Béziers

publié le 18 février 2016
Une plaque en hommage aux fusillés de l’OAS fait scandale à Béziers

Un conseiller régional s’insurge contre la présence dans le cimetière municipal d’un monument rendant hommage à des criminels qui ont voulu renverser la République [1].

Cette stèle présente, comme celles de Marignane et de Perpignan, « une dimension polémique susceptible de heurter les usagers » du cimetière de Béziers.
Faudra-t-il comme à Marignane qu’une décision de justice ordonne à la commune de la démonter pour qu’elle disparaisse de l’espace public ? [2]

 
Perpignan, Marignane et aujourd’hui Béziers...

« Ceux qui ont participé aux actes violents de l’OAS, non seulement n’ont pas de regrets, mais s’en glorifient et demandent la reconnaissance de la Nation », s’insurge Francis Zamponi à propos de la stèle de Béziers.

[Publié le 10 octobre 2008, le P.S. ayant été ajouté le 17 octobre]
 
Hommage à l’OAS au cimetière de Béziers

Le 2 novembre 2008, un ancien de l’OAS a pu célébrer le souvenir des « partisans patriotes de l’Algérie française » devant la stèle à la gloire de l’OAS.

La veille, on avait pu entendre le 1er adjoint au maire de Béziers, Elie Aboud, déclarer au 19/20 de France 3 Languedoc-Roussillon : « L’arrêté ne dit pas interdiction du rassemblement : l’arrêté dit interdiction de prise de parole et de débordement. S’il y a un rassemblement dans le calme et le respect, donc, il n’y a pas d’interdiction. »

Par la suite, un certain nombre d’associations, dont la LDH, se sont adressées au Sénateur-Maire de Béziers pour lui demander
de faire retirer du cimetière neuf de Béziers la plaque reproduisant les noms et photos de quatre membres de l’OAS avec l’intitulé « fusillés pour avoir défendu l’Algérie française ». Dans son édition du 17 novembre 2008, le quotidien algérien El Watan cite longuement cet « appel au retrait de la stèle commémorative de l’OAS ».

[Première mise en ligne le 3 nov 2008, dernière mise à jour le 17 nov 2008]
 
La LDH s’indigne de la présence d’un député UMP lors d’un hommage rendu à Béziers aux fusillés de l’OAS

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme exprime son indignation face à la présence, le 26 mars dernier, du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés [3], lors d’un hommage à quatre membres de l’OAS condamnés pour assassinat ou tentative d’assassinat, dont l’un pour plusieurs attentats contre le président de la République française.

Cette lettre de Jean-Pierre Dubois, Président de la LDH, à Bernard Accoyer, a été transmise à Jean-François Copé, Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale.

[Mise en ligne le 29 mars 2009,
la lettre de J.-P. Dubois ayant été ajoutée le 7 avril ] [4]
 
Parfums électoralistes autour de la stèle OAS de Béziers

Dans une lettre publique adressée le 1er avril au Président de l’Assemblée nationale, la Ligue des droits de l’Homme a exprimé son indignation devant la présence le 26 mars dernier du député Elie Aboud, président du groupe d’étude parlementaire aux rapatriés, «  à un rassemblement au cimetière neuf de Béziers devant une stèle ornée d’une plaque dédiée à quatre anciens membres des commandos de l’OAS. » [5]

Début novembre 2008, un ancien de l’OAS avait pu célébrer le souvenir des « partisans patriotes de l’Algérie française » devant cette même stèle. Et une nouvelle cérémonie s’y déroulera, au cours de la matinée du 5 juillet...

Décidément la “compréhension” de Raymond Couderc, sénateur-maire de Béziers, envers ces extrémistes est en train de faire de Béziers un haut-lieu de la réhabilitation de l’OAS !

La « réelle motivation » du sénateur-maire est bien connue à Béziers : pour battre Georges Frêche lors des élections régionales de mars prochain, Raymond Couderc fait tout pour obtenir l’appui du “lobby pied-noir”. Peut-on lui faire remarquer que ce groupe de pression ne représente qu’une frange de ceux qui se considèrent comme des rapatriés d’Algérie. Le communiqué de l’Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), que nous reprenons ci-dessous, le montre clairement.

La section de Béziers de la LDH et d’autres associations se joignent à l’ANPNPA pour dénoncer la manifestation des extrémistes de l’OAS camouflée derrière le prétexte d’un hommage aux victimes des événements dramatiques d’Oran.

[Mise en ligne le 29 juin, mise à jour le 3 juillet 2009]


 
Cérémonie controversée du souvenir au cimetière de Béziers

La confrontation prévue a eu lieu, à Béziers, au cimetière neuf, dimanche 5 juillet 2009 : d’un côté, près de deux cents rapatriés d’Algérie sont venus, au prétexte de rendre hommage aux victimes du massacre d’Oran, le 5 juillet 1962, mais en réalité pour y glorifier l’organisation terroriste OAS. En effet la préfecture avait finalement autorisé ce rassemblement controversé.

En face, près d’une cinquantaine d’opposants à la plaque dédiée à l’OAS apposée sur la stèle érigée par les rapatriés avaient répondu à l’appel de l’Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA).

[Première mise en ligne le 7 juillet, mise à jour le 11 juillet 2009]


 
Robert Ménard reconnaît les siens : l’extrême droite

Robert Ménard est né en 1953 à Oran dans une famille installée en Algérie depuis un siècle – on comprend le déchirement que représente toujours pour lui le départ brutal de son pays natal en 1962. Il est l’un des fondateurs en 1985 de l’organisation Reporters sans frontières dont il a été secrétaire général jusqu’en 2008.

Depuis lors, son parcours est particulièrement tortueux. Il s’affiche partisan de la peine de mort [6] et légitime l’usage de la torture [7]. En avril 2011, il fait paraître un opuscule intitulé Vive Le Pen !, dont il a justifié la publication par la défense de « la liberté d’expression ». L’année suivante, c’est Vive l’Algérie française !, écrit en collaboration avec le président du Cercle algérianiste, un pamphlet censé mettre un terme à la lecture de l’histoire de la guerre d’Algérie « avec des lunettes idéologiques » [8].

Aujourd’hui Robert Ménard est candidat aux prochaines élections municipales à Béziers avec l’appui du FN, qui représente près de 20 % des voix dans cette commune de l’Hérault. Il a présenté sa liste le 4 mars 2014 : elle comporte notamment 6 FN, 1 Bleu marine, 3 DLR, 1 RPF, et 6 UMP ou ex-UMP... Par ailleurs, deux cadres du Bloc identitaire, Arnaud Naudin et Christophe Pacotte, seconderaient cette liste [9]. Ci-dessous quelques précisions sur l’itinéraire d’un individu en qui certains voient un poisson-pilote d’un projet de coalition FN-UMP [10].

[Mis en ligne le 25 septembre 2013, mis à jour le 6 mars 2014]


 
Robert Ménard, l’extrême droite sans frontières

Robert Ménard est le candidat à la mairie de Béziers soutenu par l’extrême droite (FN-DLR-MPF-RPF) qui est arrivé en tête à l’issue du premier tour de l’élection municipale. Il se voit déjà maire ...

Avant de conduire à la mairie cette personne au singulier parcours, les Biterrois feraient bien de réfléchir et notamment de lire attentivement les vingt mesures du programme ultra-sécuritaire qu’il leur propose – pour six ans ! [11]

Dernière minute : Si Ménard passe, le RCT de Boudjellal ne viendra pas à Béziers.

[Mis en ligne le 26 mars 2014, mis à jour le 27]


 
Le parcours tortueux de Robert Ménard

On ne peut oublier les combats de Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières, pour défendre la liberté de la presse. On ne peut également que déplorer sa défense de l’indéfendable au nom de la liberté d’expression.

Élu maire de Béziers en mars dernier avec le soutien du Front national, Robert Ménard ne fait plus mystère de ses affinités avec l’extrême droite, et les nominations à la tête de son cabinet de deux activistes d’extrême droite l’attestent.

Il faut lire les déclarations de Louis Aliot, vice-président du Front National, s’étonnant que Robert Ménard se démarque du FN tout en engageant à son cabinet des gens « qui sont beaucoup plus, beaucoup plus radicaux que ne le sera jamais le Front National ». D’après le Midi Libre, Robert Ménard a recruté comme directeur de cabinet André-Yves Beck, ancien collaborateur de Jacques Bompard à la mairie d’Orange et ancien membre, selon Mediapart, des mouvements d’extrême droite Troisième voie et Nouvelle résistance. Robert Ménard s’est également attaché les services, comme chef de cabinet, de Christophe Pacotte, qui avait intégré en 2012 le bureau directeur du Bloc identitaire. Retour ci-dessous sur un parcours bien tortueux.

 
Erostrate à Béziers

Tel Erostrate [12], Robert Ménard, maire d’extrême droite de Béziers, est à la recherche de mesures qui fassent parler de lui : après le couvre-feu entre 23h et 6h pour les mineurs de moins de 13 ans dans certains quartiers de Béziers, l’interdiction de battre des tapis après 10h du matin, d’étendre de jour du linge aux balcons et fenêtres dans le centre historique de la ville où vivent de nombreuses familles gitanes et maghrébines ...

On en arrive à des mesures plus graves : le recrutement annoncé de policiers municipaux, leur armement ... et une décision, à la légalité douteuse, qui vise à interdire l’étude surveillée du matin aux élèves du primaire dont les parents sont au chômage. Quant à la plaque d’hommage aux fusillés de l’OAS du cimetière neuf, le maire ne daigne pas répondre à la demande d’enlèvement.

Une situation où la Ligue des droits de l’Homme a toute sa place : sa fédération de l’Hérault annonce vouloir rester particulièrement vigilante.

[Mis en ligne le 12 juin 2014, mis à jour le 13]


 
Nouvelle action de la LDH contre l’arrêté couvre-feu de Robert Ménard

Robert Ménard, maire de Béziers, soutenu par le FN, a pris en avril dernier un arrêté municipal interdisant aux enfants de moins de 13 ans de sortir de chez eux non accompagnés après 23 h durant les week-end et les jours fériés.
En juin, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) a introduit devant le tribunal administratif de Montpellier un référé suspension contre ce décret — il n’est en effet pas possible d’infliger une amende à un enfant. La décision du TA devait être connue le 8 juillet.

Mais Robert Ménard a modifié son arrêté, le 7 juillet, remplaçant l’amende pour les enfants contrevenant par d’éventuelles poursuites contre les parents, ce qui a amené le TA à prononcer un non-lieu. Me Sophie Mazas, pour la LDH, a introduit une nouvelle action contre le dernier arrêté, sur le fond cette fois et non plus en référé. Le tribunal devrait prendre plusieurs semaines avant de se prononcer. [13]

[Mis en ligne le 7 juillet 2014, mis à jour le 11]


 
Robert Ménard s’incline devant une stèle glorifiant l’OAS

À l’origine, la stèle de Béziers avait été érigée à la mémoire des morts civils et militaires laissés en Outre-Mer. Peu à peu, elle a été transformée en un hommage à l’action de l’OAS. Sur cette stèle figurent les photos des quatre membres de l’OAS qui ont été fusillés après avoir été condamnés à mort par les tribunaux français, suivies de la phrase « N’oubliez jamais leur sacrifice ». Il s’agit de Jean Bastien-Thiry qui organisa en 1962 l’attentat du Petit Clamart dans le but d’assassiner le général de Gaulle ; Roger Degueldre, créateur des commandos Delta de l’OAS, Albert Docevar et Claude Piegts qui avaient participé en mai 1961 à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury.

C’est devant cette stèle que le maire de Béziers, Robert Ménard, et le député UMP, Elie Aboud, ceints de leurs écharpes tricolores, ont déposé ensemble une gerbe. C’est devant ce monument que Robert Ménard a prononcé un discours provocateur. Ce n’était pas la première cérémonie organisée devant ce monument mais c’était sans doute la plus choquante.

[Mis en ligne le 10 juillet 2014, mis à jour le 11]


 
L’institut Boris Cyrulnik de Béziers ferme, mais ce n’est pas à cause de Robert Ménard

Le célèbre neuropsychiatre, Boris Cyrulnik, a décidé de fermer son Institut de la petite enfance, ouvert à Béziers en janvier. Son entourage a commencé par invoquer « une incompatibilité avec une mairie Front National ».

Une prise de position que nous avions saluée — rappelant ses prises de position en 1995 quand le Front national s’était « emparé » de la municipalité de Toulon. Mais, au cours de l’après-midi du 1er octobre, Boris Cyrulnik devait revenir sur sa réaction initiale ... [14]

[Mis en ligne le 1er octobre 2014, mis à jour le 2]


 
Ménard à Zemmour : “[À Béziers], tu es chez toi”

Invité à Béziers par Robert Ménard, maire élu au printemps grâce au vote lepéniste, Éric Zemmour a fait un tabac en rassemblant une foule de citoyens horrifiés par les temps qui courent. Un reportage d’Antoine Perraud sur l’art de sembler venger quarante ans d’humiliations fantasmagoriques.

 
Petite chronique ménardienne ...

« Le message principal du Front national, c’est le repli sur soi alors que l’avenir du monde est dans le “tous ensemble”. Mais le pire, pour moi, réside dans l’outrage que les gens de Béziers infligent à leur propre histoire. Plus de mille à applaudir Ménard et Zemmour pour qui Vichy a sauvé les juifs de France. Et personne pour faire résonner les noms de Maurice Grundmann, arrêté en 1943 au Café du Commerce à Béziers. Ceux d’Élie Robert Béhar, de Bruno Molinari, de Marius Abbal, victimes des nazis et de leurs complices locaux. Des dizaines d’autres encore, absents des mémoires. On a laissé ici, dans la ville natale de Jean Moulin, cracher sur la tombe des martyrs. »

Didier Daeninckx, Retour à Béziers, éd. Verdier


Une recension de faits, petits ou grands, dans l’ordre chronologique inverse... (à suivre)

 
Robert Ménard lance une guerilla dans les rues de Béziers

Robert Ménard décide de débaptiser la rue du 19-Mars-1962, date des accords d’Evian, et de la renommer rue du Commandant-Hélie-Denoix-de-Saint-Marc. La proposition devrait être présentée lors du prochain conseil municipal, le 11 décembre. Robert Ménard veut dédier cette rue à la mémoire du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc. Cet ancien résistant, opposé à la politique algérienne du Général de Gaulle, avait participé au putsch des généraux d’avril 1961.

[Mis en ligne le 5 décembre 2014, mis à jour le 8]


 
Robert Ménard ranime la guerre des mémoires

La France compte un grand nombre de rues ou de places “du 19 mars 1962”, date du cessez-le-feu en Algérie, jour où beaucoup de Français ont été soulagés à l’annonce d’un événement qui laissait entrevoir la fin d’une guerre coloniale qui durait depuis plus de 7 ans. Le référendum du 8 avril 1962, approuvant à plus de 90% en métropole les accords d’Evian et l’autodétermination de l’Algérie, montrait qu’une très forte majorité de Français aspiraient à la paix. Certes les armes ne se sont pas tues à partir du cessez-le-feu et de nombreuses victimes se sont ajoutées de part et d’autre – l’OAS ayant joué la politique du pire.

Robert Ménard, maire de Béziers, écrit dans le numéro de janvier 2015 du Journal de Béziers qu’il « veut en finir avec [cette] date infamante ». Il met en place pour le 14 mars prochain une double provocation : d’une part débaptiser la “Rue du 19 mars 1962” et d’autre part lui donner comme nouveau nom : “Rue du Commandant Denoix de Saint-Marc”.

Pourquoi Ménard a-t-il choisi ce nom ? Denoix de Saint-Marc a un passé de résistant et il a été déporté, mais c’est l’officier putschiste que Ménard a décidé d’honorer, le commandant du 1er Régiment étranger de parachutistes, fer de lance du putsch d’avril 1961 visant à renverser la République et son président le général de Gaulle.
L’historien Gilles Manceron a écrit une biographie de l’ancien officier de renseignement de la 10e division parachutiste dans un article intitulé Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe.

 
Appels à contre-rassemblement à Béziers, le 14 mars 2015 (màj)

La décision de Robert Ménard de renommer Rue du commandant Denoix de Saint-Marc la rue dont le nom évoquait la date du cessez-le-feu en Algérie continue à être contestée. Quatre associations concernées par la guerre d’Algérie ont rédigé un appel à se réunir pacifiquement dans cette rue de Béziers, le 14 mars 2015 à 14 heures, pour manifester leur hostilité à ce projet de Robert Ménard.

  • Un tract diffusé par des associations et des organisations politiques ou syndicales locales appelle à se joindre à la manifestation ; il est téléchargeable : “Sauvons le nom de la Rue du « 19 Mars 1962 » à Béziers”.
  • Une pétition lancée par le Mouvement de la Paix en faveur du maintien de la rue du 19 mars 1962 à Béziers est en ligne.
  • Un recours “en excès de pouvoir” visant le maire a été enregistré, le 24 février, par le tribunal administratif de Montpellier.

Ci-dessous :

  • L’appel initial. Les associations qui souhaitent rejoindre les signataires peuvent contacter l’ANPROMEVO – anpromevo@noos.fr – qui transmettra.
  • Un communiqué de la LDH régionale appelant à rejoindre les collectifs d’associations républicaines et à se mobiliser le 14 Mars pour participer à un rassemblement unitaire contre ce changement de nom de rue à Béziers.
  • Une lettre de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Nouveau : Hélie Denoix de SM est-il bien un héros ?
Rendez-vous le 14 mars à 14 h au début de la rue du 19 mars 1962, côté bd Jules Cadenat.

[Mis en ligne le 14 février 2015, mis à jour le 13 mars 2015]


 
Béziers : la FNACA “dénonce avec la plus grande vigueur”, l’ARAC “exprime sa désapprobation totale”

Dans un communiqué publié le 5 mars 2015, la FNACA, association spécifique de tous ceux qui ont participé entre 1952 et 1962 à la guerre d’Algérie ou aux combats du Maroc ou de la Tunisie, « dénonce avec la plus grande vigueur, l’attitude du nouveau maire de Béziers, qui vient de décider de débaptiser la rue qui portait depuis 35 ans la date du 19 Mars 1962, pour lui donner le nom d’un ancien officier putschiste de la guerre d’Algérie ». Elle appelle « les anciens combattants et la population à participer nombreux aux cérémonies du Souvenir du Jeudi 19 mars 2015 partout en France. »

L’ARAC – Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre – estimant véritablement inadmissible la décision du maire de Béziers demande au préfet de l’Hérault d’annuler purement et simplement la délibération du Conseil municipal de Béziers.

[Mis en ligne le 6 mars 2015, mis à jour le 11]


 
Pierre Daum : “Ménard essaie de réchauffer de vieilles braises de haine”

Entretien exclusif pour En vie à Béziers avec Pierre Daum, spécialiste de l’Algérie et auteur notamment de Ni valise, ni cercueil (éditions Actes Sud, avec une préface de Benjamin Stora), un livre consacré aux Pieds noirs restés en Algérie après l’indépendance [15].

Les propos de Pierre Daum sont rapportés par Robert Martin. À propos de l’article paru dans le Journal de Béziers de janvier 2015 concernant le 19 mars 1962, Pierre Daum déclare : « C’est un torchon ! » [16].

 
Les Bitterois paieront la communication de Ménard

Robert Ménard avait promis de baisser le train de vie de l’hôtel de ville, il l’a fait. Le budget 2015, présenté vendredi 27 mars 2015 en conseil municipal, l’atteste : 1,5 M€ d’économisé sur les charges à caractère général, soit près de 7 %, l’effort est remarquable.

Mais l’évolution des budgets varie suivant le secteur concerné : celui de la communication voit l’ensemble des crédits qui lui sont alloués augmenter de façon considérable. La ligne budgétaire dévolue à “publicité, publications, relations publiques” augmente de 167 %, passant de 193 900 € à 518 400 € ; un nouveau chapitre dénommé “publication” est créé et il bénéficie de 49 800 € ; les “catalogues et imprimés” s’élèvent à 56 740 euros et le bulletin municipal se voit octroyer 162 000 € dans un budget annexe.
Au total : 786 940 €.

Voila donc un domaine richement doté qui pourra contribuer à la promotion des idées du maire – le numéro d’avril du Journal de Béziers propose un mots croisés spécial Algérie française – dans la ligne de la cérémonie du 14 mars dernier.

 
Béziers fait de la résistance

Le maire de Béziers, Robert Ménard, a décidé de renommer la Rue du 19 mars 1962 du nom d’un militaire contesté, Hélie Denoix de Saint-Marc. L’inauguration officielle
prévue le 14 mars prochain va se dérouler dans un climat tendu, le maire ayant fait le rappel de tous ceux susceptibles de le soutenir face à des opposants déterminés venus protester contre cette provocation de Robert Ménard.

Ci-dessous, deux reportages du début de la semaine à Béziers.

 
Contestations de la provocation de Ménard sur le 19 mars 1962

Le geste provocateur de Robert Ménard – remplacer l’évocation du cessez-le-feu en Algérie par le nom d’un officier au parcours contestable – soulève une émotion compréhensible, non seulement à Béziers, mais également à Narbonne, Perpignan ... Le journal algérien d’expression française El Watan s’en fait l’écho dans un article que nous reprenons.

 
Il n’y a plus de “rue du 19 mars 1962” à Béziers

Il n’y a plus de Rue du 19 mars 1962 à Béziers : celle qui portait ce nom a été rebaptisée Rue Cdt Denoix de Saint Marc par Robert Ménard le 14 mars 2015, au cours d’une cérémonie officielle.

Selon la police, entre 1 200 et 1 400 personnes étaient venues dire “merci” au maire de Béziers, qui a profité de l’occasion pour développer ses thèmes favoris au fil d’un très long discours politique [17], achevant son allocution sous les acclamations de ses partisans qui hésitaient à scander maladroitement “Algérie française” (ti ti ti ta ta), comme Ménard les y incitait.

Cette initiative du maire de Béziers a été condamnée par beaucoup – une pétition en ligne a recueilli plus de 3600 signatures d’opposants. Près de 600 personnes étaient venues manifester leur condamnation d’une décision de Robert Ménard, qu’ils ont hué aux cris de « Ménard facho, Ménard assassin  ». Elles répondaient aux appels lancés par un grand nombre d’organisations, dont des associations d’anciens combattants. L’important service d’ordre est parvenu à tenir le groupe des opposants à distance des participants à la cérémonie officielle ; les slogans des opposants étaient presque couverts par le moyen d’une puissante sono qui relayait à l’extérieur de la cérémonie la performance musicale d’une fanfare ...

Les opposants avaient pu trouver quelque encouragement dans le communiqué officiel du Parti socialiste diffusé dans la matinée.

[Mis en ligne le 14 mars 2015, mis à jour le 15]


 
Ménard, le misogyne

Le Journal de Béziers du 1er août 2015 comporte une image polémique. Pour illustrer la victoire judiciaire de la mairie sur la Ligue des droits de l’Homme, qui s’opposait à une crèche de Noël dans la hall de l’hôtel de ville, le journal du maire d’extrême droite Robert Ménard a choisi une photo montrant un homme administrer une fessée à une femme avec ses escarpins.

 
Béziers : des manifestants demandent le départ de Ménard

Des réfugiés, par dizaines, devant un train. La scène se déroule sur le quai d’une gare macédonienne, au mois de juin dernier. Et trois mois plus tard, elle se retrouve en Une du Journal de Béziers, agrémentée d’un panneau « Béziers 3.865km » et d’un « scolarité gratuite, hébergements et allocations pour tous ». « Ils l’ont maquillée à la nord-coréenne », fustige Eric Baradat, rédacteur en chef du service photo de l’AFP, sur les ondes de France Info.

Les propos du maire de Béziers ont provoqué la colère d’une partie des habitants de la ville. Ils étaient entre 500 et 700 — plus d’un millier suivant certains observateurs — à manifester ce samedi pour afficher leur soutien aux réfugiés, que Robert Ménard refuse d’accueillir.

 
Des profs d’histoire demandent à Ménard de ne plus « torturer la mémoire de Jean Moulin »

Dans une lettre, 29 enseignants d’histoire de Béziers demandent à Robert Ménard, maire de Béziers, de cesser de “torturer” la mémoire de Jean Moulin et de “laisser ses mânes reposer définitivement en paix”.

[Mis en ligne le 16 janvier 2016, mis à jour le 17]


 
Pas de “garde biterroise” pour Ménard

Saisi par la préfecture, le juge des référés du tribunal administratif de l’Hérault a suspendu, le 19 janvier, l’exécution de la délibération du conseil municipal de Béziers datée du 15 décembre qui créait
une « garde biterroise ». Qualifiée de « milice » par les opposants de Robert Ménard, cette garde était censée regrouper des volontaires patrouillant dans les rues de Béziers dans un « contexte marqué par l’état d’urgence ».
Selon le juge, « la police administrative constitue un service public qui, par sa nature, ne saurait être délégué ».