Aix-en-Provence

publié le 11 juin 2013
Maryse Joissains-Masini, député-maire d’Aix-en-Provence et apologiste de l’OAS

Mais que cherche la député-maire d’Aix-en-Provence quand elle déclare : «  on ne peut pas lui [Bastien-Thiry] reprocher d’avoir accompli de mauvaises actions  » ?

Rappelons que la Ligue des droits de l’Homme estime illégitimes les hommages rendus à des hommes, tel Jean-Marie Bastien-Thiry, dont l’objectif était de détruire la République.

Vous trouverez ci-dessous un petit dossier consacré à cette affaire, avec un article paru dans France Soir le 6 juin, l’interview de Mme Joissains-Masini parue dans l’Express du 29 mai 2008, suivie de quelques informations concernant les maires qui se sont succédés depuis une soixantaine d’années à Aix-en-Provence. Nous terminons en évoquant deux traits de la personnalité de Maryse Joissains-Masini : son humanisme et son sens de la famille, renvoyant à un article de Cuverville
ceux qui voudraient en savoir plus.

[Cet article a été mis en ligne le 6 juin avec un titre qualifiant Mme Joissains de “négationniste” ;
le terme - impropre - a été remplacé le lendemain par l’expression “apologiste de l’OAS”]
 
Une seule plaque vous manque... à Aix en Provence ?

Selon des sources dignes de foi, Maryse Joissains-Masini, député-maire (UMP) d’Aix-en-Provence aurait donné au printemps 2008 un accord de principe à la pose d’une plaque « en mémoire des morts de l’Algérie française ». La demande lui aurait été adressée par le président du Collectif aixois des rapatriés, Robert Saucourt [1].

Des Aixois ont réagi, vous trouverez ci-dessous leur communiqué, suivi de réactions publiées dans la presse.

Une question écrite posée par Maryse Joissains en mai 2009 – en prévision de l’annulation par le Conseil d’Etat de l’élection municipale d’Aix en Provence ? [2] – montre qu’elle n’a pas renoncé à « occuper le terrain de l’extrême droite ».

[Première mise en ligne le 13 juin 2008, mise à jour le 1er juillet 2009]
 
Comment Maryse a imposé sa fille à Jean-Claude Gaudin : merci Maman !


Sophie Joissains embrasse sa mère après sa réélection (Ph. Karine Villalonga).

Sophie Joissains, fille de Maryse Joissains-Masini, députée-maire (UMP) d’Aix-en-Provence, pourrait devenir sénatrice en septembre prochain, six mois après avoir été élue au conseil municipal sur la liste de sa maman.

Son expérience politique? De 2002 à 2008, elle a été chef de cabinet de la présidente de la communauté d’agglomération du pays d’Aix (CPA), c’est-à-dire de sa maman, avant d’être élue vice-présidente de la communauté il y a peu.

Sa mère assure que « Sophie a les diplômes pour..., une grande expérience professionnelle et l’envie de servir ses concitoyens » [3].

Nul ne doute des compétences de Sophie Joissains, mais son élection comme sénatrice, si elle se réalisait, tiendrait plus du népotisme bling bling que d’un fonctionnement démocratique des institutions.

 
Aix-en-Provence : le rond-point Bigeard rebaptisé Maurice Audin

Le 25 septembre dernier, une cinquantaine de militants ont symboliquement débaptisé le Rond-point Général Marcel Bigeard d’Aix-en-Provence et l’ont renommé Maurice Audin en hommage au jeune mathématicien disparu depuis son arrestation par des parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger.

Les noms des généraux Bigeard et Massu sont associés à l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. Et l’enquête menée par Pierre Vidal-Naquet a établi que Maurice Audin est mort sous la torture. Mais la vérité n’a toujours pas été reconnue par les autorités françaises : en juin 2007, sa veuve, Josette Audin, s’est adressée à Nicolas Sarkozy nouvellement élu président de la République pour lui demander de faire la lumière sur la mort de son mari, mais sa lettre n’a pas reçu de réponse à ce jour.

