Le rôle de Jean-Luc Einaudi

publié le 3 août 2016
mort de Jean-Luc Einaudi, un héros moral

Jean-Luc Einaudi, auteur de La bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil, 1991), vient de mourir. Ses nombreux ouvrages sur l’Algérie, fruits de recherches « méticuleuses et opiniâtres », selon les termes de l’historien Gilles Manceron, ont été centrés sur le rôle de l’État français dans la répression des luttes pour l’indépendance algérienne – lire les entretiens qu’il a donnés à ce sujet.

Les Algériens n’ont pas oublié celui que Mohammed Harbi a qualifié de « héros moral » ; nous reprenons le bel hommage que lui a rendu l’historien algérien Hassan Remaoun.

[Mis en ligne le 24 mars 2014, mis à jour le 29]


 
hommage à Jean-Luc Einaudi

Dimanche 25 mai à 15h, projection-débat en hommage à Jean-Luc Einaudi, organisé par le Maghreb des films et la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), au Palais de la Porte dorée – 293 Avenue Daumesnil – 75012 Paris – Entrée libre (métro : Porte dorée)

“Jean-Luc Einaudi et le 17 octobre 1961”

Projection du film Une journée portée disparue » de Philip Brooks et Alan Hayling (France - Royaume Uni / 52’ / 1992) – un témoignage sur les événements du 17 octobre 1961, à Paris, construit essentiellement à partir de témoignages ... Projection d’extraits de films où il intervient, débat avec Emmanuel Blanchard, Peggy Derder, Daniel Kupfersein, Olivier Le Cour Grandmaison et Gilles Manceron.

Ci-dessous un article de Gilles Manceron en hommage à Jean-Luc Einaudi.

 
Jean-Luc Einaudi : soirée d’hommage à son engagement pour la vérité et la justice

Vendredi 17 octobre 2014 de 10h à 17h, colloque au Sénat — Le 17 octobre dans tous ses états — en hommage à Henri Alleg, Jean-Luc Einaudi, Jean-Louis Hurst, Elie Kagan - (voir le programme ci-dessous).

Hommage à Jean-Luc Einaudi

Vendredi 17 octobre 2014 à 19h
Salle Jean Dame, Centre sportif Jean Dame
17-25 rue Léopold Bellan, Paris 2e
(Métro Sentier ou Les Halles)
Inscription obligatoire à hommage@einaudi2014.fr


 
“la bataille d’Einaudi” par Fabrice Riceputi

Octobre 1997. Maurice Papon est enfin jugé pour son rôle actif, entre 1942 et 1944, dans la déportation de 1690 juifs de la Gironde vers Drancy, dernière étape avant Auschwitz. Lors de l’interrgatoire de l’accusé, Jean-Luc Einaudi est appelé à témoigner. A la barre, il affirme qu’il y avait eu, à Paris en octobre 1961, un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon alors préfet de police. L’écho médiatique et politique de cette déposition est considérable. On a « découvert » d’autres cadavres dans les placards de Papon. Des cadavres qui ne sont pas ceux de Vichy, mais de la République.

Fabrice Riceputi, né en 1958, enseigne l’histoire-géographie dans un quartier populaire de Besançon. Il anime le blog campvolant.com consacré à l’actualité des questions coloniales et postcoloniales. Il a mené un important travail de recherche pour écrire ce livre, dont les sources comprennent, notamment, des archives privées et des entretiens avec certains des protagonistes de « la bataille d’Einaudi ».

Le livre est en librairie à partir du 8 octobre 2015.

[Mis en ligne le 19 septembre 2015]


 
hommage à Jean-Luc Einaudi, par Patrick Karl

Aujoiurd’hui, 8 octobre 2015, paraît en librairie un ouvrage de Fabrice Riceputi consacré à La bataille d’Einaudi. Pour accompagner l’événement, nous reprenons ci-dessous le texte que Patrick Karl a lu le mardi 6 octobre 2015 à la Librairie Folies d’encre à Saint-Denis, lors de la soirée d’hommage à Jean-Luc Einaudi.

Patrick Karl, comédien et metteur pour le théâtre depuis 1980, a cheminé à la rencontre du Théâtre d’Art. Création et décentralisation ont influencé son parcours nomade auprès des auteurs et poètes essentiels : W. Shakespeare, C. Goldoni, A. Tchékhov, J. Genet, S.Beckett, R. Char, B. M. Koltès.

 
Jean-Luc Einaudi, citoyen chercheur, par Fabrice Riceputi

Avant d’être un événement bien connu des historiens, le 17 octobre 1961 a fait l’objet d’une amnésie complète. C’est elle que Jean-Luc Einaudi a dû vaincre dans un long combat de trois décennies, dont Fabrice Riceputi, dans son livre La bataille d’Einaudi, vient aujourd’hui restituer les grandes étapes : un travail d’enquête solitaire, la publication de La bataille de Paris en 1991, un témoignage sept ans plus tard lors du procès de Maurice Papon, puis le procès pour diffamation intenté à l’historien par Papon...

Le livre de Fabrice Riceputi nous raconte également la résistance acharnée de l’appareil d’État lui-même à livrer ses secrets contenus dans ses archives, et la lente et difficile apparition du 17 octobre 1961 dans les manuels scolaires.

Il nous convie enfin à une réflexion profonde sur l’incapacité de notre société à regarder en face son passé colonial, dont les effets pèsent encore lourdement dans les rapports sociaux contemporains. De cet utile travail d’anamnèse, portant lui-même sur un autre travail d’anamnèse, nous en publions ici quelques pages [*], avec l’amicale autorisation de l’auteur et des éditeurs.

 
entre justice et raison d’État : les archives dans La bataille d’Einaudi

On peut être étonné de l’ignorance de beaucoup de jeunes adultes concernant l’histoire contemporaine de notre pays. Les plus âgés d’entre nous ont vécu cette période ; quant aux plus jeunes, ils en ont entendu parler à l’école. Entre les deux, de nombreux concitoyens ne peuvent faire le rapprochement entre l’immigration d’origine africaine ou maghrébine et la période coloniale de la France.

Le livre de Fabrice Riceputi, La bataille d’Einaudi, fait partie de cette catégorie d’ouvrages qui rappellent des épisodes relativement récents de notre histoire, qui sont mal connus.

Ci-dessous, la note de lecture de cet ouvrage publiée dans Archivistes !, revue de l’AAF – Association des archivistes français – ce qui, espérons-le, incitera à le lire.