1962, la fin de la guerre d’Algérie

publié le 30 mars 2016
Quelle date pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie ?

Le gouvernement a décidé, le 17 septembre 2003, que la « journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord » aurait lieu le 5 décembre.

Complément – Vous trouverez ci-dessous le manifeste des 521 officiers généraux ayant servi en Algérie, qui a été publié dans le Livre blanc.

 
commémoration : les Français récusent la date abracadabrantesque du 5 décembre

En dépit de l’organisation de cérémonies officielles, la Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord, mardi 5 décembre 2006, est passée inaperçue dans les médias. Un nouveau sondage montre d’ailleurs que les Français, comme les anciens combattants de la guerre d’Algérie, souhaitent massivement fixer cette journée au 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu de 1962.

La Fnaca (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) a décidé de questionner tous les candidats à la présidence de la République afin qu’ils s’expriment sur la reconnaissance officielle de la date du cessez-le-feu du 19 mars 1962 comme journée nationale du souvenir des victimes de la guerre d’Algérie.

Certes, le conflit a continué à faire de très nombreuses victimes, algériennes et françaises, après le cessez-le-feu, mais la date du 19 mars 1962 est importante car elle marque la volonté des responsables de mettre fin à cette guerre.

[Première publication, le 13 mars 2007,
dernière modification, le 15 mars 2007.]
 
 19 mars 1962 / 19 mars 2011

Hier, 19 mars 2011, c’était la commémoration du cessez-le-feu en Algérie [1]. Espérons que, l’année prochaine, Algériens et Français pourront commémorer ensemble le cinquantenaire de cet événement.

Hier, Nicolas Sarkozy, président de la République avait revêtu son uniforme de chef des armées pour déclarer : « Aujourd’hui, nous intervenons en Libye... »
Le 10 mars 2003, lors d’une interview télévisée à propos de l’Irak, Jacques Chirac, président de la République, avait déclaré : « La guerre, c’est toujours un ultime recours, c’est toujours un constat d’échec, c’est toujours la pire des solutions, parce qu’elle amène la mort et la misère. »
 [2]

 
colloque Nice 10-11 février 2012 : 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie

La section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme organise à Nice un colloque pour le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. Les manifestations se dérouleront sur deux jours :

  • vendredi 10 février à 18h30 : représentation de Le contraire de l’amour, d’après le Journal (1955-1962) de Mouloud Feraoun
  • samedi 11 février de 9h à 17h30, le colloque proprement dit.

Ces différents événements se tiendront tous au CLAJ de Cimiez, 26 avenue Scuderi à Nice.

 
que cherche-t-on en refusant de célébrer le 19 mars ?

« C’était à la fin février 1960 peut-être le 26, c’est-à-dire le jour de mes 20 ans. C’était l’après-midi. J’étais dans ma classe de CM1 à l’école de La Plaine à Bédarieux. Envoyé par Monsieur Espitalier, le directeur du cours complémentaire, qui était aussi le directeur de l’école primaire, un élève est venu m’apporter un courrier. Il s’agissait de ce que dans la région on appelait “la billette”. C’était l’avis de mon affectation pour effectuer mon service militaire. Il m’était ordonné de me rendre au Camp Sainte Marthe le 1er mars à Marseille afin de prendre le bateau pour Oran ... (lire la suite) »

Nous reprenons ci-dessous deux extraits récents du blog de cet ancien appelé pour faire la guerre en Algérie. En espérant qu’il fait erreur quand il affirme « qu’il n’y a pas de dialogue possible avec des gens qui n’ont rien appris et rien oublié ! »

 
il y a cinquante ans, le 7 février 1962, un attentat de l’OAS...

Le 7 février 1962, La petite Delphine Renard dix charges de plastic explosent à la porte du domicile parisien d’hommes politiques, d’intellectuels, de journalistes. Sept blessés.
Parmi les blessés une fillette âgée de quatre ans et demi, Delphine Renard. Elle jouait dans sa chambre quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habitait le même immeuble de Boulogne-sur-Seine, explose devant ses fenêtres. Delphine est gravement atteinte, elle finira par perdre la vue.

Plusieurs syndicats et partis de gauche appellent à une manifestation à Paris pour le lendemain, 8 février 1962, afin de protester contre cette vague d’attentats de l’OAS. Ce sera Charonne.

Aujourd’hui, Delphine Renard prend la parole pour dire sa révolte devant les « attentats à la vérité [commis] en honorant ceux qui ont eu recours à la barbarie pour tenter de renverser l’ordre démocratique », devant le négationnisme entretenu au plus haut de l’État. Nous reprenons sa tribune, pour l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – Anpromevo [3] –, publiée le 7 février sur LeMonde.fr. [4]

 
l’Algérie, cinquante ans plus tard, par Michèle Villanueva

Il y a un an, un éditeur libraire m’a proposé de faire partie d’un projet collectif à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance algérienne. Sous-forme de témoignage, il s’agissait d’évoquer notre ressenti ou notre vécu, “Nous et l’Algérie”, par un texte personnel – toutes les formes littéraires étant acceptées à l’exception de la fiction.

