : état d’urgence : qui sont les ennemis ?

 
Les jeunes des quartiers difficiles ne voient du « modèle social français » qu’une grise prison.

Piégés par la République

Par Didier LAPEY-RONNIE et Laurent MUCCHIELLI, sociologues.

Libération, mercredi 09 novembre 2005.

 
Amnesty International : ne pas répondre aux violations de la loi par d’autres violations

Une déclaration publique de l’organisation internationale sur la situation en France, en date du 10 novembre 2005 [9].

 
Un projet de mosquée à Nice suscite l’hostilité du maire et de certains riverains

« Ce n’est pas le moment d’installer, en plein cœur de Nice, une terre d’islam », estime Jacques Peyrat, maire UMP de Nice.

Une manifestation de protestation contre cette « attitude raciste et discriminatoire » devrait être organisée devant la mairie, samedi 10 décembre, journée internationale de défense des droits de l’Homme.

[Première mise en ligne, le 16 novembre 2005,
mise à jour, le 3 décembre 2005.]

 
C’est pas la faute aux polygames ...

La LDH réagit à la mise en cause de la polygamie par le ministre délégué à l’Emploi, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale et le ministre de l’Intérieur.

Et Pierre Marcelle nous parle de la polygamie française.

 
L’humiliation ordinaire, par Alain Badiou

Cet article a été publié le 16 novembre 2005 dans le journal Le Monde sous le titre :
Contrôles policiers des allochtones : l’humiliation ordinaire

Le terme allochtone est utilisé aux Pays-Bas et en Belgique pour désigner des personnes ou des groupes de personnes d’origine étrangère, il peut recouvrir différentes définitions, y compris légales.
Allochtone (substantif ou adjectif) signifie littéralement originaire d’ailleurs, du grec allos, étranger, et chtonos, origine. A l’opposé du concept d’allochtone, on trouve celui d’autochtone, littéralement originaire d’ici.

Alain Badiou est philosophe, professeur émérite à l’Ecole normale supérieure, dramaturge et romancier.

 
État de l’opinion ou opinion de l’État ? par le collectif LMSI

Quoi qu’on pense des faits, certainement complexes, et sans doute divers quant à leurs auteurs, leurs motivations, leur signification sociale et leurs débouchés politiques, on est forcé de constater que les « émeutes » de novembre 2005 ont, pendant plusieurs jours, bousculé l’agenda et les habitudes journalistiques, au point de transformer de manière sensible le regard porté sur les banlieues populaires et sur ses habitants... avant que tout revienne dans l’ordre.

Un texte rédigé le 13 novembre 2005, par Le Collectif les mots sont importants [10]

 
Les sauvageons devant la justice varoise

Les nuits ont été tendues dans certains lieux du Var (La Seyne, Hyères, Draguignan, Fréjus, Barjols, Brignoles, Le Luc, et certains quartiers de Toulon), mais rien de comparable à ce qu’ont vécu certaines cités d’Ile de France.

Voici des comptes-rendus brefs, rédigés à partir des articles de la presse locale, des premières comparutions en justice des jeunes « émeutiers » de l’ouest varois (TGI de Toulon et Draguignan).

[Première publication, le 17 novembre 2005,
mise à jour le 2 décembre 2005.]

 
De la peur de penser ... à l’imbécilité politique

Un texte daté du 21 novembre 2005, par lequel Rudolf Bkouche, membre du Bureau national de l’UJFP (Union juive française pour la paix), répond à l’interview d’Alain Finkielkraut parue dans Haaretz.

 
Après Clichy-sous-Bois, par Akram Belkaïd

Article publié dans Le Quotidien d’Oran, le 5 novembre 2005.

Journaliste à la rubrique internationale du quotidien la Tribune, Akram Belkaïd est l’auteur du livre « Un regard calme sur l’Algérie » aux éditions du Seuil.

