Musées et créations contemporaines

publié le 3 mai 2020
Musée des immigrations ou musée des colonies ? par Pascal Blanchard

L’article ci-dessous a été publié dans L’Humanité, le 3 décembre 2003.

Il est suivi d’un article de juin 2000 dans lequel Pascal Blanchard déclarait : le MAAO, voilà le lieu idéal pour rafraîchir la mémoire d’une France oublieuse de son passé de puissance colonisatrice.

 
bientôt un musée de l’immigration à Paris

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration ouvrira ses portes en avril 2007, dans l’ancien Musée des colonies, à la porte Dorée. Explications avec Jacques Toubon, responsable du projet.

Le site internet de la Cité : http://www.histoire-immigration.fr/.

« La France a accueilli 30 millions de personnes au XIXe et au XXe siècle. 12 à 15 millions de Français ont aujourd’hui au moins un aïeul étranger à la troisième ou quatrième génération. »
Jacques Toubon

 
Le musée du Quai Branly en question

Avec le musée du Quai Branly, Jacques Chirac veut, à l’instar de son prédécesseur, laisser sa marque dans la capitale. A quelques semaines de l’inauguration, c’est surtout la polémique coloniale qui semble marquer les esprits.

Un article de Angelique Chrisafis, The Guardian du 7 avril 2006, repris dans le Courrier international du 20 avril 2006 [1].

 
“droit de cité”, par Aminata Traoré

Texte rédigé le 21 juin 2006 à l’occasion de l’inauguration du musée du Quai Branly [2].

[Première publication sur ce site, le 25 juin 2006,
mise à jour, le 2 juillet 2006.]

 
Guerre d’Algérie : trois projets de musée

Trois projets de musées, consacrés à la présence française en Algérie, ont été lancés dans le Sud par des élus et des associations pieds-noires. Suscitant une vive polémique contre la réhabilitation de l’entreprise coloniale.

Un article de Pierre Daum, publié dans Libération le 20 septembre 2007
 
la LDH se réjouit de l’ouverture de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration

La LDH a toujours considéré que le projet de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration — faire connaître et reconnaître l’apport de l’immigration en France à travers l’histoire des deux derniers siècles — était positif. C’est ce que Dominique Guibert, membre du Bureau national de la LDH, est venu dire lors de l’ouverture de la CNHI.

[Première mise en ligne le 4 oct. 07, mise à jour le 16 oct. 07]
 
“Algérie 1830-1962” aux Invalides : une exposition à ne pas manquer

Du 16 mai au 29 juillet 2012, le musée de l’Armée propose au grand public une exposition qui revient sur les 132 ans de présence militaire française en Algérie, de la conquête à l’indépendance, sans se limiter à la période de la guerre d’Algérie.

Les nombreux objets et documents présentés sont accompagnés par des dessins de Jacques Ferrandez, auteur et dessinateur des Carnets d’Orient, bande dessinée en 10 tomes qui constitue une fresque de l’Algérie coloniale.

“Algérie 1830‐1962. Avec Jacques Ferrandez”, exposition du 16 mai au 29 juillet au musée de l’Armée, Hôtel des Invalides, Paris 7e. Tous les jours de 10 heures à 18 heures, à l’exception du 4 juin. [3]

 
vies d’exil : des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie

Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration – toujours pas inaugurée officiellement – accueille jusqu’au mois de mai l’exposition “Vies d’exils, des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie”, une plongée inédite dans le quotidien des travailleurs algériens en France entre 1954 et 1962.

Pendant cette période, l’immigration, loin de ralentir, s’accélère au contraire, la population algérienne passant au cours de la période de 220 000 à 350 000 personnes. Fait nouveau dans l’histoire de l’immigration algérienne : il ne s’agit plus exclusivement d’une immigration masculine, et les familles rejoignent peu à peu leurs proches dans l’exil. Entre conflits nationalistes et répression policière, le difficile quotidien n’entame cependant pas la volonté des immigrés de vivre en s’insérant dans la société de consommation qui se profile alors en métropole.

L’exposition, conçue et réalisée par les historiens Linda Amiri et Benjamin Stora, a été inaugurée le 8 octobre 2012, par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication [4].

