Histoire coloniale et postcoloniale

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laissons Bigeard là où il se trouve

samedi 12 mai 2012

Le projet annoncé par Gérard Longuet de transférer les cendres du général Bigeard aux Invalides semble abandonné. Le collectif qui s’y était opposé remercie les 9 800 personnes qui se sont associées à son appel tout en les incitant à rester vigilants.

Communiqué du collectif

La défaite de Nicolas Sarkozy et l’arrivée à l’Élysée de François Hollande auront, dans bien des domaines, des conséquences importantes sur la vie politique et sociale de la nation. Notre Collectif, qui s’en tient au combat contre la réhabilitation du colonialisme, se réjouit de cette situation : l’opération Bigeard aux Invalides – concoctée par le ministre de la Défense d’alors, l’ancien activiste du groupe Occident, Gérard Longuet, avec la complicité de l’ex-chef de l’État et de son entourage direct – ne peut que s’effondrer.

Nous nous en réjouissons, non en raison d’une quelconque revanche politicienne, mais simplement par attachement à la vérité historique. Qu’on laisse donc le général Bigeard là où il est, l’Histoire se chargera – et s’est déjà en grande partie chargée – de brosser son portrait : il reste, à notre avis, celui d’un aventurier lié aux pires aspects des guerres de décolonisation.

En cet instant, nous avons une pensée toute particulière pour la mémoire de Raymond Aubrac, qui fut, rappelons-le, un des premiers signataires, sans hésitation aucune, de notre appel. Lui fut un vrai héros, dont l’Histoire de notre pays peut s’enorgueillir.

Le Collectif Non à Bigeard aux Invalides appelle cependant les signataires de son appel à rester vigilants : tant en politique générale que dans le domaine mémoriel, il serait naïf de penser que les cercles les plus réactionnaires accepteront leur défaite. Le combat pour la vérité historique reste d’actualité.

Paris, le 11 mai 2012


De gauche à droite : colonel Marcel Bigeard, général Jacques Massu, colonel Roger Trinquier, capitaine Paul-Alain Léger, pendant la bataille d’Alger en 1957.