 
Ces brimades qui empoisonnent l’atmosphère des banlieues

« 
Les solutions ne passent certainement pas par une augmentation de la présence policière dans les banlieues, à l’école et, pourquoi pas, demain, derrière chaque parent, au risque d’une escalade dans les affrontements et de la mise en place d’un ordre de fer, qui serait notre plus grand renoncement. »

par Philippe Chaillou, magistrat, président de la chambre des mineurs à la cour d’appel de Paris.

[ Article paru dans Le Monde daté du 17 janvier 2006 ]

 
Lilian Thuram nommé membre d’honneur de la section toulonnaise de la LDH

La section de Toulon de la LDH a décidé d’attribuer cette distinction à Lilian Thuram pour la qualité de ses interventions dans le domaine de la défense des droits de l’Homme. Nous serons heureux de le recevoir à Toulon dès que son emploi du temps le lui permettra.

Notre décision s’appuie sur le dossier dont vous pourrez prendre connaissance ci-dessous :

  • un entretien de Lilian Thuram avec Tarek Moussa, paru dans Jeune Afrique le 5 mars 2006,
  • une dépêche AFP du 24 février dernier, qui reprend tout le bien qu’il pense de la politique sécuritaire du gouvernement actuel.
  • un entretien publié dans Le Monde du 26 mars 2006.

[Première mise en ligne, le 8 mars 2006,
mise à jour le 26 mars 2006]

 
Les « intégristes de la République » et les émeutes de novembre, par François Gèze

ou Les effets de la mutation médiatique de la figure de l’intellectuel [*].


Article paru dans Mouvements, dossier « Les émeutes, et après ? », n° 44, mars 2006.


 
Retour sur les « émeutes » de novembre 2005, par SUD-intérieur

Serge Rabineau, policier de SUD-Intérieur, revient sur les révoltes de novembre 2005 dans un entretien accordé à Vert n° 7 (juillet 2006), mensuel du parti politique Les Verts.

 
La ldh et la violence urbaine... en 1999

Dans le but de mettre en perspective les événements de 2005 en banlieue, nous exhumons un texte de 1999 des groupes de travail de la Ligue des droits de l’homme sur la « violence urbaine ». Aux antipodes des solutions martiales du gouvernement actuel...

 
Les mineurs émeutiers jugés à Bobigny (93)

« La campagne électorale 2006-2007 ressemblera-t-elle à celle de 2001-2002 ? Ou bien sera-t-elle pire ? On peut aujourd’hui le craindre. Dans l’espace politique, nous risquons d’assister de nouveau à une surenchère sur le thème de la sécurité. C’est la stratégie du ministre de l’Intérieur et président de l’UMP, qui semble sans limite. Et qui l’est, de fait, dans son contenu, aucun des principes généraux qui fondent le droit français [11] n’échappant aux formules-chocs de sa vindicte punitive. »

C’est ainsi que Laurent Mucchielli introduit le premier numéro de la revue du groupe Claris.
Par la publication d’analyses rigoureuses et d’articles de réflexion, cette nouvelle revue Claris a pour ambition de diffuser une argumentation permettant de clarifier le débat public sur la sécurité et de contester le discours tout-répressif.

Le premier numéro, intitulé JUSTICE DES MINEURS, EMEUTES URBAINES, est librement téléchargeable [*]. Nous reprenons ci-dessous un de ses articles, celui que Aurore Delon et Laurent Mucchielli [**] ont consacré aux « mineurs émeutiers jugés à Bobigny ».

 
Roissy recrute sur fiches policières

L’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (Seine-Saint-Denis) licencie ou refuse d’embaucher les jeunes du département « connus des services de police », même s’ils n’ont jamais été condamnés.

Un article de Bertrand Bissuel et Luc Bronner, publié dans Le Monde du 23 juin 2006.

 
Civiliser les cités ? par Nabile Farès

Nabile Farès, né à Collo (Algérie), vit actuellement en France. Il a publié de nombreux ouvrages : Yahia pas de chance, Un passager de l’occident, Le champ des oliviers, Mémoire de l’absent – éd du Seuil –, Le chant d’Akli, La mort de Salah Baye, L’exil au féminin, Le miroir de Cordoue
éd. L’harmattan.