À mon premier envoi, on m’a signifié que mon texte faisait une part trop importante à l’Histoire. Je l’ai modifié trois à quatre fois, mais cela n’a pas suffi. Il est vrai que je ne peux évoquer mon passé en faisant abstraction du canevas tragique de la décolonisation qui en a constitué la toile de fond. Voici donc mon témoignage où s’entremêlent, de façon indissociable, ma vie personnelle et l’Histoire.

Michèle Villanueva
auteure de L’écharde [5]


 
la LDH a refusé la censure de Christian Estrosi

L’arrivée à Nice de 40 000 pieds-noirs et harkis au début des années 1960 a été un événement important, justifiant le choix de cette ville pour l’organisation par la LDH, le 11 février 2012, d’un colloque sur le thème “Algérie 1962, pourquoi une fin de guerre si tragique ?” Cette journée de rencontre avait été précédée la veille d’une représentation de l’émouvant Contraire de l’amour, adaptation par Dominique Lurcel du Journal de Mouloud Feraoun.

Le 9 février, Christian Estrosi, maire de Nice, avait demandé à la LDH de “surseoir à la tenue de ce colloque”, au motif que celui-ci ne s’inscrit pas dans “l’esprit” de la commémoration organisée par sa municipalité. La LDH, qui a toujours agi dans le respect des victimes de ce conflit, a refusé de céder à une telle incongruité et le colloque s’est déroulé comme prévu. Environ 200 personnes ont participé à des échanges sur lesquels nous reviendrons. Une journée particulièrement riche que les noms d’oiseaux lancés par une vingtaine de “nostalgériques” venus en perturbateurs n’ont pu gâcher. Les différents intervenants sont notamment revenus sur le rôle de l’OAS.

Ci-dessous, un communiqué émanant de la mairie de Nice, suivi de la réaction de la section de Nice de la LDH, et de la lettre que Pierre Tartakowsky, président de la LDH, a adressée au maire de Nice et au ministre de l’Intérieur. Vous compléterez ces informations en consultant la page qui expose comment Estrosi s’est fait balader par un Français d’Algérie.

[Mis en ligne le 9 février 2012 à 19h45, mis à jour le 12 à 11h30]


 
quand Estrosi se fait balader par un Français d’Algérie

Il est bien connu au bord de la Méditerranée que, dès qu’une association de la nébuleuse pied-noir commence à froncer les sourcils, les politiques se mettent au garde-à-vous, de peur sans doute de perdre quelques voix au cours des élections à venir... quitte à se ridiculiser.

C’est la mésaventure qui vient d’advenir à Christian Estrosi, maire de Nice : la LDH a refusé de surseoir au colloque qu’elle a organisé les 10 et 11 février derniers. Elle a maintenu le colloque prévu et la rencontre s’est fort bien déroulée – on peut sans exagération parler de succès. Mais d’autre part la question se pose maintenant de l’existence de l’association U.N.F.A.N. au nom de laquelle le maire de Nice avait été sollicité : la consultation du JO Associations comporte en effet la mention de sa dissolution à la date du 23 août 2007 (voir ci-dessous) !

 
de la liberté de commémorer la fin de la guerre d’Algérie...

Faute de pouvoir interdire le colloque “Algérie 1962 : pourquoi une fin de guerre si tragique?”, le maire de Nice, Christian Estrosi avait demandé à la Ligue des droits de l’Homme de « surseoir » à son projet. La LDH a refusé de céder à cette pression et le colloque s’est tenu les 10 et 11 février derniers, sans incident majeur, mis à part les cris d’oiseaux proférés par une vingtaine de perturbateurs nostalgériques, au début de la matinée.

D’autres réunions et colloques prévus pour les jours prochains, à l’occasion du cinquantenaire des Accords d’Evian, sont l’objet de menaces. À Samatan (Gers), la soirée couscous qui devait conclure la journée du 25 février a été annulée par le maire, suite à la pression d’un groupe d’activistes pour lesquels la seule vision acceptable de la guerre d’Algérie est celle de l’“Algérie française” – mais la projection-débat du film El gusto est maintenue.

Il importe que les autres colloques, notamment ceux qui sont prévus à Nîmes [6] et à Évian, puissent se tenir dans le calme et la sérénité.
Dans une démocratie, il incombe aux pouvoirs publics de veiller au respect de la liberté d’expression.

[Mis en ligne le 22 février 2012, mis à jour le 23]


 
les historiens doivent pouvoir travailler sans subir de pressions des politiques

Un colloque historique à caractère universitaire consacré à l’histoire de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’Algérie doit avoir lieu à Nîmes dans les locaux du conseil général du Gard les 10 et 11 mars – en voici la présentation. Une petite dizaine d’historiens et deux anciens militants du FLN en France partageront leurs réflexions, si toutefois le colloque n’est pas interdit par les pouvoirs publics.

En effet, il s’est trouvé une association activiste de pieds-noirs proche de l’extrême droite, l’Union Syndicale de Défense des Intérêts des Français Repliés d’Algérie (Usdifra), pour qualifier cette réunion de “colloque de la désinformation”, et annoncer son intention de mobiliser ses troupes pour manifester à Nîmes le 10 mars, de façon à en obtenir l’interdiction.

