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communiqué de la LDH

la honte de l’union européenne

vendredi 24 avril 2015

La déception est grande devant les décisions du Conseil européen réuni à Bruxelles le 23 avril 2015. Le Conseil est resté sourd à l’appel que lui avaient lancé 32 organisations de l’Union européenne : une fois de plus, l’Union européenne a refusé de traiter la question des migrants et des réfugiés sous un angle autre que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers. Une quarantaine d’organisations européennes ont violemment réagi à ce qu’elle qualifie de « déshonneur ».

Communiqué commun

Bruxelles, le 24 avril 2015

Morts en Méditerranée : le déshonneur du Conseil européen

En ce mauvais jour du 23 avril 2015, le Conseil européen qui devait enfin « agir » sur une situation « dramatique » en Méditerranée, s’est contenté de tenter de mettre l’Union européenne et ses États membres à l’abri des migrants en renforçant la protection de ses frontières.

A ces milliers d’êtres humains, femmes, hommes et enfants qui risquent la mort, et souvent la trouvent, en tentant de rejoindre des lieux pour se reconstruire et vivre, les chefs de gouvernement européens, réunis à grand bruit, n’ont eu qu’un seul message à leur envoyer : « Sécurité ! ». Ils n’ont pas cherché à sortir d’une concurrence entre les Etats membres, essayant chacun de prendre le moins possible des migrants après avoir rejeté tous les autres. Quant au mot « accueil », il ne fait pas partie du vocabulaire des chefs de gouvernement.

Lutte contre l’émigration avec l’appui des pays tiers, reconduite à la frontière, refoulement, rétention dans les centres spécialisés, pénalisation de l’entrée... Voilà ce que vont connaître les survivants quand elles et ils auront fini de compter leurs morts. Le Conseil européen en prenant ces mesures honteuses considère que sa responsabilité n’est pas engagée. Il ajoute ainsi aux morts son propre déshonneur.

Les associations et organisations qui à travers l’Europe défendent les droits de toute personne à vivre quelque part en sûreté, ne peuvent l’accepter et décideront dans les semaines à venir des moyens pour s’opposer à cette politique mortifère.

Ali Dilem ‏@DilemAli 18 septembre 2014

Communiqué LDH

Paris, le 24 avril 2015

Morts en Méditerranée
La honte de l’Europe

Les résultats du Conseil européen qui s’est tenu le 23 avril 2015 ne peuvent que susciter la colère. Une fois de plus, l’Union européenne se refuse à traiter la question des migrants et des réfugiés sous un autre angle que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers, tout en versant de chaudes larmes sur ces pauvres victimes des passeurs. Nier ainsi la responsabilité essentielle de l’Europe dans ce scandale, c’est faire preuve de cynisme et d’hypocrisie. Dans ce concert, la France a pris toute sa place en se bornant à promettre de recevoir quelques centaines de réfugiés syriens. En se contentant de mesures quantitatives, même si elles sont utiles, en ne changeant pas de politique migratoire, en refusant de mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’accueil des réfugiés, en donnant le pitoyable spectacle d’un manque de solidarité et de pays cherchant à en faire moins que le voisin, l’UE adresse au monde un terrible message : continuez à mourir chez vous ou en mer, l’UE sera là pour assurer le service mortuaire. Les Européens peuvent avoir honte de leurs gouvernements, les Français en particulier.

Migrants en Méditerranée,
32 organisations à travers l’UE en appellent au Conseil européen

Bruxelles, le 22 avril 2015

Les organisations signataires ont pris connaissance avec consternation des décisions adoptées ce lundi 20 avril par le Conseil des ministres de l’UE.

À l’exception d’un engagement réaffirmé de faciliter la réinstallation de réfugiés et de développer les initiatives de relocalisation, le Conseil s’enferme dans une rhétorique qui non seulement a apporté la démonstration de son inefficacité mais conduit à des drames humains croissants aux frontières maritimes de l’Europe. Devant les tentatives des migrants de sauver leur vie et leur liberté en tentant d’atteindre l’Europe, parce que c’est la terre d’asile la plus proche d’eux, on attendait des ministres des États membres qu’ils prennent des mesures d’urgence. Le seul objectif qui vaille, dans ces circonstances, c’est d’assurer l’acheminement sécurisé de ces exilés.

Mais, témoignant d’un entêtement aveugle, le Conseil des ministres en a décidé autrement. Non seulement, les moyens de Frontex seront, une fois de plus, accrus mais les pays tiers, voisins de la Libye seront mis à contribution. En somme, les réfugiés érythréens, soudanais, syriens, notamment, n’auraient pas leur place sur notre territoire...

Nos organisations estiment que, ce faisant, l’Union européenne engagerait explicitement sa responsabilité dans les disparitions de migrants en Méditerranée. C’est pourquoi elles en appellent au Conseil européen qui se réunit le 23 avril.

Elles attendent du Conseil européen qu’il renoue avec l’engagement qui, il y a un peu plus de quinze ans, avait ouvert la voie à « une Union européenne ouverte et sûre, pleinement attachée au respect des obligations de la Convention de Genève sur les réfugiés et des autres instruments pertinents en matière de droits de l’homme, et capable de répondre aux besoins humanitaires sur la base de la solidarité ».

L’Union européenne n’a pas d’alternative, sinon affronter la réalité : des milliers d’exilés ont impérativement besoin de trouver un abri. En vertu de son histoire, en application des principes sur lesquels elle a fondé sa construction, en respect de ses engagements internationaux, l’UE se doit non seulement de les accueillir mais de mettre en œuvre toutes les mesures utiles pour sécuriser leur voyage vers nos frontières. Cela suppose, au-delà du nécessaire devoir de sauvetage de celles et ceux qui sont contraints de prendre des risques inouïs pour traverser la Méditerranée, de prévoir l’ouverture de voies légales de migration pour leur éviter d’avoir à mettre leurs vies en danger.

Il appartient au Conseil européen d’en décider ainsi. Les organisations signataires lui en font la demande expresse.

Signataires :

- Action Luxembourg Ouvert et Solidaire – Ligue des Droits de l’Homme (ALOS - LDH)
- Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía (APDHA)
- Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés - Luxembourg (ASTI)
- Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH)
- Associazione Ricreativa e Cultutale Italiana (ARCI)
- Borderline Europe
- Centre de Recherche et d’Information pour le développement (CRID)
- Enda Europe
- European Federation of National Organisations Working with Homeless People (FEANTASA)
- Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (FASTI)
- FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme)
- Fondation France-Libertés
- Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations (FORIM)
- France Amérique Latine (FAL)
- Groupe d’Information et de Soutien des Immigré.e.s – France (GISTI)
- Institut de Drets Humans de Catalunya (IDHC)
- International Catholic Migration Commission (ICMC)
- KISA – Action for Equality, Support, Antiracism
- Le Mouvement de la Paix – France
- Le Syndicat de la magistrature – France
- Lega Italiana Dei Diritti Dell’ Uomo (LIDU)
- Liga Voor de Rechten van de Mens (LVRM)
- Liga voor Mensenrechten (LVM)
- Ligue des droits de l’Homme – Belgique (LDH)
- Ligue des droits de l’Homme – France (LDH)
- Ligue Hellénique des droits de l’homme (LHDH)
- Ligue Suisse des droits de l’Homme – section Genève (LSDH)
- Malta Association of Human Rights (MAHR)
- Migreurop
- Österreichische Liga Für Menschenrechte - OLFM
- Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH)
- Solidar