Le Conseil municipal d’Aix-en-Provence n’avait pas attendu le décès du général Bigeard pour attribuer son nom à un rond-point de la commune. Lors de sa réunion du 12 avril 2010, il avait adopté par 40 voix pour, aucune voix contre et 13 abstentions, une délibération en ce sens que Maryse Joissains-Masini, députée-maire d’Aix, connue pour ses positions favorables aux thèses de l’Algérie française, avait proposée – elle répondait ainsi à une demande de l’Union Nationale des Parachutistes [4].

 
Aix-en-Provence subventionne l’Algérie française

La Maison du Maréchal Alphonse Juin ou Maison des Rapatriés d’Aix-en-Provence [5] mérite d’être visitée. A condition de pouvoir y pénétrer, car son accès semble réservé à une certaine catégorie de rapatriés, comme l’expose le Ravi dans l’article repris de son dossier de décembre 2010 consacré à l’extrême droite.

Un article qui illustre à nouveau les penchants nostalgériques de Maryse Joissains-Masini, si l’on en juge par les grasses subventions que la municipalité d’Aix-en-Provence verse à cette maison – il est vrai que « quand on aime ... »

 
Négationnisme électoral à Aix-en-Provence

Après le message de Nicolas Sarkozy que Gérard Longuet a lu à Perpignan le 29 janvier, Marc Laffineur, secrétaire d’État auprès du ministre de la Défense et des Anciens combattants, a présenté ses vœux aux rapatriés le 31 janvier 2012 à la Maison du Maréchal Juin d’Aix-en-Provence [6]. A cette occasion, il a confirmé que la date officielle de l’hommage national aux « Morts pour la France » en Afrique du Nord restera le 5 décembre, et annoncé que, avant la fin du mois de février, les noms des 1 585 victimes civiles disparues lors de la guerre d’Algérie seront inscrits sur la colonne centrale du mémorial du Quai Branly.

Il a également révélé qu’il rencontrera très prochainement le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) « pour s’assurer que, cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’évocation de cette période encore douloureuse soit la plus équilibrée possible. [7] »
L’histoire continue à être l’objet de tentatives de négationnisme, notamment en région Paca. La façon dont le pouvoir entretient cette nostalgérie est plus qu’inquiétante [8].

Marc Laffineur était venu pour tenter de s’approprier les voix de ceux qui prétendent parler au nom de toute la “communauté pied-noire”, mais qui ne représentent en réalité que sa frange d’extrême droite comme le rappelle ci-dessous Jacques Pradel, président de l’Anpnpa [9].

[ Complété le 21 mars 2012]


 
Les propos indignes de Maryse Joissains

Maryse Joissains, maire d’Aix-en-Provence et députée UMP-droite populaire, a déposé mercredi 9 mai 2012 un recours devant le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation de l’élection de François Hollande comme président de la République.

Elle invoque trois arguments : le dépassement des comptes de campagne, la? « propagande médiatique » pour le candidat socialiste face au lynchage médiatique de Nicolas Sarkozy, et enfin, le soutien « illicite » de la CGT en faveur de François Hollande. Selon la maire d’Aix-en-Provence, avec ses « petits bras », François Hollande « ?n’a pas les qualités d’un chef d’Etat et ne mérite pas de prendre les rênes d’un grand pays comme la France? ».

Une lettre ouverte, reprise ci-dessous, a été lancée pour protester contre ces propos indignes.
Signez-la et faites-la circuler

 
Annulation de l’exposition Albert Camus à Aix-en-Provence

2013, année de la capitale européenne de la culture et année du centenaire de la naissance d’Albert Camus... Hélas, Mediapart nous révèle que l’exposition Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble qui aurait pu être un événement marquant de Marseille Provence 2013 (MP2013) vient d’être annulée.