Un scénario semblable s’est déroulé début février à Nice où Christian Estrosi, maire de Nice, avait manifesté « sa totale désapprobation » de l’organisation par la LDH d’un colloque consacré à la question “pourquoi la fin de cette guerre a-t-elle été si tragique ?” Il avait demandé à la LDH de surseoir à sa tenue. Le colloque de Nice s’étant déroulé dans un local privé, le maire n’a pu l’interdire, et la réunion s’est passée de façon quasi-normale [7].

Le refus de l’Etat d’apporter son soutien au colloque de Nîmes est symptomatique de l’opération séduction de l’UMP en direction de la frange la plus droitière de l’électorat pied-noir, influente sur le pourtour méditerranéen.
« C’est totalement stupide, le colloque de Nîmes est organisé par des associations ayant un état d’esprit serein visant à ne pas rejouer éternellement la guerre » déplore l’historienne Sylvie Thénault qui doit intervenir au colloque. Pour Gilbert Meynier, autre intervenant, l’attitude de l’Etat « procède de la tentative de se concilier un lobby électoral, celui des thuriféraires de l’Algérie française, que Nicolas Sarkozy essaie de ramener à lui ».

Le colloque pourra-t-il se tenir ? La préfecture du Gard indique qu’elle se prononcera « dans les jours précédant le colloque sur une éventuelle interdiction si les forces de police estimaient ne pas être en mesure d’assurer la sécurité publique ». S’il devait être interdit, ce serait un cas sans précédent de censure de la recherche historique.

Nous reprenons ci-dessous la lettre adressée par Marc Laffineur au coordonnateur du collectif d’associations locales et de syndicats qui organise le colloque de Nîmes, puis celle de Christian Estrosi à la LDH, suivies par un entretien récent où Gilles Manceron aborde ces questions. Et nous terminons par une lettre de soutien au colloque que l’historien Gilbert Meynier a adressée au préfet du Gard.

[Mis en ligne le 29 février 2012, mis à jour le 5 mars]


 
ultras de l’Algérie française et ministres contre les colloques sur la guerre d’Algérie

Le Matin d’Algérie a publié, le 2 mars 2012 sur son site internet, un article qui s’inquiète de la montée en puissance des ultras de l’Algérie française, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

Nous reprenons ci-dessous le communiqué de l’Association les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, association qui entretient la mémoire des six enseignants froidement abattus par l’OAS, il y a cinquante ans, quelques jours avant la signature des Accords d’Evian.

 
le colloque de Nîmes sur l’histoire de la fédération de France du FLN est maintenu

Le collectif de 9 associations, organisateur du Colloque historique
franco-algérien, s’est réuni le 1er mars, et a décidé de maintenir le colloque des 10 et 11 mars à Nîmes consacré à l’histoire de la fédération de France du FLN.

Le colloque à l’origine de la polémique est organisé par Bernard Deschamps, ancien député communiste et président fondateur et d’honneur de « France El Djazaïr », association d’amitié franco-algérienne, avec un collectif d’associations. « Ce n’est donc pas en qualité d’ancien député communiste que je l’organise, déclare Bernard Deschamps, mais au titre du travail que je poursuis depuis des années sur l’histoire du FLN dans le Gard qui a fait l’objet d’une édition par Le temps des Cerises et que je viens de
rééditer avec des compléments importants.
 »

Pour télécharger le programme du colloque.

[Mis en ligne le 6 mars 2012 à 23h35, mis à jour le 7 à 22h30]


 
les “appelés” de la guerre d’Algérie

À l’époque, les jeunes Français étaient appelés, dans l’année de leur vingtième anniversaire, afin d’effectuer le service militaire obligatoire, à l’exception des “réformés” qui en étaient dispensés, et des “sursitaires” – notamment les étudiants – qui bénéficiaient d’un report [8]. La durée du service était fixée à 18 mois par la loi du 30 novembre 1950 ; l’objection de conscience n’était pas reconnue, et les insoumis – appelés qui ne s’étaient pas présentés lors de leur appel – pouvaient être recherchés et jugés pour désertion.

Pendant la guerre d’Algérie, de 1954 à 1962, après la durée légale de 18 mois, certaines “classes” furent rappelées, d’autres furent maintenues sous les drapeaux jusqu’à 30, puis 28 mois.

Les effectifs militaires en AFN (Afrique française du Nord : Algérie, Maroc et Tunisie) :
- en 1954, environ 50 000 hommes dont 38% d’appelés pour 18 mois de service,
- en 1955, les effectifs passent à 100 000 hommes,
- en 1956, le rappel sous les drapeaux porte les effectifs militaires à 200 000 hommes,
- en 1957, le maintien sous les drapeaux jusqu’à 30 mois permet d’atteindre un effectif de 400 000 hommes, dont 57% d’appelés.

Entre 1952 et 1962, 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d’active ont participé “au maintien de l’ordre en Afrique du Nord”, opérations qui ne seront reconnues comme “Guerre d’Algérie” que le 5 octobre 1999. Au cours de la même période, 12 000 hommes ont été déclarés réfractaires, dont 10 831 insoumis, 886 déserteurs et 420 objecteurs de conscience [9].

