Histoire coloniale et postcoloniale

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richesse et pluralité du mouvement national algérien, par Benjamin Stora

lundi 15 juillet 2013, par la rédaction

Auteur d’une trentaine d’ouvrages sur l’histoire de l’Algérie et du nationalisme algérien, biographe de Messali Hadj et de Ferhat Abbas, Benjamin Stora explore depuis plus de trente ans le nationalisme algérien en en disséquant les continuités et les ruptures, les réalisations et les drames. Dans un entretien donné au Quotidien d’Oran et publié le 6 juillet 2013, il met en lumière les cheminements longs, complexes et sinueux qui aboutiront au FLN. Nous reprenons ci-dessous la version de cet entretien relue et corrigée par l’auteur.

Benjamin Stora est Professeur des universités à Paris 13. Dernier ouvrage paru : Voyages en postcolonies, Vietnam, Algérie, Maroc, éd. Stock 2012. A paraître, avec Jean-Baptiste Péretié : Camus brûlant, Septembre 2013, éd. Stock.

Messali Hadj
Ferhat Abbas


  • Comment, selon vous, caractériser le nationalisme algérien d’avant 1954 ? Et subsidiairement devait-il recourir aux armes ?

Aux armes, pour sortir du statut-quo colonial, sans pour autant abandonner la pluralité politique. Car avant 1954, Le nationalisme algérien était pluriel.
Il y avait un nationalisme à la fois traditionnaliste religieux réformiste incarné par le mouvement des Oulémas, très influent dans la ville de Constantine, puisque c’est là qu’il est né avec le Cheikh Ben Badis. Il y avait aussi un nationalisme de type assimilationniste républicain qui militait pour l’égalité et la justice sociale représenté par M. Ferhat Abbas et le Dr Bendjelloul, très considérable personnage constantinois des années 1930 qu’on a tendance à oublier. Ce type de nationalisme va jouer la carte de l’égalité politique jusque dans les années 1950. A quoi s’ajoutait un nationalisme politique, illustré par le Parti communiste algérien qui n’était certes pas favorable à l’indépendance, mais qui militait à la fois pour l’égalité, la justice sociale et pour que l’on accorde une meilleure place aux « Indigènes musulmans » selon la formulation de l’époque. Et enfin, il y avait le nationalisme indépendantiste radical, et c’est celui au fond qui nous interpelle le plus puissamment, car c’est de cette tendance, celle de Messali Hadj, que vont émerger tous les acteurs du 1er novembre 1954.

C’est à la fois un courant imprégné d’influences socialistes révolutionnaires – parce que Messali Hadj était présent à Paris au sein même de l’émigration algérienne –, nourri par l’exemple de la Révolution soviétique, de la révolution kémaliste, par le syndicalisme ouvrier, mais en même temps très attaché à la naissance du nationalisme arabe dans les années 1930, par l’importance de la question religieuse de l’islam comme refuge identitaire. Ce courant s’abreuve à tous ces éléments constitutifs. Mais avec cette particularité que Messali Hadj était dans la radicalité de la rupture, de la séparation d’avec la France, ce qui n’était pas le cas des autres courants du nationalisme algérien. C’est pour cela qu’il va l’emporter, notamment après les massacres de Sétif et de Guelma de 1945 sur les autres.

Cela dit, on aurait intérêt à réfléchir aujourd’hui sur l’ensemble des courants et sur leur interaction. Beaucoup de travaux d’historiens ont été faits dans les années 1970 et 1980, ce qui est mon cas, sur le courant indépendantiste radical dont le promoteur était Messali Hadj. Mais l’Algérie d’aujourd’hui aurait intérêt aussi à redécouvrir la richesse de la pluralité de son nationalisme d’avant 1954, à travers toutes les personnalités qui ont construit ces mouvements réformistes religieux, républicains, socialistes, presque kémalistes. Toutes ces lignes politiques existaient dans l’Algérie plurielle, qui, comme on le sait vont rejoindre le FLN, à l’exception notable de Messali Hadj, et disparaître ensuite apparemment de la scène politique et culturelle. Je dis apparemment, parce qu’au fond ils auront tous des héritiers qui chemineront à l’intérieur de cette société algérienne après l’indépendance, sans être représentés publiquement au niveau de l’Etat.

