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rassemblements pour la Palestine, à Toulon, les 23 et 26 juillet

dimanche 27 juillet 2014

Le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens avait lancé un appel à manifester à Paris mercredi 23 juillet.

A Toulon, des représentants locaux des organisations signataires de ce texte s’y sont associés en organisant un rassemblement le même jour, mercredi 23 juillet à 18 heures, sur le Parvis des droits de l’Homme, et ils s’y sont retrouvés le samedi 26 juillet à 18 h. Ci-dessous des comptes-rendus de ces deux rassemblements.

[Mis en ligne le 23 juillet 2014, mis à jour le 27]


Se faire entendre encore plus fort pour faire pression

par R. A., La Marseillaise, le 24 juillet 2014


Un rassemblement en faveur de la paix au Proche-Orient était organisé hier soir sur le parvis des droits de l’Homme de Toulon dans le Var. Là, plusieurs associations (Ligue des droits de l’Homme, Varois pour la paix et la justice en Méditerranée - VPJM), partis politiques (PCF, Parti de gauche, lutte ouvrière, Parti ouvrier indépendant - POI -, Europe écologie- les Verts) et syndicats (CGT, FSU) s’étaient donnés rendez-vous pour une nouvelle fois « condamner les crimes de guerres commis par Israël », ainsi que le formule Alain Bolla (PCF).

Il poursuit : « La communauté internationale se rend complice de ces crimes en n’intervenant pas. » lnsistant sur la nécessité d’une paix « juste et non subie », il appelle à une amplification des mobilisations : « Il faut se faire entendre encore plus fort pour obliger l’Union
Européenne et l’ONU à agir !
 »

Pierre-Yves Denis, de VPJM, va encore plus loin : « La configuration proposée aujourd’hui par l’État d’Israël, un État colonial, ressemble très fortement à ce qu’on a pu connaître en Afrique-du-Sud du temps de l’apartheid... »

Franck Servel du POI et Patrice Meulen (CGT), estiment pour leur part que « les travailleurs ont un rôle à jouer » dans ces mobilisations.
Après celle de dimanche, le rassemblement d’hier, qui a rassemblé environ 300 personnes, a été une nouvelle preuve de l’engagement des Varois dans ce conflit.

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Solidarité varoise avec le peuple palestinien

par Agnès Massei, La Marseillaise, le 27 juillet 2014


Sur le parvis des Droits de l’Homme, ce samedi 26 juillet à Toulon, l’interdiction de la manifestation parisienne occupe largement les échanges des quelque 200 participants qui se sont rassemblés en soutien au peuple palestinien. « Inadmissible » pour Renée Defrance (LO) qui pointe la complicité « de l’impérialisme capitaliste et du gouvernement français » dans le «  massacre » actuellement à l’oeuvre à Gaza.

« Cette nouvelle provocation vise à bâillonner la voix de milliers de personnes, et particulièrement de jeunes, au moment où plus que jamais le peuple palestinien a besoin de l’expression de la solidarité des progressistes du monde entier », commente Alain Bolla face à l’assistance, tandis qu’il entame un long plaidoyer en faveur de « la paix et du respect du droit international ». Une décision d’autant plus insupportable que « les autorités françaises ne prennent aucune initiative politique à la hauteur de la gravité du drame qui se déroule à Gaza ». Car, insiste Franck Servel (POI), «  le bilan s’alourdit de jour en jour » conduisant à « une situation atroce qui soulève l’indignation des peuples et des travailleurs de France et du monde entier ». Il dénonce encore l’attitude de François Hollande lorsque celui-ci « convoque ce 21 juillet des représentants de différentes religions  » : « Que cherche-t-on ? A nourrir une escalade d’affrontements entre prétendues "communautés" ? ».

La tentative de justification par le gouvernement français d’une prétendue agression à l’égard d’Israël n’est pas mieux perçue. « La responsabilité de cette nouvelle guerre, de ses crimes et de l’échec des dernières négociations incombe au gouvernement israélien qui, malgré la trêve de quelques heures, se prépare déjà à de nouvelles offensives d’envergure », martèle Alain Bolla.

Quant à l’amalgame pernicieux qui consisterait à assimiler un positionnement pro-palestinien à de l’antisémitisme, Caroline Gossez (LDH), répondra qu’être « antisioniste c’est refuser la guerre sans fin qu’implique l’affirmation d’un État exclusivement juif, construit sur l’expulsion des Palestiniens de leur terre ». « Confondre antisionisme et antisémitisme c’est instrumentaliser le génocide dont l’Europe s’est rendue coupable envers les juifs au service de discriminations envers les Palestiniens », ajoute-t-elle.

A l’heure où le Conseil des Droits de l’Homme (CDH) de l’ONU a émis une résolution pour la création d’une commission d’enquête internationale afin d’« établir l’existence de crimes de guerre » —initiative qualifiée d’« intéressante » —, Alain Bolla estime néanmoins que « la situation ne peut attendre les conclusions de cette commission ». « Il y a urgence à placer le peuple palestinien sous protection internationale » tout autant qu’à « développer toutes les formes de solidarité qui participent à élever le niveau du rapport des forces politiques pour peser davantage ».

Affichant une « détermination renforcée », prélude à d’autres mobilisations, le responsable communiste réaffirme : « Nous sommes des citoyens français qui refusons le laisser-faire et qui refusons d’être complices de ce qui pourrait devenir très rapidement un génocide. »

Au cours d’interventions spontanées, quelques jeunes femmes — ayant contribué au succès de la manifestation de dimanche dernier — ont également pris la parole pour témoigner leur émoi face au sort des Palestiniens et fustiger la volonté d’hégémonie d’Israël et le silence de la communauté internationale.

Rendez-vous a été pris dès le lundi 28 juillet pour envisager les suites à donner au mouvement.