La fille de l’écrivain qui gère son oeuvre d’une part, MP2013 et la mairie d’Aix-en-Provence - qui devait accueillir l’événement à la Cité du livre - d’autre part, nient toute considération politique, évoquant des difficultés autour du fonds d’archives. Mais du côté de l’opposition de la maire UMP, comme François-Xavier de Peretti (Modem), on note que « ce n’était pas le Camus qui plaît aux nostalgiques de l’OAS (Organisation armée secrète) et à la frange dure de l’électorat pieds-noirs qui vote Maryse Joissains ». D’autant plus que l’organisation en était confiée à l’historien Benjamin Stora, spécialiste reconnu de l’histoire de l’Algérie contemporaine, mais fréquemment critiqué par les nostalgiques de l’“Algérie française”, noyau dur de l’électorat de la maire d’Aix-en-Provence.

Quoi qu’il en soit, comme l’explique Louise Fessard dans l’article ci-dessous, on ne peut que regretter cette annulation qui prive Marseille Provence 2013 d’un «  projet conçu comme un signal fort vers l’autre bord de la Méditerranée » et vers la jeunesse d’origine algérienne de Marseille.

 
Maryse Joissains : “Les valeurs qu’a Marine Le Pen, je les ai toujours défendues”

Mais la maire d’Aix-en-Provence ajoute qu’elle est « imperméable à toute négociation » précisant immédiatement «  au moins jusqu’au second tour [10] ».
Sa collègue, Valérie Boyer, députée UMP de Marseille et également membre de la “Droite populaire”, justifie le réalisme qui prévaut dans les Bouches-du-Rhône : « La présidentielle est la défaite d’un homme, mais il y a un projet politique à défendre. Il n’y a aucune raison de se boucher le nez. [1] »

Le texte ci-dessous que l’historien Alain Ruscio a publié en 2011, permet d’ailleurs d’apprécier la proximité entre les convictions de Maryse Joissains et le programme du Front National.

 
Pour la maire d’Aix-en-Provence, l’Algérie est toujours française

Quelques jours après l’annulation de l’exposition Camus, on apprend qu’une autre série d’événements culturels sur l’Algérie a été refusée par la mairie d’Aix-en-Provence.

La manifestation intitulée 50 ans après l’indépendance, l’Algérie ? devait se dérouler en divers lieux culturels aixois. Le prétexte invoqué par la maire, Maryse Joissains, était le risque de porter atteinte à l’ordre public dans la mesure où elle jugeait la manifestation « très pro-algérienne ».
Pour la mairie, « il était absolument hors de question de parler de l’Algérie, c’était même irresponsable d’évoquer ce sujet, d’autant que la commune compte une très importante communauté de rapatriés qu’il ne faut pas heurter » [11].

Parmi les spectacles annulés : Il était une fois Germaine Tillion de Xavier Marchand...

 
Maryse Joissains “défend les valeurs de Marine Le Pen”

Maryse Joissains-Masini, qui siège à l’Assemblée nationale depuis 2002 sur les bancs de l’UMP, est candidate à sa succession dans la 14e circonscription des Bouches-du-Rhône.

La municipalité d’Aix-en-Provence qu’elle dirige depuis 2009 vient de se faire remarquer en annulant successivement une série d’événements culturels consacrés à l’Algérie, puis une importante exposition sur Albert Camus.

Au-delà de ces actes de censure condamnés par la section d’Aix de la LDH, Maryse Joissains s’est signalée par des déclarations fracassantes dès le lendemain de l’élection présidentielle de 2012 : « Même si François Hollande est proclamé président de la République, je ne pense pas qu’il soit légitime [...]. Par voie de conséquence, je ne me sens pas liée par ce président de la République, que je considère illégitime [12] ». Quelques jours plus tard, elle devait confirmer son orientation politique : « Les valeurs qu’a Marine Le Pen, je les ai toujours défendues [13] ».

Ces déclarations confirment une dérive vers l’extrême droite. Comment pourrait-on justifier aujourd’hui le vote pour une candidate qui récuse les autorités légitimes, et qui est soutenue par l’ancienne majorité tout en défendant les options du FN ?