 
Octobre-novembre 2005 : l’explosion des banlieues par Naïma Bouteldja

Les émeutes qui ont balayé la France sont le produit d’années de racisme, de pauvreté et de brutalité policière.

Le texte qui suit est une traduction “libre” de la version courte d’un article de Naïma Bouteldja paru en anglais au début novembre 2005 [12].

Naïma Bouteldja est une journaliste française qui fait de la recherche pour le Transnational Institute.

 
Pour Sarkozy, les banlieues “c’est un enjeu de civilisation”.

On attendait un « plan Marshall » pour les banlieues. On aura 4 000 policiers de plus, des lignes d’autobus pour désenclaver des quartiers particulièrement
isolés... et de bonnes intentions.

 
Ils ont sifflé la Marseillaise !

Disons-le clairement : on a le droit de siffler l’hymne national tout comme on a le droit de l’applaudir. Il est, par contre, inacceptable que l’on siffle un joueur en raison de la couleur de sa peau. Or sur ce terrain, on n’entend pas les hommes politiques.

Et demandons-nous s’il est bien justifié de jouer des hymnes nationaux lors de rencontres sportives.

Ceci étant dit, on ne peut ignorer ce qu’exprimaient les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise mardi 14 octobre, lors du match amical France-Tunisie. Derrière l’outrage à l’hymne national : le sentiment de rejet et le désarroi des jeunes issus de l’immigration, l’échec lancinant et corrosif de leur intégration à la communauté républicaine. [13]

L’historien Alain Ruscio et le journaliste Thierry Leclère réagissent.

[Le chapeau a été revu en mai 2009]


 
La police est équipée pour affronter les banlieues

La police française est désormais convaincue de disposer de techniques de maintien de l’ordre lui permettant de faire face à de nouvelles émeutes en banlieue.

Mais cela ne fera qu’entretenir, au sein des quartiers dits “sensibles”, le ressentiment vis-à-vis de la société et des pouvoirs publics : « On nous traite comme des chiens. On est tous au chômage, on n’a pas d’argent et on nous regarde comme des étrangers. » [14].

 
Woippy : la mort, l’émeute et la police municipale

Un jeune est mort, deux autres sont dans un coma qui semble irréversible, une nuit de révolte, des destructions-dégradations, des centaines d’habitants caillassant des centaines de policiers... l’émeute du 20 janvier 2010 à Woippy (Moselle) est pourtant déjà presque oubliée, signe d’une banalisation étonnante d’un phénomène pourtant très révélateur de l’état et de l’évolution de la société française. Nous rappelons ces événements en reprenant un article de Nicolas Bastuck et Luc Bronner publié dans Le Monde.

Dans une enquête intitulée « La mort, l’émeute et la police municipale de Woippy : “circulez, y’a rien à voir” ? », le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, en tire des enseignements. Il met en évidence deux phénomènes majeurs : la ghettoïsation persistante de ce territoire et la dérive sécuritaire de la politique municipale. Une enquête – accessible en ligne – qui vient à point nommé à l’heure où le Parlement s’apprête à examiner une nouvelle loi sécuritaire, la LOPPSI 2.

[2 avril 2010] – Deux mois et demi plus tard, les déclarations d’un rescapé du drame mettent en cause le comportement de la police municipale.

[Mise en ligne le 8 février 2010, mise à jour le 2 avril]


 
Villiers-le-Bel : condamnations sur dénonciations rétribuées

La mort, fin novembre 2007, de deux adolescents dans la collision de leur moto avec un véhicule de police avait entraîné deux jours de violences entre jeunes et forces de l’ordre à Villiers-le-Bel (Val d’Oise). La cour d’assises de Pontoise vient de condamner à des peines lourdes – de 3 à 15 ans de prison ferme – mais inférieures aux demandes du ministère public, cinq jeunes accusés d’y avoir pris part, fut-ce indirectement, accusation qui ne s’appuyait que sur un seul témoignage “sous X” [15]. Un appel dénonçant « l’inacceptable verdict du 4 juillet 2010, condamnant sans preuves cinq jeunes de Villiers-le-Bel à des peines d’emprisonnement ferme » peut être signé : appel contre une condamnation pour l’exemple.

