Charonne 8 février 1962

publié le 8 février 2013
Charonne, 8 février 1962 : un crime d’Etat

Retour sur la manifestation anti-OAS du 8 février 1962, à l’occasion de la parution d’un livre d’Alain Dewerpe,
Charonne. 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat
,
Gallimard, « Folio Histoire », 898 pp., 10 €.

Vous lirez ci-dessous la présentation de cet ouvrage par Olivier Wieviorka [Libération, le 11 mai 2006].

 
une place du 8 Février 1962 à Paris

Une place pour les neuf victimes de Charonne a été inaugurée le 8 février 2007 par Bertrand Delanoë, maire de Paris, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, Georges Sarre, maire du 11e arrondissement, Nicole Borvo, sénatrice communiste de Paris, en présence du Comité Charonne pour marquer le 45e anniversaire de la manifestation contre l’OAS et la guerre d’Algérie.

 
 8 février 1962 : massacre à la station Charonne

Le 8 février 1962, au moment de la dispersion d’une manifestation pacifique de protestation contre une série d’attentats de l’OAS à Paris, une violente charge de policiers provoque la panique. Bilan : huit morts (plus un qui décédera des suites de ses blessures), des dizaines de blessés, dont certains très grièvement...

Aucun responsable du massacre de Charonne n’a été jugé, aucune sanction n’a été prononcée... Pas de coupable ! Il est vrai que la tolérance dont bénéficient les violences policières fait partie du patrimoine culturel de notre pays.

Par ailleurs on peut se demander avec Pierre Vidal-Naquet comment les victimes des policiers au métro Charonne « avaient effacé dans la mémoire du pays [...] le crime majeur du 17 octobre [1] », avant que les massacres d’Algériens en octobre 1961 ne ré-émergent dans la mémoire collective française.

[Cette page, mise au point le 23 septembre 2011, n’a été mise en ligne que le 30]

 
Charonne ou l’oubli impossible

Le 8 février 1962, au moment de la dispersion d’une manifestation contre les attentas de l’OAS, la police charge violemment les manifestants devant le métro Charonne. Il y aura 9 morts. Aujourd’hui, 50 ans après, comme pour la répression de la manifestation des Algériens le 17 octobre 1961, la vérité sur ce massacre n’a toujours pas été reconnue…

Les sections Paris 10-11 et Paris 20 de la LDH organisent, lundi 6 février, dans la grande salle de l’AGECA [2], une projection-débat :
- 20h : projection du film de Daniel Kupferstein Mourir à Charonne, pourquoi ?
- 21h, débat avec Gilles Manceron, historien, responsable du groupe de travail de la LDH “Histoire, mémoires et archives”, Daniel Kupferstein, réalisateur et Jean-Luc Einaudi, auteur du livre Octobre 61, un massacre à Paris.

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Aujourd’hui paraît Dans l’ombre de Charonne, récit graphique bouleversant de ces évènements tragiques. Désirée (texte) et Alain Frappier (dessin) ont nourri leur ouvrage du témoignage d’une rescapée du drame, Maryse Douek, jeune fille originaire d’Egypte, alors âgée de 17 ans et devenue depuis sociologue. Nous reprenons la préface que Benjamin Stora a écrite pour ce témoignage dramatique.

 
Delphine Renard demande une reconnaissance officielle de la répression de Charonne

Elle avait quatre ans lorsqu’elle fut grièvement blessée dans un attentat de l’OAS visant André Malraux. Le sort de l’enfant mutilée, aveuglée, souleva alors une grande émotion. Après cet attentat, une manifestation organisée le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’organisation terroriste fut violemment réprimée par la police sous les ordres du préfet de police Maurice Papon : 9 manifestants trouvèrent la mort dans la bouche du métro Charonne.

Un rassemblement a eu lieu le 8 février 2013, à Paris, au métro Charonne, en mémoire des victimes de la répression du 8 février 1962.

Ci-dessous un entretien avec Delphine Renard, réalisé par Rosa Moussaoui, et publié sur L’Humanité.fr le 8 février 2013.