La reconnaissance de l’esclavage

publié le 22 décembre 2019
Une nouvelle revue :
« Esclavages & Post-esclavages »

Lancée fin 2019, la revue quadrilingue, « Esclavages & Post-esclavages », consacrée à l’esclavage et à sa persistance après ses multiples et souvent partielles abolitions, témoigne de l’intérêt croissant pour les études décoloniales. Dirigée par Myriam Cottias, directrice du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (Ciresc), et Céline Flory, c’est la première en France à aborder ces questions. Comme l’explique dans son premier numéro l’historien Paulin Ismard, auteur de La Cité et ses esclaves (Seuil, 2019), la France souffre d’un net retard dans leur étude. Il est probablement révélateur d’une forme de gêne et de déni vis-à-vis d’une question qui a été très présente pendant plus de deux siècles dans son histoire et son développement.

 
Création le 10 mai 2006 d’une journée des mémoires de la traite négrière,
de l’esclavage
et de leurs abolitions

Le 30 janvier 2006, Jacques Chirac, président de la République, annonçait que le 10 mai serait chaque année « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Nous vous proposons ci-dessous de larges extraits de son allocution du 10 mai 2006 au jardin du Luxembourg. Une cérémonie officielle s’y déroulera à nouveau en 2007, en présence de Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République. Opposé à la « repentance » durant sa campagne, il y participera néanmoins.

 
Pierre Serna : « L’esclavage était bien un crime contre l’humanité »

L’historien Pierre Serna, professeur à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française, souligne que les députés de la Convention avaient, dès 1794, qualifié la pratique de l’esclavage de « crime de lèse-humanité ». La loi Taubira de 2001 n’a donc fait aucun anachronisme en renouant avec cette qualification, contrairement à ce qu’affirment certains historiens.

 
un documentaire et un livre importants sur « les routes de l’esclavage »

L’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, l’une des grands spécialistes de l’histoire de l’Afrique, du colonialisme et du post-colonialisme, a été la conseillère historique de la série documentaire, « Les Routes de l’esclavage », diffusée par la chaîne Arte le 1er mai 2018 et visible en ligne ensuite. Elle a également publié un ouvrage intitulé « Les Routes de l’esclavage. Histoire des traites africaines VIe-XXe siècle », qui est une approche globale de ce phénomène en Afrique et à partir de ce continent, de la fin de l’empire romain jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale.