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troubles psychiques chez les militaires, retour d’Afghanistan

vendredi 7 décembre 2012

Selon les conclusions du premier séminaire consacré à la prise en charge des "traumatismes psychiques dans les armées", organisé le 3 décembre 2012 à l’hôpital du Val-de-Grâce par le Service de santé des armées, plus d’un demi-millier de militaires français – près de 7 % de ceux qui y ont été engagés – souffriraient de troubles psychiques à la suite de leur participation à la guerre en Afghanistan [1]. Ce phénomène n’est pas limité à la France : une étude de la RAND Corporation, publiée le 17 avril dernier, estime qu’un militaire américain sur cinq revenant d’Irak ou d’Afghanistan, soit 300 000 en tout, souffrirait de troubles psychologiques ou de dépression majeure [2].

La prise en charge de ces « blessés psychiques » nécessite un dispositif spécifique dont le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé récemment le renforcement [3].

Afghanistan : blessures d’après-guerre

par Nathalie Guibert, Le Monde, 22 octobre 2012


L’un s’est mis à brutaliser ses enfants. L’autre a sauté à la gorge d’un client au supermarché. Un troisième a tenté de se suicider. Pour les soldats français qui rentrent d’Afghanistan, une nouvelle guerre commence. Une bataille de démons, qui détruit les couples et fait imploser les familles.

A ce jour, 400 blessés sont suivis pour troubles psychiatriques par le service de santé des armées. C’est le seul chiffre officiel disponible. Mais, admet un porte-parole, il est "sûrement sous-estimé". Et "il va sûrement augmenter". Au total, 60000 soldats sont passés en Afghanistan depuis 2001.Après 2007, 4000 y ont été déployés en permanence, dans des combats durs et des situations de stress qui n’avaient pas été observées depuis très longtemps.

La mesure des troubles, du simple mal-être au véritable syndrome de stress post-traumatique (PTSD) fait l’objet d’un débat. Des études françaises récentes ont mesuré une proportion de 7% de soldats atteints de blessures psychiques. Dans certaines unités combattantes, les chiffres peuvent toutefois monter à 100%. La prise en compte de plusieurs milliers d’anciens combattants et de leur famille s’annonce comme un redoutable défi social pour les années à venir.

Les études américaines menées auprès des vétérans d’Irak et d’Afghanistan ont établi que des éléments augmentaient le risque de PTSD : la longueur de la mission (six mois pour les Français, un an pour les Américains), la tenue d’un poste de combat proche de l’ennemi, la vue de la mort ou de la blessure d’un camarade, le fait d’avoir été touché dans sa chair. Mais aussi le célibat ou un bas niveau de diplôme.

Aux Etats-Unis, 2012 restera comme une année noire : le Pentagone a reconnu un niveau jamais atteint de suicides – 270militaires dans les neuf premiers mois de l’année. L’équilibre financier des assurances militaires est rompu. Pour la première fois dans un conflit, le nombre de suicides a égalé celui de morts au combat : 2000. Des campagnes de sensibilisation ont été lancées, et même des applications iPhone censées aider les anciens combattants.

Mais en France, où le phénomène est pourtant expertisé depuis longtemps, le silence règne. La défense a, jusqu’à présent, rechigné à exposer le problème. La prise en charge des traumatismes de guerre est très récente. Il a fallu attendre le bombardement de Bouaké en Côte d’Ivoire en 2004 (neuf tués) pour que s’impose un soin immédiat des combattants.

La mort de dix soldats en 2008 à Uzbin, en Afghanistan, a elle aussi provoqué une prise de conscience. Elle a permis la création du "sas de décompression" de Chypre, sur la route du retour. Le bénéfice de ce séjour de deux jours dans un hôtel, conçu par le service de santé, est unanimement salué. L’accélération du retrait pour la fin 2012 ne permet cependant plus d’y tamiser tous ceux qui rentrent.

En 2011, le service de santé a enfin lancé un plan d’action. Début 2012, un bureau central a été créé pour mieux coordonner les services médico-psychologiques des différentes armées. Un livret médical unique commence à être délivré aux soldats. Un numéro vert sera bientôt mis en place pour toucher les anciens engagés volontaires qui connaîtraient des troubles après leur départ de l’armée. Un tout premier colloque, interne, se tiendra sur le sujet les 23 et 24 octobre aux Invalides, clos par le ministre, Jean-Yves Le Drian.

Ces outils récents sont loin d’avoir atteint leur but. De nombreuses blessures invisibles passent au travers de ce maillage. A côté des grandes associations dépendant du ministère de la défense, des parents isolés éprouvent le besoin de se regrouper. "Il faut mettre en place un dispositif pour aider les familles", martèle Marlène Peyrutie. Cette mère de soldat, qui a créé l’association Terre et Paix, frappe à toutes les portes de l’Etat. "Les besoins sont croissants", assure Laurent Attar-Bayrou, président de la Fédération des anciens des missions extérieures. "On sent réellement les dégâts de l’Afghanistan", ajoute-t-il.

Les contentieux sont nombreux, face aux assurances militaires ou au tribunal des pensions. Ces soldats et leurs proches sont traversés de honte et de colère, tant ils ont cru que la cohésion de l’institution militaire allait les porter jusqu’au bout de l’épreuve. Ils découvrent que la préparation collective à la mission, qui sert d’assurance-vie au groupe pendant le combat, devient un piège individuel. Faillir, c’est s’exclure. Dire, c’est trahir. Les familles que nous avons rencontrées souhaitent toutes, pour l’heure, garder l’anonymat.

"Vous voyez les anciens du Vietnam :il est dans cet état"

"Schizophrénie avec troubles hallucinatoires." Le diagnostic a été posé sur Pierre, un mois après son retour d’Afghanistan. Aujourd’hui, à 27 ans, il survit à Brest, dans un appartement qu’il a saccagé au cours de ses crises. L’ancien soldat refuse son traitement. Il s’est persuadé qu’il n’est pas malade. Il a déjà subi trois hospitalisations d’office. "L’Afghanistan, ce fut une partie de plaisir !", a-t-il répondu à l’interne des urgences la dernière fois.

C’est un père démuni qui parle de lui. Jacques, 60 ans, assiste impuissant à la chute de son fils. "Vous voyez les anciens du Vietnam : il est dans cet état. C’est un jeune qui vit dans un trou à rat. Les voisins sont régulièrement obligés d’appeler la police pour l’hospitaliser." Jacques sait que cette lutte peut durer encore de longues années. "Il a fermé la porte des soins. Il ne veut pas que ses parents soient là."

Pierre est rentré en octobre 2008, juste après l’embuscade d’Uzbin, qui a, en août cette année-là, tué dix Français. "Le 8 août, ce midi-là, j’ai reçu le seul appel de mon fils durant ses quatre mois et demi de mission. Il était sur la zone mais il m’a dit de ne pas m’inquiéter. Ils avaient dû avoir des consignes pour nous rassurer", se souvient son père. Pierre adorait son métier de soldat.

"Cet enfant n’était pas du genre à se plaindre", et pas trop scolaire. Il s’était engagé en 2006 juste après le bac, faute d’avoir été admis en BTS. Il avait servi au Tchad contre les rebelles soudanais. La mission s’était bien passée. "Il était très content de partir en Afghanistan. Il était boosté à fond", se souvient son père.

Plus que toute autre opération extérieure récente, celle-là a inquiété les familles. "Je craignais l’accident tous les jours. J’étais accroché à l’information sur cette guerre. Je pensais bien qu’on était dans une sale guerre avec tous les pièges que cela comporte. Je ne comprenais pas pourquoi mon fils était souriant de partir. Sauf la dernière semaine, où il a réalisé ce qui l’attendait." Aujourd’hui, Jacques ne lui voit "plus trop d’avenir".