L’interaction existant entre tous ces courants me paraît un objet digne d’études désormais, parce que c’est la mobilité, la circulation entre tous ces courants qui m’intéresse dans ce nationalisme algérien. On aurait tort de calquer l’histoire politique algérienne intérieure sur le modèle européen ou français traditionnel, avec par exemple l’ opposition entre droite et gauche. Les relations personnelles, familiales y jouaient au contraire un très grand rôle. Pour comprendre la complexité de cette histoire, j’ai été obligé de créer de toutes pièces un dictionnaire des acteurs du nationalisme algérien, (Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, 600 portraits, L’Harmattan, 1985). Avant de faire l’ouvrage sur le nationalisme algérien avant 1954, il a fallu que je fasse, seul, de 1980 à 1985 tout un recensement des parcours des acteurs principaux pour essayer de comprendre comment s’opéraient les passages d’une tendance à une autre, d’une branche à une autre du nationalisme algérien. En construisant un dictionnaire, j’ai ainsi pu repérer les affinités, les itinéraires, les trajets et les rapports entre citadins et ruraux. A cet égard, je me suis aperçu que les mouvements radicaux étaient en grande part citadins et que les mouvements réformistes avaient plus leur base dans les campagnes. C’est étrange parce que si on prend le cas du Dr Bendjelloul que je citais tout à l’heure, il était considéré comme un « réformiste bourgeois » alors qu’il était très populaire dans la paysannerie, comme on peut le constater dans les archives des années 1930. Dans la société algérienne « indigène », les grandes familles avaient été déclassées par la colonisation. Si bien que le nationalisme radical avait été obligé de se recomposer à l’extérieur de l’Algérie, dans l’émigration et où à l’intérieur de l’Algérie. Le cheminement idéologique et politique ne conduisait pas nécessairement la société algérienne à la radicalité. La radicalité n’était pas là, à l’origine, au début du XXe siècle. Il a fallu trouver tous les interstices possibles de ce qu’on pourrait appeler le réformisme musulman républicain, pour parvenir à cette radicalité. La radicalité n’était pas donnée d’entrée de jeu, parce qu’il faut savoir qu’entre 1832 et 1871, la conquête coloniale a été très violente, et un écrasement de la société s’est produit, y compris paysanne, dont on ne trouve pas d’exemple au Maroc ou en Tunisie. Afin de reconstruire des instruments ou des outils politiques, il a fallu composer, négocier, aller dans les interstices. Je pense au parcours de personnalités comme l’Emir Khaled qui ont essayé d’exister dans toutes les fentes de la société coloniale pour pouvoir faire prévaloir des droits, des intérêts particuliers, généraux. La radicalité donc, va se construire progressivement portée par ce courant messaliste, et elle va s’imposer dans la société pratiquement après 1945. Le passage à la lutte armée se construit à la suite des massacres de mai 1945 et dans la situation politique internationale après la débâcle française de Dien Bien Phû, à l’été 1954. L’effet de souffle de Dien Bien Phû va pousser à la radicalité, à la sortie du système colonial par le biais de la lutte armée. La démarche du nationalisme algérien était à l’origine plus politique que militaire.

  • Vous avez travaillé sur Messali et sur Ferhat Abbas, quels regards portez-vous sur ces deux éminentes personnalités du nationalisme algérien ?