Il y a quelques années, Laurent Mucchielli, co-auteur de l’ouvrage Quand les banlieues brûlent, avait déclaré « tant que l’on refusera de traiter les questions de fond, on aura des émeutes » [16]. Il avait identifié « quatre problèmes cruciaux pour les banlieues » :

  1. les relations catastrophiques avec la police,
  2. le niveau de l’échec scolaire et le ressentiment envers l’école,
  3. le niveau du chômage des jeunes, y compris lorsqu’ils sont qualifiés et
  4. le statut global de la population dite “issue de l’immigration” dans la société française.

Il poursuivait : « Ils sont toujours là, et ils nourrissent toujours en permanence dans ces quartiers des sentiments de colère, d’injustice, d’exclusion, d’humiliation et de ce que j’appelle la “victimation collective” ».

L’article d’Oernella Guyet que nous reprenons ci-dessous sous contrat Creative Commons – il a été initialement publié sur le site BastaMag – montre que la situation ne s’est pas améliorée depuis lors.

 
Chaque violence illégitime contre un manifestant incitera des dizaines de ses camarades à vouloir le venger

Aurait-on déjà oublié le motif initial des émeutes en Grande Bretagne ? Il s’agit de la mort de Mark Duggan, un Antillais de 29 ans, abattu le 4 août par des policiers dans le quartier de Tottenham au nord de Londres. Mark Duggan était soupçonné d’appartenir à un gang. Les policiers ont justifié l’usage de leur arme en invoquant la légitime défense. La colère est venue de là, de l’homicide bien entendu, mais également de la relation par la police des circonstances de cette mort, une relation qui n’a pas convaincu le quartier. Et Tottenham s’est embrasé comme Clichy-sous-Bois en octobre 2005, puis Villiers-le-Bel en novembre 2007.

Dans ces deux derniers cas, la police avait commencé par chercher à s’exonérer de toute responsabilité : à Clichy, « les enfants n’étaient pas poursuivis », et à Villiers-le-Bel, « le véhicule de police circulait normalement ». Dans ces deux cas, la relation des faits s’est avérée fausse, mais aucun des policiers impliqués n’a été sanctionné, alors que ce sont les inexactitudes de leurs déclarations qui ont provoqué les émeutes qui ont suivi.

L’avocat Jean-Pierre Mignard, observe sur son blog que le même processus s’est déroulé à Londres : l’IPPC (l’Independant Police Complaints Commission) a fait savoir le 9 août que rien ne démontrait que Mark Duggan se soit servi de son arme ou qu’il ait tenté de s’en servir. La thèse de la légitime défense s’effondre donc.

Jean-Pierre Mignard rappelle d’autre part que, en mai 1968, Maurice Grimaud, alors préfet de police de Paris, avait su, en leur rappelant des règles déontologiques élémentaires, calmer les fonctionnaires de police et contenir la violence qu’ils ont exercée sur les manifestants parisiens. La lettre que Maurice Grimaud avait adressée le 29 mai 1968 à chaque membre de la police parisienne est reprise ci-dessous [17]. Jean-Pierre Mignard signale d’ailleurs que, lors des émeutes de Clichy en 2008, l’actuel préfet de police Michel Gaudin avait fait afficher cette lettre dans les commissariats.

