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la fin ne justifie jamais les moyens

mardi 1er septembre 2015, par la rédaction

Le collectif « Stop le contrôle au faciès » et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ont dénoncé, mardi 25 août, les propos du secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, pour qui le renforcement des contrôles aléatoires de bagages était nécessaire après l’attaque contre le Thalys reliant Amsterdam à Paris, car il fallait « qu’on discrimine pour être efficace plutôt que de rester spectateur ».

L’association « Stop au faciès » rappelle que l’Etat a été condamné en juin pour cinq contrôles au faciès et que, pendant sa campagne présidentielle, le candidat François Hollande avait promis dans son engagement n° 30 de lutter contre le « délit de faciès » dans les contrôles d’identité « par une procédure respectueuse des citoyens ».

Communiqué LDH

Paris, le 28 août 2015

La fin ne justifie jamais les moyens

Personne ne saurait reprocher à ceux qui nous gouvernent de prendre des mesures fortes pour prévenir efficacement les risques d’attentats. Le carnage évité dans le Thalys ne contredit pas cette nécessité.

Pour autant, lorsqu’Alain Vidalies affirme, avec le souci d’atteindre le public le plus large, que la sécurité dans les trains mérite bien qu’on prenne le risque de discriminer avec des contrôles décidés au faciès, il fait fausse route en termes d’efficacité et en termes de respect des droits de l’Homme.

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports sait bien que les terroristes n’ont pas de « faciès unique ». Il sait aussi que l’Etat a précisément été condamné en juin dernier par la cour d’appel de Paris dans le cas de cinq contrôles d’identité reconnus comme ayant été pratiqués au faciès. Quant à la Cour européenne des droits de l’Homme, elle ne manquerait pas de condamner une décision de cette nature.

Alain Vidalies considère-t-il qu’après tout, la fin justifie les moyens ? L’Histoire ne manque pas d’exemples qui montrent combien cette pente est dangereuse en termes de libertés, de cohésion d’une société, de capacité collective à répondre aux défis que posent les actes de terreur dans l’espace public.

Les réponses qui s’appuient sur le respect des droits des citoyens sont des atouts pour l’efficacité et non des obstacles à celle-ci. Forte de cette conviction, la LDH continuera à s’opposer à toutes les formes de pratiques discriminatoires que l’Etat voudrait mettre en place.