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une indécente course à l’échalote

jeudi 24 janvier 2013

Le ministère de l’Intérieur a annoncé le 22 janvier dernier que 36 882 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits dans leur pays au cours de l’année 2012, en hausse de 11,9 % sur l’année précédente.

Le Figaro conteste ce chiffrage, affirmant que le rythme des expulsions sous Valls est de 2 750 clandestins par mois, contre 3 500 sous Guéant au cours des quatre premiers mois de 2012.

Comme l’écrit le collectif RESF, cette polémique indécente, outre qu’elle oublie « l’invraisemblable collection de drames que représentent ces chiffres », aboutit à valider la politique antérieure dont chacun sait qu’elle avait « tout à voir avec les calculs électoraux ».

Communiqué du Réseau éducation sans frontières

36 822 expulsions en 2012
L’Intérieur, ministère de tous les succès

Le 23 janvier 2013

Le ministère de l’Intérieur a publié son palmarès 2012 : 36 822 personnes, hommes, femmes, enfants expulsés contre 32 912 en 2011 (+ 11,9 %).

On ne peut que ressentir de la honte à l’énoncé de tels chiffres, des dizaines de milliers d’existences brisées, des gens chassés, humiliés, spoliés, des familles écartelées entre les continents. L’Amicale de Maliens expulsés (AME) assure que les expulsés « finissent mendiants, fous ou suicidés ». Bravo à tous ceux qui organisent et prêtent la main à une si belle mission.

Outre l’invraisemblable collection de drames que représentent ces chiffres, ils aboutissent, de fait, à valider la politique antérieure dont chacun sait qu’elle n’avait aucune incidence sur les flux migratoires, mais tout à voir avec les calculs électoraux. [...]

La suite du communiqué

Record d’expulsions de sans-papiers en 2012

lefigaro.fr le 22/01/2013 à 18:37, maj le 23/01/2013 à 08:10


La France a expulsé en 2012 un nombre record d’étrangers en situation irrégulière, a annoncé ce mardi l’entourage du ministre socialiste de l’Intérieur Manuel Valls, confirmant une information de Libération.fr.

« 36.822 sans-papiers ont été expulsés en 2012 contre 32.912 en 2011, soit une hausse de 11,9 % », a déclaré cette source, expliquant que les deux premiers mois de l’année « furent sans précédent », alors que Nicolas Sarkozy était encore au pouvoir. L’augmentation de 2012 se concentre en effet sur les six premiers mois de l’année, avant l’arrivée de François Hollande à la tête de l’État, selon le site Internet.

Pas d’objectif pour cette année

Ce record historique est toutefois inférieur à l’objectif visé par le précédent ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui avait tablé sur 40.000 expulsions si Nicolas Sarkozy avait été réélu à l’Élysée. « Nous sommes en route vers 40.000 reconduites d’étrangers en situation irrégulière », avait-il déclaré entre les deux tours de l’élection présidentielle (22 avril-6 mai).

L’entourage de Manuel Valls explique la hausse de 2012 par le fait que les juges ont prononcé davantage de reconduites à la frontière, en anticipant une décision de la Cour de cassation rendue en juillet. Celle-ci stipule que le séjour irrégulier d’un étranger ne peut plus suffire à son placement en garde à vue.

Selon l’entourage de Valls, le ministère ne fixe pas d’objectif chiffré pour 2013. Le 11 janvier dernier, la Ligue des droits de l’Homme avait écrit au ministre, lui demandant de changer de cap en matière d’immigration, lui reprochant des « avancées trop timides » envers les étrangers. « Nous attendons autre chose de votre gouvernement », ajoutait alors le responsable de la LDH, Pierre Tartakowsky. En présentant sa circulaire du 28 novembre, Manuel Valls a exclu toute régularisation massive, souhaitant rester sur environ 30.000 régularisations par an, comme sous ses prédécesseurs.

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Expulsions : un record en trompe-l’œil pour Valls

par Jean-Marc Leclerc, lefigaro.fr, le 23/01/2013 à 15:21


Selon nos informations, le rythme d’expulsions sous Guéant était de 3500 clandestins par mois, contre 2750 éloignements par mois seulement sous Valls. L’opposition fait valoir que le « record » d’expulsions revendiqué par Valls est surtout de son fait.

Comme les statistiques de la délinquance, les chiffres des expulsions de clandestins n’ont pas manqué d’alimenter la polémique entre la droite et la gauche. Alors que Manuel Valls assume un record historique des expulsions, avec environ 36.800 sans-papiers éloignés en 2012 contre 32.900 l’année précédente, l’opposition fait valoir que le « record » en question est surtout de son fait.

« Ce résultat est en réalité lié à l’efficacité de la loi relative à l’immigration et l’intégration, adoptée par le Parlement le 16 juin 2011, à l’initiative du gouvernement de François Fillon sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, et surtout, aux actions conduites par Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur jusqu’au 1er semestre 2012. Le ministère de l’Intérieur reconnaît d’ailleurs que les deux premiers mois de 2012 furent sans précédent », déclare ainsi Éric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes.

Conflits de juridictions

Selon nos informations, le rythme d’expulsions sous Guéant était de 3500 clandestins par mois, les quatre premiers mois de 2012 (3300 par mois pour le premier semestre), tandis que la moyenne des éloignements sous Valls était de 2750, « soit 17% d’expulsions en moins sous la gauche », commente l’ancien ministre de l’Intérieur.

La droite espérait 40.000 expulsions pour 2012 et le rythme imprimé à l’époque, les premiers mois, laissait penser que l’objectif était réalisable. « On nous objecte aujourd’hui qu’il s’agissait d’une politique d’affichage liée à la campagne présidentielle, mais il n’en est rien », assure Claude Guéant.

Selon lui, « la loi de 2011 qui réglait la question des conflits entre les juridictions administratives et judiciaires en matière d’éloignements commençait simplement à produire ses effets ». Car souvent, les juges des tribunaux correctionnels ordonnaient la mise en liberté des clandestins avant même que l’ordre administratif ait pu se prononcer sur le cas des clandestins.

Pour l’UMP Brice Hortefeux, « les résultats contrastés entre les deux semestres de 2012 démontrent qu’à l’efficacité de la période Sarkozy a succédé une action molle ». Selon cet ancien ministre de l’Intérieur, « la politique migratoire de François Hollande se résume à un appel d’air ». [...]

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