 
Trappes : ce que le voile révèle

« Il y a l’élément déclencheur et le contexte. L’élément déclencheur? : à Trappes une femme voilée, mais pas intégralement, a d’abord été agressée à l’arme blanche? ; puis s’est produit le contrôle d’identité d’une femme portant le niqab. Le contexte? : les révoltes ne se produisent pas dans les quartiers aisés mais dans les quartiers populaires, ouvriers, où règne un sentiment d’abandon, de disqualification, de ségrégation. C’est le cas à Trappes. Dans tous ces quartiers existe un haut degré d’exaspération. Les forces de l’ordre représentent l’État et sa forme répressive. Parmi la population musulmane, l’islamophobie est une autre cause de l’exaspération. L’islamophobie n’est pas reconnue – ou alors du bout des lèvres – ni prise en charge par les pouvoirs publics. » (Marwan Mohammed [*])

Ci-dessous un billet d’humeur du démographe Nicolas Bourgoin [**], suivi d’un entretien vidéo du mari de la femme verbalisée, diffusé sur la Télévision locale du 93.

 
Il y a trente ans, la « marche des beurs »

15 octobre 1983, départ à Marseille de la « Marche des Beurs ». Son objectif : dénoncer le racisme, réclamer une France multiculturelle et obtenir l’égalité des droits pour les immigrés et leurs enfants.

Cette Marche pour l’égalité et contre le racisme, rebaptisée « Marche des Beurs », a pris naissance au cours de l’été 83 dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux. Le climat est tendu dans cette ZUP et les affrontements se multiplient entre les forces de l’ordre et les jeunes. Au cours des rixes, Toumi Djaïda, le président de l’association SOS Avenir Minguettes, est blessé par un policier. Les violences montent, des voitures sont brûlées, des bâtiments saccagés...

Partie dans l’anonymat, en octobre 83, la marche finit en apothéose à Paris, le 3 décembre, avec près de 100 000 personnes à la Bastille. Un documentaire revisite l’histoire de cette marche pour l’égalité qui a vu la prise de parole par des enfants de l’immigration. Mais la fracture existe toujours entre la France et ses banlieues...

 
Laurent Mucchielli : “il faut adapter la citoyenneté à notre societe multiculturelle”

Neuf mois après les attentats qui ont frappé Paris et Montrouge, le sociologue Laurent Mucchielli estime que la réponse au « malaise français » se situe avant tout sur le terrain socio-économique et politique. Il juge indispensable de concilier la citoyenneté avec le multiculturalisme de la société. Il se penche également sur le bilan de la politique de la ville et sur les enjeux de sécurité au plan local.

 
Un scénario vieux de 30 ans, par Laurent Mucchielli

C’est en  1990 qu’ont eu lieu les premières émeutes de banlieue en France, rappelle le sociologue Laurent Mucchielli. Depuis, les problèmes sociaux et institutionnels à l’origine de ces violences perdurent

Ci-dessous, un article du sociologue publié dans le journal Le Monde, le 11 février 2017.

 
Pour que l’affaire Théo ne se reproduise pas

Des responsables d’associations interpellent Bernard Cazeneuve pour l’inciter à ouvrir un chantier de réformes autour d’une série de mesures concernant le fonctionnement de la police qu’ils proposent.

Lire également « De quoi l’affaire Théo est-elle le nom ? » par Françoise Dumont, présidente de la LDH.

 
Indignation générale après la décapitation d’un professeur à Conflans-Sainte-Honorine

Un professeur d’histoire-géographie dans un collège des Yvelines a été assassiné par décapitation le 16 octobre 2020. Ci-dessous les réactions des syndicats d’enseignants et de la Ligue des droits de l’Homme qui expriment leur indignation et leur détermination à ne rien céder dans le combat fondamental pour la défense de la liberté d’expression, de l’éducation à l’esprit critique et de la laïcité. Nous reprenons le projet de lettre d’un enseignant qui appelle à réagir « avec les musulmans » et à refuser toute intrumentalisation islamophobe. Et rappelons, en signalant des pages parues antérieurement sur notre site, que l’indignation légitime suscitée aujourd’hui en France par ce meurtre par décapitation doit s’étendre aux mêmes pratiques barbares qui ont été mises en œuvre par des armées et des autorités françaises tout au long de l’époque coloniale.