 
Expo Camus à Aix-en-Provence : changement de direction

Trois mois après en avoir décidé l’annulation, la mairie d’Aix-en-Provence vient d’annoncer officiellement que l’exposition sur Albert Camus ouvrira bien ses portes le 7 novembre 2013, centenaire de la naissance de l’écrivain.

Le commissaire de la manifestation est l’essayiste Michel Onfray, auteur notamment de L’ordre libertaire. La vie philosophique d’Albert Camus (éd. Flammarion). Il remplace l’historien Benjamin Stora, enseignant-chercheur en histoire coloniale et notamment en histoire algérienne, désigné pour ce poste en 2009 avec le documentariste Jean-Baptiste Péretié.

Un changement de responsables qui traduit un changement d’orientation : initialement intitulée “Camus, l’étranger qui nous ressemble”, la manifestation est maintenant baptisée “Camus, l’homme révolté”.

 
“Affaire Camus” : un mauvais coup ...

Le philosophe Michel Onfray a été préféré à l’historien Benjamin Stora pour organiser l’exposition aixoise de 2013 consacrée à Albert Camus à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain.

Dans la déclaration que nous reprenons ci-dessous, Jean Daniel revenant sur le conflit qui oppose deux de ses amis, Catherine Camus qui gère la mémoire de son père depuis une trentaine d’années et l’historien du Maghreb Benjamin Stora, déplore le « mauvais coup qu’on vient de faire » à ce dernier.

 
Exposition Albert Camus à Aix : qui est le pilote?

Dans son édition du jour, le quotidien algérien El Watan aborde les difficultés rencontrées par le projet d’exposition sur Albert Camus, dans le cadre de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture (MP 2013). Cet article que nous reprenons ci-dessous apporte des précisions et soulève plusieurs questions.

MP 2013 avait initialement confié à Benjamin Stora l’organisation de cette exposition intitulée “Camus, cet étranger qui nous ressemble”. Mais, en avril 2012, MP 2013 informe Benjamin Stora par téléphone de l’annulation du contrat.
Catherine Camus, qui gère l’oeuvre et le fonds de son père, explique alors n’avoir pas reçu dans les délais la liste des documents requis pour l’événement.

Fin juillet, Maryse Joissains Masini, maire (UMP) d’Aix-en-Provence et présidente de la communauté du pays d’Aix, demande à Michel Onfray de devenir commissaire d’un nouveau projet d’exposition “Camus, l’homme révolté” – ce qu’il accepte.

Aujourd’hui, MP 2013 se refuse à toute déclaration avant la tenue de son conseil d’administration prévu le 15 octobre, mais des questions se posent :

  • Michel Onfray bénéficie-t-il d’un contrat ? avec MP 2013 ? – on peut remarquer que son nom n’apparaît pas sur le site internet MP 2013 – ou bien a-t-il été engagé par la mairie d’Aix comme commissaire de l’exposition ?
  • L’autorité de tutelle de MP 2013 – le ministère de la culture – a-t-elle été consultée ? Rappelons que Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a retiré le financement et le logo du ministère pour cette exposition.
 
Albert Camus otage à Aix-en-Provence

Voilà quatre ans qu’une grande exposition sur Albert Camus est programmée à Aix-en-Provence. Prévue pour septembre 2013, elle devait être un des principaux événements de “Marseille-Provence 2013” (MP 2013). L’historien Benjamin Stora, un des meilleurs spécialistes des rapports entre la France et l’Algérie, officiellement chargé du projet, avait bâti un scénario de 54 pages pour une exposition intitulée “Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble”.

Tout a été remis en cause en avril dernier. Motif invoqué : Catherine Camus, fille de l’auteur du Premier homme, refusait de prêter certains documents. On ignore si la maire d’Aix (Droite populaire) s’est beaucoup dépensée pour défendre Benjamin Stora, dont les travaux n’ont pas l’heur de plaire aux pieds-noirs “nostalgériques”, mais on apprenait au cours de l’été que Maryse Joissains avait choisi un nouveau commissaire, Michel Onfray, pour un nouveau projet intitulé “Albert Camus, un homme révolté”.