Il ne veut plus entendre parler de l’Afghanistan. Le père a eu besoin d’aide et a été suivi par un médecin. "Moi aussi, j’ai changé." En revenant, Pierre s’est un peu confié. En Kapisa, il faisait partie d’une unité de reconnaissance. Pour tenir les nuits, les soldats se gavaient de Red Bull. La patrouille a été attaquée. "Les gars ont bien cru qu’ils allaient y passer. Il m’a demandé : “Tu sais ce que c’est de faire dans son pantalon ?”"

Un deuxième accrochage l’a peu après replongé dans la peur. De cet épisode, il a raconté : "On ne savait plus si on était dans un rêve, entre la réalité et la mort." Aujourd’hui, "je pense qu’ils ont été mis sous tension trop longtemps", conclut Jacques.

Juste après la "perm’" du retour, alors qu’il commençait un stage à l’école des sous-officiers, ce garçon qui ne téléphonait jamais à son père l’a appelé au secours. Pierre avait des hallucinations, entendait des ordres, des insultes. Les crises, depuis, se sont succédé. Puis le soldat s’est tu. "Ces jeunes n’ont pas envie de s’attaquer à leurs anciens chefs, de mettre l’armée en cause. Ils n’ont pas envie de remuer tout ça."

Ce qu’il vit a rappelé à Jacques un souvenir d’enfance. A l’aube des années 1960, il vivait à la ferme. "Des ouvriers agricoles avaient fait l’Indochine. Ma mère me disait de ne pas aller avec eux car ils étaient cinglés." Voici venus ceux d’Afghanistan. Cet ingénieur en retraite se décrit comme "ni pro ni anti-militaire". Simplement "déçu pour ce jeune qui croyait en son boulot". Car, juge-t-il, "l’armée n’assume pas ses fragiles".

Avec une invalidité reconnue à 60%, Pierre se trouve sans droits. Pour les médecins militaires, la maladie était là avant la mission. Pas question de lui accorder une pension. En 2010, il a accepté d’être réformé. Jacques vient d’engager une procédure. "L’armée doit savoir regarder ceux qui ont perdu quelque chose. Qu’on leur rende ce qu’on leur doit."

"Papa, si tu retournes au travail, tu vas être mort"

Elle, est une jeune femme positive. Dans six mois, assure-t-elle, il ira mieux. Marie se tient tout près de son soldat de mari, attentive. Lui, dit : "Je ne suis pas encore rentré d’Afghanistan. Dans ma tête, je n’ai pas fini ma mission." C’est un grand gaillard de 30 ans aux yeux bleus. A présent, il est barbu. Grégory n’arrive plus à se raser depuis qu’il a quitté Kaboul.

Son traumatisme psychologique a été homologué comme une blessure de guerre, les lettres du colonel chef de corps en Afghanistan l’attestent. Mais un obstacle l’empêche d’avancer. L’association de prévoyance militaire lui refuse les garanties promises. Pour elle, nulle blessure : il s’agit d’une maladie mentale. "Tu passes du statut de blessé de guerre à celui de fou", résume Marie.

Privé de cette reconnaissance, le couple vit dans l’inquiétude. Le sergent est toujours sous contrat. Mais l’armée va-t-elle vraiment le garder dans ses rangs ? Sera-t-il déclaré invalide ? Depuis son retour, tous deux cherchent en vain des réponses à ces questions.

Grégory a été rayé des listes de son régiment de Midi-Pyrénées pour être rattaché à une unité administrative, comme le veut la procédure en cas de congé maladie de longue durée. Il n’a plus aucun contact avec l’armée. Le basculement est trop rapide pour celui qui se sent encore appartenir à la communauté militaire.

En juillet 2011, ce sergent du génie a été blessé au bras lors d’une attaque de mortier sur un poste de combat avancé, en Surobi, district afghan sous responsabilité française. La tente voisine de la sienne a été pulvérisée. Les attaques survenaient presque toutes les nuits, de 1 heure au lever du jour, un véritable harcèlement. Il s’est vu mort. Il a voulu rester, avec l’accord des médecins.