Ci-dessous : une cinquantaine d’années après, deux anciens appelés témoignent.

 
colloque des 17 et 18 mars 2012 à Évian : un succès

Les 
samedi 17 et dimanche 18 mars 2012 s’est tenu au Palais des festivités d’Evian un colloque intitulé « Sortir de la guerre d’Algérie : regards croisés, regards apaisés » – son programme peut être téléchargé (pdf). Malgré la présence à l’extérieur de quelques contre-manifestants qui protestaient contre la tenue de cette rencontre, les débats des deux journées se sont déroulés dans le plus grand calme devant un public d’environ 150 personnes. Comme le rapporte Le Dauphiné libéré du 18 mars 2012, Gilles Manceron, l’un des deux conseillers scientifiques du colloque [10], a justifié la commémoration du 19 mars, en faisant remarquer que, comme le 11 novembre 1918 ou le 8 mai 1945, cette date n’a pas marqué la fin immédiate des combats ni de la mort de civils, mais, comme ces deux autres dates, elle a été annonciatrice de la fin d’une guerre.

Ci-dessous, un compte-rendu du colloque, précédé d’un communiqué de la Ligue des droits de l’Homme et suivi d’un entretien donné par Gilles Manceron.

[Mise en ligne le 18 février 2012, dernière mise à jour le 21 mars]


 
il y a 50 ans, les actualités : négociations à Evian, massacres à Alger

Les infos de 19h15, le 15 mars 1962 ... Alors que les discussions se poursuivent à Evian, deux attentats sanglants, commis par des commandos de l’OAS, frappent Alger : à Hussein Dey, une dizaine de morts, tués au pistolet mitrailleur, dans une longue file d’ouvriers algériens qui attendaient le train pour gagner leur travail, et, deux heures plus tard, l’assassinat de six inspecteurs des centres sociaux-éducatifs à Château-Royal (El Biar)...

Avant d’écouter ce bulletin d’informations datant aujourd’hui de cinquante ans, il faut relire le texte qu’a écrit l’historien Pierre Vidal-Naquet en 1992 au sujet de ce dernier assassinat. Pour terminer, un hommage récent aux six victimes de “La bêtise qui froidement assassine” (Germaine Tillion).

 
cinquantenaire du cessez-le-feu : apaiser les mémoires

Il n’y aura pas de commémoration officielle du Cessez-le-feu aujourd’hui en France, pas plus qu’il n’y en a eu hier pour le cinquantenaire des Accords d’Evian. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy, cédant au lobby des ultras rapatriés, minoritaires mais très actifs et introduits jusqu’au plus haut de l’Etat français.

Seule la FNACA appelle à des rassemblements partout en France pour célébrer cet anniversaire. Pour l’Ile de France [11] :

  • 16h45 : cérémonie au mémorial national, quai Branly (près de la Tour Eiffel)
  • 17h45 : rassemblement à l’angle rue Balzac / Champs Élysées (métro George v)
  • 18h30 : ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe.

Pour Claire Mauss-Copeaux [12], historienne de la guerre d’Algérie, dont les recherches ont trait aux mémoires et aux représentations de la guerre, ce sont les historiens algériens et français qui permettront d’apaiser les mémoires.

 
Alger-Toulouse, d’une minute de silence à l’autre

La Ligue des droits de l’Homme partage l’émotion de tous devant les meurtres de Montauban et de Toulouse, et elle exprime dans un communiqué sa solidarité aux proches des victimes.

Une minute de silence a été observée aujourd’hui, mardi 20 mars 2012 vers 11 heures dans les écoles de France, en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse.

Cet hommage en rappelle un autre : il y a cinquante ans, le 19 mars 1962, une minute de silence avait été observée dans toutes les écoles de France à la suite de l’assassinat barbare à Alger, par des commandos OAS, de six inspecteurs des centres sociaux éducatifs. On trouvera ci-dessous le communiqué du ministre de l’époque.

On ne peut pas reprocher aujourd’hui à un adolescent d’avoir refusé alors de s’associer à cet hommage. Par contre, il est déplorable que, devenu conseiller du président de la République, Patrick Buisson se soit abstenu de répondre au fils d’un de ces fonctionnaires de l’Éducation nationale qui l’avait interpellé en 2009 à ce sujet.

 
André Nouschi : “les deux parties ont sous-estimé le racisme toujours présent chez les Européens”

À l’occasion du cinquantenaire du 19 mars 1962, le quotidien El Watan a publié lundi 19 mars 2012 un supplément spécial téléchargeable (pdf).

Ci-dessous la contribution de l’historien André Nouschi. Né à Constantine le 10 décembre 1922, André Nouschi est spécialiste de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient contemporains. Il soutient sa thèse, « Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises, de la conquête jusqu’en 1919 », en 1959, sous la direction de Charles-André Julien (publiée aux PUF en 1961). Il est coauteur de Algérie passé et présent avec Yves Lacoste et André Prenant, en 1960 ; il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont La naissance du nationalisme algérien, 1962, Paris, Editions de Minuit (2e éd. 1976) ; Les armes retournées : Colonisation et décolonisation françaises (éditions Belin, août 2005) et L’Algérie amère.
Il a créé le Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine, en 1968, à l’université de Nice. Il est professeur émérite depuis 1991.

 
il y a cinquante ans : la fusillade de la rue d’Isly

Des associations et des familles de victimes de la fusillade de la rue d’Isly à Alger appellent à un rassemblement au mémorial du Quai Branly.
Nous respectons la douleur des familles et nous rendons hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie.

Ci-dessous, un rappel des faits

 
Dalila Aït-el-Djoudi : “l’armée française vue par l’ALN”

Alors que les militaires français luttaient contre des “rebelles”, les maquisards algériens étaient confrontés à une armée coloniale qui livrait un combat qu’ils jugeaient illégitime. C’est le thème auquel Dalila Aït-el-Djoudi, docteure en histoire militaire et études de Défense, a consacré sa thèse, soutenue en décembre 2004 sous la direction de Jean-Charles Jauffret. Pour cette recherche en histoire militaire comparative de la guerre d’Algérie, la jeune historienne a pu accéder à des archives aussi bien algériennes que françaises et elle a bénéficié également des témoignages de 79 Algériens originaires de la wilaya 3 (Kabylie).

Elle a publié en 2007 un ouvrage consacré au regard des membres de l’ALN sur l’adversaire français, qui constitue un condensé de sa recherche. Elle en a souligné la diversité selon qu’il s’agissait du colon, du soldat de l’armée de métier, du jeune appelé ou de civils demeurés en France.

Dans sa communication au colloque d’Évian, les 17 et 18 mars 2012, l’historienne est revenue sur ce sujet dans une communication dont Nadjia Bouzeghrane a rédigé une synthèse.

 
Yann Scioldo-Zürcher : il y a 50 ans, l’exode des pieds-noirs
Départ d’un bateau du port d’Alger, 1962 (Marc Riboud)

1962 est un moment important dans l’histoire de la décolonisation : au cours des mois qui ont suivi le cessez-le-feu, la plus grande partie des Européens d’Algérie ont quitté le pays. Ce fut un moment de déchirement sans pareil pour des familles qui y vivaient parfois depuis plusieurs générations – voir cependant le livre de Pierre Daum.

La création en août 1961 du secrétariat d’État aux rapatriés confirme que le pouvoir politique s’attendait à un départ important d’Européens après l’indépendance de l’Algérie. Mais il n’avait sans doute pas prévu que plus de 800 000 d’entre eux débarqueraient à Marseille, Sète, Toulon ou Nice, entre avril et septembre 1962 ...

Peu à peu cependant, les situations se sont régularisées. L’historien
Yann Scioldo-Zürcher, qui a consacré sa thèse à la politique d’intégration des Français d’Algérie rapatriés, écrit que « face au traumatisme de ce qu’ils vécurent comme un exil, les rapatriés d’Algérie bénéficièrent de nombreuses mesures facilitant leur intégration en France métropolitaine. » Il le montre dans une conférence qu’il a prononcée en janvier 2012 et dans un article de 2010.

 
colloques d’historiens en Algérie

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, plusieurs colloques vont se tenir en Algérie. Le premier, axé sur le problème de la reconnaissance par l’État français des crimes de la colonisation, se déroulera à Alger du 1er au 3 juillet 2012.Un article de ce site lui est consacré.

Quelques jours plus tard, un colloque organisé par El Watan se déroulera à Alger du 5 au 7 juillet. Puis une rencontre-débat se tiendra les 12 et 13 juillet 2012 à Ouzellaguen, lieu du Congrès de la Soummam en août 1956 ; elle sera consacrée à cet “acte fondateur” de l’État algérien.

Ci-dessous des informations sur ces trois événements.

[Mis en ligne le 26 juin 2012, mis à jour le 30]


 
Nice, capitale de l’Algérie française

« Et qui dira la fraternité réelle, le compagnonnage des êtres de toutes conditions, la compréhension réciproque et les centres d’intérêts partagés, le respect mutuel entre les communautés, les affinités, les enthousiasmes communs ? [13] »

C’est un hymne à l’Algérie française qu’a prononcé Christian Estrosi, le 30 juin 2012, en inaugurant un monument d’hommage aux « Français de l’autre rive ». Le maire de Nice sait que les nostalgériques constituent une fraction importante de son électorat...

Il est difficile de ne pas déraper et de ne pas finir dans le burlesque, quand on tient un double langage ... C’est ce qu’il est advenu au maire de Nice, le 20 octobre, quand il s’est écrié “Vive l’Algérie française !”.

[Mis en ligne le 4 juillet 2012, mis à jour le 24 octobre]


 
libération de l’histoire au colloque d’Alger (1er–3 juillet 2012)

Ainsi que l’avait souhaité Benamar Mediene, certaines des interventions au colloque “Algérie 50 ans après : libérer l’Histoire” organisé à Alger par La Tribune et le CNRPAH du 1er au 3 juillet 2012, à la veille du cinquantenaire de l’indépendance, ont permis de sortir de « la vision sacralisante de l’histoire » [14].
Au yeux de l’universitaire, la « sacralité » et l’« instrumentalisation » entravent la libération de l’histoire, en raison de la notion même de « génération de novembre » qui, selon ses propres dires, n’a pas lieu d’exister, car, « au déclenchement de la guerre de libération, il y avait des hommes et non une génération entière ».

Les interventions au colloque de deux universitaires illustrent cette évolution : Zineb Ali Benali a évoqué les femmes violées par l’ALN, et Dalila Aït-El-Djoudi a traité des prisonniers français de l’ALN. Ci-dessous les entretiens qu’elles ont accordés à La Tribune et qui ont été recueillis par Badiâa Amarni.