Selon le philosophe, « l’éviction de Benjamin Stora n’est pas politique » : « c’est Catherine Camus qui a décidé de ne plus accorder sa confiance à Benjamin Stora [14] ».

Néanmoins, à la suite de ce revirement, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a décidé de supprimer tout financement de l’événement. Ce qui posera quelques problèmes et amène tout naturellement à quelques interrogations : y aura-t-il une exposition dans le cadre de MP 2013 ? le musée pérenne prévu [15] sera-t-il effectivement créé ? L’article de Catherine Simon, paru dans Le Monde daté du 15 septembre 2012, que nous reprenons ci-dessous, ainsi que la motion de soutien à Benjamin Stora initiée par une vingtaine d’historiens, permettent d’éclairer différents aspects de la situation.


Dernière minute – Michel Onfray a indiqué vendredi 14 septembre 2012 sur son compte Twitter qu’il ne signerait pas la convention qui aurait fait de lui le commissaire de l’exposition consacrée à Albert Camus qui doit se tenir à Aix-en-Provence en 2013, une information confirmée le lendemain matin par le philosophe auprès de l’AFP. La mairie d’Aix-en-Provence a indiqué samedi n’être au courant de rien. (Libération, 15 septembre 11:18)

[Mis en ligne le 14 septembre 2012 à 23h00, mis à jour le 15 à 15h]


 
Exposition Camus à Aix-en-Provence : est-il encore temps ?

Il est encore temps de faire en sorte qu’une exposition digne de ce nom consacrée à Albert Camus se tienne à Aix-en-Provence pendant l’événement culturel Marseille-Provence 2013 (MP2013). Une pétition vient d’être lancée le 30 septembre 2012, appelant les organisateurs à reprendre contact avec Benjamin Stora dans cette perspective. Encore faudrait-il que les responsabilités soient clairement définies !

Rappelons brièvement les faits. Benjamin Stora a été recruté en 2009 par l’association MP2013 avec laquelle il avait signé un contrat – et non par la mairie d’Aix-en-Provence dont il n’a jamais rencontré la maire – et c’est Jean-François Chougnet, directeur général de MP2013, qui a annulé l’exposition par un courrier daté du 12 mai 2012 ne comportant aucune explication [16].

Par la suite, c’est à l’issue d’une rencontre le 31 juillet, avec la maire d’Aix-en-Provence et un membre de l’équipe MP2013 – était-ce Jean-François Chougnet ? – que Michel Onfray a accepté d’être nommé commissaire de l’exposition [17], avant de démissionner avec fracas.

Peut-on redemander s’il y a un pilote : qui tient les commandes de cette exposition ?

 
Aix-en-Provence : subventions sélectives

La municipalité d’Aix-en-Provence a décidé lors de sa réunion du 17 décembre 2012 de réduire la subvention annuelle qu’elle accorde à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme : elle passerait de 1 000 à 800 euros.

Les motifs invoqués paraissent quelque peu obscurs mais la raison essentielle semble bien se trouver derrière le reproche qui lui est fait : « la LDH a eu des prises de position idéologiques, ouvertement politiques ». On ne peut manquer d’être surpris d’une telle appréciation. En effet la municipalité aixoise ne se prive pas de subventionner grassement le Collectif aixois des rapatriés, une association présidée par René Andrès dont les activités peuvent difficilement être qualifiées d’apolitiques. Ci dessous, quelques éléments d’information pour éclairer la réflexion.

 
Le Touvet, Aix-en-Provence : Non à de nouveaux éloges de l’OAS

Au moment où s’ouvraient les négociations d’Evian pour mettre fin à la guerre d’Algérie, deux activistes, Albert Dovecar et Claude Piegts, membres des commandos delta de l’OAS sous les ordres de Roger Degueldre, participaient à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Condamnés à mort, Dovecar et Piegts ont été exécutés le 7 juin 1962.