"Physiquement, j’étais apte. J’ai caché la peur. Je n’allais pas laisser tomber mes bonshommes" – les deux soldats spécialistes avec lesquels il avait rejoint la force française en Afghanistan. "Pour lui, c’était déjà un échec d’être blessé. Il avait mal fait quelque chose", a compris son épouse. Un mois après, le sergent a commencé à se sentir mal. Et dès le chemin du retour, les cauchemars ont débuté.

Après la permission de fin de mission en décembre, trois petites semaines, le syndrome post-traumatique s’est installé. Le sergent ne dormait plus. Ses nuits se passaient à monter la garde, le regard balayant les pièces de la maison. Marie a fini par le retrouver un matin, prostré. L’équipe médicale du régiment l’a envoyé en urgence à l’hôpital militaire de Bordeaux.

Quand on est électricien du génie, on appartient à la "base arrière". Mais en Afghanistan, tous combattent. Jusqu’à la blessure, Marie a vécu de son côté dans une tension terrible. Quand le capitaine l’a appelée, elle a pensé au pire. A la bonne nouvelle, la tension l’a lâchée d’un coup, car, sourit cette fille du Nord, "la foudre ne tombe pas deux fois au même endroit". Mais elle est restée en état de choc durant quinze jours. "Je ne savais même plus faire à manger."

Ces dernières années, il était parti en mission dix mois sur douze. Pour leur fils cadet, Oscar, son père travaillait dans un train, celui par lequel il arrivait et repartait le week-end. Avec l’Afghanistan, il a compris qu’un militaire, c’était la guerre. "Il est totalement imprégné. Il lui a dit : “Papa, si tu retournes au travail, tu vas être mort”", raconte sa mère.

Durant ce funeste été 2011, qui fut meurtrier pour les troupes françaises, Marie a reçu deux visites du régiment. Depuis, rien. Tous deux ont "le sentiment d’être devenus un boulet, comme s’il fallait nous cacher". Des dix-huit soldats présents ce jour de juillet sur le poste attaqué de Surobi, seuls trois n’ont pas été décorés : Grégory et ses deux "bonshommes".

Au régiment, duquel ils ne furent que trois à partir sur cette mission afghane, la blessure de Grégory n’a laissé aucune trace. C’est un nouvel infirmier, après plusieurs mois, qui a reconstitué le dossier de A à Z pour aider la famille. Grâce à lui, Marie et ses deux enfants se rendent une fois par mois à Toulouse pour consulter un psychologue. "On était envahi par tout ça, on se serait laissé enfoncer s’il n’y avait pas eu cette aide."

La jeune femme a passé des journées sur Internet pour trouver les bons services du ministère et connaître ses droits. Elle a renoncé à chercher une logique dans cette bureaucratie, avant d’écrire au président de la République. D’un coup, face à l’armée, "il n’y a plus rien d’humain du tout. Tout devient froid et glacial".

Le sergent ne sort guère de chez lui. Il n’arrive pas à prévoir d’activités. Les semaines d’hospitalisation sont encore régulières. "J’étais actif. Je ne suis plus rien." Marie doit encore, parfois, le sortir de sa tente afghane. Récemment, il a braqué sa femme avec une arme imaginaire. Lors du dernier orage, il s’est plaqué au sol le long du lit. "Maintenant je sais intervenir", dit-elle.

S’il ne l’avait pas, se demande-t-il, où serait-il aujourd’hui ? "Elle m’a aidé à rester dans la réalité." Le couple cherche d’autres soldats traumatisés. Grégory a besoin de partager son expérience. "On vous conditionne avec “les frères d’armes”. Aujourd’hui, les seuls que je pourrais trouver sont ceux qui sont dans la même situation."