 
Benjamin Stora à la tête de la cité de l’histoire de l’immigration

L’historien Benjamin Stora a été nommé par Manuel Valls pour succéder à Jacques Toubon à la tête de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Benjamin Stora est né à Constantine en 1950 dans une famille modeste de la communauté juive d’Afrique du Nord, qui a débarqué en France en juin 1962. Ses travaux d’historien sur la décolonisation, la guerre d’Algérie et l’immigration maghrébine en France l’ont particulièrement qualifié pour ses nouvelles fonctions.
« Sa nomination est à tous égards une bonne nouvelle pour l’institution qu’il va diriger, mais aussi pour la cause qui est la nôtre, la cause de l’égalité », a déclaré Louis-Georges Tin, président du CRAN.

Ci-dessous un enregistrement vidéo de la chaîne France24 dans lequel Benjamin Stora évoque l’évolution de l’immigration, suivi d’un article que le New-York Times a consacré à l’historien.

[Mis en ligne le 23 août 2014, mis à jour le 25]


 
Février 2015 : Assia Djebar n’est plus

La grande écrivaine algérienne Assia Djebar est décédée le 6 février 2015.
Un article d’El Watan retrace les étapes de sa vie.
Nous reprenons des extraits du discours qu’elle a prononcé lors de sa réception à l’Académie française en juin 2005 – elle était la première ressortissante d’un pays arabe à y être admise – suivi d’un entretien où Amel Chaouati rappelle l’implication d’Assia Djebar dans la lutte « contre le silence imposé aux femmes ».

 
Une exposition de Zineb Sedira

L’artiste plasticienne Zineb Sedira a grandi à Gennevilliers où ses parents ont émigré en 1961 depuis Bordj Bou Arreridj en Algérie. Elle a fait des études d’art en Angleterre, à la Central St Martin’s School of Art, la Slade School of Art, puis au Royal College of Art. Travaillant d’abord la photographie, la vidéo et les installations, elle a produit ensuite des objets et des sculptures. Ses œuvres témoignent d’un intérêt pour l’histoire coloniale et postcoloniale. Elle vit aujourd’hui à Londres mais travaille entre Alger, Londres et Paris. A Alger, elle a fondé l’Artist residency in Algiers (Aria), une résidence d’artistes qui soutient la création contemporaine.

 
De riches rencontres pour nous aider à comprendre l’héritage du passé colonial

Les études sur l’histoire coloniale et sur les traces qu’elle a laissées en France sont bien vivantes, en dépit des lamentations de ceux que ce travail nécessaire dérange dans leurs certitudes. Nombreux sont les chercheuses et les chercheurs travaillant sur ces sujets. Et leurs recherches sont indispensables à la compréhension d’une partie des difficultés de la société française — qui connait aussi d’autres formes de racisme et d’exclusion. Plusieurs rencontres sont organisées : à La Colonie, à l’Ecole normale supérieure et au centre Panthéon-Sorbonne, à l’Hôtel-de-ville de Paris et au Centre Condorcet à Aubervilliers, ainsi qu’aux archives de la Guadeloupe. Des échanges utiles pour nous aider à assumer l’héritage du passé colonial.

 
Quand un musée allemand enquête sur son passé colonial

Pour la première fois en Allemagne, dans une exposition intitulée L’angle mort, un musée enquête publiquement sur les origines coloniales de ses collections. Julia Binter, commissaire d’exposition, explique à Deutsche Welle de quelle manière la façon dont on regarde le passé peut modifier la façon dont on voit les « étrangers » aujourd’hui.
Un exemple à suivre dans les musées français ?

 
Artistes et écrivains peuvent-ils aider à penser le fait colonial ?

Le rédacteur en chef de la rubrique « idées » de l’hebdomadaire « Les Inrockuptibles », Jean-Marie Durand, a donné la parole à l’artiste plasticienne Sylvie Blocher autour de la question de la violence coloniale, en particulier des exactions commises par la France au Cameroun. Elles ont été la raison de son installation « Bien que je n’en ai pas le droit, je vous présente mes excuses » sur le carrefour de Bonakouamouang à Douala, pour la triennale SUD2017. Le jeune écrivain camerounais Max Lobé, qui vit en Suisse, s’est entretenu avec elle.

 
Le regard de l’artiste Kader Attia sur le passé colonial et la banlieue

Jusqu’au 16 septembre 2018, l’artiste Kader Attia présente, sous le titre « Les racines poussent aussi dans le béton », une exposition au MAC/Val, à Vitry-sur-Seine, qui porte un regard sensible et acéré sur le passé colonial de la France et les paysages de nos banlieues qui en sont la postérité. Nous reproduisons ici l’article que lui a consacré, le 3 août 2018, dans « Le Monde », Abdourahman Waberi, « Kader Attia : la banlieue, le bled et le monde », et plusieurs extraits du catalogue de l’exposition.