 
“guerre d’Algérie, guerre d’indépendance, paroles d’humanité”, par la 4acg

A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, l’association Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre – plus connue sous le nom de 4acg – publie un ouvrage qui rassemble des récits divers de combattants algériens et français, harkis, pieds-noirs, réfractaires, médecins, infirmières, membres de leur famille, tous mêlés d’une façon ou d’une autre à la guerre.

Ce dont témoignent tous ces acteurs, c’est qu’aujourd’hui l’heure est venue de parler et d’écouter, de donner et de recevoir, des deux côtés de la Méditerranée. C’est le sens de ce livre : faire entendre la multiplicité des voix et contribuer à une mémoire chorale de la guerre.

Les préfaces de Raphaëlle Branche et de Ouanassa Siari Tengour encadrent la liste des témoins qui ont contribué à cette œuvre collective.

 
colloque d´El Watan à Alger : nouveaux regards sur l’histoire

Le colloque organisé du 5 au 7 juillet 2012 par le quotidien algérien El Watan, salle Cosmos de Riadh El Feth à Alger, a permis lors des deux premières journées à des historiens d’ouvrir de nouveaux horizons. Parmi les nombreux chercheurs venus d’Algérie, de France et des Etats-Unis dont ce journal a résumé les interventions, retenons notamment les interventions de :

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu publié le 7 juillet dans El Watan de la communication de Malika Rahal, chercheuse à l’Institut d’histoire du temps présent, (IHTP), sur « Le militantisme nationaliste : une expérience politique pour l’indépendance ? », consacrée à un courant politique resté trop méconnu, celui de l’Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA). Et celui de l’intervention de Gilles Manceron qui a traité de la gêne éprouvée par la société française pour reconnaître ce que fut la colonisation et la guerre d’Algérie et dénoncé le fait que ce sont les lobbies nostalgiques de « l’Algérie française » qui dictent leur loi aux politiques, comme ils l’ont longtemps fait au temps des colonies. Pour terminer, nous reproduisons l’entretien avec Gilles Manceron sur la question des harkis que ce quotidien a publié dans son édition du 5 juillet.

[Ajouté le 23 août 2012] – A la suite de ces deux articles, vous pourrez voir les enregistrements vidéos de ces deux interventions.

 
colloque d’El Watan : après l’histoire, le présent

Comme Omar Belhouchet, directeur d’El Watan, l’a déclaré le premier jour, l’un des deux axes du colloque organisé par El Watan était le bilan des cinquante années d’indépendance : « Ce 50e anniversaire de l’indépendance nous incite à la réflexion critique ».
« Qu’a-t-on fait de l’indépendance ? Qu’est-ce qui a été fait depuis 1962 ? Et pourquoi en sommes-nous là ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? En quoi avons-nous failli ? » La troisième journée du colloque organisé par ce quotidien, intitulé « Cinquante ans après l’indépendance : quel destin pour quelle Algérie ? », a dressé un bilan sévère, que résume le titre de Une son édition du 5 juillet : « 1962-2012 : Un passé glorieux, une liberté confisquée ».

Nous reprenons les comptes-rendus par Mustapha Benfodil, parus dans El Watan du 8 juillet 2012, des interventions :

  • du juriste Madjid Benchikh, ancien doyen de la faculté de droit d’Alger, qui analyse l’évolution des droits de l’Homme en Algérie
  • du politologue Mohammed Hachemaoui, enseignant-chercheur, Université Paris 8/IREMAM (CNRS), qui passe au crible les effets dévastateurs de « la corruption politique, dernière ligne de défense du régime autoritaire ».

[Ajouté le 23 août 2012] – A la suite, vous trouverez des enregistrements vidéo de ces deux interventions.

 
les disparus d’Algérie, par Raphaëlle Branche

Le 5 juillet, l’Algérie a fêté le cinquantième anniversaire de son indépendance. La dure lutte qu’il a fallu mener pour arracher cette liberté à la puissance coloniale française, présente pendant plus de cent trente ans sur le sol algérien, a été commémorée dans toutes les communes d’Algérie, devant les monuments aux martyrs.

Dans cette tribune publiée dans Le Monde daté du 8 juillet 2012, l’historienne Raphaëlle Branche, spécialiste de la guerre d’Algérie et des questions de violence en situation coloniale, lance un appel pour qu’un hommage soit rendu à tous les anonymes qui y ont perdu la vie d’un côté ou de l’autre [15].

 
bilan de la colonisation, pesanteurs du passé et lutte des classes, par Mohammed Harbi

Contribution de Mohammed Harbi au colloque d’El Watan pour le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

N’ayant pu, pour des raisons de santé, se déplacer à Alger pour participer au colloque organisé par El Watan à Alger du 5 au 7 juillet 2012, l’historien Mohammed Harbi a fait parvenir aux organisateurs la contribution suivante.

 
comme les Blancs et les Noirs d’Afrique du Sud, comme la France et l’Allemagne, l’Algérie et la France doivent sortir des conflits du passé

Il y a cinq ans, des historiens des deux rives de la Méditerranée avaient lancé un appel à dépasser le contentieux historique franco-algérien. Les signataires, récusant le terme de « repentance » pour sa connotation religieuse, appelaient les plus hautes autorités de la République française à « reconnaître publiquement l’implication première et essentielle de la France dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie ».