Plus le temps passe, plus je considère que ces deux personnages ont joué un rôle considérable dans l’histoire algérienne. Ce rôle reste très important, la preuve, c’est que j’ai réédité, sans changer un iota, ma thèse soutenue en 1978 avec au jury Charles-Robert Ageron, Jacques Berque, Annie Rey-Goldzeiguer et je l’ai republiée telle quelle en 2004. J’ai eu un petit regret de ne pas avoir corrigé une erreur qui consistait à attribuer à Messali un ralliement à De Gaulle en 1958. En réalité, Messali ne s’est pas rallié à De Gaulle. Sur le reste, c’est un personnage considérable, il a ouvert une voie féconde, et il était seul au début. Ce fut un extraordinaire tribun auquel on a reproché son populisme. Mais comme on le sait, la génération de novembre 54 est entrée en scène dans son sillage. La construction du FLN, le terrifiant affrontement avec le MNA, les centaines de morts portant un tort terrible à l’image de la révolution algérienne ont éclipsé son rayonnement. Quoi qu’il en soit, Messali Hadj occupe une place considérable dans la révolution algérienne, l’égal en son temps de Bourguiba, du sultan du Maroc Mohammed V, avec cette singularité que Messali Hadj a été éliminé de la scène politique et historique algérienne, à la différence des deux autres leaders maghrébins. A partir de là, l’Algérie a dû construire un récit historique qui a dû tenir compte de ces luttes fratricides et de cette occultation. Cette entreprise a commencé en Algérie à la fin des années 90, à la faveur du centième anniversaire de sa naissance. On a vu se multiplier les livres, les travaux, les colloques sur Messali. Un travail très difficile de mémoire, de réappropriation de cette histoire commence. Il y a cette question de guerres des mémoires, la tragédie fratricide, la part que les uns et les autres y ont prise et qui continue d’affecter la société algérienne.

  • Puisque vous abordez la question des luttes intestines entre FLN et MNA, il y a eu Melouza, acmé de l’affrontement. Mohammedi Saïd, chef de la Wilaya III, considère les habitants de Melouza comme des « traîtres ». Qu’en pensez-vous ?

Il a même déclaré que l’ennemi intérieur était plus important que le soldat français, « le soldat français venait après ». Précisons : ce n’est pas toute l’ALN ou le FLN qui est responsable des massacres de Melouza, c’est un détachement de l’ALN. Le FLN, il faut le rappeler, n’était pas une organisation centralisée, structurée nationalement, réunissant à dates fixes son bureau politique. Cette image du FLN ne correspond pas à la réalité. Il y avait au sein du FLN une grande diversité de pouvoirs, une autonomie des acteurs, on le voit quand le 20 août 1955, Zighoud Youssef prend l’initiative de l’attaque sans en référer à un commandement supérieur. Et toute la complexité d’écriture de l’histoire du FLN, c’est précisément de restituer à la fois toutes ces autonomies, et cette recherche perpétuelle du consensus. Les conclaves du FLN en donnent une idée. Entre juillet 1959 et janvier 1960 par exemple, la recherche de l’unité ou du consensus ne dure pas moins de six mois, entre les maquis de l’intérieur, les gens du GPRA, ou les membres de la Fédération de France du FLN. Il y a tout le temps des débats interminables parce qu’il y a cette recherche du consensus, avec cette hantise du fractionnement de la nation. L’obsession de l’unité politique se comprend par cette crainte de rupture du lien national. L’unité du FLN n’est pas donnée d’emblée, elle est à construire constamment, c’est tout le problème. On a des régions, des acteurs autonomes qui interviennent en fonction des nécessités locales, des perceptions régionales de ce danger possible de la destruction du lien national. Pour comprendre, et non pas pour excuser ou justifier ce qui se passe à Melouza, en mai 1957, il faut se référer à l’imaginaire du complot et la destruction du lien national par une organisation rivale. A quoi s’ajoute la radicalité qui naît de la violence intérieure, qui s’exprime dans la rivalité de village à village. La violence paysanne et la radicalité des révolutions aggravent la situation. Dans les processus révolutionnaires, la tendance n’est pas au compromis, elle est à la radicalité. Ceux qui essaient d’exprimer la position du juste milieu se font à leur tour éliminer ; cela a été le cas de Messali Hadj bien entendu, mais ce sera le cas plus tard d’autres, de Ferhat Abbas, et de Ben Khedda qui ont été débordés par de plus radicaux qu’eux. Si on additionne tous ces éléments, entre surenchères idéologiques, radicalité politique, violences paysannes, hantise de destruction du lien national, rivalités personnelles, on arrive à cet engrenage qui conduit à la tragédie.

