Islamophobie

publié le 3 octobre 2019
Mars 2004 : des mosquées attaquées

éditorial du Monde, le 9 mars 2004

 
Enzo Taverso : “l’islamophobie est à la source du nouveau populisme de droite”

Le mot « populisme » a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes : Jacques Rancière, Bernard Stiegler, et Enzo Traverso dont nous reprenons la contribution qui s’inquiète de la montée de l’islamophobie dans l’extrême droite européenne et une certaine droite [1].

 
A Cordoue, l’évêché réécrit l’histoire de la Mezquita

En 1984, l’Unesco inscrivait la Mezquita de Cordoue au Patrimoine mondial de l’humanité. Trente ans plus tard, où est-elle passée ? Celle qui dans les guides touristiques apparaît comme l’un des joyaux architecturaux de l’Andalousie, symbole de l’âge d’or de la civilisation omeyyade et de « concorde » entre les religions, a disparu des dépliants. L’exceptionnel monument demeure, mais le diocèse, qui le gère, ne mentionne plus que la cathédrale.

 
Unissons-nous contre l’islamophobie et les dérives sécuritaires

« Notre solidarité avec les victimes des attentats » de janvier 2015 à Paris « doit s’étendre à tous ceux qui sont aujourd’hui pris comme boucs émissaires », réaffirment les signataires de ce manifeste hébergé par la Ligue des droits de l’Homme, qui condamnent « résolument toute forme de racisme, d’antisémitisme ou d’islamophobie qui chercherait à tirer prétexte des tragiques événements que nous avons vécus ».

 
« Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires, par Alain Ruscio

L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer.

Dans un article repris de la revue Orient XXI [i], l’historien Alain Ruscio [ii] expose l’histoire de ce mot. [iii]


 
Le mot « islamophobie » et son histoire

Certains intellectuels français soutiennent que le mot « islamophobie » est une invention récente venue des mollahs iraniens. Tel n’est pas le point de vue de l’historien Alain Ruscio, l’un des animateurs de ce site. Son article « « Islamophobie », un mot, un mal plus que centenaires », publié le 26 janvier 2016 sur le site « Orient XXI », montre que le terme est apparu en français il y a plus d’un siècle. D’essence chrétienne, elle apparait dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale, et, après un temps de latence, a repris vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Nous en reprenons ici une partie tout en renvoyant nos lecteurs au texte intégral. Alain Ruscio dirige l’« Encyclopédie de la colonisation française » dont les deux premiers volumes sont parus aux éditions Les Indes savantes.

 
Non à la banalisation du discours raciste d’Eric Zemmour !

Benjamin Stora nous a adressé la tribune collective qu’il a signée, publiée le 2 octobre 2019 par le site « SaphirNews », que nous reproduisons ci-dessous. Elle réagit à la charge haineuse contenue dans le discours prononcé par Eric Zemmour le samedi 28 septembre lors de la « convention de la droite ». Cette tribune à l’initiative de Chems-Eddine Hafiz, vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a d’ores et déjà été signée par une trentaine de personnalités extrêmement diverses. Parmi elles figure Henri Leclerc, avocat et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme. Il est clair que cette haine intolérable est dans la filiation directe du racisme colonial.