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enquête sur des attaques menées contre des écoles à Gaza

dimanche 14 septembre 2014

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) enquête sur trois bom­bar­de­ments des forces israé­liennes qui ont ciblé des écoles, alors que les lois de la guerre inter­disent les attaques qui prennent déli­bé­rément pour cible des civils ou des biens à caractère civil. « L’armée israélienne a mené des attaques contre trois écoles clairement identifiables – ou à proximité de celles-ci – tout en sachant que des centaines de personnes y avaient cherché refuge, tuant ou blessant de nombreux civils » a déclaré Fred Abrahams, conseiller spécial auprès de HRW.


Témoignage d’un résident de la bande de Gaza dont le frère et le neveu ont été tués lors d’une attaque menée par l’armée israélienne contre une école, lors du conflit de juillet-août 2014.

Gaza : Enquête sur des attaques contre les écoles


Trois attaques menées par les forces israéliennes contre des écoles dans la bande de Gaza où des personnes déplacées avaient cherché refuge ont fait de nombreuses victimes civiles et endommagé ces bâtiments en violation des lois de la guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Human Rights Watch a mené la première enquête approfondie sur les violations occasionnées par ces trois attaques, qui ont eu lieu le 24 juillet, le 30 juillet et le 3 août, et qui ont tué 45 personnes, dont 17 enfants.

« L’armée israélienne a mené des attaques contre trois écoles clairement identifiables – ou à proximité de celles-ci – tout en sachant que des centaines de personnes y avaient cherché refuge, tuant ou blessant de nombreux civils », a observé Fred Abrahams, conseiller spécial auprès de Human Rights Watch. « Israël n’a fourni aucune explication convaincante pour ces attaques menées contre des écoles où des gens cherchaient à se protéger, ni pour le carnage provoqué. »

Dans deux des trois incidents sur lesquels Human Rights Watch a enquêté – survenus à Beit Hanoun et à Jabaliya – les frappes n’ont apparemment pas visé une cible militaire ou ont été menées sans discernement, et donc de manière illégale. La troisième attaque, survenue à Rafah, a été menée de manière disproportionnée voire sans discernement, et donc était aussi illégale. Les attaques illégales menées intentionnellement - c’est-à-dire de manière délibérée ou imprudente - constituent des crimes de guerre.

Les lois de la guerre obligent Israël à enquêter sur les crimes de guerre présumés, et à sanctionner les individus responsables de manière appropriée. L’armée israélienne a annoncé la création d’un « Comité d’établissement et d’évaluation des faits » chargé d’ « examiner les incidents exceptionnels » survenus lors des récents affrontements, ainsi que l’ouverture de cinq enquêtes criminelles, y compris sur l’attaque du 24 juillet mentionnée ci-dessus. Israël a dans le passé omis de mener des enquêtes crédibles sur des crimes de guerre présumés, a précisé Human Rights Watch.

Lors d’une présentation aux médias, l’armée israélienne a exhibé des photographies de roquettes qui selon l’armée avaient été tirées à partir d’écoles où elles avaient été secrètement stockées. Toutefois, aucune photo ne concernait les trois écoles gérées par les Nations Unies sur lesquelles Human Rights Watch a enquêté, et où de nombreux civils ont été tués.

Citant d’autres cas, l’ONU a indiqué que des groupes armés palestiniens avaient entreposé des armes dans d’autres écoles qui étaient fermées pour l’été et qui n’étaient pas été utilisées en tant qu’abris par des civils. En stockant des armes dans ces écoles, les groupes armés en ont fait des cibles légitimes pouvant être visées par des attaques israéliennes, et ont violé l’immunité dont devraient bénéficier les structures de l’ONU. Cependant il n’y a eu aucune allégation selon laquelle les trois écoles sur lesquelles Human Rights Watch a enquêté auraient été utilisées à des fins militaires.

Toutes les parties au récent conflit armé dans la bande de Gaza avaient l’obligation de prendre toutes les mesures nécessaires pour minimiser les dommages causés à la population civile. Les lois de la guerre interdisent les attaques qui prennent délibérément pour cible des civils ou des biens de caractère civil, qui ne visent pas un objectif militaire spécifique, qui sont menées sans discernement, ou qui occasionnent des pertes civiles disproportionnées par rapport à l’avantage militaire attendu. Les écoles sont considérées comme des structures civiles qui ne peuvent être attaquées que si elles sont utilisées à des fins militaires, par exemple en tant que quartier général militaire ou comme entrepôt d’armes.

La Commission d’enquête récemment nommée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devrait enquêter sur les attaques menées par Israël contre des écoles dans la bande de Gaza et ayant entraîné la mort de civils, et transmettre ensuite à ce sujet des recommandations au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devrait en outre demander sans tarder à la Cour pénale internationale d’exercer sa compétence sur la bande de Gaza et sur la Cisjordanie, afin de permettre la poursuite des auteurs de crimes internationaux graves commis par les deux parties au conflit, selon Human Rights Watch.

Sur les 2 131 Palestiniens tués lors des récents affrontements dans la bande de Gaza, 501 étaient des enfants, selon un rapport de l’ONU. Près de 70 % des enfants tués avaient moins de 12 ans, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).


[1Communiqué intégral en anglais : http://www.hrw.org/node/128937