C’est précisément le 7 juin 2013 que le Collectif aixois des rapatriés – le CAR –, a choisi pour inaugurer à Aix-en-Provence un monument de même nature que ceux de Nice, Toulon, Perpignan, Béziers et Marignane. La stèle sera installée dans la cour de la Maison du maréchal Alphonse Juin, une propriété de la ville d’Aix, qui en a confié la gestion au CAR qu’elle subventionne abondamment. Coutumier des éloges de la colonisation et de l’OAS, le président du collectif, René Andrès, lance un appel pour l’inauguration d’un espace « appelé à devenir le haut lieu de la mémoire, et de la conservation, de la vérité du peuple Pied-Noir et Harkis ».

L’Association de défense des anciens détenus de l’Algérie française (ADIMAD) soutient cet appel. Ces irréductibles de l’Algérie française ont prévu de se retrouver, comme chaque année, début juin autour de la tombe de Claude Piegts au Touvet, dans l’Isère. L’hommage initialement prévu le dimanche 2 juin 2013, a soulevé de nombreuses protestations ; il vient d’être interdit par la préfecture de l’Isère [18]. Ses initiateurs l’ont reporté au 9 juin, deux jours après la cérémonie d’Aix.

Certes les condamnations auxquelles ont donné lieu les faits célébrés
lors de ces rassemblements ont été amnistiées, mais cela n’autorise pas à faire l’apologie de ces crimes. Le négationnisme qui accompagne ces cérémonies est intolérable à beaucoup.

Les organisations qui le souhaitent peuvent cosigner un communiqué “Non à de nouveaux éloges de l’OAS”.

[Mis en ligne le 1er juin 2013, mis à jour le 5]


 
Maryse Joissains inaugure une stèle en l’honneur des “martyrs de l’Algérie française”

La France est « le seul pays au monde qui a été dans d’autres pays et qui n’a pas été dans une colonisation dure » a déclaré Maryse Joissains, lors de l’inauguration d’un monument à la Maison des rapatriés à Aix-en-Provence. Le mot OAS n’a pas été prononcé, mais il était dans tous les esprits : la stèle, analogue à celles de Perpignan et de Marignane, est érigée en l’honneur des « martyrs » qui ont défendu l’Algérie française.


 
Aix-en-Provence, Perpignan, Le Touvet : des hommages anti-républicains inacceptables

Depuis plusieurs années, le 7 juin, anniversaire de l’exécution en 1962, de deux des quatre membres de l’OAS condamnés à mort et exécutés, des nostalgiques de l’ancienne entreprise terroriste appellent à leur rendre hommage dans les cimetières de Perpignan et du Touvet. Cette année encore, cet hommage a été interdit par le préfet des Pyrénées-Orientales qui a accédé à la demande du Collectif pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, en interdisant « tout rassemblement aux abords du cimetière » de Perpignan.

Il n’en a pas été de même le 9 juin dernier au Touvet (Isère), où la maire (PS), en l’absence d’arrêté préfectoral, s’est contentée de fermer l’accès au cimetière et d’en confier la clé à un responsable du groupement de gendarmerie de Meylan ; ce dernier a filtré les entrées, ne laissant passer que des soutiens de l’OAS. Un hommage a ainsi pu être rendu, sous la protection des forces de l’ordre, à Claude Piegts l’un des assassins du commissaire central d’Alger, Roger Gavoury.

Les valeurs de la République ont été plus gravement bafouées le 7 juin avec l’inauguration à Aix-en-Provence d’une nouvelle stèle sur le modèle de celles de Perpignan et de Marignane, par la maire (UMP - Droite populaire) Maryse Joissains, par René Andrès président du Collectif aixois des rapatriés, et par l’ancien maire PS Jean-François Picheral. Cette cérémonie scandaleuse a provoqué l’indignation de nombreux Aixois.

Quand donc ces sortes de tumeurs cesseront-elles de se multiplier dans le Midi méditerranéen ? Les responsables politiques vont-ils enfin prendre conscience des dégâts commis dans la société française par la complaisance qu’ils continuent à manifester envers ces nostalgiques de la France coloniale dans ses aspects les plus violents ?