Aujourd’hui, on ne peut malheureusement que constater l’absence de progrès dans cette direction. C’est sans doute la raison pour laquelle, après avoir rappelé le lourd passé de la France en Algérie, le politologue Mustapha Benchenane (Université Paris-Descartes) conclut une tribune publiée dans le Quotidien d’Oran le 5 juillet 2012, en écrivant : « Ce que les Français et les Allemands ont réussi, ce que les noirs et les blancs sont parvenus à surmonter en Afrique du Sud, devrait aussi être à la portée des Algériens et des Français.. » Dans le même registre, l’universitaire Brahim Senouci plaide, également dans le Quotidien d’Oran, le 12 juillet 2012, pour que la France suive l’exemple de l’Allemagne en reconnaissant et en assumant son passé.

 
le congrès de la Soummam 56 ans après, quelle histoire pour 50 ans d’indépendance ?

Après les colloques d’historiens organisés à Alger, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, par La Tribune et par El Watan, deux journées de rencontre-débats consacrées au Congrès de la Soummam se sont tenues les 12 et 13 juillet 2012 à Ifri-Ouzellaguen, lieu où s’est déroulé l’“acte fondateur” de l’État algérien en août 1956 [16].

C’est une association de jeunes, l’AAJ Horizons d’Ouzellaguen, animés de la volonté de « libérer les activités culturelles de la commune » de la routine des « anniversaires de circonstances » et de « favoriser l’action durable et continue, où le citoyen sera constamment sollicité et sensibilisé », qui a organisé non sans mal ces deux journées et défini leur programme.

Des rencontres dont l’historien Daho Djerbal a souligné l’originalité, dans un entretien donné au quotidien L’Expression : « D’habitude, on se retrouve dans des colloques universitaires ou dans des cérémonies organisées par des partis, ou par d’autres institutions officielles de l’Etat. Donc, pas de dialogue. Mais à cette occasion, il y a eu un dialogue, “un débat entre histoire et mémoire”. Cela est le premier aspect qui est très important. Il y avait à la fois des gens âgés qui ont connu et vécu la période » et des jeunes, notamment « de l’association Horizons qui a pris l’initiative d’organiser cette rencontre. [17] »

 
“la guerre d’Algérie, 50 ans après”, à Toulon

A l’occasion du cinquantenaire de la fin de la “guerre d’Algérie” – la “guerre de libération nationale” des Algériens – le Théâtre Liberté propose une programmation centrée sur ce pays voisin.

Elle commencera avec une représentation à ne pas manquer : une adaptation pour le théâtre du Journal 1950-1962 de Mouloud Feraoun, jeudi 11 & vendredi 12 octobre à 20h :
Le contraire de l’amour – mise en scène et version scénique de Dominique Lurcel qui rencontrera le public à l’issue de chaque représentation.

[Mis en ligne le 4 octobre 2012, mis à jour le 11]


 
le 19 mars devient journée nationale du souvenir

Le Parlement a adopté définitivement le 8 novembre 2012 la proposition de loi socialiste qui fait du 19 mars, date anniversaire du cessez-le-feu en 1962, la « journée nationale du souvenir » en mémoire des victimes de la guerre d’Algérie, après le vote en ce sens du Sénat [18].
Le texte a été adopté par 181 voix contre 155, la gauche s’étant prononcée pour, la droite contre, à l’issue d’un débat passionné. Déjà votée en janvier 2002, et dans les mêmes termes, par l’Assemblée nationale, la proposition de loi est définitivement adoptée après le vote du Sénat et ne retourne pas devant les députés [19].

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 29 novembre 2012 les recours des députés et sénateurs UMP, la loi est donc validée [20].

L’adoption de cette loi mettra-t-elle fin aux contestations violentes des commémorations du cessez-le-feu du 19 mars 1962 – comme à Claviers il y a deux ans ? [21]

[Première mise en ligne le 25 octobre 2012, mise à jour le 30 novembre]


 
le bras d’honneur de Gérard Longuet

L’ex-ministre français de la Défense avait fait ce geste à la télévision après une dépêche AFP mentionnant la demande du ministre algérien des Moudjahidine, Mohamed Cherif Abbas, d’une « reconnaissance franche des crimes perpétrés » par le colonialisme français [22].

 
Benjamin Stora et Jean-Charles Jauffret à Toulon

Les historiens Benjamin Stora et Jean-Charles Jauffret débattront au Théâtre Liberté de Toulon, le 22 novembre 2012 à 20h, sur le thème “Résurgence des mémoires et devoir d’historiens” [23].

Benjamin Stora, enfant de Constantine, est devenu au fil de ses recherches et de ses ouvrages, un historien de référence de l’Algérie et du Maghreb et un témoin engagé qui combat l’amnésie qui entoure le destin de sa terre natale [24].


Jean-Charles Jauffret évoquera la mémoire des appelés. Spécialiste de l’histoire militaire française, il a dirigé l’ouvrage Soldats en Algérie, 1954-1962 [25], et il est l’auteur de Ces officiers qui ont dit non à la torture présenté ci-dessous.

 
exposition “Paris en guerre d’Algérie”

L’exposition« Paris en guerre d’Algérie » qui se tient du 7 décembre 2012 au 10 janvier 2013 au couvent des Cordeliers, à Paris, retrace les répercussions du conflit entre la France et l’Algérie sur les conditions de vie dans l’ancien département de la Seine sur une période plus large que celle du conflit, de 1953 à 1968.