En parlant à un camarade, il s’est rendu compte avec stupéfaction qu’ils avaient fait ce même cauchemar : quand les envies de suicide sont là, "on rêve qu’on se pend au mât du régiment".
Son mari a progressé vite et bien, depuis qu’il a signé son contrat en 2005. Il avait déjà projeté de passer de nouvelles qualifications. Il souhaite rester dans l’armée. Marie l’encourage.

"Sauver ce qui reste. Mon fils en morceaux"

Ce ne fut pas une déception, mais de la peur, que Josyane a ressentie quand son fils Bertrand lui a dit qu’il quittait son travail de vendeur de voiture pour s’engager. "J’avais des gens proches qui ont fait la guerre d’Algérie et je sais comment ils sont revenus", dit-elle.

Le recruteur de l’armée avait assuré que son régiment n’était pas de ceux qui partaient en opérations de guerre. Il en est allé autrement après l’école des sous-officiers de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), d’où Bertrand est sorti avec les félicitations. En 2001, il part en Guyane. Puis c’est l’Afrique, deux fois, à la frontière du Liberia et en Côte d’Ivoire. Ces événements le hantent encore, la nuit. Pour le sergent, "l’Afgha" est arrivé en juin 2006.

"La mission de trop", dit cette mère de 63 ans, qui parle sans pouvoir s’interrompre. Son enfant, son fils, est gravement handicapé après une tentative de suicide. En Afghanistan, il s’est senti mal tout de suite. Un matin, à 5 heures, Bertrand a appelé ses parents, en pleine crise confusionnelle : "Sauve-moi. Je veux aller chercher mes hommes. Je ne les trouve pas. Je suis tout seul." Il n’a pas été "rapatrié sanitaire".

Quand il est rentré en novembre 2006, il ne dormait plus depuis quatre mois et avait perdu 10 kg. Au retour, cependant, il n’a pas été pas pris en charge ; le régiment a aménagé son poste. Son dossier médical est resté vide.

La première tentative de suicide s’est produite trois mois plus tard. Bertrand s’est pendu dans la chambre de son régiment, dans le centre de la France. La deuxième tentative a eu lieu chez des amis quelques jours après. Le coma, cette fois, a laissé des séquelles profondes.

"Quand cela vous arrive, vous êtes tellement anéanti que vous ne pensez qu’à sauver ce qui reste. Mon fils en morceaux ! On n’a pas le temps d’en vouloir à quelqu’un. On est anéanti pour des mois, des années." Bertrand a été radié après douze ans d’armée.

Depuis sa sortie d’hôpital, en juillet 2007, la maison bretonne de ses parents est toute tournée vers le jeune homme. Kiné, orthophoniste, psychiatre, psychologue... le couple s’est épuisé dans les soins. Yves et Josyane ont abandonné tous leurs projets de jeunes retraités. Ils se sont relayés nuit et jour pendant des mois à son chevet. Parfois, ils ont dû l’attacher tant les cauchemars étaient puissants.

Le diagnostic du syndrome post-traumatique a été posé par un médecin civil. Les services de la défense n’ont pas voulu imputer la blessure au service. Pourtant les expertises concordent. La famille est en procès devant le tribunal des pensions militaires.

Bertrand, 38 ans, ne peut se concentrer ni sortir seul. Il marche à petits pas, en se retournant sans cesse, perd l’équilibre. Les bruits lui rappellent les tirs. "Il pleure encore, avec de tout petits cris, tout revient alors dans ces moments." Sa mère ne réclame pas des millions. "Il faut le protéger. Il a besoin d’une vie très calme. Qu’on la lui accorde, pour le jour où nous ne serons plus là."

Son fils a gardé sa mémoire ancienne. Il pleure dès qu’il entend La Marseillaise. Il demande à reprendre le sport. Lui qui tient à peine debout, a dévalé une pente à ski, comme il aimait à le faire, à Briançon avec l’armée.

Nathalie Guibert