  • Pourquoi d’après vous Messsali n’a-t-il pas, à l’instar de Ferhat Abbas, rejoint le FLN ?

On peut formuler à ce sujet de nombreuses hypothèses. Comme pour Melouza, l’histoire est faite de faisceaux qui s’imbriquent. Il n’y pas une cause unique. A l’époque, on avançait une cause unique, Messali Hadj, disait-on, c’est le culte de la personnalité, il n’a rien compris, et a été dépassé par la rapidité des événements. C’est un argument de pure polémique qui a été utilisé très efficacement par ses adversaires pour le décrédibiliser. Mais fondamentalement, je crois qu’il y avait d’abord ceci : Messali croyait, d’abord et avant tout, à l’action politique classique. Peut-être avait-il sous-estimé la dimension de la radicalité qui animait les jeunes militants d’alors, je dis peut-être parce qu’il a tout de même pressenti cette radicalité par exemple lorsqu’il avait soutenu les militants de l’OS après 1950 (ndlr : Organisation clandestine fondée en 1947 et chargée de préparer l’insurrection armée, démantelée par la police en 1950) contre les « centralistes ». Mais de mon point de vue, ce que Messali semble avoir mal estimé, c’est l’impact de la révolution nassérienne. Au fond, la puissance de la révolution égyptienne fait que l’Egypte, pour ne pas être isolée dans le monde arabe, avait besoin de forces avec lesquelles s’allier. Or l’Algérie était un pays stratégique, et je crois que l’Egypte a joué un rôle important dans l’aide apportée au déclenchement de la révolution algérienne, via la radio, par la livraison d’ armes, par les ralliements des hommes à l’idéal nationaliste arabe. A cet égard, Messali aurait il pu négocier avec les Egyptiens ? Peut être. A-t-il sous-estimé la puissance de la vague nationaliste arabe ? Il était en 1954/55 paradoxalement plus proche du réformisme religieux et du républicanisme traditionnel que du nationalisme arabe radical porté par le baasisme. Or ses adversaires se sont adossés à ce nationalisme arabe de la rupture à ce processus. Ils étaient accordés à l’histoire en train de se faire, de plain-pied dans « Bandoeng », dans la décolonisation au plan international, dans la puissance aussi apportée à ce qu’on appelait le tiers-monde par le bloc communiste. Je n’explique pas autrement le basculement des intellectuels français de gauche en 1956 en faveur du FLN. Car pourquoi pencheraient-ils presque tous du côté FLN alors qu’ils avaient des sympathies pour Messali, très considérable personnage à l’époque, il faut s’en souvenir ? Il ne peut y avoir qu’une seule explication à ce phénomène : le moment en 1956 est celui du tiers-mondisme politique à l’échelle mondiale. Le nationalisme arabe monte en puissance et se présente comme laïc, alors que le nationalisme algérien version Messali apparaît (je dis bien apparaît), comme plus déconnecté des temps nouveaux. Une toute petite poignée d’intellectuels français est restée fidèle jusqu’au bout à Messali, comme André Breton, Benjamin Péret, Daniel Guérin, Edgar Morin, mais ils étaient très minoritaires. Ils ne pesaient pas lourd par rapport à Jean-Paul Sartre, et face à l’énorme capacité mobilisatrice des intellectuels communistes de l’époque. De plus les étudiants de l’UGEMA se sont tout de suite rangés du côté du FLN. La base du MNA était en revanche beaucoup plus ouvrière. Le FLN l’a emporté entre autres parce qu’il avait conquis l’hégémonie culturelle. Cela rend la révolution algérienne prémonitoire par rapport à ce qu’on va connaître par la suite : la conquête d’une hégémonie culturelle dans une guerre, ou une révolution, est fondamentale dans la conduite d’une lutte politique. Et je pense que le FLN a conquis très vite cette hégémonie culturelle sur le MNA dans la façon qu’il avait de se présenter à l’échelle internationale. Il a gagné la bataille de l’image, de la propagande, pas seulement contre le MNA et Messali, mais aussi contre la France. Le FLN a très tôt compris l’importance de cette bataille. Le FLN s’est attaqué à l’image de Messali plus qu’à son programme (les deux programmes étaient identiques sur la question du passage à l’indépendance), et cette question est décisive. Du coup, Messali va se trouver marginalisé. Il a perdu la bataille de la représentation médiatique et son isolement ira dès lors grandissant. Messali, je pense, n’a pas voulu reconnaître tout cela pour des raisons qui tiennent aussi à sa personnalité. Il était un responsable charismatique, porteur d’une longue histoire, qui drainait derrière lui des foules considérables, ne l’oublions pas. Il y a néanmoins un dernier aspect à souligner, Messali, pendant la guerre d’Algérie, jusqu’ en 1959, était en prison. Il n’était pas libre de ses mouvements. Lorsque la guerre a commencé, le gouvernement français a dissous le MTLD le 5 novembre 1954, et a renforcé toutes les mesures de sécurité autour de lui. Cela a contribué à son isolement. Il ne communiquait plus avec le monde extérieur que par sa fille Djanina et son avocat, Yves Dechezelles. Si l’on additionne tous ces éléments-là, on peut comprendre ce qui est arrivé à Messali, et comment il a perdu pied.