Un conflit qui n’a pas touché les différents habitants de la région parisienne au même titre. L’exposition aborde notamment les conditions de vie des Algériens avant et après la guerre.

 
Estrosi, “insoumis” par calcul

La volonté de récupérer des voix demande quelques contorsions et oblige à ne pas craindre les contradictions. Les prises de position de Christian Estrosi en constituent l’illustration.

Le 18 juin 2011, Christian Estrosi avait inauguré une statue du général de Gaulle. Le 20 octobre dernier, il clôturait un rassemblement de pieds-noirs en lançant un vibrant : « Vive l’Algérie française ! ». Aujourd’hui, il annonce qu’il n’appliquera pas la loi qui a institué le 19 mars Journée nationale du souvenir [...] à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, comme le préfet des Alpes-Maritimes le lui a rappelé.

[Mis en ligne le 27 février 2013, mis à jour le 17 avril]


 
Benjamin Stora et Alexis Jenni : les mémoires dangereuses

Extrait des Mémoires dangereuses (Ed Albin Michel, 2016), début du dialogue entre Alexis Jenni, écrivain, auteur de « L’Art français de la guerre » (Ed Gallimard), Prix Goncourt, 2011, et Benjamin Stora historien. [*]

 
Christian Estrosi refuse de participer aux commémorations des accords d’Evian

Président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et maire Les Républicains de Nice, Christian Estrosi refuse de participer aux cérémonies organisées le 19 mars, en commémoration des accords de 1962. Il refuse même d’y être représenté.

Le 19 mars est officiellement « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc ». Mais cette date est contestée par des politiques et des associations, notamment de harkis et de pieds-noirs. Pour la première fois, cette année, le président de la République, François Hollande, participera aux célébrations.

Ci-dessous le communiqué de protestation publié par le comité régional PACA de la LDH.

 
les Français et leur passé algérien

Ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora et publié le 14 mars 2016 dans le quotidien algérien Liberté sous le titre « Il faut dépasser le discours abstrait de dénonciation du colonialisme ».

Pour ce spécialiste reconnu de l’histoire coloniale, les demandes de repentance sont improductives. Selon lui, l’État algérien doit entrer en mouvement en réclamant à la France des réponses sur des faits précis et des compensations pour les victimes de toutes les exactions.

L’interview est suivie de deux vidéos d’entretien de Benjamin Stora avec Jean-Pierre Elkabbach.

 
commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

Le 19 mars 1962, l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en Algérie, est une date importante : la veille, le 18 mars, les accords d’Evian étaient signés entre la France et le FLN. Ce jour n’a pas marqué la fin des combats et des massacres de populations civiles, dont beaucoup étaient dûs à la folie meurtrière de l’OAS, mais dans la mémoire collective française, le 19 mars est l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. D’où la décision du président de la République François Hollande de rendre hommage le 19 mars aux victimes de cette guerre.

Le 18 mars 2016, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a publié une tribune dans Le Figaro pour contester cette décision : l’ancien chef de l’Etat critique la date choisie par François Hollande pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie, au prétexte que cette date ne marquerait pas la fin des combats – voyez la prise de position électoraliste de Christian Estrosi. En réalité on peut voir dans cette prise de position du leader des Républicains une manifestation de la “guerre des mémoires” dont l’objectif premier est de s’approprier le soi-disant vote pieds-noir.

Ci-dessous deux liens pour prendre connaissance du discours de François Hollande, suivis d’un communiqué de la FNACA réagissant, le 18 mars, à l’article de Nicolas Sarkozy.

Mis en ligne le 18 mars 2016, mis à jour le 21


 
cessons de ressasser les mémoires meurtries de la guerre d’Algérie !

Le refus de Nicolas Sarkozy d’accepter que le 19 mars soit la Journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de cette guerre est révélateur de la difficulté encore actuelle de la France de regarder en face la page coloniale de son passé.

 
le réveil d’une parole coloniale sur la guerre d’Algérie

Les discours favorables à l’Algérie française sont de retour. Les groupes de mémoire communautarisés se sont multipliés ; d’où la crainte exprimée par Benjamin Stora d’une « guerre des mémoires ». Il rejoint un autre historien, Gilles Manceron, pour qui un réveil de l’idéologie coloniale a accompagné la libération de la parole sur la guerre d’Algérie.

 
ils témoignent pour une mémoire apaisée

En choisissant d’assister aux commémorations du 19-Mars, date du cessez-le-feu en Algérie scellé par les accords d’Évian en 1962, et de rendre hommage aux victimes de cette guerre, le président François Hollande s’est attiré les foudres de la droite.

Cette date, devenue Journée nationale de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, est l’occasion de donner la parole à ceux qui tentent de lancer des passerelles au-dessus de la Méditerranée.

 
la guerre d’Algérie n’est pas finie pour tout le monde

La tendance OAS, qui n’a jamais baissé les bras, pleure aujourd’hui les drames humains de 1962 qu’elle a elle-même causés.

Le quotidien algérien El Watan commente la tribune de Mohammed Harbi et Gilles Manceron et les points de vue de Benjamin Stora et Pascal Blanchard.