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les Roms, un an après le discours de Grenoble

vendredi 22 juillet 2011

Un an après le discours tenu à Grenoble, où Nicolas Sarkozy stigmatisait en particulier les Roms, les associations du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope organisent une conférence de presse pour faire le point sur la situation des Roms en France.

INVITATION CONFERENCE DE PRESSE
Paris, le 13 juillet 2011

Roms, un an après Grenoble :
hors caméras, les discriminations et les expulsions continuent…

Le 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy prononçait le tristement célèbre discours tenu à Grenoble, qui stigmatisait en particulier les Roms et annonçait une vaste campagne de démantèlement des « campements illicites ».

Si elle était pour la première fois exprimée au plus haut sommet de l’Etat, cette pression sur les Roms n’est pas nouvelle : les bidonvilles sur lesquels ils sont installés sont régulièrement démantelés, ce qui condamne des familles à une errance perpétuelle, s’oppose à leur insertion, à leur prise en charge sanitaire, à la scolarisation des enfants etc. Depuis plusieurs années, ces citoyens européens de « seconde zone » représentent plus de 30% des étrangers « éloignés » du territoire.

La pression policière, les expulsions systématiques – parfois extrêmement violentes et à la limite de la légalité – se sont intensifiées. Loin de mettre fin à la précarité, aux bidonvilles, à la misère, cette politique ne fait qu’aggraver les difficultés sociales de cette population.

Depuis l’été dernier, nombreux sont ceux qui n’ont pas pu rester spectateurs devant cette politique d’exclusion de familles parmi les plus fragiles en Europe. Des comités de soutien plus nombreux ont développé avec les familles Roms des actions importantes pour s’opposer aux expulsions, apporter des soutiens humanitaires et pour développer des projets d’insertion avec des collectivités territoriales.

Depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union européenne le 1er janvier 2007, les Roms migrants, qui sont pour la plupart originaires de ces deux pays, ont le droit de circuler et de vivre en Europe. Contrairement à la majorité des pays-membres de l’Union, la France maintient des mesures discriminatoires à leur encontre.

Ces dispositions transitoires rendent très difficile l’accès au travail des citoyens roumains et bulgares et limitent leur droit d’installation. Ces règles les contraignent de fait à la précarité et sont aujourd’hui le principal obstacle à l’insertion sociale des Roms.

Alors que ces mesures transitoires prennent fin le 31 décembre 2011, le gouvernement français a d’ores et déjà annoncé sa volonté de les prolonger jusqu’en 2014.

Par cette décision, le gouvernement français maintient délibérément des populations dans la précarité et favorise le développement des bidonvilles, de la misère sociale, et de conditions de vie indignes.

Les organisations signataires réclament la levée immédiate des mesures transitoires qui est la condition indispensable à l’accès des Roms au droit commun.

Pour faire le point sur la situation des Roms en France un an après la réunion
interministérielle du 27 juillet à l’Elysée qui préparait ces politiques « anti-Roms », le collectif Romeurope vous invite à une Conférence de presse le jeudi 21 juillet à 11 heures au siège de la FNASAT – Gens du Voyage,
59, rue de l’Ourcq, 75019 Paris - Métro Crimée, ligne 7
 [1]

Collectif National Droits de l’Homme Romeurope
ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme) – ALPIL (Action pour l’insertion sociale par le logement) – AMPIL (Action Méditerranéenne Pour l’Insertion sociale par le Logement) – ASAV (Association pour l’accueil des voyageurs) – ASEFRR(Association de Solidarité en Essonne avec les familles roumaines et rroms) – Association Solidarité Roms de Saint-Etienne – CAM (Comité d’Aide Médicale) – CCFD-Terre solidaire – LA CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) – CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squat) – FNASAT-Gens du voyage – Habitat-Cité – Hors la Rue – Imediat – LDH (Ligue des Droits de l’Homme) – Lien Tsigane – MDM (Médecins du Monde) – Mouvement catholique des gens du voyage – MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) – ROMAQUITAINE – Rencontres tsiganes – RomActions – Romeurope Val-de-Marne – Secours catholique (Caritas France) – SICHEM (Service de Coopération Humanitaire pour les Etrangers et les Migrants) – Une famille un toit 44 – URAVIF (Union régionale des associations pour la promotion et la reconnaissance des droits des Tsiganes et des Gens du voyage d’Ile-de-France)

Et
le Comité de soutien de Montreuil, le Comité de soutien aux familles roms de Limeil-Bonneuil, le Comité de soutien 92 Sud, le Collectif Romeurope e l’agglomération nantaise, le Collectif de soutien aux familles rroms de Roumanie, le Collectif Rroms des associations de l’agglomération lyonnaise, le Collectif Romyvelines, le Collectif de soutien aux familles roms de l’agglomération orléanaise, le Collectif des sans-papiers de Melun, le Collectif solidarité Roms et gens du voyage du Nord.

Communiqué Amnesty International

France : évacuation de campements Roms  [2]

[19/07/2011] – Un an après la réunion interministérielle sur les gens du voyage et les Roms convoquée par le président de la République, le ministre de l’Intérieur ne répond toujours pas aux nombreuses sollicitations d’Amnesty International (AI).

Le 21 juillet 2010, Nicolas Sarkozy annonçait cette réunion pour traiter les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms" et AI lui demandait de prendre plutôt des mesures pour combattre la discrimination contre les Roms.

Depuis un an, AI s’est adressée à plusieurs reprises aux ministres de l’Intérieur Brice Hortefeux et Claude Guéant pour rappeler ses vives préoccupations sur cette situation mais n’a pas reçu de réponse.

De nombreux militants d’AI ont également écrit au ministère de l’Intérieur pour lui faire part de leur opposition aux politiques et aux pratiques du gouvernement concernant les expulsions forcées des campements roms et ont exprimé en particulier leur inquiétude à l’idée que ces pratiques visaient les Roms en tant que groupe ethnique.

Dans un courrier du 16 juin 2011 à un parlementaire européen, Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, a jugé que "les mesures d’éloignement n’ont pas été systématiquement établies sur la base d’un examen individuel de la situation de l’intéressé".

Le Conseil d’État a annulé la circulaire du ministre du 5 août 2010 demandant le démantèlement des "campements illicites", "en priorité ceux des Roms", mais les autres textes sont toujours en vigueur.

AI continue à demander des informations sur les mesures prises pour veiller à ce que les pratiques utilisées pour démanteler les "campements illicites" ne visent pas les Roms de façon disproportionnée, notamment sur les instructions spécifiques qui ont été adressées par le ministère aux préfets.

AI exhorte enfin le ministre à veiller à ce que les autorités françaises ne soumettent pas des Roms à des expulsions forcées illégales et que les expulsions n’aient lieu qu’en dernier recours et dans le strict respect des garanties prévues par les normes européennes et internationales relatives aux droits humains.


[1Contact presse :
Damien Nantes, Hors la Rue, 06 13 26 03 22

Merci de confirmer votre présence à l’adresse suivante :
marilisa.fantacci@romeurope.org – 06 35 52 85 46