  • Si le système colonial avait consenti à quelques aménagements, le destin de l’Algérie aurait-il pu évoluer vers une sorte de fédéralisme ?

Non, dans les années 1950, il était trop tard pour qu’une solution fédérale fût viable. La solution du fédéralisme et de l’égalité aurait pu avoir une chance, peut être, dans les années 1930. Après l’échec du projet Blum-Viollette en 1936, c’est la montée en puissance du PPA. Des élections de 1938 aux élections de 1947, c’est partout le PPA et son alter ego le MTLD qui s’impose. En octobre 1947, au deuxième collège, c’est le PPA qui triomphe. Il fallait être aveugle pour ne pas voir le raz de marée indépendantiste, les solutions de type fédéral étaient des approches dépassées à la fin des années 1940. Il y avait une très grande radicalité de la société algérienne qui commençait à s’exercer et qui s’est considérablement renforcée après les massacres de Sétif. Il faut aussi signaler le décalage de la classe politique française par rapport à la radicalité de la société algérienne. Aucun leader politique, Ferhat Abbas, le Dr Bendjelloul, et encore moins Messali Hadj n’a été reçu par exemple par un président français du Conseil pour faire un tour d’horizon, voire pour des conversations informelles. Cela paraît incroyable, cette forme de mise à l’écart, de mépris, d’inconscience et de racisme. Tous ces acteurs algériens ne pouvaient pas aux yeux des hommes politiques français avoir une existence politique autonome.

Enfin, il faut évoquer l’éloignement du monde colonial par rapport à la société algérienne « indigène ». La phrase du général Duval après les massacres de mai 1945 est significative : « Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si vous n’apportez aucune réforme, cela recommencera ». Eh bien ! Les Européens d’Algérie n’ont rien changé, la preuve en est que les élections de 1948, du deuxième collège, ont été entièrement truquées. Ce qui signifie que lorsqu’on considère la révolution de novembre 1954, on se demande aujourd’hui pourquoi elle n’a pas éclaté plus tôt… Mais cela renvoie, encore et toujours, à la crise de la principale formation indépendantiste, le PPA-MTLD…

(Propos recueillis par Omar Merzoug)