 
L’abominable institution de l’esclavage
à travers
les arts et les lettres

Publié à l’occasion du 170e anniversaire de l’abolition, en 1848, de l’esclavage dans les colonies françaises, ce livre de Marcel Dorigny, très documenté et préfacé par Maryse Condé, est aussi un livre d’art. Dans un entretien à « Libération » que nous reproduisons ici, l’auteur explique que les œuvres d’art ont eu un impact très fort dans la dénonciation de l’esclavage, au moins autant que les discours. Et il montre que des artistes continuent aujourd’hui d’œuvrer pour la mémoire de ce crime contre l’humanité.

 
Arts et colonisation
en débat

Sous le titre « Peintures des lointains », une exposition a lieu à Paris, au Musée du quai Branly, montrant comment l’entreprise coloniale européenne s’est accompagnée, du XVIIIe au XXe siècle, d’une production picturale abondante qui a construit une image mythique des pays et des peuples colonisés. Mettant en exergue leurs richesses et leur attrait exotique, elle a alimenté les désirs de conquête et de domination. De son côté, le livre collectif « Décolonisons les arts ! » propose de réfléchir à cette lente construction du regard qui a accompagné la mise en place tenace dans les esprits des préjugés de race.

 
art, littérature, philosophie,
la décolonisation
des savoirs,
selon Seloua Luste Boulbina

Dans son ouvrage, « Les miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (art, littérature, philosophie) », publié par Les presses du réel en septembre 2018, la philosophe Seloua Luste Boulbina entend montrer comment, dans les savoirs et dans les arts, le passé colonial peut être dépassé. Autrefois, la métropole et la colonie apparaissaient comme deux espaces distincts, en réalité déjà entremêlés. Les indépendances ont profondément modifié ce paysage. Le Sud est présent dans le Nord. Les affranchissements, les franchissements sont multiples. Les arts visuels, la musique, la littérature montrent des chemins.

 
Sur l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse »,
Françoise Vergès
dit son impression de malaise

Au Musée d’Orsay, jusqu’au 21 juillet 2019, l’exposition « Le modèle noir de Géricault à Matisse » porte sur la représentation des personnes noires dans la peinture et autres arts visuels « de l’ère de l’abolition de l’esclavage en France (1794-1848) jusqu’aux temps contemporains ». Françoise Vergès, présidente de l’association Décoloniser les arts, explique son malaise. Elle lui reproche notamment de n’avoir pas jugé utile d’expliquer quand, comment, et pourquoi, est intervenue l’invention du blanc et du noir, car, écrit-elle, « les Noir.e.s n’ont pas toujours été « noir.e.s ».

 
Hommage à la cinéaste anticolonialiste
Sarah Maldoror

La cinéaste Sarah Maldoror est morte le 13 avril 2020 victime de la pandémie du coronavirus. Née en 1929, cette femme de théâtre et réalisatrice de nombreux films s’est impliquée dans les luttes de libération en Afrique et a partagé la vie du fondateur du Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), l’écrivain angolais Mario De Andrade, avec qui elle aura deux filles. Son premier film, Monangambé, portait sur la torture et été réalisé en 1969 en Algérie. Elle a tourné aussi en Guinée-Bissau, au Cap-Vert, au Congo et sur la guerre de libération de l’Angola. Ci-dessous, une évocation de son parcours, l’hommage que lui ont consacré ses filles, Annouchka De Andrade et Henda Ducados, et l’entretien qu’elle avait accordé en 1997 à Africultures.com.

 
Le photographe Marc Garanger
et son accueil 50 ans après la guerre d’Algérie
par les personnes qu’il avait photographiées

Quand Fatiha Saou nous a informés, le 28 avril, du décès intervenu la veille du photographe Marc Garanger avec qui elle était en contact régulier, nous lui avons demandé de nous dire comment elle l’avait connu et de nous parler du séjour qu’il a fait dans sa famille lors de son voyage en Algérie, en 2004, pour rencontrer les personnes qu’il avait photographiées lors de son service militaire en 1960. Elle explique que les femmes de la région avaient gardé un bon souvenir de ce jeune appelé qui avait été chargé par l’armée de faire leur photo d’identité. Elles avaient compris qu’il avait son propre regard et la volonté de se servir de son appareil pour montrer la beauté du pays, leur dignité, le courage des maquisards et dénoncer les violences de l’armée coloniale. Cinquante ans plus tard, elles ont toutes été heureuses de le retrouver et de se faire photographier de nouveau par lui.